Comprendre les risques sanitaires

Comprendre les risques sanitaires

Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre la richesse culturelle des indiens d’Amérique

Publié par Risque Sanitaire France sur 16 Janvier 2017, 21:27pm

Catégories : #culture de la vitalité

Photo d'une indienne d'Amérique du Nord (source: http://www.nationalgeographic.fr/wp-content/uploads/2014/04/2-Indienne.jpg)

Photo d'une indienne d'Amérique du Nord (source: http://www.nationalgeographic.fr/wp-content/uploads/2014/04/2-Indienne.jpg)

Source : texte issu de la nouvelle encyclopédie du savoir relatif et absolu, de Bernard Weber

 

Qu’ils soient sioux, cheyennes, apaches, crows, navajos, comanches, etc. les indiens d’Amérique du Nord partageaient les mêmes principes.

Tout d’abord ils se considéraient comme faisant partie intégrante de la nature et non maître de la nature. Leur tribu, ayant épuisé le gibier d’un territoire, migrait afin que la faune puisse se reconstituer. Dans le système de valeurs indien, l’individualisme était source de honte plutôt que de gloire. Il était obscène de faire quelque chose pour soi. On ne possédait rien, on n’avait de droit sur rien. Encore de nos jours, un indien qui s’achète une voiture sait qu’il devra la prêter au premier Indien qui la lui réclamera. Les enfants étaient éduqués sans contraintes. En fait ils s’auto-éduquaient.

Les Indiens avaient découvert les greffes de plantes qu’ils utilisaient par exemple pour créer des hybrides de maïs. Ils connaissaient le principe d’imperméabilisation des toiles grâce à la sève d’hévéa. Ils savaient fabriquer des vêtements de coton dont la finesse de tissage était inégalée en Europe. Ils connaissaient aussi les effets bénéfiques de l’aspirine, de la quinine…

Dans la société indienne d’Amérique du Nord, il n’y avait pas de pouvoir héréditaire ni de pouvoir permanent. A chaque décision, chacun exposait son point de vue lors du pow-wow (conseil de la tribu). C’était avant tout, et bien avant les révolutions républicaines européennes, un régime d’assemblée. Si la majorité n’avait plus confiance en son chef, celui-ci se retirait de lui-même.

C’était une société égalitaire. Il y avait certes un chef, mais on n’était chef que si les gens vous suivaient spontanément. Etre leader, c’était une question de confiance. A une décision prise en pow-wow, on n’était obligé d’obéir que si l’on avait voté pour cette décision. Un peu comme si chez nous, il n’y avait que ceux qui trouvaient une loi juste qui l’appliquaient…

Même à l’époque de leur splendeur, les Amérindiens n’ont jamais eu d’armée de métier. Tout le monde participait à la bataille quand il le fallait, mais le guerrier était avant tout reconnu socialement comme chasseur, cultivateur et père de famille. Dans le système indien, toute vie, quelle que soit sa forme, mérite le respect. Ils ménageaient donc la vie de leurs ennemis pour que ceux-ci fassent de même. Toujours cette idée de réciprocité : ne pas faire aux autres ce qu’on n’a pas envie qu’ils nous fassent.

La guerre était considérée comme un jeu où l’on devait montrer son courage. On ne souhaitait pas la destruction physique de l’adversaire. Un des buts du combat guerrier était notamment de toucher l’ennemi par l’extrémité de son bâton à bout rond. C’était un honneur plus fort que de le tuer. On comptait une touche. Le combat s’arrêtait dès les premières effusions de sang. Il y avait rarement des morts. Le principal objectif des guerres interethniques consistait à voler les chevaux de l’ennemie.

Culturellement, il leur fut difficile de comprendre la guerre de masse pratiquée par les Européens. Ils furent très surpris quand ils virent que les Blancs tuaient tout le monde, y compris les vieux, les femmes et les enfants. Pour eux, ce n’était pas seulement affreux, c’était surtout aberrant, illogique, incompréhensible. Pourtant, les Indiens d’Amérique du Nord résistèrent relativement longtemps.

Les sociétés sud américaines furent plus faciles à attaquer. Il suffisait de décapiter la tête royale pour que toute la société s’effondre. C’est la grande faiblesse des systèmes à hiérarchie et à administration centralisée. On les tient par leur monarque. En Amérique du Nord, la société avait une structure plus éclatée. Les cow-boys eurent affaire à des centaines de tribus migrantes. Il n’y avait pas un grand roi immobile mais des centaines de chefs mobiles. Si les blancs arrivaient à mater ou à détruire une tribu de cent cinquante personnes, ils devaient à nouveau s’attaquer à une deuxième tribu de cent cinquante personnes.

Ce fut malgré tout un gigantesque massacre. En 1492, les Amérindiens étaient dix millions. En 1890, ils étaient cent cinquante mille, se mourant pour la plupart des maladies apportées par les blancs.

Lors de la bataille de Little Big Horn, le 25 juin 1876, on assista au plus grand rassemblement indien jamais vu : dix à douze mille individus, dont trois à quatre mille guerriers. L’armée amérindienne écrasa à plates coutures les troupes du général Custer. Mais il était difficile de nourrir tant de personnes sur un si petit territoire. Après la victoire, les Indiens se sont donc séparés. Ils considéraient qu’après avoir subi une telle humiliation les blancs n’oseraient plus jamais leur manquer de respect.

Ainsi, les tribus ont été réduites une à une. Jusqu’en 1900, le gouvernement américain a tenté de les détruire. Après 1900, il a cru que les Amérindiens s’intégreraient au melting pot comme les noirs, les latinos, les irlandais ou les italiens. Mais Washington se trompait du tout au tout. Les Amérindiens ne voyaient absolument pas ce qu’ils pouvaient apprendre du système social et politique occidental, qu’ils considéraient comme nettement moins évolué que le leur.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents