Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre les risques de ruine propre à l'habitat

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 7 Juin 2015, 16:20pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'effondrement d'un bâtiment (source: nouvel obs)

Photo d'effondrement d'un bâtiment (source: nouvel obs)

Les bâtiments menaçant de ruine peuvent s'effondrer sur les occupants, qu'il faut mettre en sécurité. Pour cela, il est nécessaire de mettre en place des travaux de réhabilitation le plus rapidement possible pour stabiliser et consolider le bâtiment. Les travaux de réhabilitation vont dépendre des causes de ruine. Celles-ci sont principalement de deux types : causes de ruine propre au bâtiment et causes extérieures au bâtiment.

 

I- Ce que l'on sait sur les bâtiments menaçant de ruine

         1. Causes de ruine propre au bâtiment

Lorsque le danger émane de l’édifice lui-même, la menace de ruine provient de causes inhérentes à la construction : soit le défaut d’entretien ou les vices de construction, soit la vétusté. Les éléments à vérifier sont les fondations, les murs porteurs, les charpentes et les planchers.

 

Les fondations

Les fondations sont l'ensemble des ouvrages enterrés qui composent le socle et l'assise stable d'une construction, et qui répartissent sa charge sur le sol naturel ou reportent ces charges jusqu'au sol dur. Les fondations sont généralement mises en œuvre sous toutes structures porteuses verticales de l'immeuble notamment murs et poteaux porteurs. En fonction des caractéristiques du sol d'assise on distingue généralement 3 types de fondations :

Les fondations sur semelles filantes (les plus courantes – « bon sol », relativement peu profond),

Les fondations sur puits, pieux, ou micropieux (« bon sol », plus ou moins profond),

Les fondations sur radier (fondations peu profondes sur sol d'assise de qualité relativement médiocre).

 

Les murs porteurs

Les murs ou poteaux porteurs peuvent être en façade, pignon, à l'intérieur du bâtiment ou en mitoyenneté. Ces éléments sont dits porteurs car ils portent les charges du bâtiment et les transmettent au sol par l'intermédiaire des fondations. On entend par charges du bâtiment, le poids des différents éléments qui le composent (murs, planchers, cloisons, équipements...) ainsi que les charges d'exploitation (meubles, personnes...) et surcharges climatiques (neige, effets du vent...). Concernant les matériaux des murs porteurs, on distingue principalement :

  • les maçonneries d'éléments : murs composés essentiellement d'un même matériau (pierres, briques, blocs de béton) ou maçonneries mixtes (parements pierre plus remplissage intérieur en tout-venant),
  • les murs à ossature bois ou métal : plan de bois, pan de fer,
  • les murs en béton armé ou non,
  • les porteurs verticaux constitués d'un système de poteaux et poutres en béton armé.

 

Les charpentes

La charpente est la structure en bois ou en métal qui supporte la couverture et donne au toit une forme permettant l'écoulement des eaux. Elle doit résister sans déformation aux efforts et charges dus au vent et à la neige. Elle repose sur les murs porteurs du bâtiment et est dimensionnée en fonction de la couverture à recevoir. Exposées aux intempéries, les charpentes avec les couvertures sont les ouvrages les plus vulnérables des constructions traditionnelles. Les déformations des charpentes sont dues à l'eau ou aux surcharges ou aux deux à la fois.

 

Les planchers

Les planchers sont des ouvrages de structure du bâtiment. En plus de leur fonction de division du bâtiment en étage, ils permettent le transfert des charges d'utilisation sur les murs porteurs et jouent également un rôle important de stabilité de la structure essentiellement en contribuant au contreventement de l'ensemble du bâtiment et plus spécifiquement des murs. Dans nombre de cas, les murs pourraient s'écrouler en l'absence de plancher. Le contreventement est généralement renforcé par des éléments de chaînages horizontaux. Les panchers sont principalement composés de trois parties :

  • une ossature constituée de poutres, poutrelles ou solives en bois, métal ou béton reposant sur les structures porteuses verticales (murs ou poteaux). Cette ossature est complétée par un remplissage (hourdis, voûtains, augets de plâtre...),
  • une aire constituée par le sol des étages : parquet, dalle de compression ou de répartition, chape au mortier de ciment. Ces derniers sont recouverts d'un revêtement de sol,
  • le plafond qui cache la partie inférieure de la structure porteuse.

