Comprendre les risques sanitaires

Comprendre les risques sanitaires

Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre le risque du radon dans l'habitat

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 2 Juin 2015, 21:05pm

Catégories : #risques sanitaires

photo de maisons bretonnes (source: univ-fcomte)

photo de maisons bretonnes (source: univ-fcomte)

Le radon est un gaz radioactif d'origine naturelle issu de la désintégration de l'uranium et du radium présents partout à la surface de la terre. Dans l'atmosphère extérieure, les niveaux de radon sont généralement faibles en raison de sa dilution avec l'air. C’est à l’intérieur des bâtiments que la concentration en radon est plus élevée (différence de pression, éventuel confinement, …).

 

I - Ce que l'on sait sur le radon

Le radon (Rn) est inodore, incolore, inerte et omniprésent naturellement dans les sols et l'atmosphère. Le radon migre dans l’atmosphère à travers les pores du sol et les fissures des roches ou celles de certains matériaux de construction.

Le radon est reconnu cancérogène pulmonaire par le Centre International de Recherche sur la Cancer (CIRC). Le risque encouru par une personne vivant dans une maison où les concentrations en radon se situent entre 200 et 400 Bq/m3 est proche de celui d'une personne non fumeuse vivant dans une atmosphère de tabagisme passif (Source Radon et cancer, fiche repère, Institut national du cancer, 2011).

 

La toxicité du radon

Le sol libère le radon qui se désintègre dans l'air en donnant des produits à courte durée de vie non gazeux. En se désintégrant, ces descendants du radon émettent des particules alpha radioactives et se fixent sur les aérosols, les poussières ou d'autres particules présentent dans l'air. La peau est suffisamment épaisse pour ne pas être affectée, mais ce n'est pas le cas des tissus mous, des bronches et des poumons. Lorsque l'on respire, les particules radioactives se déposent sur les cellules des voies respiratoires, traversent les parois et endommagent l'ADN des cellules pouvant provoquer des cancers pulmonaires. Des décennies peuvent s'écouler entre l'irradiation et l'apparition d'un cancer. Le risque de cancer du poumon augmente avec la concentration de radon présents dans l'air d'un espace clos et avec la durée pendant laquelle on respire cet air. Le risque de cancer pulmonaire augmente de 16% par augmentation de 100 Bq/msupplémentaire.

 

Les régions françaises à risque

La quantité de radon est directement proportionnelle à la teneur du sol en radium, à sa porosité et à son taux d'humidité. Lorsque le sol est gelé ou recouvert de neige, le taux d'émanation du radon baisse. Les concentrations moyennes les plus faibles se situent dans les départements où les sols sont de nature sédimentaire. Les régions riches en granit ont des concentrations plus élevées: Bretagne, Corse, Massif Central et Vosges.

 

II - Les points de vigilance du bâti

La concentration en radon à l'intérieur de l'habitation dépend:

- de la quantité de radon émis par le sol

- des voies d'infiltration par lesquelles le radon pénètre dans le bâtiment (caractéristiques de l'enveloppe du bâtiment en contact avec le sol (fissures, trous, porosité...),

- des échanges d'air entre l'intérieur et l'extérieur,

- les habitudes des résidents en matière d'aération des logements

 

La concentration en radon dans l'habitat varie d'heure en heure au cours de la journée en fonction du degré et de la fréquence de l'ouverture des portes et fenêtres. C'est la raison pour laquelle il est important d'effectuer une mesure sur une durée suffisamment importante pour être représentative de la valeur moyenne annuelle.

 

La pénétration du radon dans le bâtiment

Plus le terrain est fracturé, plus le radon peut parvenir à la surface du sol. En revanche, ce gaz traverse difficilement les couches d’argile. Le radon pénètre dans le bâtiment à partir de l'interface sol/bâtiment. Il se concentre ensuite principalement dans l'air intérieur. La possibilité de pénétration du radon dans une maison dépend en premier lieu de l’isolation de celle-ci vis à vis du terrain. Il y pénètre par toutes les failles d'étanchéité que les bâtiments peuvent présenter selon leurs caractéristiques de construction: fissures ou porosités de la surface en contact avec le sol, joints entre parois, passage de canalisations. Il se dilue en fonction de la plus ou moins grande aération des locaux. Dans les espaces clos où l'air est confiné (caves, vides sanitaires, pièces d'habitation non aérées), le radon peut se concentrer plusieurs dizaines de fois plus qu'à l'air libre.

