Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre le risque sanitaire lié aux nanoparticules

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 4 Mai 2016, 10:17am

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'un nanotube de carbone (source: actu-environnement)

Photo d'un nanotube de carbone (source: actu-environnement)

Source : extraits du texte «Utilisation croissante des nanoparticules, quels sont les risques encourus? », de Francelyne Marano, issu du livre « Le praticien et l’environnement »,  un ouvrage collectif sous la direction de William DAB

 

Les nanoparticules (NP) sont des particules dont au moins une dimension est comprise entre 1 et 100 nanomètres, ce qui inclut les nanotubes. Elles sont très variées ; en dehors de leurs dimensions, la nature chimique des nanoparticules manufacturées d’oxyde de titane et de carbone est bien différente de celle des Quantum Dots utilisées en imagerie médicale. En effet, leurs applications sont diverses et nombreuses : nanoélectronique, purification de l’eau, cosmétologie, traitement de surface… La médecine les utilise déjà pour l’imagerie et le diagnostic. Leur développement pour le ciblage des médicaments est grandissant, en particulier pour les médicaments anticancéreux. De nouveaux matériaux nanostructurés sont à l’étude dans le domaine des prothèses. Certaines applications sont déjà commercialisées et largement diffusées, notamment en cosmétologie.

Ainsi, l’exposition aux nanoparticules est à la fois professionnelle, environnementale et médicale et recouvre une grande variété de nanoparticules et de nanotubes utilisés sous des formes et avec des conditionnements très nombreux. Cependant, l’évolution rapide de ces technologies, dont on dit qu’elles seront la révolution industrielle du XXIe siècle, impose d’en évaluer en amont les dangers et les risques, par une meilleure connaissance de leurs effets biologiques.

Les études épidémiologiques sur les particules atmosphériques fines (d<1micromètre) et ultrafines (d<100nm) montrent une augmentation des pathologies respiratoires et cardiovasculaires quand leur concentration dans l’atmosphère s’élève. Par ailleurs, les recherches expérimentales ont mis en évidence la persistance des particules ultrafines dans le poumon, ainsi que leur capacité à provoquer un stress oxydant et une réaction inflammatoire, qui peut être à l’origine des effets pathologiques. La question des effets à long terme est posée.

Bien que de nature chimique différente, les nanoparticules ont en commun avec les particules ultrafines des comportements biologiques encore largement incompris. Cela tient essentiellement à des propriétés associant leur très petite taille et leur très faible masse à leur surface proportionnellement considérable. Ces propriétés seraient à l’origine de leur réactivité biologique et de leur capacité à franchir des barrières et à pénétrer dans l’organisme. En effet, l’augmentation de la réactivité de surface avec la décroissance de la taille de la particule laisse prévoir que les nanoparticules auront une activité biologique plus importante à masse comparable que les particules plus grosses. Ce phénomène peut être favorable et utilisé à des fins thérapeutiques (transporteurs de médicaments vers des cibles cellulaires, par exemple). Il peut au contraire être défavorable et engendrer une toxicité du fait de leur aptitude à générer un stress oxydant et à se disperser dans l’organisme.

La communauté scientifique débat sur la capacité des nanoparticules à franchir les barrières biologiques. La voie respiratoire est la plus importante en condition environnementale. Des études animales récentes montrent qu’une faible fraction de nanoparticules (1%) peut franchir la barrière alvéolaire, passer dans la circulation sanguine et être transférées vers d’autres organes dont le cœur, le foie, le cerveau et le rein où elles peuvent persister longtemps. En est-il de même chez l’homme ? La question reste en suspens. Il existe peu de données humaines, les soupçons venant essentiellement des données toxicologiques chez l’animal et des cultures cellulaires. Ce manque de connaissances sur les effets des expositions humaines est une situation de précaution qui concerne au premier chef les travailleurs.

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