Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre les risques sanitaires liés aux sous-produits de désinfection

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 11 Mai 2016, 20:54pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'une piscine (source: cergypontoise)

Photo d'une piscine (source: cergypontoise)

Source : extraits du livre « Quels risques pour notre santé ? », de Denis Zmirou

 

Beaucoup moins connus des consommateurs, quoique fort problématiques, sont les sous-produits de désinfection. L’eau brute destinée à la fabrication d’eau de boisson contient dans la plupart des cas des micro-organismes la rendant impropre, telle quelle, aux usages sanitaires. Elle doit donc être désinfectée avant distribution. Or ces traitements génèrent souvent des sous-produits dont certains sont toxiques à long terme chez l’animal. Grave dilemme : la désinfection reste l’étape la plus importante du traitement de l’eau de distribution. Elle a permis la quasi-disparition des grandes maladies infectieuses d’origine hydrique dans notre pays. L’OMS, sans doute à juste titre, considère que l’on doit toujours privilégier la suppression d’un risque à court terme (risque infectieux) par rapport à un risque qui reste hypothétique à long terme (risque de cancer par exemple). Aussi, même en présence de substances indésirables issues de ces traitements, la désinfection devra toujours être assurée dans les meilleures conditions d’efficacité. Plusieurs désinfectants sont utilisés. Ils donnent naissance à de nombreuses molécules dont la toxicité est très variable, voire encore largement méconnue. Quelques substances font l’objet d’une valeur limite de l’OMS reprise dans la récente directive européenne. Les plus fréquentes sont les trihalométhanes, dont quatre formes peuvent résulter de la désinfection de l’eau : le bromoforme, le dibromochlorométhane, le bromodichlorométhane et le chloroforme, ce dernier étant le plus répandu. L’ingestion à fortes doses de ces produits serait à l’origine d’une légère augmentation du risque de cancer chez l’homme (en particulier du cancer de la vessie), ces résultats étant confirmés par des études chez le rat. De ce fait, une valeur limite propre à chaque substance et globale à ces quatre produits a été fixée. Parmi les autres sous-produits suspects, citons les bromates qui peuvent notamment se former lors de la désinfection par l’ozone.

La présence de ces substances s’observe essentiellement lorsque la désinfection est pratiquée sur une eau très chargée en matières organiques. La réduction des teneurs en sous-produits de désinfection passe donc d’abord par une amélioration du processus de traitement en amont de la désinfection. En France à ce jour, ces produits ne font pas l’objet de limite de qualité et ne sont pas recherchés de façon régulière. A défaut d’informations précises, on peut donc penser que s’il existe aujourd’hui des problèmes, ils restent limités à certains réseaux d’eau dont les filières de traitement sont insuffisantes ou mal exploitées.

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