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Connaître John Snow, le pionnier de l’épidémiologie

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 28 Janvier 2016, 21:49pm

Catégories : #Histoire de la santé publique

Portrait de John Snow (source: amazonaws)

Portrait de John Snow (source: amazonaws)

Source : Wikipedia

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Snow

 

John Snow (15 mars 1813–16 juin 1858) est un médecin britannique, pionnier dans les domaines de l'anesthésie et de l'hygiène. Ses travaux sur la propagation du choléra lui ont donné une place importante dans l'histoire de l'épidémiologie.

Snow, à la suite notamment de son expérience clinique, n'arrive plus à adhérer à la théorie des miasmes pour expliquer les épidémies de choléra. Il pense que le choléra doit se développer suite à l'ingestion — et non plus à l'inhalation — d'une sorte de poison et il suspecte que l'eau joue un rôle dans sa propagation. En 1849, il fait connaître son opinion dans la première édition de son ouvrage intitulé On the mode of communication of cholera. Ces premiers écrits rencontrent le scepticisme de ses contemporains.

En 1853, John Snow fait paraître On continuous molecular changes, more particularly in their relation to epidemic diseases.

Snow devient un chasseur de cas de choléra. Il trouve d'abord une relation significative entre le nombre de cas de choléra dans un territoire et la compagnie distributrice d'eau qui le dessert (l'eau était puisée à différents endroits de la Tamise). Puis il fait enlever le bras de la pompe à eau de Broad Street, dans le district de Soho. Snow utilise la carte de Londres faite par Edmund Cooper. Ces interventions et l'hypothèse qui les sous-tend, d'une dissémination du choléra par l'intermédiaire de la distribution d'eau, ont rendu Snow célèbre.

Snow, qui ignorait très probablement l'article de 1854 où Filippo Pacini avait prouvé l'origine microbienne du choléra, publie ses recherches en 1855 dans la deuxième édition remaniée de On the mode of communication of cholera. C'est dans cette deuxième édition que, s'appuyant sur l'exemple de la variole et de la syphilis, il émet l'hypothèse d'une sorte d'animalcule qui, ingéré, se développerait dans les intestins avant d'être évacué par les selles. Ces écrits sont appréciés de manière très critique par ses contemporains, notamment dans The Lancet, revue faisant autorité. Les médecins préféreront aux thèses de Snow, jugées certes ingénieuses, celles de William Farr, alors une autorité dans le domaine de l'épidémiologie. Snow n'a aucune expérience de l'épidémiologie ; il se résout à recourir à cette discipline après avoir constaté l'échec essuyé par William Budd, qui, dans un ouvrage paru 29 jours à peine après le sien, professe des thèses assez semblables aux siennes.

Le principal reproche fait alors aux thèses de Snow — outre certains défauts de méthode et d'argumentation — est qu'il considère l'eau comme seule responsable de la propagation de la maladie.

En 1868 William Farr finit par adopter les vues de Snow. Les enquêtes postérieures prouveront que l'hypothèse de Snow sur la transmission du choléra était juste. L'hypothèse bactérienne, démontrée par Filippo Pacini en 1854, l'est de nouveau, après l'oubli quasi total de la découverte de Pacini, par Robert Koch en 1883. En 1890, John Simon, premier officier de la santé (c'est-à-dire à peu près ministre de la santé), reconnaît l'apport fondamental de Snow. Et pourtant, un épidémiologiste allemand — et historien de la médecine — Georg Sticker, s'appuyant sur les travaux de Wolter et d'Emmerich, trouvera encore à s'opposer aux découvertes de Snow en 1912, et, en 1917, Arnold Klebs sera encore un fervent partisan de Pettenkoffer.

Le travail de Snow gagna de la visibilité grâce à William Thompson Sedgwick, qui le cita à des fins pédagogiques dans son manuel paru en 1901, Sanitary science. Ce n'est que dans les années 1930 toutefois, avec la nouvelle publication de On the mode of communication of cholera par Wade Hampton Frost, que son travail acquit la notoriété qu'on lui connaît aujourd'hui. C'est à la suite de cette initiative de Frost, qui cherchait à faire entrer l'épidémiologie dans les structures de la santé publique, que la figure de Snow comme héros de l'épidémiologie, s'est édifiée.

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