Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre les risques sanitaires liés au virus de la fièvre jaune

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 23 Mai 2016, 13:27pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'un moustique (source: topsante)

Photo d'un moustique (source: topsante)

Source : extraits du texte « Fièvre jaune » de l’OMS

Lien : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs100/fr/

 

La fièvre jaune est une maladie hémorragique virale aiguë transmise par des moustiques infectés. Le terme «jaune» fait référence à la jaunisse présentée par certains patients.

Près de 50% des personnes gravement atteintes de fièvre jaune qui ne sont pas traitées vont en mourir.

On estime chaque année à 130 000 le nombre de cas de fièvre jaune et à 44 000 le nombre de décès dus à cette maladie dans les pays d'Afrique endémiques, où surviennent 90% des cas.

En France, en Belgique, en Suisse, en Allemagne et au Québec, cette maladie est sur la liste des maladies infectieuses à déclaration obligatoire (MADO).

 

Signes et symptômes

Une fois que l’on a contracté le virus, la période d’incubation dans l’organisme est de 3 à 6 jours et est suivie de la maladie, qui peut présenter une ou deux phases. La première, aiguë, provoque en général de la fièvre, des douleurs musculaires au premier plan desquelles des dorsalgies, des céphalées, des frissons, une perte de l’appétit, des nausées ou des vomissements. L’état de la plupart des patients s’améliore ensuite et leurs symptômes disparaissent au bout de 3 à 4 jours.

Toutefois, 15% des patients présentent une deuxième phase plus toxique dans les 24 heures suivant la rémission initiale. Une fièvre élevée se réinstalle et plusieurs systèmes organiques sont touchés. Le patient présente rapidement une jaunisse et se plaint de douleurs abdominales accompagnées de vomissements. Des saignements peuvent apparaître au niveau de la bouche, du nez, des yeux ou de l’estomac. Lorsque c’est le cas, on voit apparaître du sang dans les vomissures et les fèces. La fonction rénale se détériore. La moitié des malades présentant cette phase toxique meurent dans les 10 à 14 jours, et les autres se remettent sans lésion organique importante.

 

Tests de détection

Les tests hématologiques permettent de détecter les anticorps antiamarils produits en réponse à l’infection. Plusieurs autres techniques sont employées pour identifier le virus dans des prélèvements de sang ou de tissu hépatique recueillis après le décès. Ces épreuves demandent un personnel de laboratoire hautement qualifié et du matériel et des produits spécialisés.

 

Populations exposées

Quarante-sept pays d’endémie situés en Afrique et en Amérique latine, totalisant une population de plus de 900 millions d’habitants, sont exposés à ce risque. En Afrique, celui-ci existe dans 34 pays comptant, selon les estimations, 508 millions d’habitants. Les autres populations exposées se trouvent dans 13 pays d’Amérique latine et, sur ce continent, c’est en Bolivie, au Brésil, en Colombie, en Équateur et au Pérou que le risque est le plus élevé.

Selon des estimations de l’OMS remontant au début des années 1990, 200 000 cas de fièvre jaune, dont 30 000 mortels, sont enregistrés chaque année dans le monde, 90% se produisant en Afrique. Une analyse récente de sources de données africaines à paraître dans le courant de cette année, fait des estimations du même ordre de grandeur mais légèrement inférieures, avec 84 000 – 170 000 cas graves et 29 000 – 60 000 décès dus à la fièvre jaune en Afrique en 2013. En l’absence de vaccination, les chiffres seraient beaucoup plus élevés.

 

Transmission

Le virus de la fièvre jaune est un arbovirus appartenant au genre flavivirus, dont le principal vecteur est le moustique. Il transmet le virus d’un hôte à l’autre, principalement chez les singes, puis du singe à l’homme, et ensuite d’homme à homme.

Plusieurs espèces différentes de moustiques appartenant aux genres Aedes et Haemogogus transmettent le virus. Ces moustiques se reproduisent en général autour des maisons (gîtes larvaires péridomestiques), dans la jungle (gîte larvaire sauvage) ou dans les deux habitats (gîtes larvaires semi-domestiques).

 

Traitement

Il n’y a pas de traitement spécifique de la fièvre jaune, mais seulement un traitement de soutien contre la déshydratation, l'insuffisance respiratoire et la fièvre. Les infections bactériennes associées peuvent être traitées par les antibiotiques. Ce traitement de soutien peut améliorer l’issue de la maladie pour les patients gravement atteints, mais il est rarement disponible dans les zones défavorisées.

 

Vaccination

La vaccination est la mesure de prévention la plus importante de la fièvre jaune. Dans les zones à haut risque où la couverture vaccinale est faible, la reconnaissance rapide des flambées et la vaccination sont essentielles pour prévenir les épidémies.

Le vaccin antiamaril est sûr et d’un prix abordable et confère une protection immunitaire efficace à 80-100% des sujets vaccinés dans les 10 jours et une immunité à 99% dans les 30 jours. Une seule dose suffit à conférer une immunité durable et une protection à vie contre la maladie, et aucune dose de rappel n’est nécessaire.

Concernant l’administration du vaccin antiamaril à des sujets âgés de plus de 60 ans, il est noté que même si le risque de maladie viscérotrope associé à ce vaccin est plus élevé chez les personnes de plus de 60 ans que chez les sujets plus jeunes, le risque global demeure faible. Pour les sujets âgés de plus de 60 ans qu’il est recommandé de vacciner et qui ne l’ont pas déjà été, le vaccin devrait être administré après une évaluation attentive des risques et avantages comparant le risque de contracter la fièvre jaune au risque de survenue d’un effet secondaire grave.

 

Lutte contre les moustiques

La lutte contre les moustiques est indispensable jusqu’à ce que la vaccination fasse effet. Le risque de transmission de la fièvre jaune peut être réduit dans les zones urbaines en éliminant les gîtes larvaires potentiels des moustiques et en appliquant des insecticides dans l’eau où les premiers stades de leur développement ont lieu.

L’application de pulvérisations d’insecticide pour tuer les moustiques adultes lors des épidémies urbaines, associée à des campagnes de vaccination d’urgence, permettent de réduire, voire d’interrompre, la transmission de la fièvre jaune, permettant ainsi de gagner du temps pour que les populations vaccinées développent leur immunité.

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Commenter cet article

Carmele 23/05/2016 17:24

Pourquoi les laboratoires ne font-ils pas des recherches pour éradiquer ce moustique, plutôt que de pousser les gens à se faire vacciner?

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