Comprendre les risques sanitaires

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Comprendre le risque du coronavirus MERS (MERS-CoV)

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 16 Juin 2015, 21:36pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo de chameau (source: divinatix)

Photo de chameau (source: divinatix)

 

Le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV pour Middle East respiratory syndrome coronavirus) est le nom d'un variant de coronavirus hautement pathogène.

Ce virus présente certaines caractéristiques pouvant le faire classer parmi les causes de maladies émergentes éventuellement susceptibles d'évoluer en pandémie. En effet, le MERS-coronavirus (MERS-CoV) est proche du coronavirus humain du SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère), identifié en 2003, qui avait provoqué une épidémie mondiale.

Depuis avril 2012, des cas de MERS-CoV ont été identifiés dans les pays suivants dans le Moyen-Orient : la Jordanie, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, l’Oman, le Koweït, le Yémen, le Liban et l’Iran.

Plusieurs autres pays ont également signalé des cas de personnes qui ont soit voyagé au Moyen-Orient ou ont été en contact avec une personne malade ayant visité cette région. La France, l’Italie, la Tunisie, le Royaume-Uni et la Corée du Sud ont signalé des cas de transmission locale parmi des personnes qui n’avaient pas voyagé au Moyen-Orient.

La Corée du Sud enquête actuellement sur l’apparition la plus importante de MERS-CoV à l'extérieur du Moyen-Orient.

 

Les 6 points essentiels sur le MERS-Cov

Source : OMS (lien : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/mers-cov/fr/)

  1. Le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) est une maladie respiratoire virale due à un nouveau coronavirus (MERS-CoV) détecté pour la première fois en 2012 en Arabie saoudite.
  2. Les coronavirus constituent une vaste famille de virus pouvant provoquer des maladies diverses, allant du rhume banal au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).
  3. Parmi les symptômes habituels du MERS figurent la fièvre, la toux et des difficultés respiratoires. La présence d’une pneumonie est fréquente, mais pas systématique. Des symptômes gastro-intestinaux, dont la diarrhée, ont également été signalés.
  4. Environ 36% des cas notifiés d’infection par le MERS-CoV ont abouti au décès du patient.
  5. Bien que la majorité des cas de MERS chez l’homme soient attribuables à une transmission interhumaine, le chameau semble être un hôte réservoir majeur du MERS-CoV et une source animale de l’infection chez l’homme. Toutefois, le rôle précis que jouent les chameaux dans la transmission du virus et le mode exact de transmission ne sont pas connus.
  6. Le virus ne semble pas se propager aisément d’une personne à l’autre, à moins d’un contact étroit avec une personne infectée, par exemple lorsque des soins sont prodigués sans protection à un patient.

 

Comment a débuté l’épidémie en Corée du sud ?

Le cas zéro est un Coréen de 68 ans, de retour d’un voyage d’affaires au Moyen-Orient. Neuf jours après les premiers symptômes, il est diagnostiqué comme porteur du virus. D’après un article de la revue Science, la mauvaise ventilation de sa chambre d’hôpital aurait favorisé la propagation du virus. Depuis le 20 mai 2015, 5 216 personnes sont à l’isolement et seize sont mortes en Corée du Sud. Parmi les 133 malades dont les déplacements ont été identifiés, 60 ont contracté la maladie au centre médical Samsung, un des plus grands hôpitaux de la capitale. Le taux de décès lié au MERS-CoV en Corée du sud est de 10,7%, moins élevé que celui calculé précédemment de 36%.

 

Symptômes

Source : OMS (lien : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/mers-cov/fr/)

Le tableau clinique de l’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient est variable, allant de l’absence de symptômes (cas asymptomatiques) à des symptômes respiratoires bénins, voire une maladie respiratoire aiguë grave ou un décès. Les signes cliniques habituels de la maladie à MERS-CoV sont la fièvre, la toux et des difficultés respiratoires. La présence d’une pneumonie est fréquente, mais pas systématique. Des symptômes gastro intestinaux, dont la diarrhée, ont également été signalés.

Les formes graves de la maladie peuvent entraîner une insuffisance respiratoire nécessitant une ventilation mécanique et une prise en charge dans des services de soins intensifs. Environ 36% des cas notifiés d’infection par le MERS-CoV ont abouti au décès du patient. Le virus semble provoquer des formes plus graves de la maladie chez les personnes âgées, les sujets immunodéprimés et les personnes atteintes d’une maladie chronique, telle que cancer, maladie pulmonaire chronique ou diabète.