 

         2. Causes de ruine extérieur au bâtiment

La ruine peut être causée par un évènement naturel extérieur tels qu’un éboulement, un affaissement de sol, une inondation ou un incendie ayant leur origine dans des causes étrangères à la construction. Dans cette fiche, nous aborderons l'incendie et les inondations.

 

L'incendie

Les dégradations du bâti dépend de l'intensité et de la vitesse de propagation de l'incendie.

Des portes palières peu résistantes au feu et comportant des parties vitrées, des bouches d'aération de logements donnant directement sur la cage d'escalier, des caves mal isolées des parties communes (portes en bois à claire voie par exemple) sont autant de facteurs qui vont aggraver la propagation du feu dans l'immeuble. L'existence de certains équipements ou locaux communs représente un risque important et il est essentiel d'être attentif en particulier au mode de gestion des déchets dans un immeuble.

 

Les inondations

Les inondations engendrent des dommages à long terme au bâtiment et aux installations. Ils entrainent aussi un risque sanitaire pour les personnes. Lors d'une inondation, les risques pour la santé sont surtout reliés à la contamination de l'eau potable et à l'infiltration de l'eau souillée dans la résidence. Le contact avec de l'eau souillée (microbes, particules de sol, résidus chimiques, etc.) peut occasionner des intoxications, l'apparition de maladies liées à la propagation de microorganismes dans l'eau, des allergies de contact (dermatite) et des infections.

 

II – Les points de vigilance de l'habitat

         1. Causes de ruine propre au bâtiment

Il est nécessaire de vérifier différents élements dans le logement, dans les parties communes et sur les façades du bâtiment.

 

Les fondations et les murs porteurs

Défauts d'horizontalité :

  • En façade, vérifier les éléments horizontaux tels que bandeaux, corniches, linteaux, poitrails, dalles de balcon...,
  • A l'intérieur de l'immeuble, voir les planchers et vérifier notamment s'ils s'inclinent tous vers un même côté.

 

Défauts de verticalité :

  • Vérifier pour chacun des murs si les parois sont bien verticales en totalité ou en partie,
  • Présence de « ventre »,
  • Présence de fruit ou contre-fruit,
  • Interroger les occupants ou toutes personnes connaissant bien l'immeuble sur l'ancienneté de la situation observée et son évolution (stabilisée ou non) : certains murs construits dès l'origine avec du fruit ; dans d'autres cas, le fruit est apparu ultérieurement mais s'est stabilisé depuis des dizaines d'années.

 

Fissures

  • Verticales ou obliques, elles sont souvent signes de surchage de l'ouvrage ou de mouvements liés à un affaissement différentiel du bâti ou encore à la différence de nature de matériau ou de chaînage notamment aux points de jonction entre deux ouvrages : regarder les parties courantes des murs et plus particulièrement le voisinage des ouvertures (fenêtres et portes, linteaux, appuis, allèges...), ainsi que les points de concentration de charges tels que jambe sous poutre,
  • Vérifier si la fissure se limite à l'enduit (moindre gravité) ou si elle concerne les éléments de maçonnerie dans toute l'épaisseur (la situation est plus grave dans ce dernier cas).
  • Apporter également une attention particulière aux fissures d'ouverture avoisinant ou supérieures à 2 mm (appelées lézardes) ; quelle que soit leur allure (verticale, oblique ou horizontale) les lézardes sont à prendre particulièrement au sérieux.

 

Enduits

  • Faïençage (multitude de fissures fines en réseau type toile d'araignée),
  • Décollement du support : enduit sonnant creux par endroits.

 

Joints :

  • Pulvérulence, effritement et absence de joints constituent des menaces.

