Comprendre les risques sanitaires

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Connaître les risques sanitaires liés au benzène

Publié par Risque Sanitaire France sur 4 Octobre 2016, 09:29am

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'une femme qui se parfume (source: http://www.lejardindesfleurs.com/img/cms/600x424xparfum_femme_ombre.jpg.pagespeed.ic.F801JNYi0J.jpg)

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Source : extraits du livre : « Quels risques pour notre santé ? », de Denis Zmirou

 

Le benzène est un liquide très volatil, peu soluble dans l’eau et très inflammable. Bien qu’il puisse résulter de processus naturels (volcans, feux de forêt…), il provient principalement des activités humaines. La fumée de tabac est la principale source d’exposition chez le fumeur comme chez le fumeur passif. Les émissions d’origine automobile, l’évaporation de pétrole et d’essences, les vapeurs émanant de peintures, colles, cires et détergents, dans lesquels on trouve aussi de petites quantités, en font un polluant qu’on retrouve partout dans notre environnement proche.

Le benzène est l’un des produits de base essentiel de toute la chimie organique dite « aromatique ». La production mondiale est de l’ordre de 32 millions de tonnes. La France, à elle seule, en produit 700 000 tonnes par an et en consomme 750 000 tonnes. Utilisé à l’origine pour ses remarquables propriétés de solvant, son usage tend à diminuer en raison de la réglementation. Les utilisations du benzène restent pourtant multiples : composant des solvants (dans la limite de 0,1% en volume), matière première de la synthèse organique dans l’industrie chimique (plastiques, fibres synthétiques, caoutchouc de synthèse, résines polyesters, produits pharmaceutiques, pesticides…).

En France, on estime que 70 000 personnes sont exposées professionnellement au benzène, surtout dans les industries pétrolières (production, stockage, transport, distribution…), la chimie, les parfums, l’automobile… Dans l’atmosphère de travail, la concentration en vapeurs de benzène de l’air inhalé par un travailleur ne doit pas dépasser 5 ppm (16 mg/m3) en moyenne par journée de travail.

Cependant, il est souvent difficile de situer le niveau moyen d’exposition chez les pompistes exposés aux vapeurs d’essence et aux gaz d’échappement, ou chez les mécaniciens et garagistes lors du lavage des mains ou du dégraissage des pièces métalliques à l’essence.

Après absorption, le benzène est largement distribué par voie sanguine à tout l’organisme. Entre 10 et 50% est éliminé dans l’air expiré selon l’activité physique et l’importance du tissu adipeux. Moins de 1% va se retrouver dans les urines. Le reste est transformé par l’organisme, essentiellement dans le foie. Le benzène s’accumule dans les tissus riches en lipides : système nerveux central, moelle osseuse…

Ce sont les sous-produits de sa transformation – ses métabolites – (phénols, diphénols et aldéhyde muconique) qui sont responsables de la toxicité à long terme du benzène. De brèves mais intenses expositions s’accompagnent de troubles neurologiques (maux de tête, fatigue, étourdissements, altération de la mémoire, faiblesse musculaire, accélération du rythme cardiaque…), ainsi que d’une irritation des yeux, de la peau et des voies respiratoires.

Le benzène est surtout connu pour ses effets chroniques. Outre des troubles neurologiques, décrits chez des travailleurs professionnellement exposés, le benzène altérerait la reproduction (perturbation du cycle menstruel, avortements spontanés). Il a surtout une affinité particulière pour la moelle osseuse, lieu de production des lignées cellulaires sanguines. La production des globules blancs et des globules rouges est alors atteinte. Une anémie ou une diminution des fonctions de l’immunité peut en découler. L’exposition chronique peut ainsi provoquer une leucémie.

L’organisation mondiale de la santé a classé le benzène comme « cancérogène certain » pour l’homme (classe 1) et a établi que le risque de leucémie était proportionnel à l’exposition au benzène. Un projet de Directive de l’Union européenne propose de fixer la valeur limite dans l’air à 5 µg/m3.

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