Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre les risques sanitaires à court termes et à long termes liés à l’exposition aux composés organiques volatils

Publié par Michael NGUYEN HUU sur 19 Juillet 2016, 08:16am

Catégories : #risques sanitaires

Photo de produits ménagers (source: ytimg)

Photo de produits ménagers (source: ytimg)

Source : extraits du texte «Expositions aux composés organiques volatils, quels sont les risques à court et à long termes ? », de Robert Garnier, issu du livre « Le praticien et l’environnement »,  un ouvrage collectif sous la direction de William DAB

 

Les composés organiques volatils (COVs) sont des substances très présentes dans notre environnement général et professionnel ; ils ont des propriétés toxiques connues et d’autres suspectées. Par définition, les COVs sont des substances qui contiennent au moins un atome de carbone (à l’exception des oxydes, des cyanures, des carbonates et des carbures) et sont volatils aux températures ambiantes habituelles avec une pression de vapeur d’au moins 0,01 KPa à 20°C. Chimiquement et toxicologiquement, les COVs sont très divers : hydrocarbures, hydrocarbures halogénés, alcools, aldéhydes, cétones, acides carboxyliques, éthers, esters, amines, amides, nitriles…

Comme les COVs sont chimiquement très nombreux et divers, leurs effets sont également multiples. Les plus fréquents sont :

  • La perception d’odeurs incommodantes ; beaucoup de COVs sont perceptibles à des concentrations atmosphériques très faibles, inférieures à celles susceptibles de produire d’autres effets nocifs ;
  • Des signes (souvent subjectifs, plus rarement objectifs) d’irritation des yeux, des voies aériennes, ou de la peau des parties découvertes ;
  • Une altération de la fonction respiratoire ; plusieurs études montrent une association entre l’exposition aux COVs ou à certains d’entre eux (en particulier, les aldéhydes et les hydrocarbures terpéniques) et le risque de troubles respiratoires, en particulier de maladie asthmatique ;
  • Des maladies allergiques cutanées, oculaires ou respiratoires ; les composés le plus souvent  impliqués sont des aldéhydes et des terpènes.

Les effets neurotoxiques, hépatotoxiques, néphrotoxiques ou cardiotoxiques de certains COVs sont bien documentés. Ce sont des effets à seuil, que l’on n’observe pas à des concentrations atmosphériques habituelles dans l’environnement (y compris dans l’air intérieur), en dehors du milieu professionnel.

De même, certains COVs ont des effets toxiques sur la reproduction (fertilité et développement fœtal), mais qui ne sont susceptibles de résulter que de niveaux d’exposition très supérieurs à ceux généralement observés dans l’environnement ; c’est par exemple, le cas de certains éthers de glycol, de la N-méthylpyrrolidone ou du toluène.

Parmi les dangers survenant plusieurs années après l’exposition, on note que quelques COVs sont cancérogènes. Pour certains d’entre eux, cet effet n’apparaît qu’au-delà d’un certain seuil, auquel il est improbable que la population générale soit exposée : le formaldéhyde en est un exemple. Dans la plupart des cas, l’effet cancérogène est sans seuil : le butadiène (contaminant possible du butane) ou le benzène (présent en faible concentration dans de nombreuses préparations à base de solvant et produit par la combustion de toute matière organique) sont des illustrations de ce cas de figure.

Les COVs font partie des nuisances impliquées dans la genèse du syndrome des bâtiments malsains : nombreuses plaintes survenant chez une partie des occupants de bâtiments non industriels et rythmées par leur séjour dans les locaux.

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