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Connaître les oraisons silencieuses

Publié par Risque Sanitaire France sur 15 Janvier 2017, 13:39pm

Catégories : #culture de la vitalité

Photo d'oraisons silencieuses (source: http://www.lettrecarmesmidi.org/LettreCarmes/Images/Freresoraison.jpg)

Photo d'oraisons silencieuses (source: http://www.lettrecarmesmidi.org/LettreCarmes/Images/Freresoraison.jpg)

Source : Wikipedia

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Oraison_silencieuse

 

L’oraison silencieuse (oraison de recueillement, oraison du cœur, oraison de quiétude) est une forme de prière silencieuse (non vocale). Cette manière de prier existe dans le christianisme depuis les origines, même si elle a été particulièrement mise en valeur par les différents ordres monastiques, et théorisée plus récemment par l'Ordre du Carmel, où elle est pratiquée deux heures par jour. Cette prière est présentée comme un temps consacré à s’éveiller à la présence de Dieu dans le cœur du pratiquant, à un dialogue amoureux avec le Christ, avec Dieu, pour atteindre la contemplation divine, et se laisser transformer par Dieu.

Le terme est également utilisé par les protestants ou par d’autres groupes spirituels et religieux contemporains.

Dans le catholicisme : « L’oraison est une prière silencieuse par laquelle nous nous tenons en relation, dans la foi, avec Dieu grâce à un travail de notre volonté, de notre intelligence ou de notre imagination (méditation) dans une attitude d’attention simple et aimante à sa présence en nous (contemplation) ». Sainte Thérèse d'Avila définit l'oraison comme « un commerce intime d'amitié avec Dieu dont on se sait aimé », et le père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus complète « l'oraison est donc une prise de contact avec Dieu, une actualisation de l'union surnaturelle que la grâce établit entre Dieu et notre âme, ou encore, un échange entre deux amours : celui que Dieu nous porte, celui que nous avons pour Lui ». Thérèse de Lisieux dit « pour moi, la prière, c'est un élan du cœur, c'est un simple regard jeté vers le Ciel, c'est un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l'épreuve comme au sein de la joie ; enfin c'est quelque chose de grand, de surnaturel, qui me dilate l'âme et m'unit à Jésus ».

Différents stades ou niveaux d'oraison ont été décrits au cours des siècles. Thérèse d'Avila les a synthétisés et résumés sous forme d'une progression spirituelle de l'âme dans son union à Dieu à travers des images métaphoriques et des qualificatifs (oraison de quiétude, oraison d'union...) qui ont par la suite été repris par de nombreux auteurs (voire sont entrés dans le langage usuel). L'image métaphorique est celle du jardin que l'on essaie d'arroser par différentes techniques, elle indique le niveau d'effort que le croyant déploie pour entrer en oraison. Elle les décrit longuement dans son ouvrage Le Livre de la vie. Ces niveaux ont également été mis en parallèle avec les 7 niveaux de son ouvrage le Château intérieur. Ces différents types d'oraisons (ou étapes dans le cheminement spirituel) peuvent être résumés ainsi :

  • Oraison vocale : consiste à réciter une prière connue comme le Je vous salue Marie ou le Notre Père.
  • Oraison méditative (Thérèse donne l'image du jardinier qui tire l'eau de son puits avec un seau) : elle correspond aux 3 premières demeures du Château intérieur. Cette méditation peut se faire à partir d'épisodes de la vie du Christ, ou en s'appuyant sur des images pieusesT. Le but de cette méditation est de « connaitre et s'approprier les qualités du Seigneur [Jésus], peu à peu les faire siennes et se conformer à lui ».
  • Oraison de recueillement : la mémoire, l'imagination, l'intelligence sont apaisées, l'esprit est tranquille, l'âme se sait aimée même si elle ne ressent rien. L'oraison de recueillement surnaturelle : « Dieu fait un cadeau à l'âme, il la recueille toute entière à l'intérieur d'ellemême, il la concentre ».
  • Oraison de quiétude (Thérèse donne l'image du jardinier utilisant une noria lui remontant l'eau sans effort) : 4e demeure. « Cela équivaut à nous trouver subitement dans une joie inespérée.[...] Dieu fait le cadeau d'élever la personne sur la montagne pour y jouir de son intimité.[...] La volonté reçoit une grande récompense [...], elle est embrasée d'amour »
  • Oraison contemplative (Thérèse donne l'image de l'eau qui coule d'un ruisseau, par gravité, naturellement) ou sommeil des puissances : 4e demeure. La volonté est ancrée en Dieu, les autres puissances sont libres.
  • Oraison d'union (Thérèse donne l'image de la pluie, le jardinier n'a plus rien à faire) : 5e, 6e et 7e demeures. Ce sont les rencontres de l'âme avec l'époux (le Christ), jusqu'aux fiançailles et aux noces spirituelles (image du couple et du mariage).

Le père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus indique que l'oraison, par le contact de l'âme avec Dieu, a un effet salvifique sur l'âme : « indépendamment des grâces particulières qu'il a pu demander et obtenir, [le chrétien] puise en Dieu une augmentation de vie surnaturelle, un enrichissement de charité. L'amour va à l'oraison pour y trouver un aliment, un développement et l'union parfaite qui satisfait tous ses désirs ».

L'oraison permet également à l'âme une meilleure « connaissance de soi ». Le père Marie-Eugène, à la suite de Thérèse d'Avila, nous dit qu'éclairé sous la lumière de Dieu, le chrétien en oraison identifie ses défauts, ses faiblesses, ses bassesses et peut ainsi les corriger pour progresser en perfection. La vue de ses imperfections nous incite à l'humilité et nous pousse à faire grandir cette vertu. Ainsi Thérèse de Lisieux, dans son Manuscrit reconnaît toute son impuissance face à ses rêves de grandeur, sa soif de rejoindre Dieu, mais au lieu de se désoler et de se lamenter, elle fait grandir sa confiance, son abandon et son amour pour Dieu.

En se fondant sur les écrits des saints du Carmel, le père Marie-Eugène indique que l'oraison est le chemin pour acquérir des vertus : « le débutant doit commencer à faire oraison avant d'acquérir les vertus, et le contemplatif doit pratiquer la vertu pour progresser en sa contemplation ». Ainsi, par la pratique de la pauvreté, de l'humilité et de la charité le pratiquant « attire les effusions de l'amour divin et prépare l'âme à la divine union » (contemplation). Donc, après avoir reçu les bases de ces vertus, le chrétien tâche de ne plus commettre de péché véniel, tout en essayant de mettre en œuvre et faire croître les vertus reçues, et en premier lieu la charité qui se développe et se révèle par des actes.

Le Catéchisme de l'Église catholique conclut son chapitre sur l'oraison en disant que « l'oraison est une communion d'amour porteuse de vie pour la multitude », et le père Marie-Eugène précise longuement dans son ouvrage que les grâces reçues dans le cadre de l'oraison, et l'accroissement de la charité chez le fidèle, ont pour finalité l'apostolat et la sanctification de l'Église « corps du Christ ». Pour sa part, saint Jean-Paul II, dans sa lettre aux chartreux en 1984, leur rappelait que leur vie de prière, d'oraison et de contemplation contribue à l’expansion de l'Église « par une fécondité apostolique cachée ».

Jean-Paul II déclare aux évêques français en 1982 que « sans l'oraison, la vie des baptisés s'essouffle, leur action devient cymbale sonore, et même leur pratique religieuse se dessèche ». Et il ajoute dans Redemptoris missio que le « missionnaire doit être un contemplatif en action ». À sa suite, Benoît XVI, prenant l'exemple de Mère Teresa, affirme « le temps consacré à Dieu dans la prière non seulement ne nuit pas à l'efficacité ni à l'activité de l'amour envers le prochain, mais en est en réalité la source inépuisable ».