 

Mauvais état relativement généralisé du corps de mur

  • Eclatement, perte de cohérence, désagrégation des pierres ou briques (humidité et gel),
  • Eclatement de béton et/ou armatures corrodées,
  • Pulvérulence du matériau.

 

Eléments de structure bois ou métal

  • Pourriture du bois (test de la pointe qui pénètre le bois sans difficulté),
  • Corrosion des éléments de structure métallique,
  • Rupture de pièces d'ossature

 

Remarque : Certains désordres des parois en élévation tels que les défauts d'horizontalité et les fissures peuvent être partiellement ou totalement liés à un tassement différentiel dans l'oeuvre. Les tassements différentiels dans l'oeuvre sont généralement provoqués par des déformations d'éléments de structure autres que les fondations : linteaux, poitrail, maçonnerie...

 

Les charpentes

Les principaux facteurs de désordre sont les suivants :

  • Le sous dimensionnement et l'humidité favorisent des déformations. Les entrées d'eau vont provoquer des pourrissements,
  • La surcharge saisonnière, lorsqu'elles résultent d'un accroissement de la masse volumique suite à un accroissement de l'humidité,
  • La surcharge permanente lorsqu'une couverture plus lourde remplace celle initialement prévue sans modification de la charpente, ou lorsqu'elles résultent de la pose sur la couverture de pierre destinées à protéger les tuiles des effets du vent.

Il y a danger, lorsqu'un organe majeur est rompu, ou lorsqu'une des liaisons avec un élément porteur n'a plus qu'un contact sommaire, ou est rompue.

 

Le plancher

Souplesse du plancher

  • Vérifier la souplesse du plancher en faisant des petits sauts sur le plancher. Une souplesse importante dénote un affaiblissement éventuel de la structure.

 

Dévers

  • Un dénivelé important peut être lié à l'affaissement d'un ouvrage de support.

 

Fissures au plafond

  • Elles ne sont pas forcément signe d'un mauvais état avéré d'éléments structuraux du plancher ; l'importance de l'ouverture et le nombre doivent cependant alerter sur la nécessité de procéder à un sondage éventuel.

 

Fissure horizontale en façade au droit du plancher

  • Une fissuration de la façade sur l'ensemble des murs périphériques au droit du plancher est souvent la conséquence d'une dilatation du plancher. Ce phénomène s'observe couramment sur les maisons individuelles à structure béton.

 

Enduits du plafond dégradé

  • Eclatement, décollement, notamment en cas de présence d'humidité, sont à prendre très au sérieux surtout en sous-sol.
  • Vérifier l'état des solives métalliques si elles sont accessibles (surtout en sous-sol) : importance de la corrosion de l'âme notamment.

 

Voûte (notamment en sous-sol)

  • Irrégularité de la courbe, affaissement, fissuration des éléments de maçonnerie.

 

Joints

  • pulvérulence, effritement, dégradations profondes, absence.

 

         2. Causes de ruine extérieur au bâtiment

L'incendie

Les situations dangereuses sont les suivantes :

 

  • L'aménagement des cages d'escalier

L'encloisonnement des cages d'escalier (isolement complet de la cage d'escalier par rapport aux paliers desservant les logements) constitue un moyen efficace de lutte contre la propagation de l'incendie. Malheureusement, une telle conception se rencontre rarement dans les immeubles construits avant 1970 et donc dans la majorité des immeubles existants.

 

A défaut d'encloisonnement, il est important d'identifier la présence dans la cage d'escalier, de matériaux pouvant constituer une charge calorique importante en cas d'incendie : escalier en bois, présence de lambris aux murs, stockage de meubles, livres, ou matériaux facilement inflammables, etc. En effet, l'embrasement de la cage d'escalier diminuerait considérablement, voire supprimerait les possibilités d'évacuation des habitants par l'escalier et rendrait l'intervention des services de secours extrêmement difficile, voire impossible. Par ailleurs, l'entreposage d'objets divers (meubles, plantes...) réduit les possibilités de passage et l'usage de l'escalier comme moyen d'évacuation.

