Comprendre les risques sanitaires

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Savoir que les écosystèmes les plus stables ne sont pas nécessairement les plus vigoureux ou les plus sains

Publié par Risque Sanitaire France sur 28 Février 2017, 22:22pm

Catégories : #culture de la vitalité

Photo d'une plaine (source: http://pic.templetons.com/brad/photo/death-valley/carrizo/IMG_1292.JPG)

Photo d'une plaine (source: http://pic.templetons.com/brad/photo/death-valley/carrizo/IMG_1292.JPG)

Source : extraits du livre « environnement et santé publique, fondements et pratiques », de Michel Guérin, Pierre Gosselin, Sylvaine Cordier, Claude Viau, Philippe Quénel et Eric Dewailly

 

L’une des caractéristiques prévalent de la nature est la turbulence. Les écosystèmes les plus stables ne sont pas nécessairement les plus vigoureux ou les plus sains. Plusieurs types d’écosystèmes tirent leur robustesse de l’effet vivificateur des perturbations périodiques. Nous savons maintenant par exemples que les feux de forêt, en Amérique du Nord tout au moins, sont nécessaires à long terme au maintien de la santé des écosystèmes sylvestres. La santé d’un écosystème pourrait fort bien se mesurer à la vigueur de sa reprise à la suite d’une telle perturbation.

Par contre, pour une collectivité qui tire sa subsistance des ressources forestières, un tel évènement risque fort d’être catastrophique, à moins d’être incorporé à un plan de gestion des ressources à plus long terme. C’est pour cette raison que, en règle générale, la société ne juge pas que de telles perturbations soient souhaitables au sein d’écosystèmes « bien gérés », et que les gestionnaires cherchent à tout prix à les éliminer pour augmenter la stabilité du système.

Il est probable qu’à mesure qu’on tente d’intervenir pour maintenir ou améliorer la productivité d’un écosystème donné par l’usage d’intrants externes (travaux d’irrigation ou de drainage, utilisation de fertilisants et de pesticides, retenue des cours d’eau, réclamation des terres), on diminue sa capacité intrinsèque de reprise. Plus on cherche à compenser cette diminution de capacité en augmentant l’apport d’intrants et en effectuant une gestion des ressources plus énergique, plus on fragilise l’écosystème. En règle générale, de tels écosystèmes peuvent rester productifs à court terme grâce à l’intervention humaine qui compense une perte d’élasticité ou une détérioration de l’environnement par l’addition d’intrants (par exemple, dans le cas d’agro-écosystèmes intensifs : utilisation de fertilisants chimiques et de pesticides). Ils peuvent être extrêmement vulnérables, par contre, aux perturbations naturelles ou à celles qui découlent d’une demande accrue de productivité ou de la pression démographique.

Il se pourrait finalement qu’une gestion éclairée des ressources des écosystèmes doive prendre la forme d’une meilleure gestion de l’activité humaine plutôt que de celle des composantes de l’environnement biophysique. La gestion des ressources de l’écosystème doit donc être un ensemble bien intégré de méthodes de gestion et de politiques qui font le lien entre les êtres humains et l’environnement dont ils font partie. Ceci est très important, car l’humain assure sa dominance sur l’écosystème par un comportement intentionnel. Ce comportement est moins prévisible que celui des autres organismes constituant l’écosystème, car l’humain est capable d’agir malicieusement ou de manière intéressée. Son but ne coïncide pas toujours avec les besoins de l’écosystème qu’il domine, et par là même l’humain provoque involontairement l’instabilité de l’écosystème dont il dépend.

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