Thérèse d'Avila, dans ses écrits, comme Jean de la Croix dans son ouvrage Vive Flamme, indiquent que le niveau d'apostolat, qui progresse suivant l'avancée du fidèle dans les demeures, atteint son paroxysme (« l'apostolat parfait ») lorsque le fidèle entre dans la 6e demeure. Le père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, en conclut que la contemplation est intrinsèquement liée à un apostolat en actionV. Pierre de la Mère de Dieu au XVIIe siècle qui a réfléchi sur le rapport entre contemplation et action dans la spiritualité carmélitaine a déclaré que la contemplation n'obtient pas sa dernière perfection sans l'action. A la même époque, le père Thomas de Jésus soutenait lui aussi qu'une action apostolique forte ne pouvait être soutenue sans un temps de désert et de contemplation important : pour lui « la contemplation et l'action apostolique doivent trouver un équilibre parfait afin que chacune trouve sa perfection ».

Le père Raniero Cantalamessa, lors de sa prédication de l'Avent au Vatican en 2011, a souligné « l’importance de la vie contemplative en vue de l’évangélisation », il ajoute « Il ne suffit pas qu’il y ait dans l’Église des personnes qui se consacrent à la contemplation et d’autres à la mission ; il faut que la synthèse entre les deux choses se fasse dans la vie de chaque missionnaire ». Reprenant les mots de l'encyclique Ad Gentes (1965), il répète que « la vie contemplative, relevant du développement complet de la présence de l’Église, doit être instaurée partout dans les jeunes Églises » car pour lui, la recherche « de nouvelles formes de monachisme [doit se faire] en vue de l’évangélisation ».

L'oraison menant à la contemplation, un jour une religieuse a demandé à saint Jean de la Croix : « Comment entre-t-on en extase ? », celui-ci a alors répondu « En renonçant à sa volonté propre et en faisant celle de Dieu. Car l'extase n'est autre chose pour l'âme que de sortir de soi et d'être ravie en Dieu ; et c'est ce que fait celui qui obéit ; car il sort de soi et de sa volonté propre et, allégé, il s'attache à Dieu ».

Sur le chemin de l'oraison décrit par Thérèse d'Avila, plusieurs difficultés font obstacle au cheminement du fidèle pour ses « progrès de l'âme » :

  • les distractions qui font quitter l'oraison. L'Église invite alors le fidèle à « une prise de conscience humble de sa faiblesse » .
  • l'orgueil de se voir cheminer vers Dieu et de vivre certains « épreuves », le père MarieEugène rappelle le grand besoin d'humilité et de détachement.
  • les « périodes de sécheresses » ou « sécheresses contemplatives », aussi appelées « nuit de la foi » par saint Jean de la Croix et qui sont le signe du passage progressif vers la contemplation, et demandent la persévérance du fidèle.

Pour vaincre ces difficultés, Thérèse d'Avila recommande la patience, la persévérance, l'obéissance (au supérieur du couvent et à la règle monastique) et l'accompagnement par un directeur spirituel.

Au xxe siècle, le père Henri Caffarel, fondateur des Équipes Notre-Dame, voulant initier tous les hommes à l'oraison, publie les Cahiers de l'oraison. Il accueille des retraitants dans sa maison de Troussures dans une école de prière et d'oraison (dont le nom n'est pas sans évoquer les maisons de prière protestantes). Près de 25 000 personnes sont venues participer aux « semaines de prière », une étape importante de la vie spirituelle pour des personnes venues du monde entier. Après la mort du père Caffarel, la maison de Troussures, est devenue le prieuré de Cana, un important centre de retraites spirituelles dépendant de la Communauté Saint-Jean. Ce centre propose néanmoins une retraite par an sur le thème de l'oraison. L'Institut Notre-Dame de Vie, dépendant du Carmel de France (et mis en place par le père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus) centralise aujourd'hui les activités des écoles d'oraison.

Des « écoles d'oraison » existent un peu partout en France et offrent chaque année des cycles de formation à ceux qui le souhaitent.

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