Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre l’incertitude de l’évaluation des risques concernant la téléphonie et l’apparition de cancers

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 27 Mai 2016, 10:54am

Catégories : #risques sanitaires

Photo de téléphones portables (source: autis)

Photo de téléphones portables (source: autis)

Source : extraits du texte «Téléphonie mobile et cancer, où en est l’épidémiologie?», de William Dab, issu du livre « Le praticien et l’environnement »,  un ouvrage collectif sous la direction de William DAB

 

De nombreuses études épidémiologiques ont été récemment réalisées. Une synthèse, réalisée sous l’égide de la Commission internationale pour la protection contre les rayonnements ionisants, vient d’être publiée. Compte tenu des niveaux d’exposition aux radiofréquences pour les différentes parties du corps, c’est logiquement aux organes de la tête et du cou que les études se sont intéressé, les tumeurs étant la pathologie d’intérêt premier. A part deux études de cohorte, toutes les études sont de type cas-témoins.

Les gliomes sont des tumeurs à développement relativement rapide et forment donc un modèle pertinent pour identifier les dangers possibles des radiofréquences. Parmi les 14 études publiées, toutes, sauf deux, sont négatives. Une analyse combinée des résultats ne montre pas d’association avec la durée d’exposition. Les auteurs se sont attachés à identifier les raisons méthodologiques pouvant expliquer ces résultats hétérogènes, mais ne trouvent pas d’explication convaincante. Chaque étude peut comporter des biais, mais il n’y a pas de biais commun aux études positives et négatives.

Comme les données concernant des durées d’exposition de plus de 10 ans sont rares, la prudence commande de ne pas conclure trop vite à l’absence de danger. Résultats négatifs pour les méningiomes et les neurinomes. En revanche, les méningiomes et les neurinomes de l’acoustique sont des tumeurs à développement lent et la quasi-totalité des études montrent un risque relatif proche de l’unité. Ces résultats négatifs ne sont pas concluants en raison d’un temps de latence qui peut aller jusqu’à 30 ans. Dans les études actuelles, les cas exposés ont vraisemblablement débuté leur maladie avant qu’ils soient utilisateurs de téléphone mobile et ces résultats ne doivent donc pas être surinterprétés.

Dans l’ensemble, cette revue de la littérature, très sérieuse et non partisane, fournit des indications pour l’instant plutôt rassurantes qui rejoignent l’avis de l’AFSSET récemment publié. Malgré les progrès méthodologiques, ces études souffrent de plusieurs limitations. La reconstitution des niveaux d’exposition peut manquer de précision, qu’il s’agisse des données recueillies par questionnaires ou des données fournies par les opérateurs commerciaux (l’abonné et l’utilisateur ne sont pas nécessairement les mêmes). La sélection des cas et celle des témoins peuvent créer des biais. La prévalence des fortes durées d’exposition est souvent faible, ce qui limite la puissance statistique.

Enfin, la plus importante incertitude est que l’usage des téléphones mobiles est récent et que, au mieux, ces études analysent l’impact de dix ans d’exposition. Il est possible que le temps de latence soit plus long et l’importance de l’enjeu justifie de poursuivre un effort de recherche de grande ampleur. La plupart des études publiées viennent des Etats-Unis et des pays scandinaves, mis à part l’étude interphone qui a impliqué 16 pays. Il est nécessaire de diversifier autant que possible les zones géographiques faisant l’objet de telles études.

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