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Connaître l’intelligence collective

Publié par Risque Sanitaire France sur 8 Février 2017, 21:01pm

Catégories : #culture de la vitalité

Photo d'une fourmie (source: http://www.lesacdemamie.fr/wp-content/uploads/2013/07/fourmis-folles-envahissent-texas.jpg)

Photo d'une fourmie (source: http://www.lesacdemamie.fr/wp-content/uploads/2013/07/fourmis-folles-envahissent-texas.jpg)

Source : wikipedia

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligence_collective

 

L'intelligence collective désigne les capacités cognitives d'une communauté résultant des interactions multiples entre ses membres (ou agents). La connaissance des membres de la communauté est limitée à une perception partielle de l'environnement, ils n'ont pas conscience de la totalité des éléments qui influencent le groupe. Des agents au comportement très simple peuvent ainsi accomplir des tâches apparemment très complexes grâce à un mécanisme fondamental appelé synergie ou stigmergie.

Les formes d'intelligence collective sont très diverses selon les types de communauté et les membres qu'elles réunissent. Les systèmes collectifs sont en effet plus ou moins sophistiqués. Les sociétés humaines en particulier n'obéissent pas à des règles aussi mécaniques que d'autres systèmes naturels, par exemple les colonies d'insectes [réf. souhaitée]. Les caractéristiques de l'intelligence collective sont, pour les plus simples d'entre elles:

Une information locale et limitée : chaque individu ne possède qu'une connaissance partielle de l'environnement et n'a pas conscience de la totalité des éléments qui influencent le groupe.

Un ensemble de règles simples : chaque individu obéit à un ensemble restreint de règles simples par rapport au comportement du système global.

Des interactions sociales multiples : chaque individu est en relation avec un ou plusieurs autres individus du groupe.

Une structure émergente utile à la collectivité : chaque individu trouve un bénéfice à collaborer (parfois instinctivement) et sa propre performance au sein du groupe est meilleure que s'il était isolé.

Pour Pierre Lévy, auteur de l'Intelligence collective - Pour une anthropologie du cyberespace, il s’agit d'une « intelligence partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel, qui aboutit à une mobilisation effective des compétences ».

Selon l'économiste et artiste François Jortay l'intelligence collective est largement fondée sur un phénomène social d'auto-organisation, lequel repose sur le phénomène physique de structure dissipative. L'intérêt de l'intelligence collective réside notamment dans le phénomène d'émergence. Selon cet auteur, le développement d'une intelligence collective soutenue par des outils d'intelligence artificielle conduira inéluctablement à l'avènement de la démocratie directe.

L'intelligence collective dans une société humaine provient d'interactions plus complexes répondant à diverses conditions citées ci-après.

Une communauté d'intérêt

Une libre appartenance :

  • Une adhésion fondée sur des buts communs.
  • Une confiance mutuelle entre les membres.

Une structure horizontale :

  • Des règles (tacites ou explicites) identiques pour tous les membres.
  • Une organisation dynamique : la répartition des rôles est fondée sur le volontariat et la complémentarité des compétences.

Une gestion collective :

  • Autonomie des membres : chacun est responsable de sa propre action.
  • Les décisions stratégiques sont basées sur le vote ou sur le consensus.

Un espace collaboratif

Des outils de coopération :

  • Un réseau de communication permettant l'interaction entre tous les membres.
  • Des interfaces facilitant la coordination des actions : procédures, normes, standards.

Un système d'information :

  • Un accès total et en temps réel à l'information pour l'ensemble de la communauté.
  • Une vue synthétique et contextuelle de la situation pour chaque membre.

Un processus d'apprentissage :

  • Un système de régulation : évaluation, contrôle, optimisation, correction des erreurs.
  • Constitution d'un corpus de connaissances : archivage, indexation de l'information.
  • Partage d'expériences et de pratiques, émergence d'une conscience commune.

Lorsque la communauté d'intérêt est constituée par toute la population mondiale, comme c'est le cas sur des questions globales comme le réchauffement climatique, la paix dans le monde, il y a lieu de mettre en place des mécanismes de régulation. C'est l'objectif poursuivi lors des sommets de la Terre ou d'autres réunions du même genre par les organisations participantes (ONU, Unesco, etc.).

L'espace collaboratif est ici constitué par la toile mondiale. Mais, si l'on recherche un développement équitable, il ne faut pas surestimer ses possibilités en raison du biais introduit par les écarts d'équipement entre les pays les plus développés et les moins avancés, qui apparaît clairement sur une carte faisant apparaître le nombre d'internautes par millier d'habitants dans le monde (voir article Internet). L'intelligence collective sur Internet est ainsi limitée par le moindre équipement Internet des pays les moins avancés.

Lorsque la communauté d'intérêt se limite à une organisation, typiquement une entreprise, une collectivité locale, ou une association, la création d'une intelligence collective passe par la mise en place d'une veille stratégique. L'intelligence collective peut être aussi vue comme un état d'esprit que l'on peut retrouver dans la façon de conduire les projets ou mettre en réflexion l'organisation sur son propre fonctionnement. Cet état d'esprit s'appuiera sur des principes de fonctionnement qui autorise sa mise en œuvre. Ce changement d'état d'esprit passe avant l'utilisation d'outils de facilitation ou d'outils informatique qui ne peuvent être qu'au service du processus.

S'agissant des outils, l'organisation s'appuiera sur un intranet (limité au personnel interne de l'organisation), un extranet (lorsque l'on souhaite étendre la communauté aux parties prenantes), un réseau social d'entreprise (pour une communication interne ou étendue) ou des outils permettant une participation plus active des personnes du réseau (logiciels de groupe, outils de gestion des connaissances, wikis, etc.).

De nombreux cas de défaillances sont connus en ce domaine. Par exemple :

  • les décisions de groupe, où les membres n'osent pas dire ce qu'ils pensent ;
  • l'acceptation passive d'un état de fait dont l'individu se doute qu'il mène à une catastrophe (ex : navette spatiale Challenger) ;
  • les discussions sur les choix et les conséquences des décisions souvent confuses et ne menant à rien ;
  • l'avis des experts sans conséquence face à l'opinion d'un groupe dont les individus se trompent ;
  • ou au contraire les participants acceptant sans réflexion l'avis d'experts ;
  • les votes démocratiques qui portent un dictateur à la tête de l'État ;
  • les représentations collectives qui norment les comportements au détriment d'une classe ou d'une autre (conduisant par exemple à un taux de suicide très élevé chez les femmes en Chine).

L'intelligence collective est ainsi limitée par des effets de groupe (conformisme, crainte, fermeture, absence de procédure, homogénéité idéologique), au point que l'individu seul peut parfaitement être plus intelligent que tout un groupe car, il conserve mieux sa pensée critique seul que sous l'influence du groupe. À noter d'ailleurs que la notion d'intelligence s'applique aux facultés cognitives, voire émotionnelles, d'un individu. L'application de cette notion à un groupe ne peut avoir le même sens, car il est impossible de dire où émergeraient des facultés de représentation, de création et d'apprentissage supérieures à celles des individus isolés. Selon Christian Morel, il est ainsi, en général, impossible à un groupe de rédiger un « document d'information clair et pertinent » (in Prend-on de meilleures décisions à plusieurs ?, Sciences humaines, mars 2006), ce qui exprimerait le fait que la notion de représentation collective est vague, voire inconsistante.

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