Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Savoir que la recherche de virus dans l’eau potable ne se fait généralement pas car on sait très mal caractériser la qualité de l’eau d’un point de vue virologique

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 11 Mai 2016, 20:46pm

Catégories : #risques sanitaires

Image d'un virus (source: monsystemeimmunitaire)

Image d'un virus (source: monsystemeimmunitaire)

Source : extraits du livre « Quels risques pour notre santé ? », de Denis Zmirou

 

De nombreux virus (tel que le virus de l’hépatite A, les entérovirus – famille à laquelle appartient le virus de la polio) sont responsables de gastro-entérites aiguës. Contrairement aux bactéries entériques, qui peuvent provenir d’animaux, la transmission hydrique des virus entériques semble généralement limitée aux souches d’origine humaine. La dose infectante de ces agents infectieux est plus faible que pour les bactéries. Autrement dit, il suffit d’un faible nombre de particules virales pour entraîner des troubles. Autre facteur contribuant à l’émergence de ces agents pathogènes : les virus entériques sont plutôt plus résistants dans l’environnement aquatique que la plupart des bactéries de même origine. En outre, leur petite taille et leur grande résistance leur permettent des migrations dans le sol et dans l’eau de surface plus longues que celles des bactéries. En revanche, contrairement aux bactéries aquatiques et à certaines bactéries entériques, les virus entériques humains ne peuvent pas se multiplier dans l’environnement.

Actuellement, la recherche de virus de l’eau ne se fait pas de manière routinière, les techniques d’analyse étant délicates, et de rendements incertains. A l’heure actuelle, on sait très mal caractériser la qualité de l’eau d’un point de vue virologique. Ce qui n’empêche pas les traitements préventifs. L’inactivation et l’élimination des virus entériques par les procédés de potabilisation varient selon le type et les conditions de traitement. Si certains, comme les bactéries, réagissent aux traitements de désinfection, d’autres sont beaucoup plus résistants, ce qui leur permet de passer à travers les étapes de traitements conventionnels. Les avancées technologiques récente pour la détection des virus entériques dans l’eau, fondées sur la biologie moléculaire, devraient permettre d’en savoir davantage sur le nombre des épidémies hydriques réellement dues aux virus entériques. On pourra ainsi vérifier si le consensus actuel, qui veut que beaucoup d’épidémies de gastro-entérites aigües d’origine inconnue soient dues à des virus entériques, est justifié. Aux Etats-Unis, qui bénéficient pourtant d’un système d’information performant, plus de 50% des épidémies de maladies hydriques n’ont pas de cause connue.

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