Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre l’origine et le développement de la maladie de la vache folle (ou l’encéphalopathie spongiforme bovine) en Europe

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 6 Mai 2016, 12:54pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo de vaches (source: rtl)

Photo de vaches (source: rtl)

Source : extraits du livre « Quels risques pour notre santé ? » de Denis Zmirou

 

La situation exceptionnelle du Royaume-Uni est liée au barème de chauffage trop bas utilisé lors de l’équarrissage. En effet, les cadavres d’animaux sont transformés après broyage, chauffage et tamisage, en farine de viande. Cette farine est ensuite intégrée dans l’alimentation des animaux, dont les bovins. Le Royaume-Uni est le seul pays de l’Union Européenne qui utilisait un mode de chauffage inférieur à 120° pour détruire la protéine prion. D’autres par, seuls les animaux présentant des troubles nerveux sont abattus.

La France a ainsi été moins touchée d’abord parce que l’apport en farine animale représentait moins de 1% du régime alimentaire des ruminants avant 1989. Les normes d’incinération n’ont ensuite jamais été abaissées et la moindre apparition d’une vache folle implique l’abattage immédiat de tout le troupeau.

Les autres pays européens sont beaucoup moins concernés par l’ESB que le Royaume-Uni. L’office international des épidémies animales (épizooties) a comptabilisé en France environ 80 cas cumulés depuis l’épidémio-surveillance de la maladie a été établie, environ 320 en Suisse, 330 au Portugal et près de 400 en Irlande. De manière étonnante, l’Allemagne, Les Pays-Bas et la Belgique déclarent moins de 10 cas. Le système de déclaration ne paraît pas parfaitement comparable d’un pays à l’autre. En France, les animaux atteints sont surtout des vaches laitières, en particulier dans les élevages bretons.

L’origine de la contamination des bovins est discutée. On pensait que les animaux avaient été atteints par ingestion de farine de viande contaminée provenant du Royaume-Uni. Mais des cas sont apparus et continuent d’apparaître chez des animaux « Nés Après l’Interdiction des Farines » (animaux dits NAIF) et donc après l’arrêt de leur importation. On ne connaît pas l’origine de cette contamination (utilisation frauduleuse de farines de viande ? transmission in utero ?).

Entre 1985 et 1989, les circuits commerciaux britanniques se seraient débarrassés de leur farine empoisonnée en la vendant aux autres pays, dont la France. En décembre 1989, l’importation de farine de viande provenant du Royaume-Uni a donc été interdite. Le 24 juillet 1990, toutes les protéines animales (sauf lait, œufs et poissons) ont été interdites en France dans l’alimentation des bovins. Le 20 décembre 1994 cette interdiction a été élargie à toute l’Europe. Ces décisions avaient donc été prises par précaution, avant que le ministre britannique de la Santé annonce au « Parliament » en Avril 1996, que l’hypothèse d’une transmission à l’homme de l’agent responsable de l’ESB ne pouvait être exclue provoquant un cataclysme médiatique, politique et économique, pour toute une profession, au Royaume-Uni comme sur le continent.

Depuis juin 1996, on incinère obligatoirement l’encéphale, la moelle épinière et les yeux de bovins de plus de 6 mois et des ovins et caprins de plus d’un an pour empêcher le recyclage de produits potentiellement contaminés. On élimine également le thymus, les amygdales, la rate et les intestins de bovins nés avant 1991 et importés avant 1991. Toutes ces parties saisies sont envoyées à l’équarrissage avec un chauffage à une température supérieure à 133°C pendant 20 minutes, sous une pression minimalede 3 bars, les fragments devant être réduits préalablement en petite taille. Puis les farines sont incinérées dans des fours d’incinérateurs à une température de 1 500°C.

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