Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre les risques sanitaires liés aux facteurs environnementaux pour la femme enceinte

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 30 Mai 2016, 10:00am

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'une femme enceinte (source: rtl)

Photo d'une femme enceinte (source: rtl)

Source : extraits du texte «Environnement, quels risques chez la femme enceinte?», de Rémy Slama, issu du livre « Le praticien et l’environnement »,  un ouvrage collectif sous la direction de William DAB

 

En terme de facteurs environnementaux, l’exposition de la femme enceinte aux polluants persistants tels que certains métaux (plomb, mercure, arsenic), polluants organiques persistants (tels que les PCB) a été associée à une restriction de croissance intra-utérine (RCIU) ou des troubles neuro-développementaux chez l’enfant. Les connaissances sur les effets des polluants non persistants sont plus limitées car l’estimation de l’exposition pose davantage de défis. Des travaux, peu nombreux ont indiqué un effet possible de sous-produits de chloration dans l’eau de boisson sur la RCIU. Par ailleurs, depuis une dizaine d’années, les études concernant l’effet des polluants dans l’atmosphère se sont développées. Mais l’effet des expositions durant la vie fœtale ne se limite pas à la période périnatale.

Au cours des dernières années, la question des effets sur la santé à long terme de la descendance des expositions de la femme enceinte s’est posée de façon accrue. En effet, les hypothèses des perturbateurs endocriniens, et celle des origines développementales de la santé et des maladies (DOHaD), qui reposent sur de nombreux travaux expérimentaux chez l’animal, incitent à considérer que la survenue de pathologies à l’âge adulte est « programmée » durant la vie fœtale. Ainsi, l’exposition intra-utérine au tabac semble pouvoir altérer la fertilité (caractéristiques spermatiques, fécondabilité) à l’âge adulte. L’exemple du DES, pour lequel une augmentation du risque de survenue de malformations des organes reproducteurs masculins a été rapportée chez les enfants des femmes exposées in utero, ainsi que des études de toxicologie, incitent à considérer que certains effets pourraient être transgénérationnels.

Une augmentation de la fréquence des petits poids de naissance à terme a été rapportée en association avec les niveaux de pollution atmosphérique à proximité du domicile durant la grossesse. Les polluants associés de façon la plus cohérente avec le poids de naissance sont le monoxyde de carbone, le dioxyde d’azote et les particules fines (de diamètre inférieur à 2,5 µm). Cette association avec des marqueurs de la pollution liée au trafic routier pourrait en fait être due à l’effet d’autres composés issus du trafic, tels que des composés organiques volatils, des hydrocarbures aromatiques polycycliques ou les niveaux de particules ultrafines, dont le diamètre inférieur à 100 nm facilite le passage des alvéoles pulmonaires vers la circulation sanguine. Une association entre certains polluants atmosphériques et le risque de naissance prématurée a aussi été décrite, ainsi qu’avec le risque de pré-éclampsie.

Les femmes enceintes doivent être protégées de la fumée de tabac, qu’il s’agisse de celui consommé par la femme (dont les effets se manifestent dès les premières cigarettes) ou par son entourage. Pour les autres polluants de l’air concernant la population générale, une approche de précaution consisterait à limiter le temps passé dans un véhicule sur une route encombrée et celui passé à proximité (<150m) d’un axe important. Toutes ces mesures seraient aussi prudentes pour l’enfant après la naissance. L’extrême sensibilité du développement intra-utérin incite finalement à penser la prévention comme s’il n’y avait pas de barrière entre l’organisme maternel et le fœtus.

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