Comprendre les risques sanitaires

Comprendre les risques sanitaires

Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Savoir définir l’archétype en psychologie

Publié par Risque Sanitaire France sur 5 Février 2017, 15:15pm

Catégories : #culture de la vitalité

Image d'une représentation de gaia (source: http://www.emse.fr/~bouchardon/images_site/gaia/gaia%20foruns%20terravista.jpg)

Image d'une représentation de gaia (source: http://www.emse.fr/~bouchardon/images_site/gaia/gaia%20foruns%20terravista.jpg)

Source : wikipedia

Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Arch%C3%A9type_(psychologie_analytique)

 

L'archétype (prononcé [aʁketip]) est un concept appartenant à la psychologie analytique élaborée par le psychiatre suisse Carl Gustav Jung (1875 - 1961) qui le définit par la tendance humaine à utiliser une même « forme de représentation donnée a priori » renfermant un thème universel structurant la psyché, commun à toutes les cultures mais figuré sous des formes symboliques diverses.

L'archétype est pour la psychologie jungienne un processus psychique fondateur des cultures humaines car il exprime les modèles élémentaires de comportements et de représentations issus de l'expérience humaine à toutes les époques de l'histoire, en lien avec un autre concept jungien, celui d'inconscient collectif.

Les archétypes apparaissent dans les mythes, mais aussi dans les rêves ; ils y forment des catégories symboliques structurant les cultures et mentalités, et orientant le sujet vers son évolution intérieure, nommée individuation dans la psychologie de Jung. Pour ce dernier, les archétypes sont caractérisés fondamentalement par le fait qu'ils unissent un symbole avec une émotion, ce faisant, ils sont des « potentiels d'énergie psychique » constitutifs de toute activité humaine et orientant la libido. Les archétypes incarnent ainsi, dans l’espace mental, des dépôts permanents d’expériences continuellement répétées au cours des générations.

Si Jung et ses continuateurs ont toujours évoqué l'archétype comme une hypothèse à propos de la structure profonde du psychisme, ils en ont cependant fait un pivot de la psychologie analytique très polémique, corollaire du concept également controversé d'inconscient collectif. Pourtant Jung n'est pas le premier à évoquer la possibilité d'existence d'« images primordiales » conditionnant l'imaginaire et la représentation ; avant lui en effet de nombreux philosophes en ont postulé l'influence sur la nature humaine. Enfin, le concept a connu, après Jung et jusqu'à des théories scientifiques modernes, une renaissance qui en fait une théorie qui reste d'actualité.

Au fur et à mesure de ses travaux sur la psyché humaine et ses manifestations, Jung en est venu à distinguer un certain nombre de ces « grandes images », revenant régulièrement dans l'histoire de l'humanité, qu'il classe en deux catégories : les « archétypes trans-personnels », représentant des qualités émanant de la culture et du collectif, et les « archétypes personnels », prenant la forme de ce que le psychiatre suisse nomme les « personnages » (la tendance masculine ou Animus et féminine ou Anima, l'Ombre, la Persona) ayant une fonction au sein de la dynamique psychique du sujet.

L'imaginaire humain est donc formé d'un ensemble non défini en nombre d'archétypes : « Un archétype s'inscrit toujours dans une trame factice, avec des représentations à double emploi. L'archétype s'inscrit dans une trame de représentations apparentées entre elles, conduisant toujours à d'autres images archétypiques et se chevauchant constamment les unes les autres, et dont l'ensemble forme le singulier tapis de la vie ». Jung a produit une méthode unique d'analyse de ces archétypes, fondée sur les réseaux symboliques dans lesquels les archétypes évoluent de tous temps : la « méthode des amplifications » au sein de laquelle les archétypes sont, selon les mots de Charles Baudouin, des « constantes de l'imagination ».

Représentant des thèmes universels, à la source de toute interrogation humaine sur son devenir ou sa nature, tous les archétypes forment en effet un « champ de significations » (un peu comme les électrons existent au sein d'un champ physique) regroupant la totalité des représentations humaines. Les symboles archétypiques sont ainsi corrélés les uns aux autres, dans une certaine mesure, et en fonction de la culture de référence, de l'époque également (sachant que certaines problématiques ou crises psychiques collectives peuvent en altérer la perception commune). Jung les dit « contaminés » les uns aux autres. La « loi de contamination » est le concept au moyen duquel Jung décrit cette réalité, impossible à schématiser tant les archétypes sont fusionnés et tant l'espace imaginaire humain est étendu. Ils forment un ensemble idéel aux limites indéfinies, structurant et bornant la conscience humaine, les thèmes se faisant mutuellement écho, et reposant sur cette loi de contamination que Marie-Louise Von Franz, continuatrice officielle de Jung, a décrite davantage, en étudiant notamment les contes de fées, dans lesquels ils réapparaissent de manière régulière et semblant même en influencer la structure narrativenote. La simplicité des contes de fées permet en effet selon elle d'accéder plus aisément à ces structures de base de la psyché.

