Comprendre les risques sanitaires

Comprendre les risques sanitaires

Aide à l'anticipation face à l'incertitude des risques sanitaires avec Risque Sanitaire France


B - Vision du monde et pensée écosystémique

Publié par Risque Sanitaire France

Photo de Myprovence festival (source Fubiz)

Photo de Myprovence festival (source Fubiz)

Assistons-nous à la naissance d’un nouveau prolétariat dans notre société du risque au XXIeme siècle ? un prolétariat du risque, économique et sociale, où les plus pauvres occupent des emplois exposés aux dangers, mal payés et sans stabilité, vivant dans des zones précaires, insécures et comprenant de nombreuses nuisances et toxiques. Une population en mal de vivre, faible, en quête de sens et d’amour, à la recherche de repère, de leur racine et de la vérité, séduite par des discours obscurs, violents et agressifs. Une population instrumentalisée par l’accroissement du pouvoir de la science, les idéologies de guerre et de lutte, la soumission politique aux lois de l’argent et par des orateurs trompeurs parlant avec conviction et émotion de leur périodes douloureuses de leur vie. 

Ce que nous entendons n’est qu’une opinion ; non un fait. Ce que nous voyons n’est qu’une perspective ; non une vérité.

Marc Aurèle

Développons notre capacité à inspirer les autres.

Le contexte environnemental des hommes a changé: les risques sanitaires ne sont plus tant ceux créés par les concentrations importantes de pollution sur une courte période que par les expositions prolongées à de faibles doses de multiples polluants. Face à ces pollutions multiples environnementales, il est nécessaire de comprendre que chacun est à la fois contributeur du risque et exposé au risque, que l'environnement est facteur de risque et source de protection, et que la société engendre ses propres risques. Une pédagogie du risque doit être mise en place pour faire émerger une prise de conscience par la population.

Le système de soins compte pour 20 % sur l’état de santé d’une population. Les 80 % restant se jouent hors du système de soins. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime entre 15 et 20% les pertes de santé liées à l'environnement.

La santé est influencée par des facteurs et déterminants psychologiques, sociologiques, sociaux, environnementaux, économiques, génétiques et de qualité des soins.

Nous sommes en train de glisser d’un système de santé centré sur les maladies et le curatif (qui représente encore 95% des dépenses de santé dans la plupart des pays développés), vers un système qui devra se recentrer vers la promotion de la santé et la prévention des maladies.

On passe d’une pratique de surveillance individuelle à une surveillance globale et un suivi individualisé.

 

Les sociétés modernes vivent actuellement une transition épidémiologique. Cette période est caractérisée par une amélioration de l'hygiène, de l'alimentation, de l’organisation des services de soins, ainsi que par l'augmentation de l'espérance de vie et par une transformation des causes de décès: les maladies infectieuses disparaissant progressivement au profit des maladies chroniques et dégénératives. Les maladies prioritaires à fort impact sur la santé sont: les cancers, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires et les maladies neurologiques.

Les maladies chroniques sont essentiellement déterminées par deux dimensions:

- le génome: l'ensemble du matériel génétique d'un individu;

- l'exposome: la totalité des expositions à des facteurs environnementaux que subit un organisme humain dès sa conception. Il s’agit de prendre en compte la totalité cumulée des polluants et leurs voies de pénétration dans l’organisme.

 

Ce site s'intéresse aux problématiques de la santé environnementale et étudie donc l'exposome des individus. Il privilégie l'étude de la santé publique, c'est-à-dire la santé des populations, au détriment de la santé individuelle, déterminée par le soin et la médecine.

Ses objectifs sont de plusieurs ordres:

Tout d'abord, il a pour mission de faire de la pédagogie du risque pour la population et les journalistes abordant ces sujets.

Ensuite, il a pour ambition d’exprimer les différents points de vue des débats qui entourent les risques dont leurs conséquences sur la santé sont incertaines.

Enfin, il tente d’éclairer des définitions et de poser des questions pour diminuer le décalage de compréhension entre les différentes cultures du risque.

Il n’a cependant pas la prétention d’apporter des connaissances exhaustives sur les sujets abordés. Il s’oriente davantage vers une information structurée et synthétique.

Le point central du site se situe sur la pédagogie du risque. A partir du centre, le site se structure autour des axes suivants : les risques sanitaires, la gestion des risques, l’analyse des risques, la communication, la gouvernance du risque, la réflexion sur la société du risque, la perception du risque, la culture de la vitalité et l’histoire de la santé publique.

Les axes du site forment un collier de perles, où toutes les perles sont complémentaires. Celles-ci se lient et se délient en fonction du message que l'on veut transmettre. Cependant chaque perle est constamment liée par une trame centrale qui correspond à la culture du risque.

 

Les deux hypothèses sur lesquelles le site s’appuie sont la multifactorialité des causes des maladies et la répartition non aléatoire des risques sanitaires.

Les valeurs qu’il porte sont l’ouverture, le partage, la coopération, l’échange, l’enrichissement, l'éducation, la culture, la tradition, la sagesse, la souplesse d'esprit, l'humour, la persévérance, l'effort, le travail, le pragmatisme, l'humanisme, l'hybridation, la conscience et l'adaptation dans un monde en perpétuel changement.

 

Ce site contribue à la compréhension des risques sanitaires dans une société de l’information qui manque de transparence, d’équité et de démocratie sociale. Il répond à une attente sociale dans une société actuellement en pleine mutation.

Il tente de lier quête de sens et science, conscience et raison, humanisme et pragmatisme, écoute et compréhension, nature véritable et changement, confiance et incertitude. C’ est une quête de l’unicité et de l’universel. Il cherche l'équilibre des forces.

La pédagogie fonctionne si elle est utilisée avec ces différentes qualités: la présence, la disponibilité, l’engagement actif, la bienveillance, la concentration, l’attention sur un petit nombre de chose, la persévérance, la confiance, l'entraide, l'écoute, la patience, la compréhension, la méthode, le talent, la volonté, l'enthousiasme, l'effort et le libre arbitre. Elle doit s’appuyer sur l’art, la culture, la poésie, l’humour, la vie. La pédagogie est ce qui pousse au changement et motive l’action.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

Antoine Lavoisier

La mortalité régresse mais se transforme en morbidité (vie avec maladie ou mauvaise santé). La morbidité est à l’origine d’un coût économique très important. La question des maladies chroniques est un phénomène d’intérêt mondial, qui touche les pays développés et en voie de développement. Le rapport maladies chroniques non infectieuses / maladies infectieuses va atteindre 88% en 2030, c'est-à-dire que 4 maladies sur 5 seront chroniques non infectieuses.

Le meilleur indicateur est l’évolution des affections de longue durée (ALD) entre 1990 et 2015:

  • 124% d’augmentation des maladies cardiovasculaires ;
  • 102% d’augmentation des cancers ;
  • 240% d’augmentation du diabète ;
  • 71% d’augmentation d’affections psychiatriques.

Il existe une énorme croissance de l’autisme : aux Etats-Unis, on est passé d’un cas sur 5000 à un cas sur 68.

Les données relatives à l’accident vasculaire cérébral (AVC) montrent que cette maladie touche des populations de plus en plus jeunes.

Le cancer du sein touche en priorité les femmes des milieux les plus favorisés – contrairement aux autres maladies qui sont associés au degré de pauvreté-. Aux Etats-Unis, les catégories les plus exposées sont les libraires, les journalistes et les avocates. Aujourd’hui en France, 12 000 femmes décèdent d’un cancer du sein et 50 000 femmes sont touchées chaque année, soit une femme sur 8, alors que pour leur mère, une femme sur 16 était confrontée à ce risque.

Le coût moyen des ALD est passé de 3,7 milliard d’euros à 9 milliard d’euros en 20 ans, générant un surcoût, entre 1994 et 2013, en tenant compte du changement démographique, de 64 milliard d’euros. Les coûts de la santé sont les coûts externes les plus importants.

Si la mortalité infantile est en baisse dans le monde, les enfants des familles les plus pauvres ont un risque deux fois plus élevé de mourir avant 5 ans que ceux des foyers les plus aisés. La précarité prédispose à de nombreuses maladies physiques et mentales (complications de la prématurité, malnutrition, maladies infectieuses…), qui sont potentiellement d’autant plus sévères qu’elles se conjuguent à un moins bon accès aux soins. Par ailleurs, les neurosciences montrent que les difficultés matérielles nuisent au développement cérébral dès le plus jeune âge.

 

Beaucoup de grandes maladies et d’atteintes fonctionnelles, dont la prévalence a augmenté substantiellement au cours des 40 dernières années, apparaissent être liées pour partie à des facteurs de développement consécutifs à des déséquilibres nutritionnels et des expositions environnementales aux substances chimiques : obésité, diabète, hypertension, maladie cardio-vasculaire, asthme et allergie, maladies immunes et auto-immunes, maladies neuro-développementales et neuro-dégénératives, puberté précoce et infertilité, les cancers hormonodépendants, ostéoporose, dépression, schizophrénie et sarcopénie.

En 2012, près de 56 millions d’humains sont décédés dans le monde. 620 000 du fait de violences humaines, soit 120 000 dans des guerres et 500 000 dans des homicides. Alors qu’ils sont 1.5 million à être morts d’un diabète.

 

Il est nécessaire de comprendre l’importance de la période de gestation dans le développement de ces maladies. La déclaration d’endocrine society a insisté sur l’importance du rôle des perturbateurs endocriniens dans la réponse non linéaire, avec des effets à faible dose principalement pendant la phase de développement. La période de la grossesse est la période critique en relation avec toutes les maladies évoquées.

Les principaux perturbateurs endocriniens sont : le bisphénol A, les pesticides, les polluants organiques persistants telles que les PCB, les polybromés et les dioxines.

Une intervention pour la protection de la santé pendant la gestation induit une réduction substantielle du risque de maladies pendant toute la vie, sachant que la contribution de la génétique est faible.

La priorité de la santé publique doit être donnée à la protection de la gestation. L’enjeu de repenser la politique de santé publique, c’est de la repenser autour de la protection de la gestation.

En protégeant la santé – parce que les maladies ne sont pas uniquement à partir de la gestation, mais la gestation est la période déterminante-, on a des possibilités d’action à diminuer ces maladies.

C’est comme ça qu’on apprend le plus, en faisant quelque chose avec tant de plaisir qu’on ne voit pas le temps passer.

Albert Einstein

Le secret du changement, c'est de concentrer toute son énergie non pas à lutter contre le passé, mais à construire l'avenir.

Socrate

Jamais la société n'a été aussi sûr, sécuritaire, dépendante, vulnérable, angoissante, incertaine, uniformisée qu'aujourd'hui.

Ce sont en partie les conséquences d'un système néolibéraliste capitaliste, mondialisé, interdépendant, ultra-concurrentiel, matérialiste, dominateur, déresponsabilisant, insatisfait, impatient, jouisseur, prédateur et utilitariste, promu par l'économie et basé sur un modèle de croissance infinie.

Nous sommes dans une période de bouleversements politiques et éthiques, technoscientifiques et religieux, où l’esprit de division l’emporte sur celui de convivance (vivre ensemble), où l’humanisme cède la pas au nihilisme, où la démesure atteint son paroxysme.

Notre société valorise trop la réussite, le succès, le statut et l’argent : être riche, c’est être dans le vrai. La société de consommation fait croire que la beauté correspond aux symboles de richesse, de pouvoir, de puissance et de domination.

Celui qui monte le plus vite dans la hiérarchie est celui qui va le plus dans le sens du pouvoir et qui est le plus malléable.

Nous sommes devenus le corps social le plus docile et le plus soumis de l’humanité. Nous naviguons entre la violence et le narcissisme.

 

Le culte de l’argent favorise la défiance et la crise de confiance de la population. La question de la propriété touche en profondeur toutes les dérives de notre société capitaliste.

Les pays sont de plus en plus endettés et dépendant de plus en plus des créanciers. Les banques sont devenus très puissantes. Les rentiers gagnent plus d’argent que les travailleurs actuellement. La grande partie de la richesse mondiale est détenue par 1% de la population mondiale.

Les banques bénéficient d'une totale impunité et elles ne sont quasiment jamais inquiétées grâce à leurs liens avec les plus hautes instances de l’État. Les grandes fortunes ne participent pas à l’effort collectif.

Le marché génère en permanence des inégalités.

Nos économies sont accros à la dette, avec des excès dévastateurs sur le système financier. Ce piège l’empêche de renouer avec une croissance économique robuste. L’anémie de l’activité, à laquelle s’ajoutent les inégalités croissantes, génère un taux de chômage élevé et la stagnation des salaires réels. Ce qui produit, en retour, une réaction politique populiste. Le prochain choc risque d’être une crise d’insoutenabilité des dettes doublée de troubles politiques.

 

Pour quelques immortelles, beaucoup doivent mourir. Pour quelques milliardaires, beaucoup doivent mourir. Pour comprendre, il faut suivre le flux de l’argent. Les grandes puissances souhaitent maintenir l’ordre financier pour maintenir leur domination. Les personnes sont exploitées. La majorité qui s’appauvrit est une variable d’ajustement financière.

Les parties extrêmes de la société (très riche et très pauvre) sont des rouages essentiels du système économique.

Les politiques se sont saisis du thème du déclin pour proposer des solutions – autoritaires, inégalitaires, identitaires – à la crise.

 

Nous assistons aujourd’hui à une guerre économique, d'influence, de communication et militaire, où la crise d’un rival est une opportunité pour s’emparer de ses parts de marché et de ses ressources. Les puissances utilisent des techniques de déstabilisation, de peur et décrédibilisation. Ils essayent de montrer que les élites et les institutions de l'adversaire sont corrompues. Elles se harcèlent en permanence, avec une limite de plus en plus floue entre guerre et paix.

Les armes utilisées pour l'attaque, la surveillance et l'espionnage font appel aux supercalculateurs, aux logiciels et aux algorithmes. Les puissances manipulent internet, les objets connectées, les ordinateurs et les smartphones pour en extraire des données.

Des cyberattaques se produisent dans le seul but de produire de l’incertitude politique. Les attaques informatiques ciblées contre les partis politiques, mêlées à de puissantes campagnes d’influence sur les réseaux sociaux, montrent que les élections sont entrées dans le champ de la guerre de l’information.

Les États sont bien incapables de stopper des messages de propagande. Auparavant, celle-ci consistait à vanter les mérites et les réussites du pays. C’était une propagande classique. Désormais, on cherche avant tout à pointer les défauts de l’autre, à faire peur, à mettre le doigt sur ce qui fait mal chez l’adversaire. La communication s’est déplacée sur le terrain de l’autre et prend la forme d’une offensive médiatique.

On voit d’ailleurs de véritables armées de partisans en ligne s’en prendre à des médias traditionnels quand ils publient un article non conforme à leur conviction.

 

La façon qu’ont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne d’appréhender le “cyber” est principalement centrée sur la technique et le réseau informatique, alors que la Russie et la Chine utilisent une approche cognitive, fondée sur la compréhension de la psychologie de masse et la façon de manipuler les individus.

Les entités militaro-financière-industrielles sont très puissantes et fond du lobbying intense pour influencer les décisions et prendre le contrôle. L'objectif des puissances est un contrôle accru social, économique, sécuritaire des populations et des Etats, en prétextant le maintien de la paix. Elles cherchent avant tout à conserver le pouvoir et à s'enrichir encore plus.

 

Une crise mondiale est devant nous parce que l’état de la dette internationale est gigantesque. Tous les nuages arrivent vers la Chine, les Etats-Unis, sur la divergence franco-allemande. Le risque le plus grand vient des dettes immobilières détenues par des banques chinoises. Le G2 (Etats-Unis et Chine) est en vigueur dans le monde depuis l'entrée dans l'OMC de la Chine en 2001.

Il existe un risque pour l'Europe et la France - de devenir de simples prestataires ou sous-traitants d'autres puissances (États-Unis, Chine...) qui aspirent les talents, et donc la capacité à créer de la valeur. L’intelligence artificielle va être au cœur de toute l'industrie et de tous les services.

Pour les Européens, les marchés importants sont rares, la plupart étant des chasses gardées américaines, russes ou chinoises. Les seuls pays accessibles sont ceux qui ne souhaitent pas ou ne peuvent pas acheter américain, ou qui veulent disposer d’une double source d’approvisionnement.

La Russie s’attaque aux pays d’Europe appauvris, en colère contre la caste au pourvoir, et confus. Elle essaye de faire augmenter le mécontentement en les instrumentalisant.

 

Le monde occidentale est une sorte d’empire dominé par les Etats-Unis.

Le jeu de puissance entre les Etats-Unis et la Chine se jouera en Europe.

Il ne faut pas se montrer trop conciliant, voire naïf envers les grands puissances qui instrumentalisent à leur avantage et pensent d’abord à leurs intérêts.

Les grandes puissances favorisent les fractures chez leurs opposants et provoquent des guerres culturelles mondiales.

 

La première puissance mondiale doit être capable de fournir des biens publics mondiaux : climat stable, stabilité financière ou liberté des mers. L’investissement aux biens public mondiaux est un investissement rentable, car ce sont les grandes puissances qui en profitent le plus. C’est pourquoi la première puissance mondiale ne doit pas être isolationniste, sous peine d’une grande instabilité mondiale. Un déséquilibre pourrait causer une guerre majeure. Les déséquilibres sont souvent déclenchés par les peurs et les craintes des autres, de perdre son influence et son pouvoir. Les guerres sont causées par des mauvaises décisions dans des temps difficiles. Les dirigeants doivent éviter les mauvaises évaluations, perceptions erronées et jugements irréfléchis qui ont régulièrement empoisonné l'histoire humaine.

Les pays sont tous fragiles et vulnérables. Toute "drogue" ou dépendance peut se transformer en arme de pression et en moyen d'asservissement utilisé par les autres pour mieux vous manipuler.

Il y aura de plus en plus de conflits. Les zones de conflits se situent à la frontières entre deux puissances, aux points stratégiques d'échange, dans des zones riches en ressources naturelles. La répartition des eaux douces sera au centre des enjeux géostratégiques du XXIe siècle.

Nous sommes encore dans une dynamique de grandes puissances qui se rivalisent. Nous ne sommes pas dans un multilatéralisme bienveillant. Les grandes puissances tirent les ficelles pour défendre leurs intérêts et mesurer leur puissance.

 

On assiste à la montée des inégalités à l'ombre de la mondialisation, l'essorage des classes moyennes, le sentiment d'injustice à l'égard des responsables de la crise financière. La destruction sociale se développe sur le terreau des inégalités sociales.

Une part de nos comportements est dictée par le souci d’imiter les modèles que proposent à la société les médias et les modes de vie des classes très aisées qui colonisent l’imaginaire.

La pauvreté ne reculera pas. La croissance est durablement faible et ne profite pas aux plus pauvres.

Le désastre écologique aura des conséquences énormes sur l’économie.

C’est sous l’angle de la santé que se jouent les enjeux principaux de l’écologie.

Les disparités, les iniquités et les déséquilibres croissants de nos sociétés engendrent du stress et risquent de dégrader la société et de porter atteinte à la santé des humains.

Les institutions sont à bout de souffle, car elles n'ont pas évolué, ce qui paraît d'autant plus anachronique au temps du numérique. Les manettes du pouvoir sont toujours entre les mains des mêmes personnes.

Les politiques sont piégés par une logique de la nation-entreprise. Ils doivent tout faire pour que cette nation-entreprise offre du boulot.

 

Nous sommes dans une société où il y a de plus en plus d’élites, de riches. Tous les objets, évènements, structures et lieux liés à l’élite, au luxe, à l'ordre et à la sécurité se développent de plus en plus. L’élitisme s’internationalise avec l’arrivée sur l’échiquier mondial des grands pays en développement. Le vieux système disparait au profit d'une élite mondialisée.

Le système rabat les individus vers un statut très dépréciatif en mettant en place des mécanismes de déshumanisation. La société a accrédité l’idée que les pauvres étaient responsables de leur situation. La société culpabilise les perdants.

Les externalités, les rebuts, les exclus, les non droits, les non contrôlés sont voulus par le système. Ils font parti du système dans sa globalité pour son équilibre et son fonctionnement. D'un certain côté, lorsqu'il y a société, tous les problèmes sont sociétaux et politiques. Il est donc inutile de les combattre en continuant le même système, il vaut mieux changer et inventer un nouveau système.

 

80 % du marché boursier est détenu par les 10 % les plus riches. Plus de la moitié du patrimoine des 1 % les plus riches de la population provient de l’immobilier et de la Bourse. Jamais l’écart entre le patrimoine des ménages et le revenu moyen n’a été aussi grand. Alors que le patrimoine global n’a cessé de progresser, les revenus, eux, ont quasiment fait du surplace. C’est ce qui explique que l’essentiel des fruits de la reprise économique se soit concentré entre quelques mains. En 1980 un adulte parmi les 1 % les plus riches gagnait 27 fois plus qu’un adulte appartenant aux 50 % les moins riches. Aujourd’hui le ratio est passé à 81. Ce ratio de 1 à 81 est similaire à l’écart entre le revenu moyen aux États-Unis et le revenu moyen dans les pays les plus pauvres du monde, parmi lesquels la République démocratique du Congo, la République Centrafricaine et le Burundi. Les pays n’ont jamais été aussi riches, mais, dans le même temps, les sociétés ont rarement été aussi inégalitaire.

 

L’idéologie néolibérale d’un homme « entrepreneurial » universel, guidé par sa raison technique et son intérêt économique, régulé par le marché et le droit occidental mondialisé, ne fait plus recette. Cette idéologie fait souffrir les populations. Ce néolibéralisme ne se maintient que par les structures institutionnelles de pouvoir, que par les affaires interconnectées de manière systémique, par les politiques des gouvernements acquis à cette cause.

Le néolibéralisme a besoin du racisme pour expliquer que certaines personnes restent injustement sur le carreau, et l’antiracisme pour éliminer l’injustice - pour s’autoriser à penser que les personnes restées sur le carreau ont ce qu’elles méritent -. Le capitalisme n’est jamais remis en cause. Généralement, les personnes qui justifient les inégalités sont celles n’ont pas intérêt à les réduire et à faire le plein emploi. Elles cherchent à rester dans l’élite.

Le néolibéralisme demeure la langue des médias, de la politique dominante et dispose de moyens de diffusion importants.

Le système néolibéral remet des pans entiers de la société à des organismes privés.

Les politiques ont une confiance aveugle aux vertus de la croissance. Mais la croissance ne résout rien. En dépit de la croissance, les salaires et les emplois n’augmentent pas.

 

La quête de l’efficacité crée de la souffrance. Le système cherche à améliorer l’efficacité en augmentant la performance par des outils et des techniques constamment renouvelés.

Nous perdons notre autonomie. Le système empêche de plus en plus les individus à penser, espérer, travailler et prendre soin d’eux.

Les gens tombent de leur piédestal. Ils savent qu’ils peuvent être remplacés, qu’ils ne sont pas uniques et nécessaires. Leurs enfants vivront peut être plus mal qu’eux.

Nous sommes obsédés par notre déclin, affaiblis par nos divisions et rongés par nos problèmes d’identité. Nos rêves se sont transformés en ressentiment. 

 

Nous sommes gouvernés aujourd’hui par des machines et des fantômes. Surgissent alors toutes les passions enfantées par la haine et la peur.

Au fond des ténèbres de la mémoire collective, la haine seule permet à un groupe humain de se souder ensemble en une masse identitaire. Nul ne peut se déclarer innocent. Toute victime d’aujourd’hui peut devenir un bourreau demain. Toute victime d’hier peut être un bourreau aujourd’hui. Hier, aujourd’hui et demain ne sont qu’une séquence ininterrompue de cette haine de l’autre à qui on ne pardonnera jamais et dont on ne conçoit même pas l’existence. La haine soude un groupe mais elle ne le soude pas dans la recherche du bien commun mais uniquement contre un bouc émissaire. La haine identitaire est étrangère à la citoyenneté et à la paix civile. Elle est, tout au plus, un orgasme collectif. Mais pour savourer un tel plaisir orgiastique, la masse a besoin de faire couler le sang du bouc émissaire.

Lorsqu’il y a tellement de non-dits, de malentendus et de colère dans un pays, que même si l'on jouit d’un semblant de stabilité, on sait que tout peut dégénérer rapidement. Fais attention à ce que tu dis, choisis bien tes mots, car ils peuvent blesser. Chaque culture à ses sacrés, comme ceux qui touchent à l’identité ou à la religion.

Orgueil, ambition, ivresse du pouvoir absolu, tout cela habite l' homme, le pousse à la folie. L' humain devient inhumain, et l' inhumain monstrueux.

François Cheng

On assiste à un durcissement du discours et une manière de réécrire l’histoire. Certaines personnes instrumentalisent les problèmes à leur avantage en parlant d’humiliation, ce qui devient un mensonge.

Les extrémistes sont le résultat d’une période de délitement de la cohésion nationale, d’un déficit de mémoire partagé, de prospérité équitablement réparti et de défiances envers les élites.

Cette époque de crises coïncide avec l'inefficacité des politiques keynésiennes, la montée d'aspirations nouvelles dans la société, la politisation d'enjeux captés par des familles politiques émergentes (écologie, science, sécurité, identité) et l'écroulement d'un ordre international bipolaire.

Notre société est composée d’un nombre important de lignes de fractures qui divisent et séparent les personnes.

La société traverse une crise culturelle, morale et spirituelle. Les personnes font ce qu’ils peuvent pour entretenir l’illusion que nous sommes en paix avec les autres, mais le fossé qui nous sépare est trop grand en dépit de ce qui nous rassemble. Nous souffrons tous d’une dépendance qui nous aveugle. Notre addiction nous empêche de nous épanouir dans notre relation aux autres. Seul un choc important peut nous faire prendre conscience, ce qui nous permettra de retrouver le chemin de l’amélioration de la société et des êtres.

La société est aussi en crise de créativité. Elle est enfermée dans ses vieux logiciels.

L’accroissement de la distance entre les personnes et la société s’explique par la perception que celle-ci ne peut assurer le bonheur et l’épanouissement. Les personnes se replient alors sur elles, sur leur cellule familiale.

 

Les motifs typiquement fascistes sont les suivants: déploration du déclin national, imputé aux étrangers et aux minorités ; mépris des règles juridiques ; caution implicite de la violence à l’encontre des opposants ; rejet de tout ce qui est international, que ce soit le commerce, les institutions ou les traités en place.

Un pouvoir exécutif sans contrainte ni contrôle est indicateur de dictature en général.

La France des start-up est une façon de conforter toutes ces stratégies individuelles qui en en train de miner la cohésion sociale.

La startupsphère est un ultralibéralisme cynique, et une modernité désenchantée. Tout le monde est enfermé dans un rôle, il y a peu d'humilité, de recul sur soi, de clairvoyance. C'est une nouvelle forme de manipulation. Il s'agit d'un modèle qui incarne une nouvelle forme de totalitarisme : encadrement, novlangue et propagande, culte de la personnalité. Les employés sont infantilisés par des maniaques, hystériques, phobiques, obsédés par le court-termisme.

La démocratie est une éthique de gouvernement et non une forme de gouvernement.

Avoir du temps, c’est un vrai luxe au XXIe siècle.

L’État social souffre de son inadéquation à la période ainsi que des atteintes portées par le capitalisme ultra-libéral.

 

Le capital est aveugle. Quand son rendement – par l’investissement dans des secteurs allant de l’immobilier à la construction automobile – dépasse la croissance réelle des salaires et de la production, comme il l’a toujours fait, à l’exception de quelques périodes comme les années 1910-1950, le stock de capitaux augmente beaucoup plus rapidement que l’ensemble de la production. Et les inégalités de richesse explosent.

Le processus inéluctable de multiplication du capital aveugle au bénéfice de quelques privilégiés est à nouveau à l’œuvre, et qui plus est à une échelle mondiale.

Il n’existe pratiquement pas de nouveaux entrepreneurs, hormis une ou deux start-up de la Silicon Valley, qui puissent gagner suffisamment d’argent pour concurrencer les concentrations de richesses incroyablement puissantes qui existent déjà. En ce sens, on peut dire que “le passé dévore l’avenir”. Le fait que le duc de Westminster et le comte de Cadogan soient deux des hommes les plus riches de Grande-Bretagne est révélateur. Ce phénomène s’explique par les terrains que leurs familles possèdent depuis des siècles à Mayfair et à Chelsea et par les réticences à éliminer les possibilités d’évasion fiscale qui permettent à ces familles de faire prospérer leur patrimoine.

Aujourd’hui, on est davantage encouragé à devenir rentier qu’à prendre des risques. Il suffit de voir l’explosion des investissements immobiliers. Nos sociétés et nos riches n’ont pas besoin de soutenir des innovations audacieuses ni même d’investir dans la production.

