Comprendre les risques sanitaires

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Comprendre les risques sanitaires liés au cadmium

Publié par Risque Sanitaire France sur 14 Septembre 2016, 07:49am

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'une pièce de cadmium (source: http://www.periodictable.com/Samples/048.12/s13.JPG)

Photo d'une pièce de cadmium (source: http://www.periodictable.com/Samples/048.12/s13.JPG)

Source : extrait du livre « Quels risques pour notre santé ? », de Denis Zmirou

 

Aujourd’hui, environ 60% de la production de cadmium (Cd) sont utilisés dans les alliages (comme anticorrosifs), le reste entrant dans la fabrication des batteries sèches, des tubes cathodiques, des pigments de coloration (pour des panneaux de signalisation lumineux ainsi que pour des jouets en plastique dur.

Le cadmium est un élément ubiquitaire. En Europe, l’air non pollué en contient en moyenne 3 ng/m3, l’air pollué jusqu’à 60 ng/m3. La teneur maximale autorisée dans l’eau potable est de 5 ng/L.

Un Européen absorbe en moyenne 50µg de Cd par jour en se nourrissant. La consommation de 20 cigarettes augmente l’absorption journalière de Cd d’environ 2µg. On trouve les teneurs les plus élevées en Cd dans les huîtres et les rognons de porc (jusqu’à 1 mg/kg), dans les légumes à racines (0,5 mg/kg) et dans le blé (0,1 mg/kg).

C’est un élément indésirable pour l’homme quelle que soit sa forme chimique. Les principaux organes cibles sont le rein, les os et le poumon.

 

Sources

Les apports de cadmium sont essentiellement alimentaires, par le biais des légumes et des céréales. Dans la chaîne alimentaire, il se concentre dans les coquillages et crustacés, et se retrouve préférentiellement dans les abats d’animaux.

 

Absorption

Les composés contenant du cadmium sont absorbés par inhalation dans les poumons (jusqu’à 50% sous forme d’aérosols) ou par ingestion dans le tube digestif (jusqu’à 5% selon la composition alimentaire).

 

Toxicité aigüe

En cas d’inhalation de composés du Cd, les premiers signes cliniques sont : la toux, des maux de tête et de la fièvre. Après un temps de latence de 24h, se développe une pneumopathie chimique avec œdème pulmonaire et insuffisance respiratoire. Chez l’homme, la dose létale liée à l’inhalation est de 6 mg/m3/8h. Lors d’une ingestion de Cd, on observe des vomissements et l’apparition de diarrhées profuses.

 

Toxicité chronique

Elle se caractérise par la formation d’un liseré de Cd au niveau du collet dentaire (anneaux jaunes de CdS), par un début de dégénérescence des muqueuses nasopharyngées, avec hyposmie et anosmie, par un emphysème et par de graves lésions rénales. C’est au Japon, en 1946, que pour la première fois on a observé des ostéomalacies, ostéoporoses et anémies sévères microcytaires non corrigées par le traitement martial (maladie de Itai-Itai), chez des sujets (particulièrement chez la femme) intoxiqués par l’absorption d’aliments  contaminés par du Cd. Ces manifestations se sont avérées très douloureuses, certains sujets ont même été atteints de déformations du squelette et de modifications de taille.

 

Mécanisme de toxicité

Les effets mutagène et tératogène du Cd n’ont pas pu être certifiés jusqu’à présent lors des études réalisées chez l’homme. Les instances toxicologiques internationales sont sûres de sa cancérogénicité (classement 1 du Centre international de recherche sur le Cancer).

 

Détection

La mesure du métal dans les urines est un indicateur de sa présence dans l’organisme. Elle est classiquement utilisée pour repérer les fumeurs car il perdure dans notre corps pendant des dizaines d’années. Sa demi-vie biologique est de 30 ans. Il peut donc s’accumuler et finir par atteindre, chez les sujets exposés, des doses toxiques pour les organes sensibles.

 

Traitement

Il a un caractère symptomatique pour les intoxications provoquées par les composés du Cd par inhalation et/ou par voie orale. En cas d’inhalation de vapeurs de Cd, on doit d’abord libérer les voies respiratoires, puis il faut immédiatement insuffler de l’air frais et, si besoin est, pratiquer une respiration artificielle. Après une phase de latence indécelable de plusieurs heures, la formation d’un œdème pulmonaire lésionnel est possible. A titre de premiers soins, la pneumopathie d’inhalation est traitée par l’association de corticoïdes-diurétiques. Lors d’expositions aigües, l’administration de British AntiLewisite (BAL) ou d’EDTA de surface corporelle s’avèrent utiles.

Lors d’une intoxication chronique due à des composés du Cd, qu’elle ait pour origine une inhalation ou une ingestion, l’administration de BAL est déconseillée à cause d’un déplacement possible du Cd, depuis les tissus jusqu’aux reins (lésions rénales).

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