Enfin, Jung postule que la vraie essence de l'archétype est transcendante : la conscience et son système perceptif ne peut la connaître. En soi, l'archétype est selon ses mots « psychoïde » c'est-à-dire qu'il transgresse la réalité psychique, évoluant dans sa forme inconsciente et indéterminée, dans un non-lieu où existe et règne la synchronicité. Michel Cazenave admet ainsi la polysémie du concept, « à la fois matrice d'images dans le champ de l'inconscient, condition de possibilité par rapport à l'expérience, structure métaphysique dans le royaume réel de l'âme » enfin.

L'« Arbre de la Vie » est un archétype présent dans la plupart des cultures. Il figure principalement le développement naturel et harmonieux de la personnalité. Les monstres représentent souvent des fusions d'opposés, symboles d'un contenu archétypique. Hermès, archétype de l'inconscient. Son caducée représente l'énergie du conscient et celle de l'inconscient s'entrecroisant, à la source de tout remède (le pharmakon)

Bien que Jung postule toute sa théorie sur l'archétype, qui structure la psyché de l'homme, ce dernier n'est pas, finalement, la cause de toute organisation psychique, contrairement à l'idée répandue. Il explique ainsi : « Il me faut ici préciser les rapports entre les archétypes et les instincts. Ce que nous appelons « instinct » est une pulsion physiologique, perçue par les sens. Mais ces instincts se manifestent aussi par des fantasmes, et souvent ils révèlent leur présence uniquement par des images symboliques. Ce sont ces manifestations que j'appelle des archétypes. Leur origine n'est pas connue. Ils réapparaissent à toute époque et partout dans le monde, même là où il n'est pas possible d'expliquer leur présence par des transmissions de générations en générations, ni par des fécondations croisées résultant de migrations. ». Jung pose l'hypothèse que ces images primordiales sont « comme l'intuition qu'a l'instinct de lui-même ».

L'instinct est donc à la source de toute conscience et de toute inconscience, de toute « réalité de l'âme » (Wirklichkeit der Seele) selon les mots de Carl Gustav Jung. Les instincts forment en quelque sorte le contenu ou le thème (mot que reprend souvent, de manière synonyme le psychiatre suisse) de l'archétype, au-delà de sa forme symbolique car ils puisent leur énergie dans l'inconscient collectif. Une erreur est selon Jung de croire qu'archétypes et instincts sont le même phénomène ; ils sont ainsi souvent confondus en dépit de ressemblances essentielles. Jung note en effet que « les structures archétypes ne sont pas des formes statiques. Ce sont des éléments dynamiques, qui se manifestent par des impulsions tout aussi spontanément que les instincts. » Jung cite ainsi, à titre d'exemple, l'instinct de parenté comme le noyau de l'archétype de l'inceste. L'instinct sexuel lui forme le cœur de l'archétype du couple anima-animus alors que, sur un autre registre l'instinct religieux (la Foi) donne vie à l'archétype du Soi.

Pour Jung, les archétypes sont des réalités en soi, des dynamiques de l'inconscient pour lesquelles on peut y voir une certaine intentionnalité (une certaine volonté, à l'image de celle du Moi). Néanmoins, Jung refuse de les personnifier et explique qu'il s'agit bien plus d'une analogie : il existe, à côté de la conscience, des instances psychiques douées d'une certaine volition, bien que moins différenciées que celle de la conscience civilisatrice : « Les archétypes sont donc doués d'une initiative propre et d'une énergie spécifique. Ils peuvent aussi, à la fois, fournir dans la forme symbolique qui leur est propre, une interprétation chargée de sens, et intervenir dans une situation donnée avec leurs propres impulsions et leurs propres pensées. À cet égard, ils fonctionnent comme des complexes. Ils vont et viennent à leur guise, et souvent, ils s'opposent à nos intentions conscientes ou les modifient de la façon la plus embarrassante. On peut percevoir l'énergie spécifique des archétypes lorsque l'on a l'occasion d'apprécier la fascination qu'ils exercent. Ils semblent jeter un sort. ».

Jung cite ainsi, comme archétypes récurrents dans ses recherches :

  • le Soi : archétype de la Totalité » ;
  • le Soleil comme « l’image du dieu » ;
  • l'Enfant-divin : l’enfant intérieur, le Fripon divin ou trickster, sorte de génie malicieux ;
  • mère nature : archétype de la Grande Mère ;
  • l'Ombre (la part inconnue de nous-mêmes) ;
  • l'Anima (la part féminine de l'homme) et l'Animus (la part masculine de la femme) ;
  • l'Arbre de Vie : le développement de la vie ;
  • l'Androgyne : représentant la conjonction d'opposés ;
  • l'archétype de l'Inceste et du complexe d'Œdipe entre autres : les liens familiaux.

Jung pense également que tous les systèmes de pensée mais aussi les découvertes scientifiques sont sous l'influence des tendances archétypiques. Ainsi, dans Psychologie de l'inconscient, Jung prend l'exemple du médecin Julius Robert von Mayer, qui au xixe siècle formule la loi de la conservation de l'énergie qui selon lui en a eu l'intuition grâce à une vision archétypique68. Jung cite par ailleurs les visions de grands scientifiques, à l'origine de découvertes révolutionnaires, comme Friedrich August Kekulé pour la formule chimique du benzène, Dmitri Mendeleïev pour le tableau périodique des éléments ou encore Wolfgang Pauli pour la structure atomique.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents