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Connaître les 3 majeurs et les 3 mineurs de la médecine ayurvédique

Publié par Risque Sanitaire France sur 16 Novembre 2016, 21:53pm

Catégories : #culture de la vitalité

Photo d'un maître indien avec ses disciples (source: https://www.fantastikindia.fr/site/IMG/jpg/ayurveda_history_of_ayurveda.jpg)

Photo d'un maître indien avec ses disciples (source: https://www.fantastikindia.fr/site/IMG/jpg/ayurveda_history_of_ayurveda.jpg)

Source : Wikipedia

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ayurveda

 

La littérature ayurvédique se divise en six Samhitas (« traités » ou « collections »), qui prennent chacun le nom de leur auteur.

Les trois premiers, dont les auteurs sont Charaka, Sushruta et Vagbhatta, sont les plus importants et forment la Bṛhattrayī, « les trois majeurs » de l'Ayurveda, tandis que les trois derniers forment la Laghutrayi, « les trois mineurs ».  

Les trois majeurs

  • Charaka Samhita (IAST: Caraka samhita) : rédigé par Charaka, c'est le texte fondateur de l’Ayurveda. Sa datation est incertaine mais il aurait été composé avant notre ère. Il traite principalement du diagnostic et du traitement des maladies par la médecine interne (Kaya Chikitsa).
  • Sushruta Samhita : traité de chirurgie (en sanskrit : Shalya Chikitsa) rédigé par Sushruta, c'est le deuxième texte le plus important de l'Ayurveda. Il aurait également été rédigé avant notre ère. Le plus ancien document écrit rapportant les travaux de Sushruta est le Manuscrit Bower — daté du IVe siècle. Ce dernier cite directement Sushruta et est d'un intérêt particulier pour les historiens en raison de l’importance de la médecine indienne et de ses concepts en Asie centrale.

Dwivedi & Dwivedi, dans History of Medicine : Sushruta, the Clinician-Teacher par Excellence (2007), écrivent au sujet de Sushruta :

« La principale voie de transmission du savoir au cours de cette période a été la tradition orale. La langue utilisée était le sanskrit - le sanskrit védique de cette période (2000-500 av. J.-C.). La plus authentique compilation de ses enseignements et de ses travaux est actuellement disponible dans un traité appelé Sushruta Samhita. Il contient 184 chapitres et la description de 1 120 maladies, 700 plantes médicinales, 64 préparations de substances minérales et 57 préparations à base de substances animales. »

  • Vagbhatta Samhita : considérée comme une présentation organisée et structurée de la connaissance présentée dans la Charaka Samhita et la Sushruta Samhita, ce résumé simplifié des deux premières compilations est encore utilisé aujourd'hui dans de nombreuses universités indiennes.

Les trois mineurs

  • Madhava Nidana Samhita : couvre la classification des maladies et de leurs symptômes.
  • Sharngadhara Samhita : contient la description des préparations ayurvédiques utilisées au cours du Panchakarma (IAST: Pañcakarma) et détaille les étapes du diagnostic par le pouls.
  • Bhava-Prakasha Samhita : en plus de 10 000 vers, détaille les caractéristiques de nombreux aliments ainsi que de certaines plantes et minéraux.

Underwood & Rhodes en 2008 soutiennent que cette première phase de la médecine traditionnelle indienne a identifié la fièvre (takman), la toux, la consomption, la diarrhée, l’œdème, l’abcès, les convulsions, les tumeurs et les maladies de peau (y compris la lèpre). Le traitement des affections complexes — y compris l’angine de poitrine, le diabète, l’hypertension artérielle et les calculs — ont également été pratiqués au cours de cette période, la chirurgie plastique, la chirurgie de la cataracte, la ponction pour l’évacuation des fluides contenus dans l’abdomen (ascite), l'extraction des corps étrangers, le traitement des fistules anales, le traitement des fractures, l’amputation, la césarienne et la suture des plaies étaient connus. L'usage des herbes et des instruments chirurgicaux se sont généralisés.

Le pèlerin chinois Fa Hsien (vers 337-422) a écrit sur le système de soins de santé de l’Empire des Gupta (320-550). Il a également décrit le processus de l'approche institutionnelle de la médecine indienne apparaissant dans les œuvres de Charaka qui mentionne une clinique et décrit son équipement. Madhava (700), Sarngadhara (1300), et Bhavamisra (1500) ont compilé des travaux sur la médecine indienne. Les ouvrages médicaux de Sushruta et de Charaka ont tous les deux été traduits en arabe au cours du califat des Abbassides (750). Ces travaux arabes ont fait leur chemin en Europe par leur intermédiaire. En Italie, la famille Branca de Sicile et Gaspare Tagliacozzi de Bologne se sont familiarisés avec les techniques de Sushruta.

Au cours des âges, l'Ayurveda a été conservé dans ses grands principes malgré les influences étrangères (grecques, chinoises, perses, tibétaines). Ce système est tombé en désuétude pendant plusieurs siècles à la suite des invasions musulmanes au nord de l'Inde à partir du VIIIe siècle. Parallèlement, l'Ayurveda est réapparu en Europe à la Renaissance. Avec les différentes colonisations européennes, surtout britannique, cette médecine a subi de nombreuses pressions, et fut interdite par les Anglais. C'est seulement avec l'Indépendance en 1947, sous l'influence du Mahatma Gandhi, que l'Ayurveda a de nouveau été reconnu.

Aujourd'hui, l'Ayurveda semble susciter plus d'intérêt pour son approche du bien-être holistique que pour son aspect médical (ce dernier se développe de plus en plus et la recherche médicale est en cours).

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