Comprendre les risques sanitaires

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Comprendre les risques sanitaires liés à la grippe aviaire

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 30 Mai 2016, 12:53pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo de poussins (source: investir.lesechos)

Photo de poussins (source: investir.lesechos)

Source : OMS

Lien : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/avian_influenza/fr/

 

La grippe aviaire est une maladie infectieuse d’origine virale affectant les oiseaux (en particulier le gibier d’eau comme les canards et les oies), lesquels ne présentent souvent aucun signe apparent de la maladie. Les virus de la grippe aviaire peuvent parfois se transmettre aux volailles domestiques et être à l’origine de flambées épidémiques de grande ampleur. Certains de ces virus aviaires ont à l’occasion franchi la barrière des espèces et causé des maladies ou des infections subcliniques chez des humains et d’autres mammifères.

 

Le sous-type A(H5N1) – un virus de la grippe aviaire hautement pathogène – a infecté pour la première fois des êtres humains en 1997, lors d’une épizootie touchant la volaille à Hong Kong (région administrative spéciale de Chine). Depuis sa réémergence à une vaste échelle en 2003 et 2004, ce virus aviaire s’est propagé de l’Asie à l’Europe et à l’Afrique et s’est durablement enraciné dans les populations de volailles de certains pays, provoquant des millions d’infections chez ces oiseaux, des centaines de cas humains et de nombreux décès chez l’homme. Les flambées épidémiques affectant la volaille ont eu de graves répercussions sur les moyens de subsistance, l’économie et le commerce international dans les pays touchés.

 

Le sous-type A(H7N9), un virus de la grippe aviaire faiblement pathogène, a tout d’abord infecté trois personnes, deux habitants de la ville de Shanghaï et un habitant de la province de l’Anhui, en mars 2013. Aucun cas d’infection à virus A(H7N9) n’a été notifié en dehors de la Chine. Les mesures de confinement, dont la fermeture des marchés d’oiseaux vivants pendant plusieurs mois, ont eu des effets sur les secteurs agricoles des pays touchés et le commerce international. Il sera nécessaire de poursuivre la surveillance du virus A(H7N9) pour détecter et endiguer sa propagation.

 

Le fait que le A(H5N1) et le A(H7N9) continuent à circuler parmi les volailles d’élevage – en particulier à l’état endémique – représente une menace persistante pour la santé publique, car ces virus ont à la fois le potentiel de causer de graves maladies chez l’homme et la capacité de muter sous une forme qui est davantage transmissible d’homme à homme. D’autres sous-types du virus grippal circulent également parmi les volailles et d’autres animaux et peuvent aussi constituer une menace potentielle pour la santé publique.

 

Manifestations cliniques

Chez de nombreux patients, la maladie induite par le virus A(H5N1) présente une évolution clinique particulièrement brutale, avec une dégradation rapide de l’état du malade et un taux de mortalité élevé. Comme la plupart des maladies émergentes, la grippe A(H5N1) chez l’homme est mal connue.

La période d’incubation de la grippe aviaire A(H5N1) est vraisemblablement plus longue que celle de la grippe saisonnière, pour laquelle elle est de l’ordre de deux à trois jours. Les données actuelles concernant l’infection à A(H5N1) indiquent une période d’incubation de deux à huit jours et pouvant parfois aller jusqu’à 17 jours. Les données actuelles concernant l’infection à A(H7N9) indiquent une période d’incubation de deux à huit jours, avec une moyenne de cinq jours.L’OMS recommande actuellement de tabler sur une période d’incubation de sept jours pour les enquêtes sur le terrain comme pour le suivi des contacts des patients.

Parmi les premières manifestations, on observe une forte fièvre avec une température généralement supérieure à 38°C et d’autres symptômes de type grippal (toux ou mal de gorge). Chez certains patients, les premiers symptômes peuvent être aussi des diarrhées, des vomissements, des douleurs abdominales ou thoraciques, et des saignements du nez et des gencives.

 

Traitement antiviral

Les données dont on dispose tendent à prouver que certains antiviraux, en particulier l’oseltamivir, peuvent réduire la durée de réplication du virus et améliorer les chances de survie.

Chez les cas présumés, un traitement par l’oseltamivir doit être prescrit aussi vite que possible (idéalement dans les 48 heures suivant l’apparition des symptômes) pour maximiser les effets thérapeutiques. Toutefois, compte tenu de la forte mortalité actuellement associée à l’infection à A(H5N1) et A(H7N9) et des données indiquant une réplication prolongée du virus dans ces maladies, l’administration de ce médicament doit aussi être envisagée chez les patients qui consultent à un stade plus tardif de l’évolution de la maladie. L’administration de corticoïdes n’est pas recommandée.

 

Facteurs de risque pour l’infection humaine

La plupart des virus aviaires n’infectent pas l’homme; toutefois, certains sous-types comme le H5N1 et A(H7N9) ont causé de graves infections chez des êtres humains.

Le principal facteur de risque d’infection humaine semble être l’exposition directe ou indirecte à des volailles infectées, vivantes ou mortes, ou à des environnements contaminés. Il est essentiel de contenir la circulation des virus A(H5N1) et A(H7N9) chez les volailles pour réduire les risques de transmission à l’homme. Compte tenu de la persistance des virus A(H5N1) et A(H7N9) dans certaines populations de volailles, cette lutte nécessite un engagement à long terme des pays et une bonne coordination entre les autorités de santé animale et de santé publique.

Il n’existe aucune donnée permettant de penser que les virus A(H5N1) et A(H7N9) peuvent être transmis aux êtres humains par des volailles ou des œufs, s’ils sont convenablement préparés. Quelques rares cas humains de A(H5N1) ont été mis en relation avec la consommation de mets préparés avec du sang de volaille cru contaminé. Toutefois, les activités consistant à abattre, à plumer ou à manipuler des carcasses de volailles infectées ou à préparer ces volailles en vue de leur consommation, en particulier dans le cadre familial, sont probablement des facteurs de risque.

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