Comprendre les risques sanitaires

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Comprendre le risque du virus ZIKA

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 26 Janvier 2016, 21:43pm

Catégories : #risques sanitaires

Carte de localisation du virus Zika dans le monde (source: CDC)

Carte de localisation du virus Zika dans le monde (source: CDC)

Source : wikipedia et Inpes

 

Le virus Zika, abrégé ZIKV pour Zika Virus en anglais, est un arbovirus membre de la famille des Flaviviridae et du genre Flavivirus, responsable de la fièvre Zika chez l'Homme. Il tire son nom d'une forêt en Ouganda où il a été identifié pour la première fois en 1947. Répandu dans les régions tropicales d'Asie et d'Afrique, il est responsable en 2007 d'une épidémie sur les îles Yap, en Micronésie, où il infecte près des trois quarts des habitants de l'île. Il est, depuis cet épisode, considéré comme émergent à potentiel épidémique et gagnant régulièrement de nouvelles régions.

Transmis par la piqûre d'un moustique infecté, il peut entraîner un syndrome proche des autres arboviroses, avec fièvre, éruption cutanée, céphalée et douleurs articulaires, spontanément résolutif. C'est par ailleurs le seul arbovirus pour lequel une transmission sexuelle a été mise en évidence.

Ce virus s’est répandu dans 23 pays, dont la France – on dénombre plusieurs cas en Martinique, en Guyane et en Guadeloupe. Le continent sud-américain est désormais en première ligne, notamment le Brésil, qui compte 4 000 cas recensés. Transmis par les piqûres du moustique Aedes aegypti principalement, Zika suscite de nombreuses craintes, car il pourrait être lié à des malformations neurologiques des nouveau-nés, et il se propage rapidement sur la planète.

 

Dangerosité du virus

Zika appartient à la même famille que la fièvre jaune, le chikungunya et la dengue. Il n’existe aucun vaccin préventif et pas non plus de médicaments pour traiter l’infection. Il peut entraîner des complications sur le développement du cerveau des fœtus et des nourrissons, par exemple des microcéphalies – un cerveau trop petit. En conséquence, certaines autorités sanitaires ont recommandé aux femmes d’éviter de tomber enceinte.

 

Transmission du virus

Le virus Zika est transmis à l'Homme par la piqûre d'un moustique infecté, qui lui-même s'infecte lors d'un repas sanguin sur un Homme ou autre vertébré infecté. La transmission du virus se fait par des moustiques appartenant à la famille des Culicidae et au genre Aedes dont Aedes aegypti et Aedes albopictus.

Les personnes atteintes du Zika ne sont pas contagieuses.

Des traces sérologiques d'infection ont par ailleurs été mises en évidence chez d'autres animaux vertébrés, dont des buffles d'eau, des éléphants, des chèvres, des hippopotames, des impalas, des bubales roux, des lions, des moutons, des rongeurs, des gnous et des zèbres.

 

Symptômes

L'infection n'est symptomatique que dans 18 % des cas. Le syndrome clinique est connu sous le nom de fièvre Zika, dont les symptômes sont proches des autres arboviroses, ce qui peut conduire à des confusions lors du diagnostic clinique. Peu de cas sont rapportés dans la littérature, bien que les études sérologiques montrent que l'infection semble être relativement commune.

Le syndrome se présente sous forme d'une maladie fébrile, parfois faible ou absente, pouvant être associée à une éruption maculo-papuleuse, débutant sur le visage puis s'étendant au reste du corps, parfois prurigineux, une céphalée, une conjonctivite et de l'arthrite ou une arthralgie, en particulier des petites articulations des chevilles et des mains. D'autres symptômes ont également été ponctuellement rapportés : signes digestifs (diarrhée, constipation, douleur abdominale), des signes neurologiques (vertige, étourdissement, nausée, vomissement, anorexie), myalgie, douleurs rétro-orbitaires et douleurs dorsales. Deux cas ont montré des aphtes dans ou autour de la cavité buccale. Un cas confirmé présente également des maux de gorge et une toux, mais sans éruption maculo-papuleuse. Un autre cas confirmé présente une prostatite et une hémospermie, associées au seul cas documenté de transmission sexuelle.

La fièvre Zika est spontanément résolutive, les symptômes durant de 4 à 7 jours. 80 % des personnes ne s’aperçoivent pas de leur infection, ce qui est particulièrement inquiétant pour les femmes enceintes.

 

Complications graves

Deux types de complications graves ont été décrits : des complications neurologiques et des malformations sur les fœtus de femmes malades. Mais le lien causal direct entre virus et complications n'a pour le moment pas été établi.

