Comprendre les risques sanitaires

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Comprendre les risques sanitaires liés aux substances reprotoxiques pour les enfants et les femmes

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 9 Mai 2016, 15:40pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'épandage de pesticides (source: takepart)

Photo d'épandage de pesticides (source: takepart)

Source : extraits du texte «les substances reprotoxiques, quel risque pour les femmes et les enfants ? », de Luc  Multigner, issu du livre « Le praticien et l’environnement »,  un ouvrage collectif sous la direction de William DAB

 

De nombreuses substances, dont l’exposition est liée aux modes de vie ou à la thérapeutique, peuvent porter atteinte à la fertilité ou nuire au développement embryonnaire et fœtal. Tel est le cas : du tabac, de l’alcool, de nombreux stupéfiants, de la chimiothérapie et de certains médicaments. Et qu’en est-il des substances dont l’exposition a lieu au travail ou dans la vie quotidienne ?

Des études épidémiologiques et toxicologiques scientifiquement reconnues montrent que la fonction de reproduction peut être affectée par une large variété de substances chimiques. Parmi elles figurent des métaux lourds ou leurs composés, à base de plomb, de cadmium, de mercure ou de chrome ; des produits à usage phytosanitaire (pesticides) tels que le dibromochloropropane ; des solvants, comme certains éthers de glycol ; des produits de combustion, comme les benzo(a)pyrènes ou les dioxines ; des agents plastifiants, comme le bisphénol A ou certains phtalates. La plupart de ces substances sont soit interdites, soit strictement réglementées. Notons toutefois que le fait qu’une substance reprotoxique appartienne à une famille chimique donnée (éthers de glycol, phtalates…) ou à une catégorie particulière d’usage (pesticides, solvants…) ne permet pas pour autant d’attribuer à l’ensemble de la famille chimique ou de la catégorie d’usage des propriétés reprotoxiques. Ainsi, parmi plus de 70 éthers de glycols, seuls 11 sont considérés comme reprotoxiques.

Ces quelques exemples sont loin de constituer une liste exhaustive. Plusieurs sources d’information validées existent, telles que la liste européenne qui réglemente la classification, l’emballage et l’étiquetage des substances dangereuses, la liste dite proposition 65 de l’Etat de Californie ou bien celle du CERHR des Etats-Unis. A cela s’ajoutent les substances susceptibles de générer des effets reprotoxiques par le biais de leurs propriétés hormonales, ce sont les perturbateurs endocriniens. Cependant, leurs dangers chez l’homme n’ont pas encore été prouvés. A l’exception du distilbène dont l’administration à doses pharmacologiques chez des femmes enceintes a entraîné de graves anomalies du développement chez la progéniture.

Parmi les dizaines de milliers de substances chimiques répandues dans l’environnement, on manque d’informations concernant leur potentiel reprotoxique pour un grand nombre d’entre elles. La mise en œuvre de la réglementation REACH et de vastes programmes de recherche sont actuellement en cours tant aux Etats-Unis qu’en Europe pour y répondre.

Il est important de distinguer le danger du risque. Ce dernier est la probabilité de survenue d’un effet nocif et il est modulé par l’intensité et la fréquence de l’exposition, ainsi que par la sensibilité individuelle. Cela explique que les populations professionnellement exposées, ainsi que les femmes enceintes et les enfants en bas âge (sensibilité élevée), constituent les groupes les plus à risque vis-à-vis des substances chimiques en général et des reprotoxiques en particulier.

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