 

  • Le désenfumage des cages d'escalier (ou circulations verticales)

La cage d'escalier doit être, en temps normal, fermée à sa partie supérieure et à sa partie inférieure. En partie haute de l'étage le plus élevé, la cage d'escalier doit comporter un dispositif fermé en temps normal permettant, en cas d'incendie, une ouverture d'un mètre carré au moins assurant l'évacuation des fumées.

Une commande située au rez-de-chaussée de l'immeuble, à proximité de l'escalier, doit permettre l'ouverture facile du dispositif d'évacuation des fumées. Dans tous les cas, l'accès à ce dispositif de commande doit être réservé aux services d'incendie et de secours. Il ne doit pas être utilisé par les occupants.

 

  • Le stockage des déchets

Il faut retenir en ce qui concerne le stockage des déchets que ce sont les dispositifs de collecte à partir des vide-ordures collectifs qui constituent le risque maximum. Les observations auxquelles il convient de procéder doivent identifier l'existence d'un vide-ordure et d'un dispositif de maintien du vidoir en position fermée, et localiser le lieu de stockage des conteneurs dans les parties communes.

 

  • Les conduits de chute des vides-ordures

Les conduits de chute des vides-ordures sont souvent à l'origine, par manque d'étanchéité, de la propagation dangereuse des fumées et des gaz. Ils doivent assurer un coupe feu de traversée très réglementé en fonction du classement de l'habitation.

Les vide-ordures individuels disposés dans chaque logement, en cas d'étanchéité défaillante et de sinistre concernant le conduit de chute, n'exposent pas directement la sûreté de la cage d'escalier, alors qu'il en est tout autrement des vide-ordures collectifs aménagés sur les paliers.

 

  • Les éléments de construction

Les critères de réaction au feu ou de résistance au feu d'une porte, d'une cloison, d'un plancher... ne peuvent pas être évalués par un simple constat visuel. Seuls des procès-verbaux de classement, décrivant le matériau permettent de s'assurer du degré de « coupe-feu » ou de « pare flamme », défini en terme de temps.

 

L'avis du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) peut venir compléter cette analyse. Le recours à son service prévention est indispensable dès qu'un immeuble de type R+3 et plus n'a pas d'escalier encloisonné, ou de trappe de désenfumage ou d'accès au sous-sol rendu indépendant. Pour les immeubles de type R+2 au plus, le recours au service départemental d'incendie et de secours est indispensable si les 3 défauts à la fois sont observés.

 

Les inondations

Les problèmes d'inondation peuvent venir des points faibles des bâtiments en période de forte pluie, être associés au réseau d'égout et survenir à la suite d'un débordement d'un cours d'eau.

 

En dehors d'un débordement d'un cours d'eau, l'eau pénètre dans le bâtiment à cause :

  • d'une fissure dans les murs du sous-sol,
  • de la mauvaise qualité du drainage du terrain,
  • de la défaillance du système de drainage périmétrique des fondations,
  • d'un raccord obstrué entre la maison et l'égout principal de la rue,
  • d'un refoulement des égouts (ou de la combinaison des eaux sanitaires et des eaux pluviales),
  • de la défaillance d'une pompe de puisard employée pour pomper l'eau du système de drainage des fondations.

 

III – Les mesures pour y remédier

            A/ les mesures d'action sur un bâtiment menançant de ruine

Les moyens d'action concernent :

  • Sondage des sols de fondation et de l'état de la structure,
  • Expertise pour évaluer les coûts de travaux,
  • Expertise pour analyser si le péril est ordinaire ou imminent,
  • Evacution des lieux et hébergement des occupants,
  • Mise en place d'un chantier de réhabilitation et maintenance des parois et de la structure.