Les riches savent très bien protéger leurs richesses de l’impôt et la proportion du fardeau fiscal supporté par les ménages à revenus moyens a progressivement augmenté. En Grande-Bretagne, 1 % des ménages les plus riches paient effectivement un tiers de la totalité de l’impôt sur les revenus, mais ce dernier ne représente que 25 % des revenus du Trésor public : 45 % viennent de la TVA, de droits d’accises et de diverses contributions sociales payées par l’ensemble de la population.

De ce fait, la charge de dépenses publiques comme l’éducation, la santé et le logement incombe de plus en plus aux contribuables moyens, qui n’ont pas les ressources financières nécessaires pour les payer. Et c’est ainsi que les inégalités de richesse deviennent un facteur de dégradation des services publics et des conditions de travail.

L’enseignement que l’on peut tirer du passé est que les sociétés s’efforcent de se protéger en fermant leurs frontières ou en menant des révolutions, voire des guerres. Les solutions qui permettraient de résoudre en partie le problème – un taux d’imposition sur les revenus allant jusqu’à 80 %, des droits de succession réels, un impôt sur la propriété adéquat et une taxe mondiale sur les richesses – sont actuellement inconcevables.

La réussite passe par une mise en action en liant et en hybridant les idées innovantes, les concepts et les talents autour d’une vision libératrice et universaliste avec des qualités humaines et une conscience de la réalité du monde et de la société.

Herbovie

Née de la mondialisation, notre peur de perdre notre travail, d’être inutile, de moins bien vivre est aggravée par l’accélération de la mutation technologique. Elle provoque la méfiance, le repli sur soi et cherche des repères. Les politiques ne parlent pas de cette peur car ils n’ont aucune solution. Ils préfèrent en utiliser des fragments, comme certaines théories du complot.

Les crises sont des crises du lien : à notre intériorité, à l’humanité et à la nature. Nous n’avons pas de projet de civilisation. La crise écologique ? Une rupture du lien avec une nature qu’on intoxique, qu’on exténue et dont on s’est coupé. Les crises économiques ? Une rupture des liens de justice et de partage. Les crises géopolitiques ? Une rupture des liens par le fantasme du choc des civilisations. Les crises sociales ? Une rupture des liens entre classes, culture et croyances. La crise de sens ? Une rupture de faisceau complète entre les aspirations spirituelles de l’être humain et des sociétés trop matérialistes. La crise des savoirs ? Un éclatement de la connaissance en spécialités trop cloisonnées, et trop d’incommunicabilité entre les visions scientifiques, humanistes et religieuses du monde. La crise de l’autorité ? Une rupture du lien traditionnel entre générations. La crise de la démocratie ? Une rupture entre les élites et la société. Crise à nous-mêmes ? Une rupture avec l’écoute du moi profond et avec la façon de vivre nos aspirations au lieu de suivre des modèles standards. Une crise aux autres ? Une rupture de solidarité, de compassion, de fraternité et d’amour au-delà de toutes les frontières d’identité, qui nous fait goûter la joie du don de soi et du partage.

Les 3 causes de cette insécurité globale : l’absence de vision à long terme, l’action guidée par l’émotion et le trop de divertissement.

 

Du cadre religieux, au cadre idéologique et enfin au cadre identitaire, les hommes subissent toujours les mêmes épreuves: reconnaître leur impasse et avancer vers l'existence.

Chaque homme vit derrière un mur impénétrable, en dehors duquel nul autre que lui n'existe. Parfois quelques signaux faibles émergent de cette caverne où chacun se trouve enfoui. Cependant parce que les hommes ne se connaissent ni l'un ni l'autre, parce qu'ils ne peuvent se comprendre, parce qu'ils n'osent pas se faire mutuellement confiance et nourrissent depuis leur plus tendre enfance les terreurs et l'insécurité nées de cet isolement, les hommes éprouvent cette crainte de l'homme traqué par l'homme.

Nous approchons d'une ère critique, et le monde s'apprête, une fois de plus, à déplacer son centre de gravité. Il se prépare des changements de pouvoir qui ne s'effectueront pas sans guerre ni sans violence, et ce n'est pas seulement une menace pour la paix, mais une menace pour la vie et la liberté. Les hommes vivent une vie d'angoisse, au milieu de la fermentation de la politique, de l'économie et de la morale. Ils ressentent le besoin profond de fermer les yeux, de se dérober aux problèmes non résolus et à un pressentiment angoissant de décadence, pour finir dans un monde irréel, aussi inoffensif que possible. Ils sont sans défense devant la mort, la peur, la souffrance et la faim. Ils ne prennent ni le temps, ni la peine de se fortifier contre la crainte, de combattre en eux-mêmes la peur de la mort. Ils vivent au jour le jour et ne croient pas à un lendemain. Ils se trouvent face au néant, en proie à la défiance de soi, doutent de leur force et de leur dignité, voire de leur existence. Ils vivent une période de décadence: abaissement de la morale, manque de foi des populations, mécanisation de la vie. La culture d'hier que l'on croit posséder et dont on est s'y fier, n'est plus de ce monde. La culture n'arrive plus à faire son propre examen et à s'adapter au monde nouveau.

 

Les personnes sont esclaves de différentes puissances: ils doivent s'astreindre pour acquérir une formation professionnelle, à un cycle d'études étroit et rigide, clos par des examens stricts. Ils tombent sous la coupe du succès, de l'argent, de leur ambition, de leur vanité, du charme que les gens leur trouvent. Ils doivent se soumettre à des choix, gagner de l'argent. Ils participent aux rivalités des familles, des partis, des journaux. La société impose aux étudiants un programme d'études dont le seul objectif, dans un minimum de temps, de spécialiser le plus possible l'étudiant dans une profession lucrative, en tuant en lui toute prescience de liberté et d'universalité. Les personnes veulent une vie passionnée, enfantine, cruelle, impétueuse, qui vacille entre le bonheur et la peur. Elles veulent conquérir le monde, le comprendre, l'obliger à les comprendre, affirmer sa valeur, le rénover et l'améliorer.

Le travail, les études, les diplômes, le matériel et l’argent occupent une place centrale. Cela correspond à la perception de la vie dure qui se mérite : on a tout mais pas la joie. C’est à travers la simplicité et le partage que l’on apprend la joie.

Une paresse cérébrale s'est emparée de nous. Les livres sont même devenus une fatigue intellectuelle trop grande. Pendant ce temps, les adversaires méditent en silence. Leur cerveau se développe dans la réflexion solitaire.

 

Les groupes de la société se divisent de plus en plus et se réunissent qu’entre eux. Il y a de moins en moins de mixité sociale. Ils ne veulent plus se mélanger. La volonté de rester qu’entre des personnes de même milieu social provoque la séparation et la désagrégation de la société, qui n’arrive plus à faire unité. Les lieux communs disparaissent.

Le monde tel qu’il est, est notre propre création. Nous avons mis en péril l’ensemble des équilibres planétaires. Nous avons rompu avec les principes de la durabilité et de l’adaptabilité.

L’humain semble davantage être impulsé par son avidité, sa peur et sa barbarie pour nous entre-tuer que par son souci de répondre aux besoins fondamentaux de sa communauté.

 

L’inégalité, l’individualisme, l’abandon, la perte de sens, la souffrance, l’absence de progrès, la peur de perdre ses valeurs, l’inconnu, la détresse humaine, le rejet, la séparation et la détérioration des conditions de vie entraînent la violence.

La détresse découle de l’écart entre la réalité de terrain de la population et les promesses, les prescriptions des donneurs d’ordre.

L’accroissement des inégalités n’est pas un problème économique mais politique. La défiance des individus envers les institutions augmente ce qui peut conduire à des régressions.

La France a des difficultés à se confronter à l’antisémitisme qui infecte sa culture.

Rien n’est plus dangereux que l’ignorance.

Les grandes humiliations, les grandes coupures financières et les grandes rigueurs ont toujours été le terreau du fascisme, du rejet de l’autre et du repli sur soi.

 

Plus le gouvernement durcit son discours, plus les personnes se radicalisent.

Plus le temps passe, plus la crise se rapproche, plus les forces de l'adversaire augmentent, plus le nombre de solutions diminue. A la vie, à la mort, unis à jamais. Le désastre est déjà programmé, il fait parti de notre civilisation. Le temps est compté, tout a une fin.

Ce modèle est à bout de souffle. Nous devons reconnaître que nous sommes faibles et vulnérables. L’homme préfère la facilité à l’effort.

 

Un cycle économique prend fin sans que la volonté politique d’en inventer un nouveau soit assez forte. La remise en cause de l’ordre international est multilatéral (économie, droit).

Le marché réel est totalement décalé par rapport à celui de la décision politique. Toutes nos institutions datent d’une époque révolue.

Le bouleversement du monde actuel correspond à une transformation profonde qui bouscule les  habitudes de pensée. Il s’agit d’un nouveau monde qui change le rapport aux savoirs, aux femmes, aux anciens peuples dominés.

 

Aujourd’hui, la technologie, le changement climatique et la démographie mondiale bouleversent le monde, sèment la panique, multiplient les victimes et déstabilisent même les gouvernements. La révolution en cours est la révolution numérique. Nous sommes dans un état permanent de conflits psychologiques aux contours flous et incertains. Les menaces peuvent venir de multiples endroits.

La bataille du climat conditionne non seulement les enjeux environnementaux et de justice sociale, mais aussi les enjeux de démocratie, de paix, et même de survie de l’humanité.

L’être humain détruit la nature dont il fait partie.

La crise écologique constitue la plus importante crise éthique de notre époque. La cause environnementale se manifeste comme le lieu d'émergence où se posent aujourd'hui les questions de Dieu, de l'expérience spirituelle et de l'engagement éthique.

 

La société actuelle est en état de crise permanente. Les perceptions des populations ont changé. La peur et l'angoisse se sont installées au sein de tous les niveaux de la société. Une partie des décisions sont prises pour répondre aux peurs et aux angoisses. Parfois ce n'est qu'un effet d'affichage, sans réflexion en profondeur. Les lois qui sont adoptées pour répondre à des angoisses, font reculer l’état de droit.

L’objectif de la déstabilisation est de provoquer des fractures pour séparer la société et entraîner une guerre. La montée des extrémismes est signe de déclin, plutôt que de montée en puissance.

L’indifférence, le manque de clairvoyance, de volonté et la lâcheté de la société pérennisent les problèmes qui s’aggravent et se retournent en fin de compte contre la société.

 

La société a tendance à réagir aux menaces par une industrialisation toujours plus poussée de la production. Or c’est cette industrialisation qui provoque de plus en plus de menaces.

Les méthodes alternatives ne sont pas suffisamment soutenues. Le secteur industriel, champion de l’économie à bas coût et dépendant des énergies fossiles, est largement subventionné et n’intègre pas les externalités dans les coûts de production.

On a tord de penser que les solutions vont venir de l’Etat et de la prise de conscience progressive des dirigeants.

Soyons critiques là où c’est nécessaire mais ne perdons pas de vue la signification des partenariats, des relations étroites et gardons la tête froide.

 

Toute société est habitée par une violence, des inconnus, des tabous, des refoulements, des peurs, des conformismes qu’il est nécessaire de regarder en face. Comme la société est une construction des hommes, la société est le reflet des hommes qui la composent.

Comme dans tout accident, c'est l'accumulation de petits événements qui mènent à la catastrophe. Le danger est omniprésent. Les changements ne vont cesser de croitre avec  la déstabilisation globale du monde.

Tous les progrès sont précaires, et la solution d'un problème nous confronte à un autre problème.

Martin Luther King

Nous sommes en crise écologique, économique et sociale à laquelle le pouvoir politique ne parvient plus à faire face. Notre modèle démocratique a mal vieilli : il s’est construit sur des espaces et des temporalités dépassés. L’organisation de notre république est ainsi basée sur une distinction entre les élites dirigeantes et le reste du peuple, considérant que seule cette élite est à même d’identifier le bien commun. Si on peut imaginer que cette démarche descendante de l’état providence a pu fonctionner dans les périodes de stabilité, elle est beaucoup moins tenable aujourd’hui. Le constat est que le pouvoir politique, celui qui décide au nom de l’intérêt des autres et pour les autres, connaît très mal les réalités de terrain, et ce dans divers domaines (de la ville, de la santé, de l’éducation, de l’emploi…). Il faut reconnaître la valeur du savoir d’expérience, reconnaître la capacité de chaque citoyen à contribuer à l’identification des solutions aux problèmes qu’il vit.

Il faut prendre conscience de l’existence et de la force des acteurs engagés sur le plan social, spirituel, écologique ou économique qui participent à construire une nouvelle civilisation. Au cœur des pratiques se trouve l’urgence de recréer les liens nourriciers de la vie humaine, notamment le lien à soi, le lien de la fraternité et de coopération avec les autres, le lien d’émerveillement et de méditation à la nature.

En ces temps de repli sur soi, la tolérance et l’ouverture sur le monde nous permettent d’agir pour le bien-être de la Terre et de l’humain. C’est en marchant que l’on ouvre le chemin.

Plus l’homme acquiert de la puissance, plus il devient vulnérable. Ce qu’il doit le plus redouter, c’est le moment où, la création entièrement jugulée, il fêtera son triomphe, apothéose fatale, victoire à laquelle il ne survivra pas. Le plus probable est qu’il disparaîtra avant d’avoir réalisé toutes ses ambitions.

Cioran

L'euro a ruiné l'industrie française et a creusé de dangereux déséquilibres au sein même de l'Europe. 

L’Europe se polarise et forme peu à peu des pays qui prennent l’ascendant sur les autres dans certains secteurs.

Avec la polarisation au sein de l’eurozone, la croissance de l’industrie en Allemagne et sa décroissance en France, ne seront pas modifiées.

L'Allemagne se doit d'accompagner une relance de l'investissement public et privé en Europe et d'assumer des responsabilités partagées, sa compétitivité étant due en partie aux dysfonctionnements de la zone euro et à la faiblesse d'autres économies.

Les atouts de la France seront renforcés: les infrastructures de transport et de logistique, la grande distribution, l’énergie, l'aéronautique, la pharmacie, les soins médicaux, les produits agricoles, le tourisme, le luxe, les vins, les bateaux, internet, le nucléaire, la cuisine, la pâtisserie, le cinéma, la littérature et l’art.

L’objectif de la France est la conquête du pouvoir dans l’Union Européenne. Ces principaux partenaires européens sont en réalité ses concurrents. La France souhaite utiliser l’Union Européenne pour développer son influence et son pouvoir à travers le monde. Seule, elle n’est pas en capacité de le faire.

 

Dans un pays déstabilisé, des esprits faibles ou des groupes manipulateurs peuvent se laisser entraîner à des actions de représailles et exploiter les failles de la société française pour y semer et y faire fructifier les graines de la guerre civile. Les extrémismes montent partout. Le capitalisme est fragile et affaibli.

 

En envisageant le citoyen comme un produit et un consommateur, la société génère à la fois de la dépendance et de l’exclusion.

Nos sociétés sont confrontées à la montée de l'hyperindividualisme et du communautarisme. L'idéologie «libérale-libertaire», a contribué à «ancrer un différencialisme de fait» destructeur de la cohésion nationale. La tradition républicaine serait un atout précieux pour préserver son unité dans ces nouveaux défis de la diversité tant les facteurs de dispersion dans un monde ouvert où l'argent, l'hyperindividualisme et les communautarismes triomphent peuvent contribuer à sa dislocation. Encore faudrait-il que cette tradition puisse être revivifiée par un projet collectif rendant au pays une confiance en lui-même qu'il a perdue. Le dérèglement planétaire aggrave la menace terroriste et aiguise les pressions migratoires. La «gouvernance par les nombres» d'une finance mondialisée débouche sur «un monde inégal et incertain». Nous vivrions à l'heure d'un «néo-féodalisme postmoderne». La globalisation est la source principale du chaos qui nous emporte.

Le «Saint-Empire euro-américain» se manifeste par une «domination souple, à géométrie variable, hiérarchisée, différenciée, laissant survivre quelques pans de souveraineté» dans les pays membres de l'Union européenne. Celle-ci ne serait, au fond, qu'un sous-ensemble de «l'Euramérique» car «les Etats-Unis sont le véritable fédérateur politique et militaire de l'Union européenne».

 

Le modèle de l’Occident (un modèle qui implique la sécularisation et l’industrialisation des sociétés) porte en lui les germes de sa propre destruction. D’un côté, la modernité balaie les structures traditionnelles, mais, de l’autre, elle échoue trop souvent à tenir ses promesses d’égalité et de mobilité sociale, provoquant la colère de ceux qui sont dans l’angoisse de perdre leur honneur, leur dignité et leur statut.

 

Les grandes migrations du début du IIIème millénaire peuvent-elles donner lieu à un métissage constructif ? La réponse à cette question n'est pas simple, parce qu'elle dépend à la fois de la vitalité biologique et culturelle de la société d'accueil et de l'attitude des migrants eux-mêmes, soit qu'ils aspirent à s'intégrer dans la société qui les accueille, soit qu'au contraire ils veuillent y importer non seulement leur religion mais aussi leurs mœurs, voire leurs lois. L’accueil doit être proportionné à la capacité d'intégration. Le risque est bien réel que nos sociétés fracturées, en crise aussi bien économique (chômage de masse) que culturelle (école malade), éprouvent des difficultés croissantes à faire du «vivre-ensemble» autre chose qu'un slogan.

La France, de par sa culture universaliste, peut garder un rôle décisif pour que soit relevé le vaste «défi de civilisation» de ce nouveau millénaire.

Si une personne, qui tente de résoudre un problème, ne trouve pas de solutions, c'est que la solution se trouve dans la personne. Pour être résolu, la personne se doit de changer de vision, de comportement et d'élargir sa conscience. C'est elle qui doit changer et non les autres.

Risque Sanitaire France

Les phénomènes de crise tendent à devenir un état normal dans une société moderne qui produit de plus en plus de risques au sein d’une population de plus en plus vulnérable et dépendante. Nous sommes de plus en plus souvent désarmés voire instrumentalisés.

La société agonise car elle ne manifeste pas et n'accepte pas ses dysfonctionnements. Elle maintient en elle le poids de son erreur, alors qu'elle vit une révolution.

La société actuelle priorise les libertés individuelles dans ses choix. Or, les valeurs de la liberté et de la santé publique peuvent être en contradiction dans certaines situations. C'est pourquoi, la société est susceptible de freiner le développement de la santé publique en arbitrant en faveur de la liberté individuelle. Les hommes servent-ils le collectif ou le collectif sert-il les hommes? Les intérêts de la sociétés sont-ils prioritaires à ceux de chaque homme? Les droits de l'humanité sont-ils supérieurs aux droits de l'homme?

 

La société catégorise et divise les domaines et les personnes. Chaque groupe a alors des droits et des devoirs qui lui sont propres. Elle n'intervient généralement pas en amont et ne possède pas de politique globale d'intervention. Elle priorise les groupes aux extrémités et agit dans l'urgence.

Les hommes ne sont plus en quête du salut mais du bonheur sur terre.

Nous sommes en sous-régime social, cognitif et créatif. Nous perdons confiance en nous, envers les autres et le sens de nos expériences.

La société comporte un haut niveau de violence et de sexualité symbolique.

 

La société moderne a changé les rapports sociaux entre les personnes en accentuant la peur, la fuite, la désillusion, l'apparence, l'individualisme, la perte de repère, la recherche de sensations extrêmes, la perte de confiance, la désacralisation de la vie, la dépendance, la recherche du confort, la compétition et la rationalisation. Ce phénomène est accentué par certains médias qui fabriquent les peurs, la violence et la sexualité. Le système manipule par la séduction. La société est superficielle et la mise en scène est permanente. L'homme s'est déconnecté de la nature et en a peur.

Les fractures sociale, écologique, financière de notre société se forment sur la démesure et la mal-être. Toutes les captations entrainent la maltraitance.

Le mal-être cause des problèmes d’addiction. La société de consommation provoque de l'ennui et de l'absurdité. Nous sommes dans une société de loisirs et de plaisirs.

Les personnes que l’on exclut ou que l’on emprisonne sont en parti victime de la société, construction sociale et reflet de la population, qui n’a pas voulu les intégrer, les enrichir et en prendre soin. Ces victimes, par mal-être, peur, angoisse, commettent des violences, devenant ainsi des bourreaux. 

La nature des crimes a évolué. Il y a quelques années, il s’agissait essentiellement de règlements de compte entre bandes. Ce n’est plus uniquement le cas. L’apparition des médias sociaux rend les situations volatiles. Tout est amplifié, relayé et peut très vite dégénérer. Aujourd’hui, avec les réseaux, on retrouve facilement les gens et on multiplie aussi les cas de personnes blessées ou tuées juste parce qu’elles étaient au mauvais endroit au mauvais moment. Le profil des victimes et des agresseurs a changé. Ils sont de plus en plus jeunes, ce sont des adolescents, parfois des enfants. Les attaques sont aussi plus violentes.

Aujourd’hui, les ingrédients pour créer une vraie crise sont tous là : économiques, sociologiques. La corrélation entre le niveau de pauvreté des plus jeunes et la violence est très claire.

Les personnes discriminées ou à la marge de la société sont instrumentalisées pour justifier des choix politiques injustes et inéquitables.

Les gens veulent être libres à chaque instant, sans attachement. Ce désir de flexibilité et d’indépendance entre en contradiction avec la durabilité, la cohésion, la structuration et la solidité des liens.

 

Les pays industrialisés sont préoccupés par ce qu'on appelle les «problèmes de sécurité». C'est un concept erroné. Pour protéger l'élite, les gouvernements réagissent de manière excessive. Les politiques sécuritaires servent d'autres causes et provoqueront de plus grands dangers pour les populations dans les années futures. De nos jours, nous voyons beaucoup de politiciens fantoches.

Il existe une volonté d'instaurer un conflit permanent au sein de la société, en stigmatisant certaines parties de la population. On instaure un état d'urgence permanent qui diminue les libertés. Une fois qu'on accepte la réduction des libertés, on ne peut qu'aller vers encore moins de libertés et plus d'autoritarisme, en banalisant ce qu'on considérait comme impossible auparavant. La menace vient du pouvoir. 

L’augmentation de la sécurité a pour but de maintenir l’élite au pouvoir, de contrôler les adversaires politiques intérieurs et extérieurs, et de se préparer à la guerre. Elle n’a pas pour but initial de protéger la population. Le système enrôle les personnes par l’endoctrinement, en leur enlevant la possibilité de choisir, la liberté, l'ouverture et l’esprit critique.

Les gros bailleurs de fond privés deviennent peu à peu plus puissants que les instances publiques internationales dans l’action, les aides, les résultats dans la lutte contre les maladies au niveau mondial. Ces multinationales privées prennent le pouvoir sur les Etats.

 

La société moderne est chronophage et sollicite constamment les personnes. Les personnes n'ont plus de temps pour eux-mêmes.

Dans notre société du spectacle, les faits et les preuves ne comptent plus. Les informations non vérifiées qui font le buzz font la vérité.

Nous sommes submergés de médias, de politiques qui véhiculent les mêmes discours, répétés continuellement.

Nous sommes devenus des produits, des publicités, des marques qu'il faut développer. Tout converge vers la productivité, la performance et l'égoïsme. Nous sommes rentrés dans une phase de contrôle total par internet et les objets connectés. Tout le monde est surveillé de manière continue. Les applications sont intrusives dans nos vies privées. Les personnes acceptent de bon gré de se plier à cette nouvelle forme de contrôle personnalisé.

L'être humain n'est plus qu'un rouage dans un système complexe dont il ne maîtrise rien et dont il dépend totalement: cadences et répétitions adaptées à l'ère de l'efficacité et de l'optimisation exigées par le principe du temps-argent.

Les gens sont des victimes d'enjeux qui se déroulent au-dessus d'eux, perdants d'une guerre à laquelle ils participent sans même le savoir.

 

La société est soumise à des processus antagoniques de désintégration et d'intégration. Toute l'espèce humaine est réunie sous une "communauté de destin", puisqu'elle partage les mêmes périls écologiques ou économiques, les mêmes dangers provoqués par le fanatisme religieux ou l'arme nucléaire. Cette réalité devrait générer une prise de conscience collective et donc souder, solidariser, hybrider. Or l'inverse domine : on se recroqueville, on se dissocie, le morcellement s'impose au décloisonnement, on s'abrite derrière une identité spécifique - nationale et/ou religieuse.

Le diktat moderne est celui du calcul et du chiffre. Non seulement tout est calcul et chiffre (profit, bénéfices, PIB, croissance, chômage, sondages...), non seulement même les volets humains de la société sont calcul et chiffre, mais désormais tout ce qui est économie est circonscrit au calcul et au chiffre.

Au sein de cette société déshumanisée, nous nous sentons aussi bien étranger dans notre propre famille que seul au milieu de la densité urbaine. Les individus se retrouvent agglomérés sans être en lien. La technique sait détecter les décès, mais n'est pas capable de savoir où se trouve les vivants.

 

Le progrès d'aujourd'hui par sa logique productiviste détruit ce qu'il prétend favoriser. Les nouvelles technologies sont de plus en plus voraces en énergie et en matière fossile. Les nouvelles technologies n’aident pas les individus à communiquer sur le plan sentimental. Elles ont sorti l’individu du collectif pour l’installer dans un endroit désert. La société matérialiste a détruit les sentiments. Tout ce qui unit les individus est en train de se détruire.

Nous avons transféré notre responsabilité de la famille à l'Etat, puis de l'Etat aux sociétés privées. Nous nous sommes déresponsabilisés à l'égard de notre entourage, de notre société et des générations futurs.

A cause de l'impuissance des politiques et du poids des lobbys industriels, les luttes environnementales se radicalisent.

Les experts perdent en légitimité et la puissance publique est décrédibilisée. D’autant que le degré d’expertise dans les mouvements d’opposition et dans les associations a fortement progressé.

Les gens cherchent à être autonome et indépendant pour se couper d’une société au quelle ils n’adhèrent pas et ne veulent pas dépendre d’elle.

 

Les sociétés sont conditionnées par la psychologie et la sociologie humaine, la lutte pour le pouvoir, la satisfaction des besoins, des désirs et de la sécurité. Ce système tente de bloquer toute tentative de remise en question, sans volonté réelle de transformation. Ce phénomène est accentué par le copinage, les clans, la faiblesse de l’esprit des hommes, leur soumission et leur peur.

Le pouvoir n’est pas efficace sans une mise en scène religieuse.

De nombreuses personnes aspirent à entrer dans un monde de pouvoir qui se refermera sur eux, qui les emprisonnera, alors que l'aspiration de chaque personne est de conserver sa liberté. Lorsque le poids des symboles, des responsabilités, des traditions est trop lourd, il écrase les personnes. 

 

Face à ce constat,  il est nécessaire pendant cette période de transition d’accompagner la chute de l’ancienne société pour préparer la naissance d’une nouvelle. Les futurs métiers qui permettront d’apporter une compréhension globale de la société du risque et de permettre une anticipation des crises seront : les data-managers du risque, les modélisateurs du risque, les sociologues du risque et les psychologues du risque. Les risques sanitaires ne doivent plus être seulement perçue comme une contrainte improductive, mais comme une condition de la performance économique et sociale.

Cependant, dans une société de la responsabilité, de la transparence et de l’incertitude, tout processus doit être suivi, tracé, contrôlé, surveillé, évalué et validé selon des procédures. Les tâches deviennent de plus en plus administratives et les actions réelles de moins en moins fréquentes et rapides. C’est le prix à payer pour retrouver la confiance de la population. Comme l’Etat se désengage de plus en plus de son rôle de contrôle et de surveillance, les organismes de certification et d’évaluation vont de plus en plus être nombreux à se développer à l’avenir.

Une politique de processus constructif et démocratique est la voie du milieu entre une politique de moyen qui est généreuse mais coûteuse et non-efficace et une politique de résultat qui est efficace mais cynique et limitative.

Il est nécessaire de mettre en œuvre la démocratie sociale, en travaillant avec les syndicats, la démocratie d’opinion, en organisant un débat citoyen, et la démocratie politique, en débattant avec les représentants de la population.

La puissance publique doit mieux organiser le débat qu’elle ne le fait si elle veut éviter les conflits. Une déclaration d’utilité doit être irréprochable juridiquement. Si elle donne lieu à contestation, que les procédures sont trop longues, cela fragilise le débat.

Une rationalité sociale sans rationalité scientifique reste aveugle, mais une rationalité scientifique sans rationalité sociale reste sourde

Ulrich Beck

A la période des lumières, la science a pris la place de Dieu. Cette époque a sacralisé la science et la technique. Cela a conditionné l’émergence de la société dont nous sommes les héritiers avec une idée centrale : l’histoire a un sens, les souffrances passées vont permettre l’émancipation de l’humanité. C’est ce qu’on a appelé le progrès.

Le progrès, notamment l’idée que le perfectionnement continu des techniques se traduit par une amélioration des conditions matérielles et morales de l’humanité, est devenu illusoire avec la deuxième guerre mondiale et l’explosion des deux bombes atomiques au-dessus de Nagasaki et d’Hiroshima.