 

Période d’incubation

Source : InVS

La période d’incubation est actuellement estimée à 14 jours maximum

 

Définition d’un cas probable

1. Personne atteinte d’une maladie respiratoire aiguë fébrile, présentant des preuves cliniques, radiologiques ou histopathologiques de parenchyme pulmonaire (pneumonie ou syndrome de détresse respiratoire aigu, par exemple)

ET

indisponibilité du test de dépistage du MERS-CoV ou négativité de ce test sur un seul échantillon inapproprié1

ET

existence d’un lien épidémiologique direct entre le patient et un cas confirmé de MERS-CoV.

 

2. Personne atteinte d’une maladie respiratoire aiguë fébrile, présentant des preuves cliniques, radiologiques ou histopathologiques de parenchyme pulmonaire (pneumonie ou syndrome de détresse respiratoire aigu, par exemple)

ET

un test de dépistage en laboratoire du MERS-CoV non concluant (c’est-à-dire positif sans confirmation)

ET

résidant ou s’étant rendue dans un des pays du Moyen-Orient où l’on pense que le virus MERS-CoV circulait dans les 14 jours précédant l’apparition de la maladie.

 

3. Personne atteinte d’une maladie respiratoire aiguë fébrile de gravité quelconque

ET

présentant un test de dépistage en laboratoire du MERS-CoV non concluant (c’est-à-dire positif sans confirmation)

ET

ayant un lien épidémiologique direct avec un cas confirmé de MERS-CoV.

 

Définition d’un cas confirmé

Personne présentant une infection confirmée en laboratoire par le MERS-CoV

 

Source du virus

Source : OMS (lien : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/mers-cov/fr/)

Le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient est un virus zoonosique transmis de l’animal à l’homme. Les origines de ce virus ne sont pas entièrement connues, mais l’analyse de ses divers génomes laisse penser qu’il provient à l’origine des chauves souris et qu’il a été transmis aux chameaux dans un passé lointain.

 

Transmission

Source : OMS (lien : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/mers-cov/fr/)

  • Transmission de l’animal à l’homme: le mode de transmission de l’animal à l’homme du MERS-CoV n’est pas encore bien compris, mais le chameau semble être un hôte réservoir majeur du virus et une source animale de l’infection chez l’homme. Des souches identiques à celles identifiées chez l’homme ont été isolées chez des chameaux de plusieurs pays, notamment l’Arabie saoudite, l’Égypte, Oman et le Qatar.
  • Transmission interhumaine: le virus ne semble pas se transmettre aisément d’une personne à l’autre, à moins d’un contact étroit, par exemple lorsque des soins sont prodigués sans protection à un patient infecté. Des groupes de cas ont été observés dans des établissements de soins, où la probabilité d’une transmission interhumaine semble plus élevée, en particulier lorsque les pratiques mises en œuvre pour prévenir et combattre l’infection sont inadéquates.

Le virus semble circuler dans toute la péninsule arabique, principalement en Arabie saoudite, où se trouvent la majorité des cas signalés depuis 2012 (>85 %). Plusieurs cas ont été notifiés en dehors du Moyen-Orient, mais la plupart de ces infections semblent avoir été acquises au Moyen Orient, puis exportées hors de la région. La flambée actuelle en République de Corée est la plus importante observée en dehors du Moyen-Orient.

 

Prévention et traitement

Source : OMS (lien : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/mers-cov/fr/)

Aucun vaccin ou traitement spécifique n’est disponible actuellement. Le traitement est symptomatique, fondé sur l’état clinique du patient.

Par mesure de précaution, toute personne visitant une ferme, un marché, une étable ou un autre endroit où se trouvent des chameaux et d’autres animaux doit prendre des mesures d’hygiène générale, notamment se laver régulièrement les mains avant et après avoir touché les animaux, et éviter tout contact avec des animaux malades.

La consommation de produits d’origine animale crus ou mal cuits, y compris le lait et la viande, entraîne un risque élevé d’infection par plusieurs organismes potentiellement pathogènes pour l’homme. Les produits d’origine animale qui ont été cuits ou pasteurisés correctement peuvent être consommés sans danger, mais doivent être manipulés avec précaution pour éviter toute contamination croisée avec des aliments crus.

Le lait et la viande de chameau sont des produits d’une grande valeur nutritive que l’on peut continuer de consommer dans la mesure où ils ont été pasteurisés, cuits, ou ont subi un autre traitement par la chaleur.

Les personnes effectuant le pèlerinage à La Mecque, sont particulièrement exposées au virus MERS-CoV.

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