 

L’intervention sur les immeubles menaçant ruine se fait essentiellement par la prescription de travaux de réparation, et, le cas échéant, de démolition lorsque les travaux nécessaires pour mettre fin au péril seraient assimilables à des travaux de construction ou de reconstruction. La démolition totale du bâtiment ne peut être prescrite qu'en cas de péril imminent et doit rester une mesure d’exception dans les interventions en péril ordinaire. Il convient de privilégier la conservation des bâtiments dans tous les cas où ils présentent, notamment un intérêt architectural, historique ou urbain.

 

            B/ conseils aux occupants

Différentes règles de prévention peuvent être conseillées si le péril n'est pas imminent:

  • Ne pas aller dans les zones à risque de blessure et de chute ;
  • Surveiller les enfants et leur apprendre les mesures de sécurité ;
  • Ne pas aller dans les zones de travaux ;
  • Mettre en place des mesures simples de protection ou une signalisation sur des endroits à risque ;

 

            C/ Réglementation et obligations

            1. Obligation du propriétaire dans le cadre des rapports locatifs

  • Obligation de délivrer un logement décent (Code civil : Art 1719/ Norme de décences : décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002)
  • Obligation de délivrer un logement en bon état de réparation et d’entretenir le logement tout au long du bail (Code civil : 1720)

 

            2. Réglementation

L’arrêté de péril est une mesure de police administrative et non un élément d’une politique de réhabilitation. La législation sur les immeubles menaçant de ruine n’a pas pour objet d’obliger le propriétaire à entreprendre des travaux de restauration définitifs du bâtiment mais les travaux nécessaires pour mettre fin au péril. C’est un dispositif de sécurité publique qui concerne tous types de bâtiments.

 

Causes de ruine propre à l'immeuble

Lorsque le danger émane de l’édifice lui-même, la menace de ruine provient de causes inhérentes à la construction : soit le défaut d’entretien ou les vices de construction, soit la vétusté. Le maire intervient au titre de son pouvoir de police spéciale (CGCT : art. L. 2213-24) dans les conditions des articles L. 511-1 à L. 511-4 du CCH.

 

Causes du péril extérieur à l'immeuble

Lorsque la ruine est causée par un évènement naturel extérieur tels qu’un éboulement, un affaissement de sol, une inondation ou un incendie ayant leur origine dans des causes étrangères à la construction, le maire intervient au titre de sa police générale de la sécurité publique, (CGCT : art. L. 2212-2 et art. L. 2212-4), dont le domaine d’application couvre, notamment les cas de catastrophe naturelle ou de catastrophe due à des éléments ne pouvant engager la responsabilité des propriétaires. En effet, ceux-ci ne peuvent subir les conséquences de droit liées aux arrêtés de péril, alors que leur responsabilité ne peut en aucun cas être engagée. La jurisprudence applique strictement la distinction entre les deux types de procédure. Lorsque la solidité d’un immeuble est compromise en raison d’un mouvement naturel du sol, de catastrophes naturelles ou technologiques (ex : usine AZF de Toulouse) la procédure du péril en application du CCH (art. L. 511-1 et suivants) est inapplicable : doit être utilisé le CGCT (art. L. 2212-2 et art. L. 2212-4).

 

Procédure de péril ordinaire

  • Article L. 511-2 du code de la construction et de l'habitation : « Le maire, à l'issue d'une procédure contracdictoire dont les modalités sont définies par décret en Conseil d'Etat, met le propriétaire de l'immeuble menaçant ruine, et le cas échéant les personnes mentionnées au premier alinéa de l'article L. 511-1-1, en demeure de faire dans un délai déterminé, selon le cas, les réparations nécessaires pour mettre fin durablement au péril ou les travaux de démolition, ainsi que, s'il y a lieu, de prendre les mesures indispensables pour préserver les bâtiments contigus. Si l'état du bâtiment, ou d'une de ses parties, ne permet pas de garantir la sécurité des occupants, le maire peut sortir l'arrêté de péril d'une interdiction d'habiter et d'utiliser les lieux qui peut l'être temporaire ou définitive. »
  • Articles R. 511-1 à R. 511-5 du code de la construction et de l'habitation, relatifs aux dispositions générales des bâtiments menaçant ruine.

