Comprendre les risques sanitaires

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Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


Connaître des indicateurs de durabilité de l’écosystème

Publié par Risque Sanitaire France sur 4 Mars 2017, 14:51pm

Catégories : #culture de la vitalité

Photo d'une cellule cancéreuse (source: http://www.revuedesante.com/photo/article/articleg/559.jpg)

Photo d'une cellule cancéreuse (source: http://www.revuedesante.com/photo/article/articleg/559.jpg)

Source : extraits du livre « Environnement et santé publique, fondements et pratiques », de Michel Guérin, Pierre Gosselin, Sylvaine Cordier, Claude Viau, Philippe Quénel et Eric Dewailly

 

La durabilité d’un écosystème doit se mesurer par rapport à sa capacité de préserver à la fois structure et fonction en d’autres termes, son degré d’organisation et sa vigueur) face à des agressions extérieures, et ceci dans le temps (son élasticité). La notion même de durabilité introduit par définition une composante temporelle. Un système durable est un système qui perdure pendant une espérance de vie intrinsèque normale.

Il y a deux facteurs importants à considérer lorsque l’on évalue la durabilité d’un écosystème : l’ampleur des agressions extérieures dont il peut naturellement se remettre et la durée de la période nécessaire pour cette récupération. Un écosystème incapable de se remettre d’une agression donnée éprouve un syndrome de détresse, soit un processus irréversible d’effondrement menant à sa disparition prématurée. Les symptômes de ce syndrome de détresse peuvent être mesurés par des indicateurs comme la réduction de la biodiversité, la perte de nutriments, des changements dans la composition biotique, etc.

On peut considérer qu’un écosystème qui ne présente aucun des signes normalement associés au syndrome de détresse est en santé. Malheureusement, les résultats de cet ensemble de mesures indiquent qu’un écosystème n’est affecté négativement qu’au moment où des dommages ou des altérations importantes sont survenus. Il est alors habituellement trop tard pour intervenir efficacement afin de maintenir l’écosystème à l’intérieur de paramètres de fonctionnement optimaux. Les indicateurs de syndrome de détresse ne sont pas appropriés pour détecter les problèmes de santé des écosystèmes dès le début, lorsqu’il est en principe encore possible d’agir. Les indicateurs précoces pourraient être des différences dans le temps du comportement des organismes, des changements au sein d’espèces clés de l’écosystème, ainsi que des changements biochimiques chez certains organismes sensibles au stress toxique.

Sur ce dernier sujet, des travaux récents ont été publiés sur le grand potentiel que revêt la mesure de la contamination chimique de l’eau par des méthodes biologiques simples à la portée des collectivités humaines au sein même des écosystèmes. Cet outil peut constituer un élément important dans l’établissement d’un diagnostic de la qualité de la santé de l’écosystème. Il ne permet pas cependant de reconnaître les causes de la détérioration du milieu ni de mesurer directement les impacts sur la santé humaine. A cette fin, des études plus approfondies seront requises. Cependant, l’information recueillie par les communautés avec cet outil leur permettront d’initier de telles études en collaboration avec les autorités et les experts scientifiques.

Afin de conclure qu’un système est sain, on doit considérer deux niveaux. Tout d’abord, il faut prendre en considération le contexte dans lequel il existe (autrement dit, les caractéristiques de l’holarchie dont il fait partie), particulièrement en relation avec sa complexité. Deuxièmement, il faut examiner les différentes composantes du système, car ces dernières seront souvent celles qui serviront d’indicateurs de la santé des écosystèmes. Il s’agit d’une part des mesures des propriétés d’un écosystème et, de l’autre, de la mesure des processus inhérents à celui-ci. Dans ce dernier cas, on s’attarde à mesurer des critères de production primaire, de circulation d’énergie et de taux d’utilisation des nutriments. Comme on s’en doute, ces mesures sont complexes, longues et coûteuses. Elles ont aussi le désavantage de ne pas fournir beaucoup de points d’attache pour la mesure de la santé humaine.

Par contre, la mesure des propriétés d’un écosystème est beaucoup plus attirante dans le contexte qui nous intéresse. Ces indicateurs sont souvent associés à ce que d’aucuns appellent les services écosystémiques. Il s’agit des propriétés inhérentes aux écosystèmes qui, tout en n’étant tributaires d’aucune intervention humaine (ou minimale), sont essentielles à la vie même des êtres humains : transformation de l’énergie solaire, décomposition des déchets organiques, régénération de l’air, entreposage et purification de l’eau. En fait, plusieurs des propriétés des écosystèmes ont des attributs qui permettent de les relier directement à la santé humaine. En effet, toute agression de l’écosystème qui détériore ces services écosystémiques, a le potentiel d’influencer la santé humaine. Pour évaluer la gravité de cette influence, on a recours à l’évaluation du risque.

L’évaluation du risque exige tout d’abord qu’on estime la probabilité que l’agression puisse entraîner une conséquence. Si cette probabilité est importante, on évalue alors la gravité de cette conséquence pour l’écosystème, pour les humains, etc. Evidemment, la précision de cette évaluation du risque repose sur la qualité de l’information utilisée pour quantifier la probabilité et la gravité des conséquences à plusieurs niveaux d’organisation de l’écosystème. C’est donc dire l’importance de l’interdisciplinarité dans l’évaluation du risque. On doit tout d’abord déceler l’élément de risque, en décrire les effets potentiels sur les différentes composantes de l’écosystème (incluant l’être humain), mesure les paramètres d’exposition à cet élément de risque, et finalement, utiliser cette information pour caractériser le risque.

Une approche de la santé des écosystèmes qui est basée sur l’analyse du risque repose par définition sur un contexte d’objectifs sociétaux. SI la probabilité de l’apparition de la conséquence est relativement objective et basée sur la somme des connaissances scientifiques du moment, l’estimation de la gravité, quant à elle, est beaucoup plus subjective. En effet, elle se base sur les concessions que les communautés sont prêtes à faire relativement à un niveau de développement donné. On voit tout de suite que l’estimation de la gravité des conséquences pourra varier considérablement selon les aspirations, la culture ou les besoins des populations concernées, mais qu’elle dépendra aussi de l’échelle de temps qui sous-tend les effets de l’agression.

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