Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre le risque de la faible luminosité dans l'habitat

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 5 Juin 2015, 13:06pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'un sous-sol (source: jlggb)

Photo d'un sous-sol (source: jlggb)

La lumière naturelle est essentiel au bien -être, en agissant sur la santé mentale et physique des personnes. Cependant, une lumière trop intense peut entrainer des éblouissements. Ainsi, il est nécessaire de permettre à toute personne d'avoir un apport de lumière suffisant dans son logement pour pratiquer les activités courantes et vivre en bonne santé, mais non excessif pour ne pas entrainer de l'inconfort.

 

I – Ce que l'on sait sur la lumière dans le logement

L'éclairement dans le logement a été progressivement réduit dans les bâtiments à partir de 1974.  En effet, la réglementation thermique a conduit peu à peu à une réduction de la surface des fenêtres. Il est donc important pour la santé des occupants de vivre dans des bâtiments dont les apports en lumière naturelle sont suffisants.

 

Effets sur la santé

Une exposition à la lumière naturelle contribue à synchroniser les rythmes biologiques (cycles éveil/sommeil par exemple) et à synthétiser de la vitamine D. Les longueurs d’onde intervenant dans la régulation des rythmes biologiques sont les longueurs d’onde proches du bleu. Une exposition trop faible à ces longueurs d’onde peut entraîner des troubles du sommeil et de l’humeur. La vitamine D intervient dans l’absorption du calcium et du phosphore par les intestins, ainsi que dans leur réabsorption par les reins. Une carence en vitamine D provoque une faiblesse et des douleurs musculaires ou de la fatigue et, à un stade plus avancé, une ostéomalacie (fragilité osseuse) chez l’adulte et un rachitisme chez l’enfant. La lumière est un élément d'équilibre psychologique et social : les pièces sans fenêtres, nécessitant l'éclairage électrique toute la journée, affectent le comportement des occupants. Les variations horaires et saisonnières de l'intensité et de la couleur de la lumière du jour est un élément dynamique stimulant. Enfin, un bon éclairage du logement permet d'éviter un nombre important d'accidents domestiques.

 

Les couleurs et la température

La peinture blanche réfléchit la totalité du rayonnement solaire visible tandis que la peinture noire absorbent toutes les radiations du rayonnement solaire et n'en réfléchit aucune. Cette absorption  du rayonnement s'accompagne d'un apport calorique.

 

L'intensité de l'éclairement dans le logement

Pour qualifier l'intensité de l'éclairement il faut tenir compte des facteurs suivants :

  • La nature de la pièce : le règlement sanitaire départemental ainsi que le code de la construction et de l'habitation ne retiennent ce critère d'éclairement suffisant que pour les pièces principales c'est à dire celles destinées au séjour ou au sommeil et les chambres isolées. Cette disposition exclut les pièces de service.
  • Les caractéristiques des baies : ce sont les surfaces vitrées, ouvrantes ou fixes qui permettent la pénétration de la lumière et du soleil. L'intensité de l'éclairement dépend donc de la transparence et de leur surface par rapport à celle de la pièce.
  • Les espaces libres : le prospect ou vue droite tient compte, d'une part de l'espace situé devant les façades où s'ouvrent les baies des pièces principales et d'autre part, de la hauteur des constructions en vis à vis qui viennent masquer la pénétration de la lumière solaire. Le prospect correspond à l'espace libre situé devant les différentes façades. Il s'exprime sous forme d'une distance en mètres, et fait la plupart du temps l'objet d'une comparaison avec la hauteur de l'immeuble en vis à vis.

La présence de masques obstruant partiellement ces baies présente un obstacle permanent à la pénétration de la lumière solaire. Il peut s'agir de saillies verticales ou horizontales telles que, corniches, balcons ou autres parties de construction latérales ou horizontales, situées au-delà de la face externe de la façade.

  • La luminosité : l'intensité de l'éclairement naturel doit être suffisante. Elle dépend de l'exposition ou de l'orientation des façades éclairantes, de la durée des périodes annuelles et journalières d'ensoleillement et de la possibilité de pénétration des rayons solaires à travers les baies, principalement pendant les mois d'hiver. Il est évident que pour un même immeuble les pièces exposés plein sud auront une durée d'ensoleillement plus importante que celles orientées vers le nord. Il est donc important lors de la visite d'un immeuble de connaître l'orientation des façades.
  • Les vues horizontales : bien qu'il n'y ait aucune exigence réglementaire générale, certains règlements sanitaires départementaux imposent une vue horizontale. Pour des raisons d'ordre psychologique, l'homme a besoin d'établir un contact visuel horizontal avec l'extérieur ce qui implique que la surface transparente soit située à une hauteur et en position permettant une vue horizontale.