 

Répartition géographique du virus

Fin 2013, les services sanitaires de Polynésie française estiment que 55 000 personnes ont été touchées par le Zika sur une période d'environ trois mois, soit un cinquième de la population totale. Cette épidémie du Zika touche pour la première fois un territoire associé à un pays européen, provoquant ainsi un intérêt accru de la communauté scientifique, d'autant plus que la Polynésie française dispose d'un réseau hospitalier et de structures permettant d'observer la propagation de ce virus et son impact sur une population. Fin décembre 2013, 19 cas de complication en syndrome de Guillain-Barré sont enregistrés.

L'arrivée du virus Zika en Amérique du sud, serait liée à l'organisation de la Coupe du monde de football de 2014 au Brésil durant laquelle le pays a reçu des touristes de toutes les parties du monde y compris des zones atteintes par des souches intenses du virus comme l'Afrique et l'Asie. Durant le premier semestre 2015, il y avait déjà des cas confirmés dans toutes les régions du pays. Avec des symptômes plus doux que ceux de la dengue ou de la fièvre liée au chikungunya (maladies aussi transmises par le moustique Aedes aegypti), l'épidémie de Zika fut ignorée par les autorités de santé. Cependant, le virus Zika s'est montré capable d'induire des symptômes neurologiques graves comme la microcéphalie congénitale du fœtus (acquise lors des grossesses de femmes infectées) et le syndrome Guillain-Barré, qui, quoiqu'ils continuent à être rares, augmentèrent beaucoup dans le pays.

Au troisième trimestre de 2015, dans l'État brésilien du Pernambuco, les médecins constatent une élévation forte et atypique du nombre de cas de microcéphalies, avec 58 cas en un seul mois dans plusieurs villes, bien plus que le nombre total de cas enregistrés dans les années précédentes par le Système national de surveillance des naissances (5 cas en 2011, 9 en 2012, 10 en 2013 et 12 en 2014) ; soit un taux moyen de 0,5 pour 10 000 naissances vivantes. Puis les autres États du Nord-Est confirment aussi une augmentation des cas de microcéphalie sans causes génétiques à la suite d'une infection par le virus Zika. Ces épidémies sont caractérisées par un taux d'attaque élevé et une dispersion rapide, typique d'une maladie transmise par des arthropodes.

Fin 2015, le Suriname, la Guyane française puis les îles des petites Antilles sont à leur tour touchées, puis en janvier 2016, les Barbades avec quelques cas autochtones confirmés, la Martinique et la Guadeloupe.

En mai 2015, le virus s’est répandu dans plus de 20 pays, et a atteint les Etat-Unis.

 

Traitement contre le virus

Il n’existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika. En l’absence d’un vaccin, il n’y a qu’une seule protection possible: tenter d’éviter les piqûres de moustique. Les chercheurs à travers le monde tentent de créer un vaccin mais, en attendant, les autorités ont recours à des techniques classiques de contrôle des moustiques, comme la limitation des flaques d’eau stagnante ou la pulvérisation de poison.

Les Etats-Unis ont recommandé le 22 janvier 2016 aux femmes enceintes de ne pas voyager dans 22 pays d'Amérique latine et des Caraïbes.

 

Mesures de protection individuelles

Il est recommandé :

  • de porter dans la journée (et en particulier en début et fin de journée, périodes d’intense activité du moustique vecteur) des vêtements amples et longs couvrant également les bras et les jambes jusqu’aux chevilles,
  • d’utiliser de préférence des vêtements imprégnés avec un produit insecticide spécial pour tissu, dans les zones de prolifération intense des moustiques ou en cas de contre-indication aux répulsifs (nouveau-nés, nourrisson jusqu’à trois mois),
  • d’utiliser des répulsifs sur les zones découvertes de la peau. Des précautions sont à respecter chez la femme enceinte et l’enfant (prendre avis auprès de son médecin ou d’un pharmacien),
  • d’utiliser des moustiquaires, des diffuseurs électriques à l’intérieur des maisons et des "bandeaux collants" imprégnés d’insecticide fixés au plafond des pièces de l’habitat.

 

Risque du virus ZIKA en France métropolitaine

Des moustiques du genre Aedes (Aedes albopictus) sont présents en France métropolitaine et peuvent théoriquement transmettre le virus Zika si des patients virémiques arrivent dans les zones infestées durant la période d’activité des moustiques (de mai à novembre).

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Antoine 03/02/2016 16:41

Attention Le virus Zika « explose » dans le monde ! Je vous conseil de lire cet article http://mutuelle-news.fr/le-virus-zika-explose-dans-le-monde/?utm_source=Manel&utm_medium=referral

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