 

Procédure de péril imminent

  • Article L. 511-3 du code de la construction et de l'habitation et article l. 1331-26 du code de la santé publique : « En cas de péril imminent, le maire, après avertissement adressé au propriétaire, demande à la juridiction administrative compétente la nomination d'un expert qui, dans les vingt-quatre heures qui suivent sa nomination, examine les bâtiments, dresse un constat de l'état des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin à l'imminence du péril s'il la constate. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un péril grave et imminent, le maire ordonne les mesures provisoires nécessaires pour garantir la sécurité, notamment, l'évacuation de l'immeuble. Dans le cas où ces mesures n'auraient pas été exécutées dans le délai imparti, le maire les fait exécuter d'office. En ce cas, le maire agit en lieu et place des propriétaires, pour leur compte et à leurs frais. Si les mesures ont à la fois conjuré l'iminence du danger et mis fin durablement au péril, le maire, sur le rapport d'un homme de l'art, prend acte de la réalisation et de leur date d'achèvement. Si elles n'ont pas mis fin durablement au péril, le maire poursuit la procédure dans les conditions prévues à l'article L. 511-2 ».
  • Articles R. 511-4 à R. 511-5 du code de la construction et de l'habitation.

 

IV – Pour en savoir plus

Données et informations

 

V – Compléments d'information

            1. Définitions

Murs porteurs

  • Corniche : couronnement d'une élévation (mur de façade par exemple, composé de moulures superposées et en saillie les unes sur les autres).
  • Fruit : faible inclinaison vers l'intérieur de la face d'un mur par rapport à la verticale. Lorsque la base du mur est en avant de l'aplomb pris à partir du sommet, il y a fruit ; dans le cas contraire, il y a contre-fruit.
  • Infrastructure : structure porteuse inférieure d'une construction (fondations notamment).
  • Jambe sous poutre : chaîne verticale de pierre, engagée dans le corps du mur et qui sert à porter une ou plusieurs poutres.
  • Linteau : ouvrage en bois, pierre, métal, béton... destiné à supporter la maçonnerie au-dessus d'une baie (porte, fenêtre).
  • Ossature : ensemble des éléments de stabilité qui composent la structure porteuse, le squelette ou la carcasse d'un édifice, d'une voûte, d'un vitrail... et qui assurent leur rigidité et leur stabilité. Ex : les poteaux et les chaînages composent l'ossature des façades, par opposition avec les éléments de remplissage.
  • Paroi : surface séparative rigide entre deux milieux distincts, entre deux locaux, entre deux étages, entre l'intérieur et l'extérieur. Ex : murs, cloisons, toiture-terrase, planchers, vitrages, verrières, pare-douches...
  • Poitrail : grosse poutre horizontale souvent formée de deux ou plusieurs éléments assemblés de façon solidaire, servant de linteau à une grande baie en rez-de-chaussée.
  • Ventre : on dit du parement d'un mur qu'il fait du ventre ou qu'il boucle lorsque ce parement est hors de son aplomb.
  • Bandeau : moulure pleine filante de section rectangulaire dont la hauteur est nettement supérieure à la saillie. Ex : en façade, bandeau séparant deux étages.
  • Chaîne : partie de mur, horizontale ou verticale, de construction plus soignée, réalisée dans un autre matériau ou avec des éléments mieux appareillés, servant à rigidifier l'ensemble. On distingue la chaîne d'angle assurant la liaison entre deux murs en angle, la jambe ou chaîne verticale placée dans le cours d'un mur, habituellement dans une zone où il y a concentration de charge.
  • Contreventement : ensemble de liens ou de contrevents qui s'opposent à la déformation latérale d'une charpente ou d'une ossature quelconque.
  • Trumeau : pan de mur situé entre deux baies de même niveau.

 

Charpentes

  • La ferme : assemblage de pièces destinées à porter le faîtage, les pannes et les chevrons.
  • La sablière : pièce maîtresse posée sur l'épaisseur d'un mur dans le même plan que celui-ci. Les sablières du toit, perpendiculaires aux fermes, portent celles-ci de chaque côté ; sur le même côté d'un toit, il peut y avoir plusieurs sablières « en cours » parallèles. (« Cours de » : suite de pièces jointes bout à bout sur une même ligne ayant la même fonction. La notion de cours de pièces est généralement sous-entendue : on désigne par le nom d'une pièce l'élément de charpente formé de plusieurs de ces pièces sur le même alignement).
  • L'entrait : pièce maîtresse d'une ferme dans laquelle sont assemblés les pieds des arbalétriers (des chevrons arbalétriers ou des jambes-de-force).
  • Le faîtage (ou faîtières) : pièce maîtresse de charpente posée sur l'arête supérieure du toit.
  • La poutre : dans un plancher, pièce maîtresse perpendiculaire aux solives et portant celles-ci.
  • Le poinçon : poteau d'une ferme, joignant le milieu de l'entrait ou d'un petit entrait à la rencontre des arbalétriers.
  • Les arbalétriers : les deux arbalétriers portent les versants du toit. Ils sont généralement assemblés à leur base dans un entrait et à leur sommet commun dans un poinçon. Le chevron-arbalétrier est la pièce oblique des charpentes à chevrons-portant-fermes. Il joue à la fois le rôle d'arbalétrier et de chevron.
  • La jambe de force est une sorte de gros arbalétrier bas sur lequel porte une fermette. Les jambes de force permettent de dégager un étage dans certains combles.
  • Le chevron : pièce d'un versant de toit inclinée dans le même sens que l'arbalétrier, posée sur les pannes et portant la couverture.
  • Assemblage : procédé de liaison des pièces entre elles par pénétration et combinaison de section.
  • Pièce double : pièce formée de 2 morceaux parallèles jointifs, mise en œuvre pour tenir lieu d'une pièce de fort équarrissage (équarrier : tailler à angles droits).
  • Pièces jumelées : pièces parallèles réunies par d'autres pièces et ayant la même fonction dans un même ouvrage.
  • Poutre-armée : ensemble de pièces jumelées, superposées et portantes, réunies par des poteaux.
  • Moise : couple de deux pièces jumelées enserrant plusieurs autres pièces.

 

Le plancher

  • Auget : remplissage en plâtre formant une cuvette plus ou moins profonde entre les solives, les lambourdes du parquet.
  • Chaine : partie de mur, horizontale ou verticale, de construction plus soignée, réalisée dans un autre matériau ou avec des éléments mieux appareillés, servant à rigidifier l'ensemble. On distingue la chaîne d'angle assurant la liaison entre deux murs en angle, la jambe ou chaîne verticale placée dans le cours d'un mur, habituellement dans une zone où il y a concentration de charge.
  • Hourdi : remplissage en briques, en plâtre, en mortier etc. des vides d'un pan de bois, d'un pan de fer ou d'un plancher.
  • Jambe sous poutre : chaîne verticale de pierre, engagée dans le corps du mur et qui sert à porter une ou plusieurs poutres.
  • Lambourdes de plancher : pièces placées le long de certaines poutres avec lesquelles elles sont solidarisées ou le long d'un mur contre lequel elles sont soutenues par l'intermédiaire de corbeaux ; les lambourdes reçoivent les abouts des solives d'un plancher.
  • Lattis de plafond (également appelé bacula) : arrangement de latte clouées sur les solives en sous-face d'un plancher.

 

            2. Les moyens de prévention des incendie

- Les détecteurs d'incendie

Les détecteurs-avertisseurs autonomes de fumée (DAAF) alertent et permettent aux occupants d'être réveillés la nuit par la sonnerie d'alarme et d'intervenir rapidement sur le foyer d'incendie, de prévenir aussitôt les pompiers et de se mettre à l'abri. Chaque logement, qu'il se situe dans une habitation individuelle ou dans une habitation collective devra être équipé d'au moins un détecteur de fumée normalisé d'ici le 8 mars 2015 (loi 2010-6238 du 9 mars 2010 et décret 2011-636 du 10 janvier 2011).

