Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre les risques sanitaires liés au froid

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 3 Juin 2016, 14:27pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'un sans abri (source: lexpress)

Photo d'un sans abri (source: lexpress)

Source : extraits du texte « Les conséquences du froid sur la santé, comment prévenir l’hypothermie », de Xavier Emmanuelli et Anne Laporte, issu du livre « Le praticien et l’environnement »,  un ouvrage collectif sous la direction de William DAB

 

L’être humain se protège contre le froid par des mécanismes physiologiques endogènes thermorégulateurs mettant en jeu les systèmes nerveux, endocrinien, cardiaque et respiratoire. Lorsque la température ambiante est basse, les pertes de chaleur augmentent parallèlement au rapport surface corporelle/masse corporelle (ce ration est élevé chez l’enfant). Le vent majore les transferts de chaleur. Un vent de 90 km/h, associé à une température de -10°C entraîne la même sensation qu’une température de -30°C par temps calme.

Des effets néfastes pour la santé apparaissent si le système thermorégulateur est déficient ou si le stress thermique est trop important. Au niveau des artères coronaires, le spasme, lié au froid associé à une éventuelle thrombose et à l’augmentation des besoins en oxygène du myocarde, favorise la survenue ou l’aggravation d’une angine de poitrine, voire d’un infarctus du myocarde.

En milieu urbain, les personnes en situation de précarité sociale forment un groupe à risque élevé de complications liées à l’hypothermie. Le froid intense peut avoir des effets néfastes sur la santé notamment sur certaines catégories de personnes vulnérables du fait de leur âge ou d’une pathologie préexistante. Outre les nouveau-nés, les nourrissons et les personnes âgées, les personnes en situation de grande précarité sont particulièrement fragiles.

En 2005, une étude a été menée par l’observatoire du SAMU social de Paris afin d’étudier les caractéristiques des cas d’hypothermie décelés et d’identifier les facteurs de risque. Le nombre de cas d’hypothermie est non négligeable, correspondant à 7% des interventions infirmières, ce qui est notablement plus élevé qu’en pollution générale. Il est lié à la prévalence importante dans cette population de facteurs de risque tels que l’alcoolisation massive, une pathologie sous-jacente et une mobilité réduite.

Afin de prévenir les conséquences sanitaires graves du fait de conditions climatiques extrêmes, les recommandations de prise en charge sanitaire en cas de grand froid concernent particulièrement les équipes mobiles d’aide  (EMA), le 115, les centres d’hébergement d’urgence (CHU) et les lits halte soins santé (LHSS).

Si la température corporelle est entre 34°C et 35°C, il s’agit d’une hypothermie légère. La personne sera conduite dans un CHUS ou CHUSI. Il faut immédiatement soustraire la personne du froid (l’amener dans un véhicule), lui mettre un bonnet et l’envelopper dans une couverture de survie, lui faire prendre une boisson chaude mais pas brûlante, et le conduire dans un lieu d’hébergement.

Sur le lieu d’hébergement, il faut : déshabiller la personne, lui donner une douche tiède (36-37°C), assise sur un tabouret ; bien la sécher, lui mettre des vêtements propres ; lui faire prendre une soupe chaude et l’inciter à prendre un repas complet si c’est possible ; la mettre au repos. L’infirmière ne doit pas quitter le centre sans avoir vérifié que la température corporelle est remontée à 37°C, dans le cas contraire, elle doit rappeler le médecin d’astreinte.

Si la température est inférieure à 34°C, il s’agit d’une urgence médicale ; et il faut immédiatement appeler le 15. En attendant les secours d’urgence, il faut tenir au chaud la personne, lui mettre un bonnet, l’envelopper dans une couverture de survie et lui faire prendre une boisson chaude si elle est consciente.

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