Comprendre les risques sanitaires

Comprendre les risques sanitaires

Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Comprendre le risque sanitaire lié aux ampoules à LED (diodes électroluminescentes)

Publié par Risque Sanitaire France sur 4 Mars 2017, 14:46pm

Catégories : #risques sanitaires

Photo de LED (source: http://www.sbfisica.org.br/v1/images/stories/noticias/outubro2014/destaque-09102014.jpg)

Photo de LED (source: http://www.sbfisica.org.br/v1/images/stories/noticias/outubro2014/destaque-09102014.jpg)

Source : extrait du texte « La santé de nos yeux et les ampoules à LED », de Alicia Torriglia

 

De nombreuses études ont mis en évidence le rôle de la lumière comme un facteur potentiellement délétère pour la rétine humaine et la vision. Ainsi, l’exposition intense au soleil, comme c’est la cas pour les marins et les guides de haute montagne, augmente le risque de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Cette maladie, qui apparaît à partir de 65 ans, affecte la vision centrale, altérant la vision des détails et la lecture.

La directive européenne pour l’écologie (2005/32/CE) a accéléré le remplacement des ampoules incandescentes par des ampoules fluo-compactes ou par des LED, afin d’améliorer les performances énergétiques de l’éclairage. Il a été calculé que cette mesure entraînera une réduction de CO2 ce qui du point de vue écologique est important.

Cependant, les risques potentiels représentés par ces nouvelles sources lumineuses, en particulier les LED, nécessitent des investigations supplémentaires. Ces dispositifs présentent une forte luminance et contiennent une proportion importante de lumière bleue. En effet, la production de lumière blanche par les LED résulte de la combinaison d’une lumière bleue (produite par la diode elle-même) avec un photophore jaune (qui la recouvre). Or, tandis que les UVA sont absorbés par la cornée et le cristallin, la lumière bleue très énergétique, a le pouvoir d’atteindre la rétine. Cela pose la question de la nocivité des LED pour la fonction visuelle.

Dans un article, nous avons exposé des rats à la lumière des LED. Les dispositifs d’éclairage utilisés ont été construits et caractérisés par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) en utilisant des ampoules acquises dans le commerce et à disposition du grand public. Après exposition à ces LED, l’examen oculaire effectué par un vétérinaire ophtalmologiste n’a décelé aucune altération rétinienne visible, selon les critères reconnus pour la mise en évidence d’une toxicité de la lumière (blanchiment rétinien). Ceci est d’une grande importance car selon les critères existants, l’éclairement auquel nous avons soumis nos rats n’est pas délétère pour la rétine.

Or, cette évaluation ne permet pas de déceler les lésions microscopiques de la rétine qui peuvent, néanmoins, engendrer des dommages irréversibles. De ce fait, nous avons effectués des analyses plus poussées des rétines par des méthodes histologiques et biochimiques. Elles ont révélé des altérations multiples atteignant à la fois les protéines, les lipides et les acides nucléiques des cellules rétiniennes (stress oxydant). Cela induit des réactions de défense de la rétine (gliose, inflammation) ainsi que la mort des cellules de la vision : les photorécepteurs.

Le fait que l’exposition à une lumière entraîne la mort des photorécepteurs n’est pas en soi une nouveauté, puisque les scientifiques utilisent ce modèle depuis longtemps pour décortiquer les mécanismes de mort cellulaire dans la rétine. Ce qui est en revanche surprenant après exposition aux LED, c’est le type de mort cellulaire que nous avons identifié. En effet, au lieu d’induire la mort des photorécepteurs par apoptose – qui est une forme de mort cellulaire propre et contrôlée dans laquelle la cellule concernée disparaît sans laisser de traces et laisse les cellules voisines indemnes – nous avons mis en évidence une autre forme de mort cellulaire : la nécrose. Celle-ci se produit lorsque le stress est trop intense et que la cellule perd tout contrôle et explose littéralement. Ceci entraîne non seulement sa propre mort, mais également des lésions avoisinantes étendues.

Dans une autre étude, conduite à la fois sur des animaux albinos et pigmentés, nous avons comparés les dommages induits par les LED à ceux induits par des tubes fluorescents et des ampoules fluo-compactes, utilisées à des luminances équivalentes. Les altérations produites par les LED (glioses, inflammation et mort des photorécepteurs) sont toujours plus importantes. Les animaux pigmentés sont généralement mieux protégés de l’agression de la lumière que les albinos, grâce précisément à la présence des pigements. Lors de l’exposition aux LED, la présence de pigments est insuffisante pour protéger la rétine qui est quand même touchée.

Dans les deux études citées, la responsabilité de la composante bleue de la lumière LED aux dommages constatés est clairement démontrée.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents