Comprendre les risques sanitaires

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Comprendre le risque EBOLA (fièvre hémoragique virale)

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 29 Mai 2015, 20:36pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'hommes portant des masques contre EBOLA (source: RTL)

Photo d'hommes portant des masques contre EBOLA (source: RTL)

Contexte

L’épidémie de fièvre hémorragique Ebola en Afrique de l’Ouest a causé plus de 10 000 décès, d'après le bilan de l'OMS du 10 mars 2015. Au total dans les trois pays les plus affectés par le virus (Guinée, Liberia et Sierra Leone), 24 350 personnes ont été contaminées, dont 10 004 sont mortes. Quelques cas avaient été enregistrés dans six autres pays où il y a eu au total 15 décès.

 

Les dix points essentiels

Source: Institut de veille sanitaire (lien: http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Fievre-hemorragique-virale-FHV-a-virus-Ebola)

  • Le virus Ebola n’est pas naturellement présent en Europe. A ce jour, trois personnes ont été infectés en dehors du continent africain en Espagne (1) et aux Etats-Unis (2) dans les suites de prise en charge de patients infectés en Afrique de l’Ouest.
  • Les personnes infectées ne peuvent pas transmettre le virus avant le début des symptômes.
  • La transmission du virus nécessite un contact physique rapproché avec une personne infectée présentant des symptômes ou un contact avec des surfaces souillées par les liquides biologiques de la personne (vomissements, linge par exemple).
  • Le virus Ebola n’est pas transmis par voie aérienne comme la grippe (dans les transports en commun, par exemple), ni par des vecteurs tels que les insectes.
  • La durée d’incubation de la maladie (période entre la contamination et le début des symptômes) est habituellement de quelques jours mais peut durer jusqu’à 3 semaines.
  • Les hémorragies ne sont pas présentes au début de la maladie, mais peuvent apparaître au bout de quelques jours, quand la maladie évolue.
  • Le virus est détruit par les solutions hydro-alcooliques (pour la peau) et par l’eau de javel diluée à 0,5% (pour les surfaces).
  • Il n’existe à ce jour pas de vaccin ni de médicaments spécifiques d’efficacité prouvée contre l’infection.
  • Il n’existe pas de moyen permettant de dépister ou de diagnostiquer l’infection avant le début des symptômes.
  • La prise en charge des personnes malades le plus tôt possible après le début des symptômes augmente les chances d’évolution favorable de la maladie.

Qu'est ce que le virus EBOLA?

Source: Institut de veille sanitaire (lien: http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Fievre-hemorragique-virale-FHV-a-virus-Ebola)

Le virus Ebola appartient à la famille des filoviridés (filovirus) à laquelle appartient également le virus Marburg. Identifié pour la première fois en 1976 au Soudan, le virus Ebola possède 5 sous-types distincts d’Ebolavirus : le virus Bundibugyo, le virus Forêt Thai (Côte d’Ivoire), le virus Reston, le virus Soudan et le virus Zaïre.

La létalité est de 25 % à 90 % en fonction du sous-type et du contexte de survenue des épidémies.

La fièvre hémorragique virale (FHV) à virus Ebola est une maladie virale aiguë se caractérisant, initialement, par des symptômes non spécifiques de type pseudo-grippaux : apparition brutale d’une fièvre supérieure à 38°C, une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des maux de tête et une irritation de la gorge. Ces symptômes peuvent être suivis de vomissements, de diarrhées, d’éruptions cutanées, d’insuffisance rénale et hépatique et dans certains cas, des symptômes hémorragiques caractérisés par des hémorragies internes et externes.

La durée d’incubation (le temps écoulé entre la contamination et l’apparition des symptômes) varie de 2 à 21 jours.

Le virus Ebola se transmet à l’homme après des contacts avec du sang et des organes ou des fluides corporels d’animaux sauvages infectés présents en Afrique (chauve-souris, singes, lors de la consommation de viande de brousse ou du dépeçage, etc.) et peut se propager ensuite dans les populations par transmission interhumaine.

Les épidémies surviennent le plus souvent en cas d’amplification de la transmission interhumaine lors de soins par les membres de la famille, lors des rites et soins funéraires ou encore en milieu hospitalier.

 

Quels sont les pays touchés par l’épidémie Ebola ?

Source: Ministère de la santé (lien: http://www.ebola.sante.gouv.fr/ebola-qu-est-ce-que-c-est/)

L’épidémie d’Ebola touche actuellement 2 pays en Afrique de l’Ouest : la Guinée et la Sierra Leone. Les voyages vers ces deux pays (zones à risque) sont également déconseillés.

Le Nigéria et la République Démocratique du Congo (où circulait une souche différente du virus) ont réussi à mettre fin à l’épidémie.

Depuis le 18 janvier 2015, le Mali a été déclaré exempt d’Ebola par l’OMS. Le district de Bamako (Mali), où avaient été recensés quelques cas, ne fait donc plus partie de la zone à risque. Depuis le 9 mai 2015, le Libéria ne fait plus partie des zones à risque.

 

Diagnostic de la fièvre hémorragique à virus Ebola

Source: Institut de veille sanitaire (lien: http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Fievre-hemorragique-virale-FHV-a-virus-Ebola)

La durée d’incubation de la FHV Ebola varie entre 2 et 21 jours, avec une moyenne de 8 à 10 jours.

La fièvre hémorragique à virus Ébola se caractérise par une soudaine montée de fièvre accompagnée d’asthénie, de myalgies, de céphalées ainsi que de maux de gorge. Débutent ensuite les diarrhées, vomissements, éruptions cutanées et une insuffisance rénale et hépatique. Des hémorragies internes et externes peuvent survenir ensuite. Elles peuvent être localisées (hémorragies conjonctivales) ou profuses (hématémèse et mélaena).

L’excrétion du virus, c’est-à-dire la période pendant laquelle une personne infectée peut transmettre la maladie débute avec l’apparition des premiers symptômes. La transmission s’effectue par contact direct avec les liquides corporels (sang, sperme, excrétions, salive, sueur) d’une personne infectée, y compris au contact de surfaces souillées par ces liquides. Aussi longtemps qu’ils présentent des symptômes (en particulier la fièvre), les patients peuvent transmettre le virus. Après la guérison, la transmission du virus reste possible (au moins avec le sperme pendant plusieurs semaines).

 

La transmission du virus EBOLA

Source: Institut de veille sanitaire (lien: http://www.invs.sante.fr/Dossiers-thematiques/Maladies-infectieuses/Fievre-hemorragique-virale-FHV-a-virus-Ebola)

Le virus Ebola est transmis par le contact avec le sang, les tissus ou les liquides biologiques de personnes/animaux infectés. Le risque de transmission interhumaine est faible dans les premières phases de la maladie. Il augmente lors de l’aggravation de la maladie. Le sperme peut continuer de transmettre le virus jusqu’à 7 semaines après la guérison clinique.

La transmission du virus nécessite un contact rapproché avec une personne infectée qui présente de la fièvre, comme au cours d’un examen médical par exemple. Le risque est plus important si cette personne présente des signes plus graves tels que des vomissements, de la diarrhée ou des saignements.

Enfin, les situations les plus à risque sont le contact sans protection avec le sang ou les liquides biologiques d’une personne infectée présentant des signes graves de la maladie, ou avec leur corps en cas de décès. Ces situations très à risque concernent majoritairement les personnels de santé qui prennent en charge des malades infectés par le virus, et la famille qui participe au rite funéraire.

La très grande majorité des personnes infectées au cours des épidémies d’infection par le virus Ebola appartiennent aux foyers familiaux ou aux équipes soignantes des patients.

La prévention de la transmission du virus repose sur des règles d’hygiène strictes et l’identification et la prise en charge spécialisée précoce des patients.

 

La maladie ne se transmet PAS :
- Pas dans l’air, contrairement à la grippe par exemple
- Pas par simple contact dans les lieux publics ou les transports en communs en France
- Pas par échange d’argent ou de marchandises
- Pas par la natation en piscine
- Pas par les moustiques

 

Prise en charge d’un patient-cas suspect de maladie à virus Ebola

Source: Ministère de la santé (lien: http://www.ebola.sante.gouv.fr/ebola-qu-est-ce-que-c-est/)

 

Le patient-cas suspect:

- a voyagé dans un pays considéré comme à risque dans les 21 jours précédents.
- présente une température ≥ 38°C (mesurez si possible sa température corporelle avec un thermomètre sans contact).

 

Consignes pour les professionnels de santé en ville:

  • Isolez le patient en évitant tout contact physique avec ce patient et faites lui porter un masque chirurgical si possible.
  • Protégez-vous avec le matériel disponible (hygiène des mains avec le SHA, masque, surblouse à usage unique et lunettes de protection largement couvrantes).

Si le cas est évalué possible : le SAMU va organiser l’intervention d’une équipe du SMUR, pour prendre en charge le patient et le transporter vers un établissements de santé de référence habilité (ESRH)..
Vous pouvez alors l’informer de son transfert vers un ESRH qui le prendra en charge dans des conditions de sécurité maximales. Dans le cas où le patient serait « excrétant » (vomissements, diarrhée), l’équipe du SMUR vous apportera son appui pour les mesures de décontamination.

