Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre les risques chimiques dans l’habitat

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 14 Avril 2016, 10:53am

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'un logement (source: partenaire-europeen)

Photo d'un logement (source: partenaire-europeen)

Source : extraits du livre « l’air et la santé », de Denis Charpin

 

Polluants « classiques »

Le dioxyde de soufre (SO2) et l’ozone (O3) prédominent dans l’air extérieur. Leur concentration dans l’air intérieur est toujours beaucoup plus faible car ces polluants s’adsorbent rapidement sur les parois. La concentration intérieure en poussières est généralement très corrélée à la concentration extérieure, en tout cas dans les logements de sujets non fumeurs.

L’oxyde d’azote (NO) est généré par les combustions. Instable à température ambiante, il se combine à l’oxygène pour former du dioxyde d’azote (NO2) qui lui est stable. Les oxydes d’azote sont générés dans le logement par des appareils à combustion, avant tout les cuisinières à gaz, mais aussi chauffe-eau, veilleuse, poêle à bois, cheminées à foyer ouvert, radiateurs à gaz ou à kérosène et aussi fumée de tabac. Dans une cuisine mal aérée, le taux aérien d’oxyde d’azote peut dépasser 2 000microgramme/m3 lorsque les brûleurs de la cuisinière fonctionnement, soit une valeur cinq fois plus élevée que la valeur seuil horaire pour ce polluant en atmosphère extérieure. Par ailleurs, une maison chauffée au gaz a des taux de NO2 deux à quatre fois plus élevés qu’une maison chauffée électriquement.

Les effets aigus d’un pic de pollution sont peu marqués. Ce gaz pourrait, chez les sujets asthmatiques, favoriser la survenue de bronchospasme à l’effort. Il pourrait également diminuer le seuil de réponse à l’allergène. Après exposition de long terme, certaines études ont mis en évidence un risque accru d’asthme, mais d’autres études ne le retrouvent pas.

 

Aldéhydes et composés organiques volatils

Ces polluants ont trois sources essentielles : la pollution provenant de l’extérieur, la pollution due aux activités humaines et celle qui est imputable à certains matériaux ou produits d’entretien et au mobilier.

 

Aldéhydes

Le glutaraldéhyde, de structure chimique proche du formaldéhyde, possède une grande réactivité chimique. Il est utilisé dans l’industrie du tannage du cuir et dans l’imperméabilisation des papiers et des textiles, mais surtout en milieu hospitalier dans la décontamination à froid des instruments de chirurgie, du matériel d’endoscopie, le nettoyage et la désinfection des surfaces et des sols ainsi que pour la stérilisation du linge. En dehors de la désinfection, il est utilisé en dermatologie pour le traitement des verrues, en chirurgie dentaire pour le traitement endodontique et dans les laboratoires d’histologie et d’anatomopathologie comme fixateur. Ses effets sanitaires ont été décrits chez les professionnels de santé : asthme, rhinite, prurit cutané et symptômes généraux tels qu’irritation pharyngée, nausées et céphalées.

Le formaldéhyde ou acide formique est aussi un bactéricide et un virucide puissant. Il a de nombreuses utilisations :

  • Médicaments (uroformine, cystamine, bleu de méthylène, agents astringents et tannants, antimycosiques, kératolytiques, vaccin antitétanique, plâtre orthopédique, gélules gastro-résistantes) ;
  • Chirurgie dentaire
  • Cosmétiques (colle à faux cils, durcisseurs d’ongles) ;
  • Usages industriels : industrie du papier, industrie et utilisation de peintures et d’encre pour l’imprimerie, industrie du textile, industrie des matières plastiques, de la chaussure, du cuir, matériaux de construction (mousse urée-formol, résine formol-phénols), horticulture, agriculture, photographie, etc.

C’est la forme aqueuse du formol, gaz d’odeur piquante et irritante. Il a trois modes d’action possibles : toxique, allergisant et cancérogène. L’effet toxique est responsable d’une irritation des voies aériennes supérieures (rhinopharyngite, laryngite et conjonctivite) et inférieures (toux, striction thoracique). En cas d’exposition massive, un œdème pulmonaire lésionnel peut survenir après un temps de latence. Les effets allergisants sont souvent voisins des effets toxiques, en ce qui concerne leurs manifestations. Rarement, des signes cliniques plus spécifiques sont observés : œdème de Quincke, urticaire, eczéma. Le formaldéhyde peut entraîner une hyper-réactivité bronchique au cours d’une semaine d’exposition de nature professionnelle. Il joue par ailleurs le rôle d’irritant non spécifique chez les asthmatiques qui y sont particulièrement sensibles. Plus récemment, on a montré que l’exposition domestique au formaldéhyde était reliée à la présence d’IgE spécifiques vis-à-vis des pneumallergènes banals, c’est-à-dire au terrain atopique, à un risque d’asthme chez les jeunes enfants et chez les enfants asthmatiques à des symptômes plus fréquents. Enfin le formaldéhyde a une action cancérogène chez l’animal, mais toutes les études épidémiologiques effectuées n’ont pas mis en évidence de surmortalité statistiquement significative pour les différents types de cancers humains.

 

Composés organiques volatils (COV)

Leur impact sanitaire a été illustré par de récentes études épidémiologiques. Dans le cadre d’une étude ECRHS suédoise, ils ont rapporté un risque accru d’asthme chez les sujets dont le logement avait récemment été repeint, notamment quand la peinture avait été appliquée dans la cuisine et quand l’on avait utilisé des vernis à bois. Une étude a mis en évidence, grâce à l’étude des lymphocytes T du sang du cordon de 85 nouveau-nés une augmentation de la réactivité TH2 et une réduction de la réactivité TH1, soit un profil favorisant les maladies allergiques, quand la mère a été exposée au COV domestiques. Une étude a décrit des perturbations neurosensorielles et psycho-intellectuelles chez des sujets habitant dans des logements préfabriqués ou des logements ayant fait l’objet de travaux de rénovation. Le même type d’observations a été fait chez des personnes emménageant dans un logement neuf. Les COV jouent d’ailleurs un rôle dans la génèse du syndrome des bâtiments malsains. Les COV rendent compte également de l’excès de symptômes respiratoires  de type irritatif survenant chez des sujets résidant à proximité de décharges industrielles. D’après une récente étude cas-témoin anglaise, l’exposition chronique au x COV n’est pas liée au risque de sibilances chez l’enfant. Dans une étude prospective réalisée à Leipzig auprès de 475 prématurés de lignage atopique, les associations suivantes ont été mises en évidence : travaux de peinture récents, réfection du sol et risque d’infection pulmonaire, travaux de restauration et risque de sifflements à l’âge d’un an. Une autre étude prospective met en évidence chez le nourrisson une corrélation entre la teneur en logement en benzène, toluène et xylène et la survenue d’eczéma et de bronchite sibilante.

 

Produits de traitement du bois

L’exposition de la femme en âge de procréer au pentachlorophénol et au lindane, utilisés dans le traitement antifongique des bois, a été associée à une réduction du poids et de la taille du nouveau-né. Une exposition brève peut être responsable d’une aplasie médullaire, tandis que le risque de maladie de Hodgkin est lié à une longue exposition.

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