 

Deux types de transfert du radon

  • transfert diffusif

Selon un phénomène physique dénommé Loi de Fick, les polluants affectant deux volumes différents ont tendance à se déplacer de façon à ce que la concentration tende vers l'homogénéité. C'est ainsi qu'un sol de cave en terre peut être une source importante de concentration de radon.

 

  • Transfert convectif

La différence de pression entre le sol et l'intérieur du bâtiment entraîne un mouvement d'air vertical qui aspire le radon vers l'intérieur du bâtiment jusqu'à être ensuite refoulé à l'extérieur. Les causes de ce différentiel de pression sont essentiellement le tirage thermique, la ventilation mécanique contrôlée, le fonctionnement d'appareils raccordées (chaudière à gaz...) ou encore la présence de cheminée.

 

La mesure du radon

La concentration de radon se mesure à l'aide d'un dosimètre, dont le principe est identique au procédé photographique. Les particules alpha émises par le radon heurtent le film du dosimètre. L'analyse de ce film permet d'identifier et de compter leurs traces. La mesure doit être effectuée dans les pièces de vie sur une durée d'environ 2 mois. Le Bq/m3 (Becquerel par mètre cube) est l'unité de mesure de la concentration du radon dans l'air. Un Bq équivaut à une désintégration par seconde. Les concentrations en radon peuvent varier entre deux maisons adjacentes et à l'intérieur d'une même habitation suivant les jours et les heures. A cause de ces fluctuations, l'estimation de la concentration moyenne annuelle en radon dans l'air intérieur suppose de procéder à des mesures moyennes pendant au moins deux mois.

 

III - Les mesures pour y remédier

            A/ les mesures d'action

Il existe des techniques efficaces pour empêcher le radon d'entrer dans les habitations et l'évacuer. Les principales techniques consistent à:

  • Etanchement du bâtiment vis-à-vis du terrain
  • Ventilation du bâtiment
  • Traitement des soubassement
  • Ventilation du soubassement dans le cas de vide sanitaire, de cave ou de sous-sol,
  • Système de Dépressurisation du Sol (S.D.S) dans le cas de terre-plein sous dallage ou de vide sanitaire.

Le but de ces techniques est de limiter le transfert de radon du sol vers le bâtiment en modifiant le gradient de pression sol/bâtiment (S.D.S.) ou en diluant la concentration en radon de l'air pénétrant dans le bâtiment et venant du sol (ventilation du soubassement).

 

Ces trois principes complémentaires sont à adapter en fonction de la nécessité de réduction et de la typologie du bâtiment considéré.

 

            B/ les conseils aux occupants

Les conseils de prévention pour faire diminuer la concentration en radon à l'intérieur du logement sont:

  • aérer les logements en ouvrant les fenêtres au moins 15 minutes par jour,
  • ne pas obstruer les ouvertures vers l'extérieur.

 

            C/ Les obligations et réglementation

                        1. Les obligations

Pour le moment, il n'y a pas d'obligations à faire mesurer la concentration en radon à l'intérieur des bâtiments privés. Les occupants ont la possibilité de faire mesurer à leur frais la concentration de radon dans leur habitation.

 

Dans les départements pour lesquels il a été estimé que les sols ont un pouvoir d’émission en gaz radon, des mesures réglementaires ont été prises depuis juillet 2004 ; les établissements recevant du public les plus sensibles doivent faire l’objet de mesures de la concentration en radon. Ces mesures doivent être renouvelées tous les 10 ans. En fonction du résultat de ces mesures, deux niveaux d’actions ont été définis, impliquant la mise en œuvre de travaux plus au moins importants.

La loi du 21 juillet 2009 portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires a par ailleurs étendu l’obligation de surveillance de l’exposition au radon aux différentes catégories d'immeuble qui devront être définies au prochain décret. Les textes d'application sont en cours de préparation, sous le pilotage de la DGS.

