Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Connaître les populations à risque liées à la pollution atmosphérique

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 6 Mai 2016, 20:48pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo de la pollution de l'air (source: rue89.nouvelobs)

Photo de la pollution de l'air (source: rue89.nouvelobs)

Source : extraits du livre « Quels risques pour notre santé ? », de Denis Zmirou

 

Les résultats des études expérimentales et épidémiologiques ont permis d’identifier quelques groupes particuliers : les jeunes enfants, les personnes souffrant de maladies respiratoires (asthmatiques, sujets ayant une bronchite chronique, etc.) ou cardio-vasculaires chroniques, les personnes âgées, et dans une moindre mesure les sportifs.

Les voies respiratoires des jeunes enfants sont plus fragiles que celles des adultes car elles sont encore en plein développement. De la naissance à trois ans, le nombre des alvéoles pulmonaires passe de 25 millions à quelques centaines de millions. Les bronches des nourrissons sont encore petites et ne disposent que de peu de muscles dans leur paroi pour leur permettre d’expectorer les polluants. En revanche, elles sont riches en glandes bronchiques. Lorsqu’elles sont agressées, ces glandes fabriquent des sécrétions en excès qui peuvent facilement tout obstruer. Par ailleurs, du fait de leur activité physique qui augmente la fréquence respiratoire, les enfants inhalent davantage de polluants que les adultes pour un même niveau d’exposition.

L’asthme est une autre cause de fragilité face à la pollution atmosphérique. La maladie asthmatique se caractérise par un état inflammatoire des voies respiratoires, une grande réactivité des muscles des bronches qui se contractent en cas d’exposition à un agent sensibilisant – ce qui provoque la crise d’essoufflement -, et une augmentation des sécrétions bronchiques. Cette inflammation et les dommages cellulaires qui en résultent, entraînent une augmentation de la perméabilité des cellules aux polluants atmosphériques. De ce fait, les sujets asthmatiques peuvent présenter des symptômes d’irritation bronchique (toux, gêne respiratoire, etc.) ou déclencher une crise d’asthme pour des niveaux d’exposition de pollution relativement faibles. De plus, et cela a été montré plus particulièrement pour l’ozone, les sujets asthmatiques voient baisser leur seuil de réaction aux allergènes auxquels ils sont habituellement sensibles (poussières de maison, acariens, pollens, etc.). La pollution atmosphérique favorise ainsi l’action des autres causes à l’origine de déclenchement de crises chez les sujets asthmatiques. Cependant, il n’est pas possible, en l’état actuel des connaissances, d’affirmer que la pollution de l’air est responsable de l’augmentation considérable de cette maladie observée depuis à peu près 20 ans dans tous les pays industrialisés.

Les personnes qui souffrent de maladies respiratoires chroniques, comme la bronchite chronique, présentent des altérations de leurs voies respiratoires qui les rendent également sensibles aux agressions des polluants. Or, tout phénomène inflammatoire au niveau des bronches et des bronchioles compromet la ventilation et les échanges gazeux. Cela peut conduire à une insuffisance respiratoire aiguë qui, le plus souvent, nécessite une hospitalisation. Ces personnes sont le plus souvent âgées. Elles ont donc souvent des défenses immunitaires diminuées. La pollution atmosphériques constitue ainsi un facteur supplémentaire de risque qui les rend plus sensibles aux infections virales ou bactériennes.

Bien que les mécanismes d’action des polluants soient encore imparfaitement connus, les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires (angine de poitrine, infarctus, etc.) constituent également un groupe de population particulièrement sensible aux effets de la pollution atmosphérique. Aux concentrations actuelles d’oxyde de carbone dans l’air, des troubles cardiaques peuvent se manifester chez des personnes fragilisées. Chez l’homme comme chez l’animal, les phénomènes inflammatoires induits par certains polluants atmosphériques comme les particules, pourraient augmenter la viscosité du sang et entraîner une modification de la fréquence cardiaque, accroissant ainsi le risque d’infarctus.

L’activité sportive accroît bien sûr la ventilation dans des proportions variables selon l’intensité de l’effort. Lors d’une séance de jogging, la ventilation des poumons peut passer de 12 à 15 litres par minute à 100 litres par minute. Pour un même niveau d’exposition, la dose de polluants inhalée est donc beaucoup plus importante. Cela est particulièrement vrai pour les polluants non solubles dans les sécrétions bronchiques, comme l’ozone. Chez les sportifs, qui sont en principe en bonne santé, un effort réalisé lors d’une pointe de pollution, ne constitue pas en soi un danger majeur. Mais les performances peuvent être moins bonnes et l’on peut ressentir une gêne respiratoire ou une douleur thoracique lors des inspirations profondes.

Lors des pics, quelques règles sont recommandées, qui sont fondées sur cette fragilité particulière de certaines populations : ne pas faire du sport en plein air, ne pas fréquenter de fumeurs, éviter l’utilisation de solvants, etc. Les asthmatiques et les bronchitiques doivent respecter strictement le traitement médical habituellement prescrit et consulter leur médecin en cas de survenue de symptômes inhabituels ou de la persistance de malaise malgré le strict suivi du traitement.

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