Comprendre les risques sanitaires

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Comprendre les risques sanitaires liés aux phtalates, perturbateurs endocriniens

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 26 Mai 2016, 08:02am

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'une crèche (source: inspq.qc)

Photo d'une crèche (source: inspq.qc)

Source : extraits du texte «L’exposition aux phtalates, quels dangers pour la population ?», de Vincent Nedellec, issu du livre « Le praticien et l’environnement »,  un ouvrage collectif sous la direction de William DAB

 

Les phtalates regroupent des composés chimiques formés par estérification d’acide phtalique. Les diesters phtaliques sont utilisés comme plastifiants dans les polymères comme le PVC (polyvunyle chloré). On en fabrique environ 900 000 tonnes par an en Europe. Les plus employés sont le DiNP, le DiDP et le DEHP, avec plus de 50% de la production annuelle. Incorporés en proportion de 30 à 40%, ils sont faiblement liés aux polymères, raison pour laquelle ils s’en échappent pendant toute leur durée de vie. Dans la population européenne, les expositions sont généralisées et majoritairement liées à l’alimentation.

Les phtalates sont antiandrogèniques (DBP, BBP, DEHP, DEP), ils inhibent les hormones thyroïdiennes (BBP, DBP, DEHP) et activent des récepteurs de la prolifération péroxysomale PPARg (DEHP, BBP, DBP). Ces perturbations engendrent des altérations de la fertilité masculine. Chez le mammifère exposé in utero, on constate une vacuolisation des cellules de Sertoli, l’aplasie des testiscules et des épididymes, l’atrophie ou la désorganisation des tubules séminifères, le détachement des cellules spermatiques, l’absence de spermatocytes, la dégénérescence des tubules séminifères, les anomalies morphologiques des spermatozoïdes, l’hyperplasie des cellules de Leydig et la stérilité masculine. Moins sensible, l’appareil reproducteur féminin peut également peut également subir certaines altérations. Chez les travailleurs exposés, les épidémiologistes observent une diminution du taux sérique de testostérone, une baisse de la qualité spermatique (nombre, mobilité, morphologie) et des dégâts au niveau de l’ADN des spermatozoïdes. En population générale, il existe une corrélation inverse entre le taux sérique en métabolite du DEHP et la fertilité. Chez les femmes enceintes exposées non professionnelle et, chez le nouveau-né, une diminution de la distance anogénitale (entre le sexe et l’anus).

Le rôle du DEHP dans la survenue d’asthme est une hypothèse épidémiologique récente, soutenue par des résultats expérimentaux in vivo et in vitro. Chez les souris coexposées par inhalation à l’ovalbumine et au MEHP, le taux de lymphocytes et d’éosinophiles dans le lavage broncho-alvéolaire est supérieur à celui des souris exposées uniquement à l’ovalbumine. Cet effet « adjuvant » est lié à la structure chimique. Sur culture de cellules épithéliales pulmonaires humaines, les phtalates stimulent la production de cytokines. Plusieurs études épidémiologiques trouvent une relation significative entre l’asthme chez l’enfant et la présence de sols plastifiés ou de DEHP dans les poussières du logement. Un dizaine d’études chez les travailleurs exposés aux vapeurs ou fumées de phtalates indiquent une augmentation significative de l’asthme et des symptômes respiratoires.  

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