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Connaître l’inconscient collectif

Publié par Risque Sanitaire France sur 5 Février 2017, 15:08pm

Catégories : #culture de la vitalité

Photo de l'ocean (source: https://i.ytimg.com/vi/Q2-0w0YrsfA/maxresdefault.jpg)

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Source : wikipedia

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Inconscient_collectif

 

L'inconscient collectif est un concept de la psychologie analytique s'attachant à désigner les fonctionnements humains liés à l'imaginaire, communs ou partagés, quels que soient les époques et les lieux, et qui influencent et conditionnent les représentations individuelles et collectives. C’est un principe qui décrit la réalité collective de l’insciencient.

Selon le psychiatre suisse Carl Gustav Jung (1875–1961), créateur du concept, l'inconscient collectif constitue « une condition ou une base de la psyché en soi, condition omniprésente, immuable, identique à elle-même en tous lieux ». Toujours selon lui, « les instincts et les archétypes constituent l'ensemble de l’inconscient collectif. Je l’appelle "collectif" parce que, au contraire de l’inconscient personnel, il n’est pas fait de contenus individuels plus ou moins uniques ne se reproduisant pas, mais de contenus qui sont universels et qui apparaissent régulièrement. »

Jung donne en effet l'épithète de « collectif » à cette partie transpersonnelle de la psyché inconsciente, car ces matériaux se distinguent par leur récurrence d'apparition dans l'histoire humaine et parce qu'ils se manifestent au moyen des archétypes, autre concept central de la psychologie analytique.

Si pour Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, l'inconscient se caractérise avant tout par le fait qu'il naît du refoulement des pulsions, pour Jung, au contraire, l'inconscient est constitué de tout ce qui n'est pas conscient. Selon ce dernier : « Il est inhérent à la réalité et la communication du conscient et de l'inconscient [et] permet le devenir de l'individu. »

L'inconscient collectif et le conscient forment par conséquent, dans cette vision, un « ensemble [qui] constitue la totalité psychique dont nul élément ne peut disparaître sans dommage pour l'individu. » Il aurait par ailleurs une fonction vitale pour l'homme, notamment exerçant une activité compensatrice au Moi. Il serait enfin la source du renouveau de l'être, par la compréhension des rêves et le travail de l'individuation.

Pour Jung, reconnaître l'existence et l'influence de l'inconscient collectif, c'est reconnaître que « nous ne sommes pas d'aujourd'hui ni d'hier ; nous sommes d'un âge immense. »

Selon Carl Gustav Jung, les enfers représentent dans toutes les cultures l'aspect inquiétant de l'inconscient collectif.

L'inconscient collectif selon Jung possède plusieurs propriétés qui en font un concept unique à la psychologie analytique. Tout d'abord, il n'est pas qu'un inconscient passif ; il possède une expressivité créatrice qui a pour but de dialoguer avec le conscient et qui lui donne des qualités proches de celles constitutives d'une personnalité à part entière. Selon Jung l'inconscient n'est pas « une boîte à ordure du conscient mais un système psychique largement autonome dont l'activité compense les erreurs et l'unilatéralité du conscient ». L'inconscient collectif possède également une énergie numineuse, ressentie par le conscient comme étant d'origine sacrée car d'origine libidinale (chez Jung, la « libido » désigne toute énergie psychique). Ainsi, les influences de l'inconscient collectif, lorsqu'elles impriment le conscient, sont à la source des courants de croyances, des expériences religieuses, des visions extatiques mais aussi des arts, de la littérature et des rituels. En ce sens il apparaît comme inconstant pour le sujet alors que, dans sa nature profonde, « il ne se transforme jamais ».

Si l'inconscient personnel est souvent représenté par le dieu Mercure (ou Hermès) dans l'Antiquité ou dans l'alchimie, les processus de l'inconscient collectif, bien que plus rarement représentables, sont souvent imagés par des éléments naturels comme l'océan ou la forêt, mais aussi par l'archétype de la Grande Mère ou de l'âme (ce sont les concepts d'anima ou d'animus, selon le sexe). De plus, les matériaux collectifs sont projetés sur des objets de la réalité. Alors que l'inconscient freudien est une somme de pulsions refoulées, l'inconscient collectif jungien a naturellement tendance à sortir du psychisme pour s'incarner dans des objets extérieurs. Ces matériaux, par essence non représentables (car fusion d'opposés que les catégories de la raison ne peuvent appréhender) accèdent à la conscience par la médiation du symbole. Il existe ainsi un symbolisme inconscient qui ne suppose, chez Jung, ni refoulement ni censure, et que les études de Jean Piaget ont contribué à préciser selon Charles Baudouin.