Le Progrès est une idée holistique. Il s’agit d’améliorer la technique, la société, les individus, les rapports entre individus. Le Progrès est une idée qui comporte un aspect moral.

L’innovation est un mot à signification restreinte au domaine technique. C’est une idée conservatrice d’un avenir qui ne différerait du présent que par les techniques et surtout pas par les structures sociales ou politiques. Tout au contraire, l’innovation a vocation à alimenter le brasier de la sacro-sainte compétition et de la guerre de tous contre tous.

La course à l’innovation relève de vouloir sortir de soi-même. La course contre le temps relève d’une peur de la mort. Le désir permanent de sortir de sa condition humaine n’en relève pas moins.

Le recours aux technologies limite mécaniquement l'intervention humaine dans l'activité économique, d'où son impact sur l'emploi. Les deux-tiers des emplois aujourd'hui existant dans les pays en voie de développement devraient disparaître avec l'automatisation de l'économie.

 

Schématiquement aujourd’hui, on a une innovation linéaire, prévisible, de l’autre un progrès réticulaire et chaotique. On passe d’une découverte individuelle protégée par un brevet à une découverte collective, qui émerge dans une communauté.

La place prise dans le débat public par les thèses de Schumpeter ou Kondratiev, la lecture de l’histoire économique en cycles et les thèses sur la « destruction créatrice », est étonnante. Il faut voir comment toute une frange néo-libérale s’approprie ces thèses pour rendre légitime un certain laisser-faire : si l’innovation c’est cyclique, mieux vaut ne pas trop légiférer maintenant pour ne pas empêcher une phase de création d’arriver.

La lecture en cycle est une grille de lecture qui ne peut en aucun cas guider une politique économique d’innovation car elle aplatit systématiquement le réel. Il faut au contraire en appréhender la complexité si l’on veut répondre aux enjeux qui sont les nôtres aujourd’hui.

Les personnes qui portent des projets le savent, ce sont les enjeux politiques, économiques, de pouvoir, qui font la réalité. Ce n’est pas une personne dans son coin qui va avoir une illumination qui va permettre la diffusion d’une technologie. C’est la rencontre d’un ensemble de publics autour de sujets précis, c’est la construction d’un discours qui crée l’émulation et c’est la diffusion dans les différentes strates de la société qui fait l’innovation.

L’accélération monstrueuse de la vie habitue l’esprit et le regard à une vision, à un jugement partiel et faux. […] Faute de quiétude, notre civilisation aboutit à une nouvelle barbarie. A aucune époque, les hommes d’actions, c’est-à-dire les agités, n’ont été plus estimés. L’une des corrections nécessaires qu’il faut entreprendre d’apporter au caractère de l’humanité sera donc d’en fortifier dans une large mesure l’élément contemplatif.

Friedich Nietzsche

Les finances publiques des pays riches sont très dégradés.

Les personnes sont de plus en plus pauvres, de plus en plus vieilles, dans une société avec de moins en moins de travailleurs, et des ressources énergétiques qui coûtent de plus en plus chères.

Nous sommes dans un processus politique de dévolution des responsabilités vers les collectivités et les individus et une déresponsabilisation des instances gouvernementales en matière de santé dans un contexte de diminution des ressources.

 

La concentration des richesses et des pouvoirs par le regroupement et la fusion, participe à un mouvement de financiarisation et d’industrialisation et détruit la multitude et la diversité. Le modèle qui en résulte, est un modèle libéral de dérégulation. Celui-ci dépend fortement d’apport massif en capitaux et éloigne le pilotage du modèle, du citoyen vers les détenteurs de capitaux. Il incite aussi à des pratiques destructives de l’environnement pour pouvoir rembourser ces investissements à court terme, contrairement à un développement durable de type familiale transgénérationnel, qui pousse à l’investissement dans la durée. Les revenus générés par ce modèle sont en fait ponctionnés sur la nature et la société.

Dans le même temps, un désengagement financier de l’Etat et la dérégulation affaiblissent le système de régulation et de partage des richesses. Les instruments de la politique publique se modernisent tout en s’affaiblissant.

Le système de régulation dépend des avis donnés par des commissions. Les avis, quoique technique, sont éminemment politiques et dépendent de la composition des commissions. Le système de régulation se trouve aujourd’hui divisé entre son objectif de partage et l’objectif de rentabilisation.  La vision d’une politique rentable à court terme pousse à la dérégulation.

Lorsque le capital prend le pas sur le travail, les emplois diminuent et la valeur ajoutée de l’activité quitte le territoire. Par des jeux d’achats de part de sociétés, le marché s’opacifie, rendant la régulation impossible.

 

Le projet de l’Union européenne est l’unité par le marché.

Les luttes de pouvoir et d'influence au sein de l'administration sont redoutables. De nombreux hauts fonctionnaires souffrent de dépression. Ils sont mal aimés dans les pays dont les dirigeants ne cessent de les critiquer.

L’union européenne a poussé la France à intégrer la logique de résultats, au lieu de la logique de moyens.

L'Etat français a peiné à s’approprier les principes d’action de l’Union européenne dans le domaine de l’environnement : les notions de développement durable, de principe de précaution, de correction à la source lui étaient étrangères. Alors que le droit de l’environnement en France est faible, centré sur la protection de certaines zones (littoral, parcs naturels), l’Europe a imposé des objectifs ambitieux dans des ensembles vastes que la France peine, encore aujourd’hui à atteindre. L’exigence concrète et quantifiée de résultats (prescription d’objectifs chiffrés, quotas, critères de qualité obligatoires) n’est pas au départ familière à l’administration française.

Les politiques ne sont pas dénués de principes mais ont aucune vision. L’Europe est fragile et a une dépendance forte vis-à-vis des Etats-Unis. Les institutions politiques sont faibles.

La banque centrale européenne n’est qu'un guichet pour les entreprises ou les pays, et pas du tout une Banque de l’Union européenne. L’administration européenne utilise à peine 1% de la richesse européenne. L’argent est distribué par les pays, sauf pour les aides à l’agriculture distribuées par la commission européenne. La stratégie de l’Union européenne est essentiellement défensive, elle n'a pas d'ambition de puissance.

La banque centrale européenne donne des liquidités et rachète les dettes des états en déficit. Mais sans réforme des états pour combler leur déficit et des mesures pour relancer la croissance, la zone euro restera avec une croissance faible. La banque centrale continue sa politique expansionniste malgré les risques qu’elle représente.

Les entreprises payent des lobbyistes pour convaincre les fonctionnaires et les députés, substitut de la corruption. Les efforts de l’Union européenne sont tournés vers la préservation de ce que les pays ont et, pour cela, ils estiment que les intérêts des entreprises doivent primer.

La diplomatie du lobbying est une vraie industrie. Elle n'est contrôlée par aucun parti, a pignon sur rue et génère des dizaines de millions d'euros de profits, juste avec du papier et des mots. Dix mille de ces "soldats de l'influence" figurent sur un registre établi par les organes centraux. Mais ils seraient 30.000 au total.

L’administration des pays de l’UE au sein de la commission gagnent de l’influence au dépend de l’administration de la commission européenne. Aucune décision de la commission ne peut être prise sans l’aval des gouvernements des pays.

 

Les eurodéputés se sentent souvent mis hors-jeu par la Commission qui, bien que n’ayant pas été élue, maintient une ligne politique claire et est la seule à pouvoir proposer des lois et à pouvoir mener des négociations. Pour sa part, la Commission ne cesse de se heurter au Conseil européen : les chefs d’État et de gouvernement qui le composent se montrent de plus en plus réticents à donner leur accord quand il s’agit de sujets de première importance.

Les hauts fonctionnaires de l’UE sont plus sensibles que par le passé à la pression qu’exerce la Représentation permanente d’un État membre. Il leur arrive de recevoir des coups de fil du type : “J’ai appris que vous étiez en course pour une promotion… de ce fait, j’espère que vous comprenez qu’il vaut mieux cesser d’appuyer telle ou telle sanction…”. De même, l’autocensure ne manque pas d’agacer. Ils sont conscients que toute décision doit être approuvée par les États membres, et que les eurodéputés ne veulent pas perdre de vue leurs électeurs.

Les eurocrates sont d’avis que l’atmosphère s’est durcie. Depuis des années, beaucoup ont trouvé dans les antidépresseurs et l’alcool de fidèles alliés. L’individualisme, la solitude et l’esprit de compétition semblent s’être aggravés en raison de l’augmentation du nombre des États membres, de la montée des eurosceptiques et des coupes budgétaires. Les contrats à durée indéterminée ne vont plus de soi ; chaque année, des milliers de personnes postulent alors qu’il n’y a qu’une centaine de postes à pourvoir. Les gens qui partent ne sont pas remplacés, ou uniquement pour une période limitée.

 

L’Allemagne a un poids prépondérant dans les choix de l’Union européenne. Les fonctionnaires et les lobbyistes britanniques sont les plus actifs et jouent les premiers dans les institutions européennes.

Les partis de l’UE jouent un rôle central, moins comme vecteur idéologique que parce qu'ils sont la fine trame sur laquelle se nouent des coalitions d'intérêts nationaux. Plus ces luttes d'intérêts sont vives, plus le centre exécutif est à la fois nécessaire et fragile.

Il y a une primauté du fait juridique, avant les rapports de pouvoirs, car le droit est le seul langage commun. Les combats politiques se transforment en débat juridique.

L’Union européenne est sans pouvoir mais est responsable de tout selon les pays et la population.

Nous sommes actuellement dans une recomposition de l’Union européenne.

 

Il existe des tensions entre la formulation nationale des stratégies de santé environnementale et les processus locaux de mise en œuvre.

Le programme européen REACH favorise la mise sur le marché de nouvelles substances chimiques, en traitant pas des synergies potentielles entre elles (effet cocktail), ou parce qu’il laisse une place prépondérante à l’expertise des industries elles-mêmes dans l’évaluation des substances chimiques.

 

L'Etat français est centralisé et corporatiste. Le service publique sur le terrain n'a qu'une faible responsabilisation. Il n'a ni le choix de son organisation, ni les moyens, restreignant les marges d'initiatives. Les politiques sont interventionnistes et l'administration centrale a tendance à tout contrôler. La corporation s'exprime par des groupes, structurés et influents, qui protègent leur pré carré au détriment de l'intérêt général.

Lorsqu’il y a des intérêts financiers et industriels, le gouvernement s’engage très facilement et rapidement. Lorsqu’il n’y a que des intérêts sanitaires et sociaux, le gouvernement ne s’engage que très peu. L’industrie et la finance prime toujours sur la santé et le social.

La santé est souvent utilisée comme un prétexte pour engager l’action, alors que les véritables motifs sont économiques.

 

L'Etat cherche une meilleure adéquation entre les missions de l'administration et leurs moyens financiers. Il est dans une logique de prouver son efficience par la recherche de résultats, à la manière d'une société privée. Ainsi, il essaye de mettre en place des outils juridiques associant recherche de la performance et responsabilisation des agents. Pour le moment, il se limite à la recherche d'économie sans redéfinir le périmètre de ses missions.

Lors des lois de décentralisation, la France, encore très étatique, a décentralisé son pouvoir très modestement et de façon très encadré aux autres Collectivités. Elle n’a pas donné aux Collectivités les moyens de s’affirmer comme puissances organisatrices impulsant des dynamiques territoriales. La dévolution des compétences et les charges des missions, est restée imprécise.

La politique de décentralisation de l'Etat n'est pas de faire un rééquilibrage en Paris et la province, mais de faire une distinction entre l'administration rurale et urbaine. La politique de décentralisation a toujours été et reste un politique d'état.

 

L’État ne peut pas tout. Les caisses sont vides, les budgets sont diminués. L’intérêt général ne peut plus se résumer au seul service public. L’Etat se désengage et laisse la place au secteur privé. L’Etat se veut pilote mais plus acteur.

L’Etat a ses marges de manœuvres financière et politique, qui reculent. Il se crispe sur ses pouvoirs et a peur de les perdre.

L'Etat perd de plus en plus en substance dans un monde où de nombreuses décisions lui échappent. La légitimité de l'intervention de l'Etat est aujourd'hui remise en cause. Mais la privatisation des services publics entraîne un système d’humiliation et de contrôle social de la population.

L’Etat ne semble plus en mesure de maîtriser la course de l’histoire : on le voit incapable face aux pressions de l’environnement, aux contraintes économiques, aux flux démographiques comme aux inventions biotechnologiques, dans un contexte social marqué par une individualisation croissante des conditions. Cette situation, qui génère de fortes inquiétudes chez une population rassemblée dans une sorte de communauté de la peur fait naître un besoin de stabilité et de repère.

Les personnes ne croient plus au mythe politique de l’Etat nation. Les Etats ne sont plus maîtres de leur destin.

 

Le pouvoir de la région est de plus en plus affirmé, car il correspond à l'échelon territoriale le mieux adapté à la conduite de politiques publiques dans un cadre européen et mondialisé.

L'Etat doit s'effacer au dépend de l'Union Européenne, et les régions doivent se renforcer pour faire face à la montée en puissance des métropoles. L'Etat cherche à affaiblir les départements au profit des régions.

Les 2 niveaux qui ont le plus de pouvoir sont l’Etat et les collectivités municipales, mais l’Etat garde le pouvoir car les communes ne sont pas autonomes financièrement et dépendent de l’Etat.

L’état signe des conventions avec les villes pour déléguer à celles-ci de plus en plus leurs charges, leurs dossiers, leurs procédures. L’action de l’Etat se réduit de plus en plus.

 

Le XXIème siècle sera porté par les villes monde et non par l’Etat nation. Nous sommes rentrés dans une logique d’agglomération, où la richesse est créée dans les villes. Les pays centralisés auront un avantage, car ils centralisent leur pouvoir et leur richesse sur une seule ville.

Le partage de la connaissance est beaucoup plus complexe à faire au niveau d’un pays, qu’au niveau des villes. Au sein des villes, il y a beaucoup plus d’opportunités.

De façon plus générale, les villes sont l'avenir du monde. Elles concentrent les crises économique, écologique, humaine, la crise de l'emploi, celle du logement et donc les solutions pour y remédier.

Les grands défis de l'administration sont: la démocratie locale, l'efficacité économique et sociale et la solidarité entre territoire.

 

L’intérêt de l’Etat est l’intérêt public (technicoéconomique), avant l’intérêt général. L’Etat défend ses propres intérêts. Le président et les ministres ont peu de pouvoir sans aide de l’extérieur. L’administration est capable de court-circuiter un ministre si les idées politiques vont à l’encontre du système technico-administratif.