 

II – Les points de vigilance de l'habitat

Le logement est trop sombre lorsqu'il est nécessaire d'allumer une lumière artificielle lorsque les conditions d'éclairement extérieures sont suffisantes pour effectuer une activité quotidienne. La capacité d'éclairement du logement dépend du nombre de fenêtres, de la taille des fenêtres, des proportions de la pièce et de la couleur des surfaces intérieures.

 

Un logement peut être sombre pour différentes raisons:

  • immeubles trop rapprochés,
  • absence de fenêtre dans les pièces,
  • surface des fenêtres trop étroites,
  • présence de murs proches des fenêtres,
  • couleurs des matériaux qui ne réfléchissent pas bien la lumière (couleurs sombres)
  • absence de matériaux transparents sur les façades ou les toits laissant passer la lumière,
  • fenêtres mal orientées,
  • obstruction des ouvertures,
  • fenêtre donnant sur une cours intérieure étroite ou sur un escalier,
  • ouvertures cachées par de la végétation,
  • volets fermés
  •  vitrages sales,
  • logements dans les caves ou semi-enterrés.

 

III – Les mesures pour y remédier

         A/ les mesures d'action

Différentes mesures peuvent être prises pour augmenter l'intensité de la lumière dans le logement:

  • présence d'au moins une fenêtre par pièce principale ;
  • augmenter le nombre d'ouverture pour amener la lumière dans les endroits reculés du logement ;
  • augmenter la surface des baies. Chaque pièce principale doit être éclairée au moyen d'une ou plusieurs baies dont l'ensemble doit présenter une section au moins égale au sixième de sa surface : surface des baies / surface de la pièce supérieur ou égal à 1/6. En fonction d'autres éléments, notamment lorsque le prospect et l'ensoleillement sont bons et en l'absence de masque, le rapport de ces surfaces peut être abaissé au dixième ;
  • avoir un bon prospect (imposé pour les constructions neuves) : les baies éclairant les pièces principales ne doivent pas être masquées par aucune partie d'immeuble qui, à l'appui de ces baies, serait vue sous un angle de plus de 45° au-dessus du plan horizontal. Toutefois pour la façade la moins ensoleillée, cet angle peut être porté à 60°, à condition que la moitié au plus de ces pièces principales prennent jour sur cette façade ;
  • prendre en compte la qualité des vues extérieures même si l'impact de celles-ci sur la santé ne peut être quantifié ;
  • il est conseillé que les ouvertures des pièces principales aient une vue directe à l'horizontale sur l'extérieur. La partie basse des transparents des baies assurant l'éclairement des pièces principales est située à une hauteur maximale de 1m30 au-dessus du sol pour l'une au moins des baies. La partie haute des transparents de ces baies est situé à une hauteur supérieure à 1m80 au dessus du sol pour l'une au moins de ces baies. Les jours zénithaux, fenêtres de toit ou sky-domes ne peuvent pas être admis comme vues horizontales d'une pièce principale s'ils ne respectent pas ces hauteurs pour l'une au moins de ces baies s'il en existe plusieurs ;
  • prévoir des murs de couleurs claires qui conduisent la lumière au fond de la pièce,
  • améliorer les performances de l'éclairage ;
  • l'ensemble de l'éclairage artificiel doit être accessible pour faciliter la maintenance ;
  • adapter les équipements et notamment les sources lumineuses et les systèmes de régulation en fonction de l'occupation prévue des locaux.

 

Remarque : il est important que les lumières naturelle et artificiellle ne soient pas une source d'éblouissement pour les occupants. Si certaines lampes présentent une gêne, il est conseillé de la recouvrir d'un verre opacifié ou de ne pas permettre une vision directe avec les occupants.

 

            B/ Les conseils aux occupants

Pour avoir plus de lumière dans le logement, les occupants peuvent augmenter la luminosité en n'obstruant pas l'éclairement:

  • ouvrir les volets ;
  • enlever les obstacles à la diffusion de la lumière ;
  • pour assurer un apport en lumière dans le temps, entretenir les surfaces vitrées de manière régulière, dépoussiérer les sources lumineuses et remplacer les lampes cassées.

 

            C/ Réglementation et obligations

            1. Obligation du propriétaire dans le cadre des rapports locatifs

  • Obligation de délivrer un logement décent (Code civil : Art 1719) / Norme de décences : décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002)

Les pièces principales bénéficient d'un éclairement naturel suffisant et d'un ouvrant donnant à l'air libre ou sur un volume vitré donnant à l'air libre (art. 2, alinéa 6). Le décret sur le logement décent permet donc l'éclairement d'une pièce principale en second jour sur un espace de type loggia éclairé naturellement.

  • Obligation de délivrer un logement en bon état de réparation et d’entretenir le logement tout au long du bail (Code civil : 1720)

 

            2. La réglementation

  • Article R. 111-10 du code de la construction et de l’habitation. Cet article précise que les pièces principales des logements doivent être pourvues d’un ouvrant et de surfaces transparentes donnant sur l’extérieur ou sur un volume vitré comportant lui-même au moins un ouvrant donnant sur l’extérieur.
  • Article R 111-16 et 17 du code de l'urbanisme.
  • Décret du 22 octobre 1955 fixant les règles générales de construction des bâtiments d'habitation.
  • Décret n°48-1766 du 22 novembre 1948 fixant les conditions de détermination de la surface corrigée des locaux d'habitation, articles 8, 9 et 10.
  • Règlement sanitaire départemental (RSD type):
  • Toute pièce d'habitation est pourvue d'un ouvrant donnant à l'extérieur du bâtiment permettant une aération et un éclairement suffisants (art. 40-4). L'obligation de pourvoir les pièces de service (cuisine, salle d'eau, cabinet d'aisances) d'une fenêtre n'existe pas.
  • L'éclairement naturel doit être suffisant au centre des pièces d'habitation pour permettre par temps clair, l'exercice des activités normales de l'habitation sans recourir à l'éclairage artificiel. (art. 27-2 et 40-2)
  • Dans les immeubles anciens, le rapport entre surface éclairante et surface au sol est généralement compris entre 1/20° et 1/12° (dimensions moyennes d'une fenêtre 1,30mx1,90m). il s'agit de "règles de l'art" et non de réglementation.
  • L'article 27-1 interdit d'habitat dans les pièces dépourvues d'ouverture, ainsi que les caves, sous-sols et combles. Le non-respect de cette disposition fait l'objet d'une procédure spéciale précisée dans l'article L.1336-3 du code de la santé publique.
  • Le prospect devant la baie donnant sur un espace libre doit être au moins égal à 2 m. (art. 27-2). Cette disposition est un minimum qui peut être insuffisant pour permettre un bon éclairement des pièces lorsque la hauteur du mur qui fait face dépasse d'un niveau la baie du logement.

Dans l'habitat ancien, ces dispositions sont souvent difficiles à appliquer. Le manque d'éclairement dans l'habitat ancien constitue très souvent une cause d'insalubrité irrémédiable.

 

Remarque : les caractéristiques techniques nécessaires à une bonne pénétration de la lumière solaire dans les pièces d'habitation sont celles fixées pour les constructions neuves telles quelles figurent au code de l'urbanisme et au code de la construction.

 

IV – Pour en savoir plus

Données et informations

 

V – Compléments d'information

            1. Définitions sur les paramètres de la lumière

  • Flux lumineux

Le flux lumineux est la grandeur visuelle qui correspond à la puissance lumineuse émise par une source, soit un nombre de photons par unité de temps. L’unité de mesure du flux lumineux est le lumen (symbole lm).

 

  • Éclairement

L’éclairement lumineux correspond à un flux lumineux reçu par unité de surface. L’unité de mesure de l’éclairement lumineux, le lux (lx), correspond à un flux lumineux de 1 lumen (lm) couvrant uniformément une surface de 1 m².

 

  • Facteur de lumière du jour

Le facteur de lumière du jour (FLJ) est défini par le rapport entre l’éclairement à l’intérieur d’un local et l’éclairement extérieur en condition de ciel couvert. Parmi les éléments ayant un impact sur l’apport en lumière du jour, peuvent être cités :

• le facteur de transmission lumineuse des vitrages,

• les facteurs de réflexion des revêtements de sol, mur et plafond,

• les facteurs de réflexion des protections solaires fixes.

 

  • Coefficient d’uniformité

L’uniformité d’éclairement des zones de travail et des zones environnantes immédiates est définie, dans la zone considérée, comme étant le rapport entre l’éclairement minimum et l’éclairement moyen.

 

  • Unified Glare Rating (UGR)

L’UGR est une méthode d’évaluation du taux d’éblouissement d’inconfort d’une installation d’éclairage artificielle mise en place à l’intérieur d’un bâtiment. On distingue au total 8 classes d’UGR, pour des UGR de 10, 13, 16, 19, 22, 25, 28 ou 31. Plus la valeur d’UGR est faible, plus l’éblouissement est faible. L’UGR est déterminé dans les deux directions d’observation, à savoir dans le sens transversal d’observation du luminaire ainsi que dans le sens longitudinal. La valeur la plus haute détermine la qualité globale de l’installation. À noter que l’UGR ne s’applique pas aux LED (diodes électroluminescentes).

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