 

Consignes pour les professionnels des établissements de santé:

- Placer le patient en isolement en box ou chambre seule, porte fermée.
- Pour le patient : masque chirurgical, friction des mains avec un produit hydro-alcoolique
- Pour les soignants : Limiter les personnels intervenant auprès du patient (uniquement personnels séniors) et se protéger (masque FFP2, hygiène des mains, gants d’examen, surblouse à usage unique et lunette largement couvrante).
- Prévenir le médecin sénior responsable de l’unité, l’équipe d’hygiène, la direction de l’hôpital selon la procédure locale.
- Ne réaliser aucun prélèvement biologique, y compris microbiologique, dans l’attente du classement du cas en possible ou exclu.
- Regrouper les déchets dans un fût de déchet de soins à risque infectieux
- Pas d’utilisation des toilettes par le patient ou accès possible aux cabinets d’aisance, sans chasse d’eau puis condamnation de ceux-ci pendant le temps de décontamination à l’eau de javel.
- Évaluer l’état clinique des accompagnants. S’ils ne présentent pas de symptômes et qu’ils restent avec le patient (parents d’un enfant cas suspect par exemple), leur faire porter un masque chirurgical.
- Appeler le SAMU-Centre 15 pour classer le cas en lien avec l’ARS et l’InVS

 

Si le cas « suspect » est classé comme « possible » :
- Maintenir le patient en isolement et organiser son transport avec le SAMU-centre 15 vers un ESRH. Informer le patient des raisons et modalités de ce transfert ;
- éliminer les déchets et les liquides biologiques après les avoir gélifiés et désinfectés (eau de javel, 0.5%), par la filière DASRI d’incinération, ou bien les isoler pour les traiter en filière DASRI habituelle lorsque le cas est exclu ; réaliser un bio-nettoyage suivi d’une désinfection à l’eau de Javel des locaux et matériels
- dresser la liste des personnels qui ont été en contact étroit et direct avec le patient (accueil, transport, soins…) ou ses liquides biologiques.

 

A savoir:

- Une personne qui ne présente aucun des symptômes de la maladie n’est pas contagieuse, le début de la contagiosité coïncidant avec l’apparition des symptômes de la maladie. Le risque de transmission est faible dans la première phase de la maladie. Il augmente lors de l’aggravation de la maladie et des symptômes, avec la multiplication virale. La contagiosité est variable selon l’état du patient et la nature du contact.

- Les personnes asymptomatiques de retour de la zone à risque doivent surveiller quotidiennement leur température. Toute fièvre supérieure ou égale à 38°C doit être considérée comme suspecte et la personne doit immédiatement se signaler au SAMU- Centre 15 en rappelant son exposition.
Aucune mesure d’éviction n’est requise tant qu’il n’y a pas de symptômes.
En l’absence de contact, le fait d’être assis à proximité d’un malade atteint de maladie à virus Ebola ne constitue pas une situation à risque de transmission.

 

Comment se ferait la prise en charge des malades confirmés d’Ebola en France

Source: Ministère de la santé (lien: http://www.ebola.sante.gouv.fr/ebola-qu-est-ce-que-c-est/)

Un cas « confirmé » est mis en isolement dans une unité hospitalière spécialisée, avec chambre à « pression négative » pour éviter que le virus ne se propage à l’extérieur. Un personnel soignant formé et protégé par des tenues étanches spéciales lui est dédié pour assurer une prise en charge dans des conditions de sécurité maximale et empêcher que d’autres personnes ne soient contaminées. Le malade bénéficie ensuite des soins et des traitements disponibles et adaptés à sa situation individuelle.

 

Comment se protéger d’Ebola dans les régions où circule le virus?

Source: Ministère de la santé (lien: http://www.ebola.sante.gouv.fr/ebola-qu-est-ce-que-c-est/)

- ne pas se déplacer dans les zones de foyer de l’épidémie ;
- respecter les consignes des autorités locales ainsi que les règles d’hygiène de base
(notamment se laver fréquemment les mains avec du savon ou une solution hydro-alcoolique) ;
- éviter tout contact rapproché avec des personnes ayant de la fièvre ;
- éviter tout contact avec des animaux sauvages (singes, chauves-souris…) vivants ou morts ;
- ne pas consommer ni manipuler de viande de brousse ;
- cuire soigneusement avant consommation les produits animaux : sang, viande, lait…

 

Traitements contre EBOLA

Source: Ministère de la santé (lien: http://www.ebola.sante.gouv.fr/ebola-qu-est-ce-que-c-est/)

A ce jour, aucun traitement spécifique contre le virus Ebola ne bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché (AMM). L’OMS et d’autres partenaires, dont la France, s’emploient à trouver d’éventuels traitements candidats.

Il existe des traitements expérimentaux autorisés par de nombreux pays et utilisés, quand cela est possible, pour traiter les personnes malades.

En France, six traitements expérimentaux sont autorisés depuis le 18 septembre 2014 : le TKM-100-802 (Canada), le Z Mabs proche du Z Mapp, également autorisé mais actuellement indisponible, le Favipiravir (Japon), le Brincidofovir (Chimerix, depuis le 01/11/2014) et le plasma frais et sécurisé recueilli chez des convalescents rétablis après une maladie à virus Ebola (01/11/2014).

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