L'Etat transfère une partie de ces compétences régaliennes en sécurité sanitaire aux communes, intercommunalités et aux métropoles. Mais de nombreuses communes n'ont pas les compétences techniques pour assurer ces missions. Elles délèguent donc une grande partie de leurs missions sanitaires et environnementales à des sociétés privées, qui n'ont pas un regard neutre et le souci de l'intérêt général. Les missions d'inspection ne sont donc plus faites de façon assidue, consciencieuse et transparente.

Le secteur privé voit bien que l’Etat souffre. Il en profite pour être plus intrusif, s’immiscer dans ses décisions.

La politique d’économie accentue le phénomène de substitution : des personnes peu compétentes et peu formées à la place des fonctionnaires pour des tâches à responsabilité. Ces personnes ne savent pas gérer une situation en cas de défaillances et de crises.

 

De nombreuses lois sont élaborées avec les grandes entreprises multinationales, qui les influencent à leur avantage.

La démocratie est constamment constituée de compromis entre les différentes parties prenantes, afin de former un consensus et établir un semblant d’unité.

Les faiblesses de l’Etat sont : manque de dialogue social, manque de transparence, manque de démocratie, manque de pédagogie, manque de confiance, manque de cohésion sociale.

Les dysfonctionnements de notre démocratie touchent : la dimension représentative, la confiance liant les gouvernants et les gouvernés et la légitimité de ceux qui ont le pouvoir.

Il faut que la vie comporte une forte dose de bon sens. Accepte ce qui est, laisse aller ce qui était, aie confiance en ce qui sera.

Citation bouddhiste

La vie est un mystère parce qu'elle est mouvement.

Soeur Emmanuel

Le ministère de la Santé externalise de plus en plus ses missions de terrain (inspections et analyses) à des sociétés privées pour se recentrer sur des tâches administratives. Il se réfère de plus en plus souvent à des auto-contrôles effectués par les entreprises elles-mêmes. Cette externalisation ne peut plus garantir la neutralité, car les prestataires et les entreprises sont parties prenantes. Il y a donc des arrangements, au détriment de l'intérêt général.

Le ministère de la Santé perd de l'importance au profit des agences publiques de sécurité sanitaire. Il n'a plus de lien hiérarchique directe avec les agences régionales de santé, qui fonctionne en partie de manière autonome du ministère et de la préfecture. Le système de santé publique en France tend à se transformer de la manière suivante: les agences de sécurité sanitaire surveillent des indicateurs de risque et donnent des avis sanitaires, les entreprises privées surveillent et gèrent leurs propres risques, le ministère de la Santé rédige des projets de loi et transpose des directives européennes, les agences régionales de santé valident et contrôlent la conformité des procédures, et les prestataires extérieurs effectuent les analyses et les contrôles réglementaires pour le compte des agences régionales de santé.

 

Le ministère de la Santé réduit de plus en plus ses effectifs et ses actions pour se consacrer à ses tâches de base. L'assurance maladie se désengage de certains remboursements et de la prévention pour ne se consacrer qu'aux remboursements des urgences, des pathologies lourdes et chroniques. Les assurances privés prennent le relais et sont de plus en plus en charge des remboursements des maladies communes et de la prévention. Le secteur privé développe, dans une logique d'économie, la prévention qui peut potentiellement se transformer en surveillance via la big data et les objets connectés; le privé ayant la capacité d'imposer des interdictions, des punitions et de fixer ses propres règles. Une part du déficit de l’Assurance maladie est liée aux coûts élevés des nouveaux médicaments et au vieillissement de la population.

Pour atténuer la diarchie de la politique de santé entre l’Etat, compétent sur les établissements de santé, et l’assurance maladie, responsable de la relation conventionnelle avec les prestataires libéraux, la loi de modernisation du système de santé donne à l’Etat le pouvoir de définir des orientations avant la négociation conventionnelle.

 

La dette de la sécurité sociale favorise le développement d’un politique de prévention. Le système de santé cherche sa soutenabilité et essaye de se développer de façon durable.

Nous sommes dans un système d’agences de santé : l’agence de santé publique France a une approche par maladies, l’ANSES a une approche par environnements, l’ANSM a une approche par produits.

Le ministère de la Santé est le ministère le plus faible concernant la santé publique, face au ministère des Finances, au ministère de l'Agriculture et au ministère de l'Environnement. Nous assistons à une lutte sanitaire, économique et sociale entre les intérêts de la santé publique, de l'environnement, du travail et de l'économie.

 

Le ministère de la Santé perd de plus en plus de son influence au profit d'autres pôles de santé qui ne font plus partie directement de sa structure: les agences régionales de santé, l'agence nationale de sécurité du médicament, les agences de sécurité sanitaire, l'autorité de sureté nucléaire, l'Assurance maladie.

La formation des grandes régions provoque une plus grande autonomie des agences régionales de santé dans la déclinaison territoriale des politiques de protection et de promotion de la santé.

Les associations reconnues d’utilité publique par l’Etat deviennent plus puissantes, en rassemblant les victimes, grâce à la possibilité de d’attaquer judiciairement les entreprises ou l’Etat par des actions de groupe (ou class action) en cas d'atteinte à la santé, ou de discrimination sociale ou de préjudice en matière de consommation ou concurrence. Les atteintes à l'environnement ne sont pas encore pris en compte. Les associations sont de plus en plus concertées lors d’élaboration de plans et de programmes.

 

Alors que les États européens insistent sur la nécessité de développer des politiques publiques de santé environnementale, les résultats obtenus des plans nationaux de santé environnement sont particulièrement limités. Les principaux obstacles auxquels les politiques publiques de santé environnementale font face proviennent de leur manque de reconnaissance politique au niveau national, notamment vis-à-vis du concept de développement durable, de leur confinement à des mesures d’encouragement de la recherche scientifique, limitant leur capacité à atteindre des acteurs situés en dehors de communautés spécifiques,  de l’absence de systèmes d’indicateurs en mesure d’évaluer de façon satisfaisante les enjeux de santé environnementale et les résultats des politiques mises en œuvre.

La fin est dans les moyens comme l'arbre est dans la semence.

Mahatma Gandhi

Il faut regarder la santé comme un investissement. Il n’y aura pas de transformation sans accompagnement financier.

Il faut sortir d’une vision à un an, bloquée autour des discussions annuelles du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFFS). Il faut aller vers une vision à cinq ans, avec une loi de programmation sanitaire qui procure de la visibilité, en cohérence avec la stratégie nationale de santé.

Avec près de 10 millions de personnes en affection longue durée (ALD) et jusqu’à 15 millions de malades chroniques, c’est tout un système qu’il faut repenser. L’hôpital est surtout soumis au contrecoup d’une très mauvaise organisation des soins de ville. Nous avons trois difficultés dans ce que l’on appelle la médecine de premier recours : les déserts médicaux, l’insuffisante coordination des soins et la faiblesse du travail en équipe.

Il faut définir un optimum sanitaire à atteindre par territoire et laisser les acteurs s’entendre sur la solution. Il faut ouvrir aux agences la possibilité de mixer des crédits enfermés dans des logiques d’enveloppe.

Les dépenses de santé en France sont à 11 % du PIB. L’Etat a probablement tous les outils après trois grandes lois - 2002, 2009, 2016 -, mais ce sont les priorités qu’il faut mieux identifier, pour fédérer les acteurs autour de la même perspective : l’accès de tous à des soins de qualité en tout point du territoire.

La cohésion de la vie est assurée par des forces colossales d'attraction. Tout attire tout.

Soeur Emmanuel

Nous sommes aliénés aux rouages du système. L’industrie ne doit ni ne peut jamais s’arrêter. Elle doit progresser, encore et toujours, coute que coute, sous tous les gouvernements, de gauche comme de droite. Présentée comme la structure fondatrice de toute société civilisée, on ne questionne plus sa légitimité ni sa place : elle « EST » et doit grossir en mangeant toutes les ressources à sa portée. Le progrès doit progresser, et ce, même s’il faut bétonner jusqu’à la moindre parcelle de terre, même s’il faut produire jusqu’à l’épuisement de toutes les ressources. Tant que la Croissance est au rendez-vous, tout est bon à prendre. Nous nions que nos modes de vie sont à l’origine de ces problèmes en rejetant la responsabilité sur d’autres, cédant aux politiques les plus réactionnaires.

Vous pouvez toujours affubler le mot « croissance » des adjectifs sympathiques, « verte » ou « durable », ou le cacher derrière le mot « développement », moins critiqué et moins critiquable, ne changera rien à cette réalité. Car ces mots en cachent d’autres, devenus pratiquement tabous : capitalisme, consumérisme, productivisme, extractivisme, néolibéralisme. Tant que ces réalités qui sous-tendent les structures mondiales ne seront pas remises en question, tout le développement durable et toute la bonne volonté du monde seront dissous par le poids des quantités produites et des ressources qu’elles réclament.

Quand je discute avec les scientifiques, ils me font peur : au nom de leur liberté dans leur univers de spécialisation, ils défendent souvent une éthique de la circonstance et non une éthique du projet.

Edgar Morin

Le monde technico-économico-scientifique a réussi à imposer ses valeurs et sa vision du progrès. Il a poussé les Etats à avoir des conduites rationnelles, ce qui a permis l'émergence des agences publiques de recherche scientifique. Cependant, plus les agences publiques d'évaluation scientifique sont autonomes, moins les politiques et les ministères ont du pouvoir et de l'influence. L'influence du secteur scientifique augmente et devient incontournable. Les politiques se voient contraints de suivre obligatoirement les avis technico-scientifiques, de peur de se retrouver devant la justice dans le cas d'une catastrophe et d'être accusés pénalement pour ne pas avoir suivi les consensus scientifiques et les avis techniques. Les politiques arrivent alors à légitimer des actions et une vision technique (voire à nier leurs effets secondaires), qui s'élaborent sans eux et ne dépendent plus d'eux, mais du monde technico-économico-scientifique, dont ils sont sous perfusion.

Les politiques doivent s'appuyer sur une science mouvante, incertaine, dont les avis sont constamment renouvelés en fonction des résultats des recherches scientifiques. Ils s'appuient donc sur une science molle, pour prendre des décisions dures et fortes, d'autorisation ou d'interdiction, avec des enjeux importants sanitaires et économiques, pouvant impacter la cohésion sociale. Cette situation provoque une responsabilisation et une judiciarisation importante de la politique, ainsi qu'une politisation de la science.

Les techniques poussent à leur auto-développement, car les structures qui ne les acceptent pas, deviennent moins performantes et perdent dans le jeu de la concurrence mondiale. La culture de la performance devient un cercle vicieux de destruction en se servant des techniques et des sciences. Il existe un déterministe technologique sans borne sur lequel nous n’avons aucune maîtrise du processus.

La technique des sociétés privées utilise les vulnérabilités et les limites de perception de l’homme pour capter son attention. Elle oriente le choix par les récompenses. Elle suscite en nous la peur de rater quelque chose d’important. Elle nous instrumentalise en utilisant le regard et les jugements des autres qu’ils ont sur nous. Elle utilise la politesse et la réciprocité pour nous pousser à faire des actions. Elle nous met sous perfusion de contenu. Elle multiplie les interruptions intempestives. Elle nous oblige à multiplier les tâches et à faire des détours. Elle nous complique la vie si on veut partir du système. Elle rentre par la petite porte et prend par la suite toute la place pour se rendre indispensable.

 

Le progrès technique n’a pas de cadre réglementaire. Il est de dehors de la légalité et de l’illégalité. Il ne peut pas être régulé. Les politiques pensent que les questions éthiques et de contrôle sont des freins à l’innovation dans cette course à la puissance. Nous nous trouvons dans une logique de fuite en avant.

Nous sommes dans un espionnage et une influence constants avec l’analyse et le filtrage des données via internet, par les puissances économiques. Tout le monde est sous surveillance et peut être la cible d’attaque informatique. Les supercalculateurs sont utilisés à cette fin. La révolution numérique représente une menace, car les groupes ou puissances étatiques, qui agissent sans contrainte légale ou de proportionnalité, peuvent utiliser leurs capacités numériques pour améliorer leur surveillance et leurs attaques.

 

Les discussions sur la règlementation ne commencent que lorsque les technologies sont déjà prêtes à être mises sur le marché. Ce n'est donc qu'à ce moment-là que naît la prise de conscience par les citoyens, des enjeux qui y sont liés, et notamment les dangers potentiels, souvent mis en lumière par les médias ou des groupes d'influence; ce qui de facto éveille un intérêt tardif au niveau politique.

Les algorithmes, qui se nourrissent et produisent aussi eux-mêmes de la donnée, sont de plus en plus puissants et opaques.

Les algorithmes enferment les individus dans une bulle en ne les exposant qu’à des idées ou à des informations dont ils se sentent déjà proches. Les algorithmes façonnent les personnes à reproduire les mêmes schémas sociaux.

Les systèmes (la big data, l’intelligence artificielle) sont d’abord conçus par des humains, qui y inscrivent sans s’en apercevoir leur vision du monde et leurs préjugés.

Les humains et le monde sont réduits à des données. La société est gérée mécaniquement. Le numérique est l’instrument d’une société managériale. Les mesures et le chiffrage ouvrent une société de normes et de contrôle, où la gestion par le fichier et la norme remplace l’homme. Le numérique augmente la surveillance, la gestion des vies et les puissances du néo-libéralisme.

 

En cumulant le chiffre d’affaires des huit plus gros vendeurs de données personnelles au monde, on dépasse 460 milliards de dollars par an. Ces néopétroliers sont Google, IBM, General electric, Amazon, facebook, Uber, Cloudera et Kaggle. Chaque heure de vie privée qui leur est consentie alimente un réseau de données dont la porosité aux services secrets est avérée.

Les multinationales technologiques, devenus aussi puissantes que des Etats, sont en mesure de modifier les grands flux d’investissements mondiaux.

 

Les programmes informatiques sont perçus à tort comme infaillible.

Le développement des outils technologiques est directement lié à la recherche du profit.

La technique n'est pas neutre, il ne suffit pas de la collectiviser pour la rendre acceptable. Elle porte en elle un système de valeurs. Chaque alternative est attachée à des enjeux moraux.

Il n’y a pas de donnée « brute » ou « naturelle », elle est toujours le fruit d’une construction, collectée en fonction d’objectifs qui présentent des biais.

Les questions non résolues par la recherche entrainent une demande encore plus grande de recherches scientifiques. Plus nous cherchons la précision, plus les études scientifiques doivent être grandes et importantes. La recherche alimente la recherche par l’incertitude qu’elle produit.

