Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Savoir ce que peut faire le médecin face aux répercussions de l’habitat sur la santé

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 14 Avril 2016, 15:09pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'un stethoscope (source: nephrologue)

Photo d'un stethoscope (source: nephrologue)

Source : extraits du texte «Les répercussions de l’habitat sur la santé, que peut faire le médecin ? », de Luc Ginot, issu du livre « Le praticien et l’environnement »,  un ouvrage collectif sous la direction de William DAB

 

Le lien entre l’habitat et la santé doit d’abord être entendu dans sa plein acceptation : l’habitat c’est le logement, mais aussi le bâtiment, le quartier (urbain, social…). Le logement, c’est la qualité du bâti, mais aussi la présence ou non d’une suroccupation, la possibilité ou non d’une intimité, la liberté ou non de changer de logement : on comprendra que l’articulation habitat-santé n’emprunte pas une voie univoque, mais bien des faisceaux de mode d’impact.

Les connaissances acquises mettent en évidence plusieurs types de risques et évoquent diverses pathologies ; toutefois, de nombreuses questions subsistent, notamment concernant les interactions avec les autres facteurs sociaux d’inégalités de santé. On mentionnera les travaux de l’OMS Europe menés par Xavier Bonnefoy. Les préoccupations du médecin, particulièrement du généraliste, doivent ainsi porter sur l’allergologie et la pneumologie (le rôle des moisissures, celui de l’humidité, de la température ambiante sont bien connus), la toxicologie (avec bien sûr le saturnisme, mais aussi les effets chroniques et subaigües du monoxyde de carbone, le radon et les COV), l’accidentologie, et le champ de la santé mentale. Le lien entre habitat dégradé, bruyant, surpeuplé, et les phénomènes d’anxiété et de dépression est bien étayé. Par ailleurs, des travaux londoniens ont mis en évidence un lien entre habitat de mauvaise qualité et surmortalité hivernale, notamment cardiovasculaire.

L’habitat insalubre répond à deux définitions : l’une est d’ordre sanitaire : est insalubre un habitat qui met en cause la santé de ses occupants. L’autre est administrative : un logement est déclaré insalubre (par arrêté préfectoral) sur la base d’un ensemble de critères connus comme pathogènes (ventilations, stigmates d’humidité, état des structures, état des réseaux, qualité de l’environnement, etc.). L’insalubrité ne sera pas confondue avec la simple dégradation du logement, avec l’inconfort ou la vétusté.

Face à un habitat insalubre, le médecin ne doit pas réduire son action à la rédaction d’un vague certificat aux fondements et aux effets sanitaires incertains. Il doit d’abord identifier les dangers immédiats les plus accessibles à son intervention : dépistage biologique du saturnisme, recherche de CO… Face à des familles souvent usées par leurs conditions de vie, son empathie est importante, mais l’orientation vers des lieux d’écoute peut être nécessaire. En matière d’éducation pour la santé, le travail se mène en alliance avec la famille : pour réduire le risque accidentel domestique, ou préserver les rythmes de vie et de sommeil de l’enfant, des petits moyens peuvent être valorisés. L’ensemble de cette démarche n’est cependant crédible que si le médecin soutient également la famille dans l’exigence de réalisation de travaux ou d’un accès à un logement digne.

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