 

Remarque: Ne jamais installer les DAAF dans les parties communes des immeubles. En effet en cas d’incendie il ne faut pas sortir sur le palier s’il y a un incendie car :

- les personnes seront exposées aux fumées toxiques.

- les personnes feront entrer de l’air, ce qui ravivera l’incendie.

 

- Les extincteurs

Un extincteur permet d'éviter que les flammes se propagent. On distingue trois types d’extincteurs :

- à eau pulvérisée avec ou sans additif ;

- à poudre Ab ou ABC (polyvalente);

- à dioxyde de carbone (CO2) ;

Ces trois types d’extincteurs peuvent être utilisés quel que soit l’origine du feu sans risque pour l’utilisateur mais seront plus ou moins efficace selon la nature des feux.

 

- Le système de désenfumage

Il s’agit d’un système d’ouverture d’une trappe ou d’un lanterneau afin de favoriser l’évacuation des fumées. Pour le désenfumage des escaliers les installations récentes se composent, d’une commande d’ouverture située au rez-dechaussée de l’habitation (Cette commande peut être mécanique, pneumatique ou bien électrique) et d’un treuil mécanique au dernier niveau de l’immeuble qui permet la fermeture. Pour le désenfumage des couloirs les commandes sont réalisées par des boitiers situés sur les paliers. Le déclenchement du système d’évacuation est réservé au service de secours. Les verrous des trappes d’escaliers comportent un fusible qui les déclenche à des températures de 70 ou 90 °.

 

- Les colonnes sèches

La colonne sèche est une colonne d’alimentation en eau, sur laquelle on peut brancher les lances d’extinction aux différents niveaux de l’immeuble. Elle est vide à l’état normal et alimentée en eau sous pression par les pompiers en cas d’intervention. Elle est munie de prises à chaque niveau. Un raccord d’alimentation en eau est implanté à sa base, permettant son branchement en cas d’incendie. Celui-ci sera raccordé aune borne (prise d’eau) à l’extérieur, puis relié à un camion motopompe, qui fera monter l’eau en pression dans la colonne. Le raccord d’alimentation en eau de la colonne sèche doit être situé à 60 mètres maximum d’une prise d’eau normalisée, située le long d’une voie praticable par les engins des sapeurs-pompiers, et à 5 mètres de leur aire de stationnement.

 

- Les portes coupe-feu

En cas d’incendie, elles doivent être maintenues fermées et la fermeture de ces portes doit pouvoir se faire automatiquement et manuellement. Le déclenchement automatique de la fermeture est assuré par un détecteur de température supérieure à 70°C, de fumées.

 

- Robinet d'incendie armé (RIA)

Il s’agit d’un branchement permanent sur une alimentation d’eau d’un tuyau de fort diamètre pour lutter contre l’incendie.

 

            3. Notions de base en matière d'inondations

- Égout sanitaire

L'égout sanitaire est un tuyau enfoui sous les rues, et conçu pour transporter les eaux usées des bâtiments. Celles-ci comprennent l'eau provenant des équipements sanitaires (toilettes, éviers, etc.).

 

- Égout pluvial

L'égout pluvial est un tuyau enfoui sous la rue et conçu pour transporter les eaux de ruissellement. Les égouts pluviaux sont beaucoup plus imposants que les égouts sanitaires parce qu'ils sont conçus pour transporter des débits beaucoup plus importants.

 

- Refoulement d'égout

Les excédents d'eau résultant des orages devraient se diriger dans les égouts pluviaux ou s'infiltrer lentement dans le sol sans entrer dans l'égout sanitaire. Si un excédent d'eau pluviale pénètre dans l'égout sanitaire, cela peut le surcharger. Lorsque les égouts sont remplis, le niveau d'eau dans le réseau s'élève au-dessus du niveau normal, créant une surcharge. Les inondations de sous-sol peuvent se produire si le bâtiment est équipées d'appareils sanitaires sous le niveau de surcharge.

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