Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre les risques sanitaires liés aux champs électromagnétiques

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 24 Mai 2016, 12:38pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo de lignes électriques à basse fréquence (source: ehs-mcs)

Photo de lignes électriques à basse fréquence (source: ehs-mcs)

Source : extraits du texte «Champs électromagnétiques, quel impact sur la santé? », de Anne-sophie Villégier et René de Seze , issu du livre « Le praticien et l’environnement »,  un ouvrage collectif sous la direction de William DAB

 

Une personne exposée à un champ électromagnétique est soumise à l’action d’un champ induit qui se propage à l’intérieur du corps, résultant en une absorption d’énergie. Cette absorption diffère selon les parties du corps, la fréquence du rayonnement et la distance par rapport à la source. C’est le critère à considérer pour l’évaluation du risque. Cependant, il reste difficile d’évaluer la puissance absorbée et de la mettre en lien direct avec des effets biologiques.

Plusieurs études ont permis de mesurer les effets d’une exposition transitoire à différents types de champs électromagnétiques sur un certain nombre de paramètres, tels que la formule sanguine, l’électrocardiogramme, le rythme cardiaque, la tension artérielle et la température corporelle. D’après ces études, l’exposition transitoire à des flux magnétiques statiques (jusqu’à 2 T), à des champs d’extrêmement basses fréquences (jusqu’à 5 mT) ou à des champs radiofréquences et hyperfréquences (jusqu’à 4W/kg) n’induit pas d’effet nocif. Cependant, ces expositions peuvent être à l’origine d’effets biologiques compensés par les processus physiologiques, par exemple une élévation de température compensée par le système de thermorégulation corporelle.

 

Si, pour une durée d’exposition limitée, aucun effet n’est à craindre en dessous des niveaux indiqués ci-dessus, il reste une incertitude quant aux expositions de très longue durée, difficiles à tester par l’expérimentation animale et pour lesquelles on a encor peu de recul. Le risque le plus étudié concerne l’effet carcinogène pour l’homme et, plus précisément, l’incidence des leucémies chez l’enfant. Une augmentation d’incidence des leucémies de l’enfant a été observée dans plusieurs études épidémiologiques, qui a fait classer les champs électromagnétiques d’extrêmement basses fréquences (dits ELF) en cancérogènes possibles (2a) par le Centre International de recherche contre le cancer (CIRC). Cependant, un grand nombre d’études expérimentales n’ont pas démontré de lien de causalité entre l’exposition aux champs électromagnétiques d’extrêmement basse fréquences et les cancers chez l’enfant ou chez l’adulte.

Bien que des résultats de l’expérimentation animale doivent être interprétés avec précaution, plusieurs études chez l’animal ont montré qu’une exposition chronique aux téléphones portables, aux micro-ondes et aux champs radiofréquences n’induisait pas de tumeurs. Leurs résultats sont consistants et indiquent que les effets carcinogènes sur les rongeurs n’apparaissent pas à des niveaux de DAS inférieurs à 4 W/kg. Finalement, même si nous avons peu de recul quant aux expositions à très long terme, il est important de noter que, suite à des expositions répétées, il n’a pas été observé d’effet cumulatif qui suggère un risque sanitaire. D’autre part, la téléphonie mobile actuelle est de moindre puissance par rapport aux systèmes de première génération. L’évolution des nouvelles technologies s’oriente également vers la limitation des émissions. Ces éléments permettent d’anticiper une modération d’un risque éventuel.

Il faut bien entendu respecter les normes, valeurs limites d’exposition et valeurs déclenchant l’action, pour toute exposition. En milieu professionnel, l’employeur doit évaluer les expositions potentielles et, si nécessaire, mesurer et calculer les niveaux de champs électromagnétiques auxquels les travailleurs sont exposés. Les catégories de personnes potentiellement plus sensibles doivent être suivies avec plus de vigilance (femmes enceintes, porteurs d’implants biomédicaux actifs ou passifs). De la même façon, quelques études décrivent une hypersensibilité aux champs électromagnétiques, incluant des symptômes de type maux de tête, nausées et anxiété. Même si plusieurs études montrent que ces symptômes ne peuvent pas être directement reliés à l’exposition aux champs électromagnétiques, il semble important de les prendre en considération pour les soulager et éventuellement de limiter l’exposition de ces personnes aux champs électromagnétiques.

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