Enfin, « thésaurus de la mémoire de l'espèce », il possède un « savoir absolu » qui peut contribuer à expliquer la fonction prospective des rêves et certains phénomènes paranormaux comme la télépathie. Ce savoir peut aussi s'exprimer à travers l'art ; les grands écrits de l'humanité sont inspirés par les forces inconscientes qui ont une fonction créatrice, en plus de délivrer un message compensateur à l'attitude sociale dominante.

 

Jung et ses continuateurs considèrent que c'est en 1909, à la suite d'un rêve, que le psychiatre suisse prend conscience d'un inconscient universel, transpersonnel. De retour des États-Unis avec Sigmund Freud, sur le paquebot le ramenant en Europe, Jung rêve en effet d'une maison possédant divers sous-sols et plusieurs étages. L’étage supérieur est meublé dans le style xvIIIe siècle alors que l'étage du dessous est dans le style de l’époque médiévale ; au rez-de-chaussée l'architecture est romaine. Les caves enfin laissent penser à des temps reculés, préhistoriques. Jung y voit un message de l'inconscient, qui, par le langage onirique, l'aide à conceptualiser l'existence d'un réservoir d'expériences humaines en chaque individu. Ce réservoir cumule toutes les époques et mentalités de l'histoire humaine, à la façon de strates géologiques. L'idée jungienne recouvre ainsi, à la fois celle d'un « réceptacle passif » où viennent s'inscrire l'histoire de toutes les réactions humaines et celle d'un « substrat actif », fondement d'où émerge toute réalité et qui tente de communiquer avec le sujet.

Enfin, dès 1918, Jung a le sentiment qu'en Europe des événements graves se préparent. Une série de rêves conduisent Jung à penser que la « bête blonde » (l'Allemagne nazie) s'achemine vers une « psychose totalitaire », unique dans l'histoire. Il parle de « dieux de substitution », le « Führer » ou l'État, qui ont la capacité de faire s'exprimer de manière violente les forces de l'inconscient collectif. Derrière tout totalitarisme en effet, pour Jung, existe un débordement des fantasmes inconscients et collectifs, qui est figuré par le dieu nordique Wotan.

 

Le concept d'inconscient collectif est la pierre de touche de la psychologie analytique jungienne ; selon Luigi Aurigemma « c'est par l'introduction de l'hypothèse d'un inconscient collectif à base d'archétypes que Jung a changé radicalement son image de la structure du psychisme ». En effet, plusieurs notions préexistantes, établies a posteriori par Jung lors de ses recherches, notamment les structures innées (les archétypes) et la participation mystique, mais aussi la fonction du rêve et la méthode d'amplification par la suite, donnent sens au concept, l'ancrant au sein d'un système empirique dans lequel tous les concepts font sens.

Le concept d'« archétype » (« images primordiales » en grec ancien) est premier sur celui d'inconscient collectif. Dans le cours de ses recherches, Jung a en effet d'abord noté la récurrence de motifs ancestraux, partagés (avec des variations) à toutes les époques et dans toutes les civilisations, avant d'imaginer leur contenant, qu'il définit comme « le dépôt constitué par toute l'expérience ancestrale depuis des millions d'années, l'écho des événements de la préhistoire, et chaque siècle y ajoute une quantité infinitésimale de variation et de différenciation ». Avant d'utiliser le terme d'« archétype », Jung utilise celui d'« imago » (ou d'« image inconsciente ») et qui renvoie à la notion de trace mnésique (Erinnerungsspur), inscrite comme mémoire inconscienteJ.

Les archétypes sont par conséquent, au début des travaux de Jung, des centres d'énergie, des formes innées conditionnant l'imaginaire humain, et dont l'ensemble forme l'inconscient collectif, sorte de mémoire universelle des comportements humains. Ces structures sont le support de l'inconscient collectif qui a même selon Jung des fondements phylogénétiques voire biologiques.