Le système technico-économico-scientifique a ceci de redoutable qu’il se légitime lui-même. Bien qu’il soit producteur de risques, il nous convainc qu’il est au service du bien. Son développement vient de l’illusion de la séparation, de la non-conscience de notre place au sein d’un vaste ensemble interdépendant. Chaque crise est utilisée pour montrer l’utilité du système technico-économico-scientifique, alors qu’il en est lui-même en partie la cause.

 

Certains processus de décision automatisés ou algorithmes, basés sur des évaluations probabilistes de risque, sont biaisés dans des domaines aussi déterminants pour un individu et une société démocratique que la justice, la santé et l’éducation. Ils prennent souvent la forme de systèmes de scoring (notation) qui évaluent les individus. Mais il y a des opinions et des valeurs implicites incrustées dans le code, ce qui fait que les évaluations sont auto-réalisatrices, formant ainsi un cercle vicieux. Ils empirent la situation au lieu de l’améliorer. Par exemple, si votre risque de récidive de délit basé sur vos conditions socioéconomiques et votre milieu social est élevé, vous resterez plus longtemps en prison. De nombreux algorithmes utilisés dans des lieux déterminants et menant à des décisions cruciales ne sont pas contrôlés. Du fait du système de valeurs inséré dans l’algorithme, les processus de décision automatisés augmentent les inégalités. On ne peut pas accepter aveuglément les résultats et se contenter de dire que c’est scientifique. La technologie en soi ne va pas rendre le monde meilleur. La science qui va vers le progrès humain n’arrive pas par elle-même, mais par la prise en compte du progrès humain par les humains eux-mêmes qui font la science.

Certains géants du web font uniquement fortune en permettant à des centaines de millions d'habitués de se construire des images d'eux-mêmes valorisantes.

Le modèle économique de l’intelligence artificielle se nourrit de ses données utilisateurs.

Nous allons passer du contrôle de l’argent à celui du temps : temps de la transmission de données. Il y a deux manières de contrôle : soit l’accélération, soit le ralentissement.

 

Les techniques ne favorisent pas la paix. L'étanchéité entre civil et militaire est illusoire, mieux vaut parler de consanguinité. La possession des techniques donne de la fierté, de l'assurance et l'illusion de superpuissance.

Les nucléaires civil et militaire ont toujours été étroitement liés. Ce sont généralement les choix militaires qui s'imposent sur les choix civils.

La conception d’armes numériques nécessite des moyens colossaux. Cependant, une fois crées, ces armes deviennent facilement répliquables à l’infini. De nombreuses variantes sont déclinées par les adversaires. Elles échappent toujours à leur concepteur.

 

L’homme augmenté est d’abord un homme diminué. Nous vivons dans un monde dominé par des multinationales, où les humains, drogués, le corps bardé d’appendices technologiques, s’évadent en se connectant à la matrice ; où le cyberespace est manipulé par des hackers et des intelligences artificielles.

Les personnes ont des difficultés de se décrocher de la technologie car elle est pratique et rassurante.

Ce système, même légitimé par les idées les plus nobles, procède de cette croyance plus ou moins consciente d’être à part ou supérieur. Derrière cette conviction se cache toujours la peur, celle-là même dont toute la violence découle.

 

Les sociétés sous-traitent nos connaissances et notre culture aux moteurs de recherche.

La technologie est un projet de déconnexion de l’homme avec son environnement naturel.

La technologie ne promeut plus l’effort. On ne laisse plus de place au hasard, à l’ennui, à l’apprentissage de la patience, de la lenteur, de la réflexion : tout doit devenir rapide, efficace, on veut tout, et tout de suite.

La Blockchain via internet est une technologie de livre informatisé des comptes qui permet de certifier des échanges de manière décentralisée, sans intervention des intermédiaires classiques de la certification. Le code informatique ou contrat intelligent, définit le droit, à la place de l’homme.

 

L’intelligence artificielle contrôlé par le secteur privé cherche à mieux nous comprendre pour mieux nous manipuler.

Internet peut être la source de crise par la rapidité, la faculté à démultiplier les informations, le relatif anonymat qui y règne, la faiblesse des moyens de réaction, l’accroissement de la compétition commerciale internationale et les rumeurs.

La rumeur émerge plutôt lors de périodes de tensions racistes, religieuses ou commerciales. Elle s’attaque prioritairement aux entreprises emblématiques et aux marques leaders .L’accroissement de la compétition industrielle renforce les probabilités de déstabilisation organisée pour laquelle la rumeur est un outil particulièrement efficace de par sa fluidité de transmission.

 

Dans la société du spectacle, amplifiée par les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, nous devenons tous des voyeurs et en même temps des joueurs, enfermés dans notre réseau. Nous sommes devenus des victimes obligées de jouer sous peine d’être exclu par la communauté. Le lien social devient un asservissement.

Dans ces conditions, notre vie ne nous appartient plus. Elle est visionnée, jugée, échangée en permanence. Elle est dépendante des autres.

Les réseaux sociaux sont une drogue liée à la popularité, comme pour les hommes politiques et les stars, dont leur survie sur la scène médiatique dépend de leur audience.

Les algorithmes, l’intelligence artificielle sont les miroirs des hommes, de l’âme humaine.  Les moteurs de recherche sur internet sont une grille de lecture de la façon dont pensent les gens.

 

La surconsommation de technologie entraine une addiction, un sentiment de mal-être. L’horizon, c’est de ne plus jamais débrancher.

Les personnes deviennent des robots qui cochent des items sur des logiciels. Leurs outils de travail se sont dématérialisés, leur vie professionnelle jargonisée.

Par crainte d’être pénalisé, la prescription technologique est très forte. L’élite politique, en proie à la tyrannie du benchmark et des comparaisons internationales, ne s’oppose pas, par définition, à la modernité technologique. La population et les politiques sont angoissés par le chômage.

 

Les techniques utilisées sont si subtiles que vous n’en êtes pas conscient. Une fois plongé dans la réalité virtuelle, vous risquez d’être influencé sans même le savoir. Il ne faut pas croire tout ce que l’on voit sur Internet. Les technologies n’envoient que des informations choisies.

Si vous vous livrez à une conversation en réalité virtuelle, les traits du visage, les expressions, les gestes, l’apparence corporelle et bien d’autres éléments peuvent être modifiés par le logiciel sans même que vous le sachiez. La recherche a démontré que notre apparence et celle des autres dans le monde virtuel risquent de nous influencer dans le monde réel. Ce qui se passe dans le monde virtuel ne demeure pas dans le domaine virtuel.

L’attente sur internet pour certaines opérations est artificielle. Pas du tout pour des raisons techniques. Techniquement, ces opérations prennent quelques millisecondes. Si nous attendons, c’est parce que les interfaces sont fabriquées pour que nous attendions. Pour la raison que nous ne soyons pas effrayés par la vitesse, pour que nous soyons bien certains que ces opérations sont effectuées sérieusement. Les entreprises qui y ont recours sont très nombreuses et appellent ça « l’attente artificielle » ou « l’illusion du travail ».

 

L’histoire des sciences et des techniques est pour une large part celle des ruses permettant d’amener le monde sur cette surface de papier. L’esprit essaye de dominer. Rien ne peut se cacher, s’obscurcir, se dissimuler.

Le progrès s’appuie sur le mythe qu’il faut réparer et améliorer les hommes et le monde pour les parfaire et revenir à l’état primordial du paradis perdu. Les hommes et le monde sont considérés comme imparfaits.

Les technologies d’optimisation ne cherchent qu’à combler les lacunes d’un modèle déjà dépassé, mais elles ne cherchent pas à améliorer le modèle ou à le changer.

L’enjeu est l’absence totale de contrôle de ces entreprises et des puissances techniques, alors qu’elles ont un impact dans tous les aspects de nos vies.

Beaucoup d’aspects de notre vie quotidienne sont manufacturés plutôt que d’être réels. La société technico-économique est fragile et comporte de nombreuses dérives.

Les entreprises mondiales de technologie ont pris le contrôle et prône la transparence pour acquérir les données. Mais ces entreprises mondiales ne sont pas transparentes et ne partagent pas leurs propriétés. Par le biais des outils techniques fournis par ces entreprises, les individus deviennent les acteurs de leur propre surveillance. 

 

Aujourd’hui, le politique a déserté la spécificité de son champ. Hier, il l’a fait au profit de la religion du marché. Aujourd’hui, il le fait au profit d’une société du spectacle. Les hommes politiques essaient de vendre dans leurs discours des produits qui leur permettent d’acquérir un maximum de parts de marché de l’opinion publique. Faisant cela, ils aggravent la crise. Ils ne sont pas crédibles. Ils « gèrent » les opinions et maintiennent, sans les contrebalancer, les pouvoirs des oligarques de l’économie.

On demande à la population de souffrir des risques pour mériter le paradis promis par la technocratie.

L’humain devient superflu et obsolescent, matière première des techniques de production.

Le défi de la modernité est de replacer l’humain au centre, de manière concrète, particulière, pas de manière universelle, réduit à la monotonie, pas de manière homogénéisée.

 

Le concept de progrès agit comme un mécanisme de protection destiné à nous isoler des terreurs de l'avenir. La pensée rationaliste ignore la dimension symbolique et croit que la raison et la science peuvent résoudre tous les problèmes d'existence. Les phénomènes sont toujours expliqués de façon mécanique, alors que ça n'explique qu'une facette.

La modernité qui nous a été imposée est dénuée des valeurs généreuses. La société court vers une épuisante euphorie perpétuelle. La recherche de paradis artificiels mène au désenchantement. Mimer le bonheur ne fait que renforcer le mal-être. Les moyens de pallier la souffrance servent souvent à l'alimenter.

 

Les interactions virtuelles ne viennent pas compléter, enrichir nos relations avec des personnes de chair et d’os, mais tendent à les remplacer.

Les sociétés technologiques sont à la conquête du pouvoir et sont une des plus puissantes forces de changement. Ces sociétés investissement massivement dans les médias et les politiques. Elles doivent être tenus responsables de leurs propos et de leurs décisions.

Nous sommes dans une société des comportements, qui pratique la réduction méthodique des conduites existantes. Les personnes sont réduites au conformisme, assignées à la reproduction automatique de la société et d’eux-mêmes. Ce comportementalisme radical empêche les gens de se déployer, de se diversifier, de s’ouvrir à d’autres univers, de se confronter aux positions communes ou contradictoires.

 

Les algorithmes de décision et les filtres utilisés sur internet créent un dessèchement intellectuel et un appauvrissement culturel. Nous devenons tous égocentrés, séparés des gens qui pensent différemment. 

Les nouveaux médias d’internet avec leurs algorithmes reflètent un nouveau déplacement des aristocraties de la parole et de l’opinion. Les personnes qui contribuent à ses nouveaux médias sont obligées de s’aligner sur les intérêts des médias, s’ils veulent continuer à les utiliser. Ces médias, dans la course à l’audience, ont une stratégie puissante d’influence.

Avec la big data, les logiciels de données ressortent les tendances et les corrélations. Ils fournissent des caractéristiques du profil psychologique des personnes en les enfermant dans des profils types. Le discours des politiques qui utilisent des données devient adapté à l’auditoire selon les catégories sociales et d’âge. Le discours est presque quasi-personnalisé avec des éléments de langage, voire stéréotypée. Or les données analysées sont mélangées dans de grandes bases de données, sont sorties de leur contexte d’énonciation, possèdent de nombreux biais et dépendent de la manière dont les questions ont été posées par l’enquêteur lors du recueil. Enregistrer des données, ce n’est pas écouter les personnes. Une analyse statistique pour diagnostiquer la vie et le fonctionnement d’un pays tend à transformer la politique en technique, où il s’agit d’identifier les bugs dans un système.  Bien que les résultats de l’analyse peuvent paraître neutre, les données de base ne sont jamais neutre de jugements et de valeurs. Les données peuvent même être manipulées pour leur faire dire ce que l’on veut qu’elles disent. Sur une simple analyse, on peut déduire des hypothèses de corrélation mais jamais des liens de causalité.

La numérisation de la société entraîne l’appauvrissement des travailleurs. Les sociétés du numérique font miroiter aux travailleurs un salaire élevé, une souplesse et une liberté d’action. Cependant, les travailleurs deviennent responsables de tout, assument tous les risques et perdent leur autonomie. Ils dépendent totalement des logiciels et de leur grille tarifaire. Les travailleurs sont soumis au logiciel par le système de notation et la possibilité d’être « débranchée » quand les sociétés numériques le souhaitent. Ce système provoque un stress permanent sur les travailleurs.

 

L’humanisme est en crise, car ses fondements sont en train d’être sapés par les découvertes scientifiques comme par les nouvelles technologies. L’hypothèse la plus importante de l’humanisme libéral est le libre-arbitre de l’individu. Or la science explique que les sentiments, les choix et les désirs des humains sont le simple produit de la biochimie. Une fois que nous aurons une connaissance biologique suffisante et assez de puissance informatique, un algorithme pourra parfaitement comprendre, prévoir et manipuler ces choix et sentiments humains. Avec la Big data, vous pouvez déjà avoir une propagande personnalisée. Vous pensez voter librement pour tel candidat ou acheter de votre plein gré telle voiture, mais ce n’est pas le cas. L’autorité sera transmise aux algorithmes, la vision humaniste du monde (choix individuel, démocratie et libre marché) deviendra obsolète.

 

L’avènement des grandes bases de données va créer la nouvelle religion le dataisme. Internet et les algorithmes de décisions ne se basent sur les valeurs des créateurs des algorithmes ou de l’opinion majoritaire. En ce sens, le dataisme ne sera pas éthique, car il ne respectera pas la volonté des plus faibles. Le dataisme prétendera déterminer le futur, le bien et le mal. La valeur suprême de cette nouvelle religion est le flux d’informations. Les hommes ne sont que des outils visant la création de l’Internet. Ce système de traitement des données serait pareil à Dieu. Il sera partout et contrôlera tout, et les êtres humains sont destinés à se fondre en lui.

Le dataisme a ses commandements pratiques. Avant toute chose, un dataiste doit maximiser le flux de données en se connectant à toujours plus de médias, mais aussi en produisant et en consommant toujours plus d’information. Son deuxième commandement est de tout rattacher au système. A l’inverse, le péché le plus grave serait de bloquer le flux de données. Qu’est ce que la mort, sinon un état où l’information ne circule plus ?

 

Aujourd'hui, la concentration du pouvoir au sommet du système politico-parlementaire est devenue fictive. Le progrès scientifico-économique a pris le pas sur l'Etat.

On essaye de réparer les erreurs du passé par la technique en amenant de nouveaux risques. C’est une course sans fin.

