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Connaître l’herméneutique

Publié par Risque Sanitaire France sur 25 Février 2017, 15:45pm

Catégories : #culture de la vitalité

Image du dieu Hermes (source: https://www.dol-celeb.com/wp-content/uploads/2015/04/hermes.jpg)

Image du dieu Hermes (source: https://www.dol-celeb.com/wp-content/uploads/2015/04/hermes.jpg)

Source : wikipedia

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Herm%C3%A9neutique

 

L'herméneutique (du grec hermeneutikè, ἑρμηνευτική [τέχνη], art d'interpréter, hermeneuein signifie d'abord « parler », « s'exprimer » et du nom du dieu grec Hermès, messager des dieux et interprète de leurs ordres) est la théorie de la lecture, de l'explication et de l'interprétation des textes.

L'herméneutique ancienne est formée de deux approches complètement différentes : la logique d'origine aristotélicienne (à partir du Peri hermeneia ou De l'interprétation d'Aristote) d'une part, l'interprétation des textes religieux (orphisme ou exégèse biblique par exemple) et l'hermétisme d'autre part.

L'herméneutique moderne se décline en sous-disciplines :

  • « littéraire » (interprétation des textes littéraires et poétiques),
  • « juridique » (interprétation des sources de la loi),
  • « théologique » (interprétation des textes sacrés ; on parle aussi d'exégèse),
  • « historique » (interprétation des témoignages et des discours sur l'histoire) et
  • « philosophique » (analyse des fondements de l'interprétation en général, et interprétation des textes proprement philosophiques).

On parle d'« herméneutique » pour l'interprétation des textes en général.

L'interprétation des Écritures saintes, qu'il s'agisse de la Bible ou du Coran, est un sujet qui demeure délicat. L'interprétation des symboles religieux et des mythes s'appelle l'herméneutique sacrée (ou herméneutique biblique lorsqu'elle se limite à la Bible, c'est-à-dire aux textes du judaïsme et du christianisme). Elle se révèle nécessaire pour le philosophe et théologien Xavier Tilliette, selon lequel « la Bible est un ouvrage complexe et même scellé. Le Livre des livres est un livre de livres. Il est donc susceptible d'interprétation, il ne va pas sans une herméneutique. […] Il n'y a pas d'acheminement direct à la Bible, il faut toujours une médiation au moins implicite ».

L'interprétation de symboles divinatoires fait également appel à des herméneutes, comme en Chine et au Japon, lors de séances de scapulomancie, de plastromancie, d'achilléomancie ou autres formes de mancies.

L'étude, la traduction et l'interprétation des textes classiques (antiques) naît à la Renaissance : c'est la philologie.

Dans son traité De l'interprétation (Organon II), Aristote (ive siècle av. J.-C) avait défini des règles essentiellement logiques d'interprétation des textes. Il y développe notamment sa théorie du jugement (affirmatif et négatif), de la contradiction et de la contrariété. Son point de départ est l'analyse des éléments sémantiques (la lettre, le nom, le verbe, la proposition). Il aboutit à une métaphysique qui hiérarchise les degrés d'être, après avoir exposé la théorie des « futurs contingents », laquelle influencera les débats médiévaux sur le problème théologique de la prédestination. Ce traité sera abondamment commenté par les philosophes médiévaux (Averroès, Thomas d'Aquin, Jean Duns Scot, Guillaume d'Ockham), et fixera pour longtemps la norme de lecture des textes (philosophiques, mais pas seulement).

Les herméneutes contemporains tels Umberto Eco ou Paul Ricœur se réclament également de la philosophie aristotélicienne, mais davantage de la Poétique et de la Rhétorique que de l'Organon à proprement parler, ce dernier étant plutôt vu comme un prélude à l'élaboration du discours scientifique, que comme un ensemble de traités sur l'interprétation concrète des textes en général.

On peut mesurer ainsi le changement de paradigme de l'époque médiévale à l'époque contemporaine : la logique (l'ancienne herméneutique de l'Organon) a été absorbée par la science (mathématiques, physique) tandis que la philosophie (la nouvelle herméneutique) explore des champs d'interprétation plus larges que les sciences naturelles (poétique, rhétorique, littérature, mais aussi sociologie, psychologie, histoire, anthropologie). L'une des causes principales de ce changement est la naissance des sciences humaines, qui livrent une autre approche du monde que celle de la science et de la métaphysique logicisées.

Néanmoins, certains auteurs de la fin du XXe siècle, comme Paul Feyerabend, soutiennent que le discours scientifique est lui aussi une interprétation du monde, et que son mode de production ne diffère pas de celui des autres discours, littéraires, mythologiques, etc. En ce sens, aucun champ n'échapperait à l'herméneutique, pas même la science prétendument univoque (non sujette aux querelles d'interprétation) et rigoureuse (non affectée par la contingence des images humaines).

La tradition du judaïsme rabbinique connaissait depuis longtemps des règles d'interprétation de la Torah. Hillel Hazaken (ier siècle AEC) avait défini sept règles d'interprétation. Rabbi Ishmaël, développant les sept règles d'Hillel, exposa treize principes.

D'autre part, le judaïsme rabbinique connaissait quatre sens (Pardes) pour interpréter la Bible hébraïque : peshat (évident, littéral), remez (allusif), drash (interprétatif), et sod (secret/mystique). Par exemple, le sens littéral (peshat) s'avérait souvent insuffisant pour comprendre en profondeur le sens des textes sacrés.

La kabbale, dès Éléazar de Worms et Abraham Aboulafia (vers 1290), a développé la science des lettres (hokhmat ha-zeruf) et ses trois procédés pour déchiffrer la Torah.

La gematria dévoile la valeur numérique d'un mot ou d'une phrase pour révéler les équivalences avec les mots ou les phrases d'égale valeur. Selon J. Gikatella (mort en 1325), Echad (Un) vaut 13 (1 + 8 + 4) et, comme tel, il équivaut à Ahabah (Amour) (1 + 5 + 2 + 5).

Le notarikon permet, à partir des lettres d'un mot (initiales, médianes, terminales), de construite des phrases consistant en des mots dont les initiales, mises bout à bout, reconstituent le mot d'origine, et donc en révèlent les significations secrètes. Ainsi, le nom Adam, formé des lettres alef, dalet, mem, renvoie à Adam, David, Messiah (Messie) pour dire qu'Adam engendrera David et de la lignée de David viendra le Messie.

La temura consiste à substituer chaque lettre d'un mot ou d'un groupe de mots à une autre lettre conformément à un système de substitution. Par exemple, Bavel, "Babylone" devient Shéshak dans Jérémie XXV, si la lettre tav (la dernière de l'alphabet) remplace sin (l'avant-dernière) et ainsi de suite.

Dans le judaïsme, la période médiévale a vu le développement de beaucoup de nouvelles catégories d'interprétation rabbinique et d'explication de la Torah, incluant l'émergence de la Kabbale et des écrits de Maïmonide. Les commentaires bibliques et les commentaires du Talmud s'inscrivent dans cette tradition.

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