 

                        2. La réglementation

L'aération et la ventilation

Le code de la construction et de l’habitation (article R.111-9) prévoit qu’à la construction « les logements doivent bénéficier d’un renouvellement de l’air et d’une évacuation des émanations tels que les taux de pollution de l’air intérieur du local ne constituent aucun danger pour la santé et que puissent être évitées les condensations, sauf de façon passagère ».

La première réglementation nationale de l’aération des logements neufs a été instaurée par décret du 22 octobre 1955 et arrêté du 14 novembre 1958. Elle imposait une aération par pièce (par simple ouverture des fenêtres) en cuisines et pièces principales, ainsi qu’une surface minimum de la partie ouvrante des baies, une aération permanente indépendante de l’ouverture des fenêtres (présence d’ouvertures d’entrée et de sortie d’air) étant exigée dans les pièces munies de baies « hermétiques », ou en cas de mono exposition du logement.

L’arrêté du 22 octobre 1969 relatif à l’aération des logements a introduit le principe d’aération générale et permanente des logements en saison froide, l’entrée d’air s’effectuant en pièces principales, et l’extraction en pièces de service (cuisine, toilettes, salles d’eau) par conduits à tirage naturel (« ventilation naturelle ») ou par conduits avec extraction mécanique (« ventilation mécanique, dite VMC »). Cet arrêté a de fait interdit en logements neufs la possibilité d’aération par seule ouverture des fenêtres, sauf dans certaines zones climatiques aux conditions hivernales moins rigoureuses.

L’arrêté du 24 mars 1982 modifié le 23 octobre 1983, toujours en vigueur, reprenant ce principe, a de surcroît imposé des valeurs minimum de débits extraits par pièce de service et de débit total extrait au niveau du logement, ces débits étant fonction du nombre de pièces principales. Ces exigences sont assorties :

- d’une possibilité de diminuer le débit requis en cuisine, par un dispositif individuel de réglage par l’occupant (« double débit cuisine »),

- d’une possibilité de modulation automatique du renouvellement d’air du logement, avec une diminution sensible des valeurs des débits minimum requis.

Décret 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent intègre dans son article 2.5 la ventilation dans les conditions de décence du logement: « les dispositifs d'ouverture et de ventilation des logements permettent un renouvellement de l'air adapté aux besoins d'une occupation normale du logement et au fonctionnement des équipements ».

Un arrêté spécifique, en date du 17 avril 2009, fixe par ailleurs les exigences d'aération applicables aux logements neufs dans les DOM.

 

  • Règlement sanitaire départemental (RSD type): Article 41 relatif aux ouvertures et ventilation indique que les pièces principales et les chambres isolées doivent être munies d'ouvertures donnant à l'air libre et présentant une section ouvrante permettant une aération suffisante. Il précise par ailleurs, que les pièces de services de service (cuisines, salle d'eau et cabinets d'aisances), lorsqu'elles sont ventilées séparément, doivent comporter les aménagements suivants en fonction de leur destination:

                        a/ Pièce de service possédant un ouvrant donnant sur l'extérieur: ces pièces doivent être équipées d'un orifice d'évacuation d'air vicié en partie haute. En sus, les cuisines doivent posséder une amenée d'air frais en partie basse.

                        b/ Pièce de service ne possédant pas d'ouvrant donnant sur l'extérieur: ces pièces doivent être munies d'une amenée d'air frais, soit par gaine spécifique, soit par l'intermédiaire d'une pièce possédant une prise d'air sur l'extérieur. L'évacuation de l'air vicié doit s'effectuer en partie haute, soit par gaine verticale, soit par gaine verticale, soit par gaine horizontale à extraction mécanique conformes à la réglementation en vigueur.

 

En cas de travaux dans l’habitat existant, les exigences réglementaires à appliquer sont celles qui étaient en vigueur au moment de la date de dépôt de la demande du permis de construire. Il est toutefois possible d’appliquer les exigences de réglementations ultérieures plus contraignantes, le principe général étant, en cas de travaux, de ne pas entraîner de dégradation par rapport aux performances antérieures.

 

IV – Pour en savoir plus

Données et informations

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents