Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Connaître les risques sanitaires liés aux organismes génétiquement modifiés (OGM)

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 17 Mai 2016, 21:06pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'une plantation OGM (source: bioalaune)

Photo d'une plantation OGM (source: bioalaune)

Source : extraits du livre « Quels risques pour notre santé ? », de Denis Zmirou

 

Les comités d’experts scientifiques habilités à donner un avis sur la production de plantes OGM étudient plus précisément la sélection d’espèces végétales ou de ravageurs (parasites, insectes…) résistant aux traitements, « l’équivalence en substances » de ces plantes, la possibilité d’un transfert de gènes introduits dans les végétaux OGM vers d’autres espèces (y compris l’homme), et leur innocuité. On craint, en effet, que le gène, qui rend par exemple un maïs résistant à un herbicide, puisse être transmis aux mauvaises herbes voisines. Ce serait alors une catastrophe car les agriculteurs n’auraient plus aucun moyen de lutter contre des plantes indésirables résistant à tous les traitements phytosanitaires.

La survenue d’espèces résistantes aux traitements est une question d’ordre écologique. Le gène modifié peut-il se transmettre à une autre espèce ? De nombreux travaux scientifiques apprécient actuellement ce risque tout à fait réel, avec cependant de grandes variabilités  selon les toxines, les insectes ou les parasites utilisés, obligeant à un examen au cas par cas. D’ores et déjà, les agronomes inventent des stratégies pour éviter le développement d’insectes porteurs de gènes de résistance. On installe par exemple des champs OGM et non OGM en voisinage. Les parcelles refuge non OGM assurent un croisement des insectes adeptes des premiers et des seconds types de champs, diluant ainsi des phénomènes de sélection génétique. Par ailleurs, plusieurs espèces de plantes OGM cultivées n’ont pas la possibilité de produire des hybrides dans nos régions, et sont donc peu susceptibles de contaminer d’autres espèces. C’est par exemple le cas du maïs transgénique, dont la culture avait été autorisée en France en 1998, avant d’être suspendue par décision de justice.

Le concept « d’équivalence en substances » repose sur l’idée que les aliments existants peuvent servir de point de comparaison pour l’évaluation des nouveaux aliments. Si ce nouvel aliment est jugé substantiellement équivalent à un aliment traditionnel existant, on peut le considérer comme sûr. La détermination de l’équivalence est réalisée au cas par cas, en considérant l’origine de la plante hôte du gène transféré, sa teneur en nutriments mais aussi en toxines, son éventuel caractère allergisant, ainsi que les caractéristiques du donneur de gène et des fonctions de ce gène transféré. Les critères discutés par les experts sont donc nombreux.

Troisième discussion : le gène introduit dans une plante pourrait théoriquement s’incorporer dans la flore microbienne intestinale du consommateur. Ce risque sérieux pourrait par exemple conduire à la sélection de germes résistants à des antibiotiques, si la culture est dopée par un gène de résistance au traitement antibactérien des plantations. La multiplication actuelle de phénomènes de résistance aux antibiotiques (dure notamment à un usage immodéré des antibiotiques en élevage et en thérapeutique humaine) rend la communauté scientifique très sensible à cette question. La probabilité d’un transfert d’un tel gène de résistance à des bactéries intestinales est jugée très faible. Mais, compte tenu des centaines de milliards de bactéries d’espèces différentes composant la flore digestive, un tel transfert n’est pas impossible. La question est encore débattue, et des études sont en développement.

La toxicité éventuelle de protéines nouvelles produites par les gènes intégrés dans les plantes OGM est aussi très étudiée. On conduit actuellement une batterie de tests toxicologiques sur animal de laboratoire, selon des règles qui tendent progressivement à être standardisées afin d’en faciliter l’interprétation. Les autorités et experts s’inquiètent des risques allergiques qui pourraient être liés aux protéines nouvelles.

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