La participation mystique désigne ainsi en psychologie analytique le mécanisme qui fait que « l'inconscient est projeté dans l'objet et l'objet introjecté dans le sujet, c'est-à-dire rendu psychologique ». Tout contenu inconscient lorsqu'il est perçu par le conscient a ainsi une valeur quasi magique, surnaturelle. À l'échelle de l'humanité, ce mécanisme peut être considéré comme inconscient et actif, et Jung pense qu'il repose sur la structure innée au niveau de l'individu : l'inconscient collectif, qui est de ce fait une réalité immédiate, évidente et universelle et qui entraîne donc, chaque fois qu'il surgit, une identité inconsciente avec l'objet.

Le phénomène du « transfert psychanalytique », proche de la participation mystique, est celui qui dévoile le mieux l'influence constante de l'inconscient collectif sur le sujet. En effet, le patient transfère sur l'analyste des qualités magiques ou mystérieuses, qui font écho à celles des mythes. S'il est perçu comme bénéfique, le transfert dote l'analyste d'une figure de magicien alors qu'une représentation négative va tendre à le montrer sous les traits d'un criminel démoniaque. Pour Jung, qui a consacré un ouvrage entier sur ce sujet (Psychologie du transfert, 1971), de telles images sont davantage que des souvenirs du vécu ; elles renvoient bien à des mythes que l'individu n'a pas pu consciemment créer.

Tout comme Sigmund Freud, Jung considère que le rêve et le langage onirique est la voie royale vers la compréhension de l'inconscient. Cependant, la conception de l'inconscient de Jung fait qu'il considère les rêves comme des « messagers indispensables qui transmettent les informations de la partie instinctive à la partie rationnelle de l'esprit humain ». Pour représenter cette partie instinctive non rationnelle, Jung prend en compte le rapport de l'inconscient personnel avec les fondements collectifs de l'imaginaire humain. Pour lui, l'inconscient collectif est producteur de sens et compense l'attitude du Moi, afin de maintenir ou de rétablir un équilibre psychique : le « rêve est une autoreprésentation, spontanée et symbolique, de la situation actuelle de l'inconscient » explique-t-il.

Ainsi, l'explication du rêve est complète quand on réussit à indiquer « la distance où se trouve le rêveur par rapport à la réalisation des exigences de l'inconscient collectif. » Connaître l'inconscient collectif et son emprise sur le sujet est, de fait, l'enjeu central de la psychothérapie jungienne. En effet, au cours du traitement, arrive toujours un moment où les imaginations des patients changent de caractère et où l'interprétation ne peut plus se faire (uniquement) sur la base d'éléments personnels refoulés. Il faut alors comparer ces matériaux particuliers sous l'angle collectif afin d'« amplifier » l'interprétation. Ce « déplacement sur le plan mythique » caractérise l'approche jungienne : « les rapprochements entre les motifs oniriques types et des thèmes mythologiques permettent de supposer (...) que la pensée onirique est une forme phylogénétique antérieure de notre pensée ».

L'inconscient collectif est, selon Jung, comme un champ ou un réseau dont tous les points sont reliés, c'est-à-dire que les archétypes et les instincts sont tous, selon ses termes, « contaminés » : un mythe possède ainsi des éléments de motif (ou « mythologèmes ») appartenant à d'autres mythes proches, ce qui forme une trame dense où chaque symbole conditionne les autres. Les images mythiques sont sous forme de chaîne multidimensionnelle, possédant une fréquence et un rythme d'apparition propres, mises en évidence par Marie-Louise von Franz, qui reprend les travaux de Jung à sa mort, et qui explique que la métamorphose des motifs mythiques à travers les périodes historiques a une origine inconsciente. Elle résume ainsi sa thèse : « Ma propre hypothèse est que les formes les plus originales de contes folkloriques sont probablement les sagas locales, les récits para psychologiques ou les histoires miraculeuses provoquées par des invasions de l'inconscient collectif sous la forme d'hallucinations à l'état de veille ». L'« amplification » est le moyen utilisé par Jung pour démontrer la validité du concept d'inconscient collectif, en effet : « Dans la mesure où elle rassemble des parallèles provenant de sources variées, l'amplification semblait être un moyen approprié de mise en évidence de l'inconscient collectif ».

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