Comprendre les risques sanitaires

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Connaître les risques sanitaires liés au PVC ou polychlorure de vinyle

Publié par Risque Sanitaire France sur 20 Décembre 2016, 22:03pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo d'une canalisation en PVC (source: http://img.archiexpo.fr/images_ae/photo-g/126557-8091231.jpg)

Photo d'une canalisation en PVC (source: http://img.archiexpo.fr/images_ae/photo-g/126557-8091231.jpg)

Source : Wikipedia

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Polychlorure_de_vinyle

 

Le polychlorure de vinyle, connu sous le sigle PVC (sigle venant de l'appellation anglaise polyvinyl chloride), est un polymère thermoplastique de grande consommation, amorphe ou faiblement cristallin, principal représentant de la famille chloropolymères.

Il est préparé à partir de deux matières premières : à 57 % de sel de mer (NaCl) et à 43 % de pétrole ; c'est la seule matière plastique constituée par plus de 50 % de matière première d'origine minérale.

Le PVC rigide est surtout utilisé pour la fabrication de profilés et tubes par extrusion. Le PVC souple (ou PVC plastifié) sert par exemple dans l'industrie des vêtements et des tapisseries.

En 2014, la France exporte en moyenne 70 t de PVC (base, plastifié et non-plastifié confondus) par mois, et importe en moyenne 25 t.

Il existe de nombreuses utilisations du PVC dans l'industrie. On trouve principalement quatre types de PVC :

  • le PVC rigide, typiquement les tuyaux de canalisation, a un aspect lisse. Ces tuyaux sont aussi utilisés dans la fabrication d'armes de grandeur nature. Les tuyaux représentent plus de 40 % de la consommation de PVC. On fabrique aussi des cartes « format carte de crédit » (cartes de membre, fidélité, réduction, client, etc.). Elles peuvent être aussi en poly(téréphtalate d'éthylène) (PET) ou en polycarbonate (PC) ;
  • le PVC souple, qui recouvre certaines pièces telles les manches de pinces, a un aspect brillant. On peut aussi le trouver dans des revêtements de sol et dans des types de plafonds tels les plafonds tendus ;
  • les films de PVC plastifié (commercialisés en bobines) utilisés (sous forme de film adhésif) comme lamination ou pour le marquage publicitaire, ou (sous forme de film étirable) comme emballage ;
  • le PVC expansé (souvent appelé Forex), utilisé comme pour faire de la publicité sur le lieu de vente (PLV), ou des enseignes.

 

La polymérisation du PVC est irréversible. Certains plastifiants rentrant dans sa composition peuvent présenter un risque pour la santé.

On ajoute très souvent au PVC des plastifiants (pour former par exemple des plastisols) afin d'améliorer certaines caractéristiques (souplesse, allongement à la rupture, tenue au froid et aux chocs, etc.) ou de faciliter la mise en œuvre. Le PVC souple (plastifié) représente environ 30 % de la consommation de PVC.

Parmi les plastifiants utilisés, certains phtalates sont nocifs. Au cours du temps, ils peuvent migrer (permanence non assurée, due à une incompatibilité avec la matrice polymère) et se déposer en surface (phénomène d'exsudation) des objets souples en PVC.

D'autres plastifiants sont autorisés, dans la famille des adipates ou même des huiles végétales (par exemple l'huile de soja). Ils permettent depuis de nombreuses années la fabrication du film étirable alimentaire. Cependant, au contact des corps gras des aliments, certains plastifiants hydrophobes migrent dans la nourriture. D'autres alternatives sont en développement pour remplacer à terme le PVC dans les films alimentaires.

Les stabilisants sont ajoutés au polymère PVC afin d’empêcher la dégradation par la chaleur et la lumière. Différents types de stabilisants sont utilisés et leur teneur dans le produit final varie en fonction des caractéristiques techniques de l’application à laquelle ce produit est destiné. Les stabilisants à base de plomb sont actuellement les plus largement utilisés, en particulier le sulfate de plomb et le phosphite de plomb.

Brûler du polychlorure de vinyle dégage majoritairement de l'acide chlorhydrique en présence de la vapeur d'eau contenue dans l'air. À l'heure actuelle, toutes les usines d'incinération d'ordures ménagères homologuées sont munies de filtres anti-acides, car il y a des chlorures dans de nombreux déchets. Brûler des déchets en plein air est une atteinte grave à l'environnement. En outre, la combustion du PVC génère des dioxines et furanes en quantité variable suivant les conditions de combustion.

 

Avant les années 1980, lors de la fabrication du PVC, il était ajouté du chlorure de vinyle monomère (CVM), substance cancérogène, qui pouvait atteindre de 200 voire 1 000 ppm.

Le chlorure de vinyle monomère est classé dans le groupe 1 (cancérogène certain pour l’homme) par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) depuis 1987.  C’est un facteur de risque avéré de l'angiosarcome hépatique, un cancer rare et de très mauvais pronostic, considéré comme un cancer sentinelle de l’exposition au CVM.

Le dosage de monomères de chlorure de vinyle a été introduit dans les contrôles réglementaires de l’eau potable en France dans l’arrêté du 11 janvier 2007.

L’Institut de veille sanitaire (InVS) a été sollicité en février 2008 suite à la détection de chlorure de vinyle monomère ( CVM) dans plusieurs systèmes de distribution d’eau potable du département d’Indre et Loire. L’exploitation des données du contrôle réglementaire de l’eau distribuée a révélé des dépassements de la limite de qualité pour l’eau de boisson (0,5 µg/L) dans plusieurs départements français, soit 0,3 % de non-conformités parmi les analyses effectuées en 2008 et 2009 dans le cadre du contrôle réglementaire. Ces non-conformités ont pour origine principale la migration dans l’eau potable du CVM résiduel contenu dans les canalisations en polychlorure de vinyle (PVC) posées avant les années 1980. Après 1980 les procédés de fabrication ont changé ce qui a mis un terme au problème du relargage des nouvelles canalisations. Des conditions particulières d’exploitation sont nécessaires pour atteindre des concentrations élevées en CVM, en particulier des temps de séjour de l’eau dans le réseau très longs, rencontrés essentiellement aux extrémités des réseaux ruraux.

La Direction générale de la Santé a demandé un inventaire des canalisations d’eau potables en PVC antérieures à 1980 susceptibles de contaminer l’eau par du chlorure de vinyle monomère, jugé cancérogène.

Les canalisations en PVC posées avant 1980, s’étendraient sur une distance comprise entre 50 000 km (estimation des plasturgistes fabricants) et 340 000 km (extrapolation à la France entière à partir des données patrimoniales fournies par les principaux délégataires du service public de l’eau).

La teneur en CVM résiduel est relativement stable tout au long de l’utilisation de la canalisation mais peut être très variable d’un tronçon à l’autre. Le relargage du CVM dans l’eau à partir des canalisations en PVC augmente évidemment avec le linéaire des tronçons de canalisations concernés et leur teneur en CVM résiduel initiale, mais aussi avec la température et le temps de séjour de l’eau dans ces tronçons.

Le CVM peut présenter une toxicité pour des expositions par ingestion et, dans une moindre mesure par inhalation. Les cancers du foie sont les pathologies les plus répandues. Un arrêté du 11 janvier 2007 relatif à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine limite à 0,5 μg/l la teneur en CVM résiduel du PVC au robinet du consommateur.

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