Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre les risques sanitaires liés aux soignants nomades

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 30 Juin 2016, 15:49pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'une salle de chirurgie (source: europe1)

Photo d'une salle de chirurgie (source: europe1)

Source : extraits du texte «Risque nosocomial, le rôle des soignants nomades », de Laura Temime, issu du livre « Le praticien et l’environnement »,  un ouvrage collectif sous la direction de William DAB

 

Un travail français récent vient de confirmer ce phénomène et permet de préciser les déterminants de ces évènements de super-propagation associés à des bactéries multirésistantes comme les staphylocoques résistants à la méthiciline ou les entérocoques résistants à la vancomycine.

La circulation bactérienne dans un service de réanimation a été modélisée par un outil mathématique. Dans ce modèle, le personnel soignant est réparti en deux groupes : d’une part, des soignants qui sont affectés à un nombre limité de patients, assimilables au personnel infirmier ou aux médecins ; et, d’autre part, des soignants qui sont en contact avec la totalité des patients du service, mais de manière beaucoup moins fréquente et avec peu de contacts physiques directs. Ce dernier profil, qualifié de nomade, peut se retrouver chez des techniciens de radiologie, des kinésithérapeutes, des brancardiers, etc. Chaque soignant pouvait se révéler non compliant aux mesures d’hygiène de mains recommandées par l’hôpital. Dans ce contexte, nous avons simulé l’arrivée dans le service d’un unique patient porteur d’une bactérie multirésistante.

Le résultat du modèle confirme que le risque nosocomial augmente avec la non-compliance aux mesures d’hygiène de mains. Le nombre total de patients colonisés dans le service attendu en 1 mois augmente de 13 à 17% en moyenne dans l’hypothèse d’un unique soignant totalement non compliant.

De plus, l’étude met en évidence que cette augmentation est très significativement liée au profil des soignants non compliants : la taille épidémique totale au cours du mois d’observation est trois fois plus importante lorsque c’est un soignant nomade qui est non compliant que lorsqu’il s’agit d’un soignant affecté à des patients.

Ainsi, les soignants nomades présentent un potentiel de super-propagation accru. Cela prend une importance particulière dans le contexte d’une pandémie. En effet, en cas d’afflux massifs de patients ou en situation de sous-effectif de personnel ou dans un contexte de désorganisation hospitalière, tout soignant peut être conduit à devenir nomade pour s’adapter aux contraintes organisationnelles.

D’un point de vue opérationnel, il faut aussi souligner le rôle du respect des recommandations sur l’hygiène des mains. La surveillance de la compliance devrait être partie intégrante des programmes de lutte contre les infections nosocomiales. Or, actuellement, cette surveillance s’effectue fréquemment dans les services hospitaliers via des indicateurs globaux comme la quantité de solution hydro alcoolique consommée. Cette approche n’est pas suffisante pour évaluer le risque nosocomial global et le surveiller efficacement. Il est nécessaire de la compléter par une approche fondée sur un suivi individualisé.

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