Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre les risques sanitaires liés aux radiofréquences (téléphone portable, wi-fi)

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 26 Mai 2016, 09:32am

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'un babyphone (source: darty)

Photo d'un babyphone (source: darty)

Source : extraits du texte «Exposition aux radiofréquences, quels risques pour la santé?», de Martine Hours, issu du livre « Le praticien et l’environnement »,  un ouvrage collectif sous la direction de William DAB

 

Le débat sur l’effet des radiofréquences sur la santé est toujours vif, même au sein de la communauté scientifique, malgré les nombreuses études déjà réalisées. La connaissance dans ce domaine se heurte à plusieurs écueils.

  1. Les niveaux d’exposition aux radiofréquences sont difficiles à mesurer, les champs créés par elles étant perturbés par le corps exposé et les appareils de mesure ; de plus, les indicateurs d’exposition font encore l’objet de débats. Il s’ensuit des difficultés pour les protocoles épidémiologiques.
  2. La diffusion des systèmes de communication sans fil grand public est récente ; les études épidémiologiques manquent donc de recul.
  3. La technologie évolue plus rapidement que la recherche ; en l’absence de règles avant mises sur le marché, comme dans l’industrie chimique, la connaissance sur les risques sera toujours en retard par rapport à la diffusion technologique.

La recherche expérimentale n’a pas identifié de mécanisme physiopathologique plausible qui pourrait expliquer un effet sanitaire des radiofréquences. Des perturbations physiologiques ont été observées sur le sommeil, l’électroencéphalogramme, sans que l’on puisse dire s’il s’agit de simples réactions physiologiques ou si ces modifications peuvent entraîner un danger. La majorité des études de cancérogenèse ne montrent pas d’effet : quelques-unes cependant en font état mais sont controversées. En épidémiologie, les seules études parues concernent le risque de tumeurs de la tête associé à l’usager du téléphone. Elles ne montrent pas d’effet sur des durées d’utilisation courtes. En revanche, les données sur les effets à long terme sont contradictoires, certaines études montrant une augmentation du risque de gliomes ou de neurinomes de l’acoustique au-delà de dix ans d’usage, d’autres ne montrant rien. Or, les sujets ayant utilisé le téléphone mobile plus de dix ans étant peu nombreux, ces risques pourraient être réels ou être uniquement liés à des biais.

Il est donc urgent de disposer de données sur des populations plus importantes et des périodes plus longues. Pour les stations de base, les niveaux d’exposition sont beaucoup plus faibles que ceux liés à l’usage du téléphone. Les symptômes ressentis par certains sont considérés d’origine psychosomatique, ceux-ci n’ayant pas pu être reproduits lors d’études expérimentales en double aveugle avec des sujets sains et des sujets hypersensibles : il s’agit là cependant d’un champ à explorer plus en profondeur. Quant au wi-fi, les systèmes mis sur le marché actuellement engendrent des expositions bien inférieures à celles dues à un téléphone mobile, même à proximité de la source. Cependant, les expositions peuvent être de durée plus importante, notamment au travail. Il est donc logique de préconiser la recherche d’une baisse de l’exposition en éloignant les sources, en particulier celle proche du corps comme l’antenne d’un ordinateur portable, surtout lors de transfert important de données. L’intensité du champ diminue en effet rapidement avec la distance, et cette règle peut s’appliquer à toutes les sources de radiofréquences (usage des oreillettes, éloignement des babyphones du lit des bébés et des bases DECT ou wi-fi des lieux où l’on se tient le plus souvent, etc.).

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