Le progrès technique peut être source d’asservissement de l’homme. Il est une échelle qui nous fait monter toujours plus haut, afin de gouter prétendument à de merveilleux avantages, mais qui nous interdit tout retour en arrière, comme si chaque barreau sitôt franchi grâce à une nouvelle invention était scié par cette amélioration technique, en sorte que nous n’avons d’autre solution que la fuite en avant jusqu’à la chute finale.

Le progrès n'a pas et n'a jamais eu d'autres alternatives jusqu’à présent que le système technico-économique. Nous sommes dans une domination impersonnelle.

Plus un système s'automatise, plus il se complexifie et peu de personnes en possèdent une compréhension de bout en bout. Le système devient de plus en plus fragile. Cela laisse de la place aux adversaires pour se glisser dans les interstices du système.

 

La société du risque se caractérise par l'impossibilité d'imputer les situations de menace à des causes externes. La société est aujourd'hui confrontée à elle-même. Lorsque les risques inquiètent les hommes, l'origine des menaces n'est plus à rechercher à l'extérieur, dans ce qui est étranger, non humain, mais dans la capacité d'auto transformation, d'auto modelage et d'autodestruction des conditions de reproduction de toute vie sur terre que l'homme a acquise. Les sources de danger sont maintenant le savoir, une maîtrise perfectionnée de la nature et le système de décisions, avec des contraintes objectives. La modernité est à la fois menace et promesse de suppression de la menace qu'elle crée elle-même.

La technique a créé l’obsolescence humaine. Sommes-nous dans un esclavage désiré de la société de consommation ?

Il ne faut pas oublier que si c'est gratuit, c'est que nous sommes le produit.

Les technologies numériques, utilisant le réseau internet et la technologie blockchain, vont entrainer une diminution des acteurs d’une production centralisée et favoriser une production individuelle par chaque particulier. Dans cette économie, ceux qui en tireront profit, seront les particuliers qui auront des moyens d’autonomie comme la production d’énergie par des panneaux solaires, des capacités de production de bien ou d’alimentation, et des propriétés. Ils pourront revendre leur énergie ou louer leurs biens comme des services à travers le réseau internet en se faisant du bénéfice. L’économie du « partage » favorise nettement les personnes qui ont du patrimoine et les investisseurs.

 

Dans le futur, nos descendants seront compétents dans de nouveaux domaines, seront sans doute plus compétitifs et plus intelligents, mais seront-ils humains au sens où ils conserveront cette qualité d'humanité qui constitue le trait distinctif de notre espèce (empathiques et curieux de connaître les émotions des autres, façonnés par l'ancien héritage de soins communautaires)? Ce n'est pas certain.

Le progrès technique et le progrès humain ne coïncide pas.

Il ne s’agit pas de s’interdire de voir, d’évaluer, de mesurer mais de comprendre la population, ses aspirations, son ressenti, d’y faire attention et de les prendre en compte.

 

Les objets connectés, l'intelligence artificielle, les algorithmes et les assistants personnels électroniques sont les premiers pas vers la robotisation intégrale des sociétés industrielle, militaire et civile.

Les intelligences artificielles absorbent tout le savoir, il faut que les hommes s’approprient aussi le savoir.

Le monde virtuel se fonde sur le fantasme du paradis perdu. Il veut dupliquer la vie à l’image d’un fantasme de libération. Mais cette illusion de libération se transforme en un asservissement.

Derrière des controverses apparemment scientifiques et technoscientifiques, se cache un véritable débat philosophique et politique.

Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements.

Charles Darwin

Le jour où nous en arriverons à croire que notre robot est capable d’amour, nous serons en danger. Il ne nous aimera pas, mais nous, nous finirons par l’aimer. Nous sommes vulnérables. Par insouciance ou par excès de confiance, les humains obéiront aux préconisations de leur robot pour acheter tel produit plutôt qu’autre, et accepterons d’être espionnés en permanence par ses micros et ses caméras. Ainsi, on pourra assister à la mise sous tutelle de la population non pas par les robots, mais par les businessmen et les ingénieurs qui les contrôlent à distance.

Le robot sera toujours d’accord avec la personne, compréhensif, indulgent, un vil flatteur. Il vous évitera la honte d’avoir mal agi. Il sera toujours fiable, ponctuel, prévisible, sûr. Certains d’entre nous feront la comparaison avec leur entourage, plus prompt à la critique et à l’emportement. Les gens vont finir par exiger des autres humains qu’ils se comportent comme des robots. Cela va détruire la spontanéité, la fantaisie, le désordre créatif. Le simulation deviendra une vertu.

 

La réalité virtuelle  et la robotique provoquent une fascination des personnes sur des éléments, des objets et des personnes que nous ne connaissons pas, sur qui nous ne savons rien. Cette fascination devient folle et passionnelle, car l’inconnu et l’absence de réalité favorise notre projection amoureuse, nos fantasmes. Ce qui est surinvesti, ce n’est pas l’autre, mais la relation. Cette passion est en réalité un repli narcissique qui sert à se dégager de la relation à l’autre et de la relation à soi. C’est une fuite.

Si le but de la machine n’est pas de remplacer l’homme, n’est-il pas de remplacer Dieu pour donner un sens à l’action des hommes vers un but commun. Les machines sont au service de l’homme comme Dieu avec une dimension supérieure.

La connaissance progresse en intégrant en elle l'incertitude, non en l'exorcisant.

Edgar Morin

Nous sommes dépendants des technologies (l’acheminement des denrées par exemple) et toutes les technologies sont faillibles (sensibles aux attaques).

Les personnes du numérique se sont enrichis en automatisant le travail.

Les personnes de la Silicon Valley passent leur temps à imaginer l’avenir - c’est ça le mantra et la réussite de la Silicon Valley, imaginer le monde de demain.

 

La prochaine grande vague de la souffrance va venir de la révolution technologique. Les algorithmes vont remplacer les professions.

Le technolibéralisme est un modèle civilisationnel fondé sur la marchandisation intégrale de la vie et l’organisation automatisée de la société qui en train de s’instaurer à grande vitesse. Nous entrons dans une nouvelle étape de la numérisation du monde. A terme, toutes les surfaces sont appelées à être connectées. Ce modèle crée une industrie de la vie cherchant à tirer profit du moindre de nos gestes.

Le technolibéralisme entend opérer une pression continue sur la décision humaine par la suggestion continuellement renouvelée des «meilleures» actions à prendre, influencées par les objectifs de productivité et de compétitivité.

Le technolibéralisme entend à terme tout automatiser et orienter nos vies afin de satisfaire de seuls intérêts privés. Et ce modèle se déploiera surtout si les données sont parfaitement protégées, instaurant une «confiance dans l’économie numérique» apte à assurer son expansion.

 

L’intelligence artificielle est désormais érigée comme une sorte de «surmoi» dotée de l’intuition de vérité et appelée à guider en toutes circonstances nos vies vers les plus grands conforts et efficacités supposés.

C’est notre pouvoir de décision qui va peu à peu être dessaisi au profit de systèmes supposés omniscients et plus aptes à décider du «parfait» cours des choses dans le meilleur des mondes.

Nous sommes tous citoyens mais également consommateurs. Jamais autant qu’aujourd’hui le refus de l’acte d’achat n’aura revêtu une telle portée politique.

 

Le "solutionnisme" de la Silicon Valley, qui veut changer le monde par la technologie, inquiète. Les grandes multinationales liées à internet sont des entreprises-Etats, dont la capitalisation boursière équivaut à la richesse totale de certains pays. Ces véritables monopoles numériques transversaux se heurtent à des États-nations qui ne le sont pas du tout. Ce sont avant tout des plateformes d'intelligence collaborative, bien plus que des sites de e-commerce. Grâce au big data, ils créent de la valeur ajoutée à partir des informations que nous laissons chez eux et la revendent à d'autres. Cela crée une situation gagnant/gagnant non équitable.

Mais nous pouvons lutter contre ces conditions monopolistiques en utilisant les mêmes outils, grâce à la co-régulation citoyenne participative, qui permet de passer de la société de l'information à celle de la recommandation. Cela me semble une piste nettement plus prometteuse que de s'opposer à la croissance de ces multinationales par une réglementation d'interdiction, dont l'impuissance actuelle de l'Union européenne montre bien qu'elle ne fonctionne pas.

 

Le catastrophisme et le transhumanisme constituent les deux futurs antagonistes de notre humanité, qui sont pourtant liés. Les deux idéologies se nourrissent de la science, de la technique et de l’économie. Elles poussent vers la destruction.

Le catastrophisme est issu du constat de la dégradation de la biosphère, de pollutions multiples, de dégradation des conditions de vie, de migrations massives, de la poursuite d’une économie mondialisée vouée à une croissance aveugle sur ses conséquences, dominée par la finance spéculative, sujette à dérégulation et crises, de la poursuite de la multiplication et de la miniaturisation des armes nucléaires et des armes toxiques, de la poursuite des crises de civilisation, de l’aggravation des angoisses et désespérances, de régressions mentales, de fanatisme, de la poursuite du règne des experts au savoir compartimenté, de la poursuite du somnambulisme des dirigeants politiques et économiques concentrés sur l’immédiat et disposant d’une pensée binaire incapable de percevoir et de concevoir la complexité du réel.

Humanisons le transhumanisme.

 

La perspective du transhumanisme fait planer la menace d'un monde dans lequel l'homme se trouve en concurrence avec lui-même et crée les conditions de sa propre disparition.

Plutôt que l'intelligence artificielle, nous pouvons opter pour une intelligence augmentée collective nourrie de réflexion et de spiritualité. Plutôt que le transhumanisme, viser l'hyperhumanisme.

La structure de l'organisation sociétale, pyramidale et hiérarchique, qui elle-même découle d'une volonté d'exercice solitaire du pouvoir constitue l'un des plus grands freins à l'avènement de cette nouvelle société.

Aujourd'hui, ce potentiel est occulté par la concurrence, la compétition, la volonté de pouvoir mais l'empathie, l'altruisme, la reconnaissance de la diversité, le partage, l'art, l'amour permettraient de faire émerger cette nouvelle espèce humaine.

À l'inverse du transhumanisme - élitiste, égoïste et narcissique, qui s'adresse à l'individu et son rêve d'immortalité, l'hyperhumanisme parle à la société et peut conduire à une collectivité mieux organisée, respectueuse, capable de créer une nouvelle humanité.

Les personnes qui souhaitent cette nouvelle société sont majoritaires. Cela ne suffit pas, tant que les détenteurs actuels du pouvoir ne  leur font pas confiance, ne les laissent pas expérimenter.

Ceux qui savent ne parlent pas, ceux qui parlent ne savent pas. Le sage enseigne par ses actes, non par ses paroles.

Lao Tseu

Chacun est seul responsable de tous.

Antoine de Saint Exupery

Les décisions humaines, personnelles et collectives, influencent considérablement notre qualité de vie et les circonstances de notre mort.

La qualité de l’environnement est beaucoup plus sensible à l’impact des décisions sociales et politiques qu’à celui des décisions individuelles.

La risque n’est ni une faute, ni une erreur, sauf dans le cas d’une volonté de cacher les connaissances et de minimiser délibérément les risques sanitaires.

Beaucoup de risques sanitaires sont bien plus souvent subis que voulus par la population. L’acceptabilité du risque encouru par la population n’a jamais fait l’objet du moindre débat public.

La promesse de l’état moderne de protéger l’espace public de tous les risques ne pourra jamais être tenue.

Un risque non mesuré ne sera jamais acceptable. 

Les personnes ne veulent pas souffrir par négligence. La population doit avoir la certitude que tout a été fait pour comprendre, limiter les risques et protéger la population.

Les améliorations techniques de sobriété énergétique et de lutte contre la pollution ont été favorisées, non pas par une volonté politique de promouvoir la santé publique, mais par les chocs pétroliers et la désindustrialisation.

Les experts ont du mal à communiquer et à s’accorder sur un message dans l’incertitude, sur des faits incertains, car le message appelle des jugements de valeur. Ceux-ci sont attribués, à tort ou à raison, aux intérêts personnels ou institutionnels de ces experts.

 

Les règles d’hygiène et de sécurité sont devenues de plus en plus drastiques pour répondre à l’augmentation des risques sanitaires provoqués par l’industrialisation et la mondialisation massive des produits, des pollutions et de l’alimentation. Sans industrialisation et mondialisation des risques sanitaires, les règles d’hygiène et de sécurité pourraient être beaucoup plus souples.

Alors même que les risques sanitaires importants dépendent essentiellement des grosses entreprises qui proposent leurs produits à une large population, les règles d’hygiène et de sécurité sont les mêmes pour tous les acteurs, qu’ils soient industriels ou artisans. Cela provoque une concurrence déloyale dans la gestion des risques sanitaires et des dépenses qui en découlent.

En multipliant les normes, les règlementations accroissent le risque de transgression. L’infraction à une règle juridique suffit à créer un phénomène de crise. En augmentant le nombre de règles, l’infraction apparaît comme un acte délictueux qui tend à s’accroitre.

 

La mondialisation de l'économie provoque des transferts massifs de risques sanitaires vers des pays à bas coût. C'est pourquoi, elle doit s'accompagner d'une harmonisation internationale des règles de gestion pour éviter des distorsions de concurrence et des inéquités importantes d'exposition aux risques entre les différents pays. La gestion des risques doit donc se concevoir dans un environnement international.

Les pollutions sont une origine et le reflet de la discrimination. Les personnes discriminées sont généralement installées près des sources de pollution. Mais aussi, une personne contaminée à cause de la pollution peut être exclue du groupe et laissée à la marge de la société.

Les riches vivent dans des zones protégées des risques, les pauvres vivent dans des zones comprenant de nombreux risques. Les industries sont installées chez les pauvres, les services sont installés chez les riches.

La présence de pollution dans les milieux a permis, paradoxalement, de protéger à court terme certaines espèces animales en voie d'extinction, menacées par l'homme.

Avec une augmentation des risques, un homme non contaminé devient un homme anormal.

Les valeurs guides de polluants décidées par l'Etat pour surveiller l'environnement, ne sont pas des seuils sanitaires d'absence d'effets. Ce sont des compromis de gestion entre le coût des travaux, leur faisabilité technique et le risque sanitaire encouru. Mais idéalement, ce devrait être chaque personne concernée par les risques qui devrait déterminer lui-même le niveau de ce compromis.

 

La plupart des procédures et des seuils sanitaires autorisés ne sont généralement plus respectés dès lors que des phénomènes font sortir les installations techniques de leur cadre normal de fonctionnement, pour éviter une rupture ou un arrêt.

Il existe de nombreuses difficultés pour établir un lien entre substance toxique et pathologies humaines : exposition humaine multiple, effet cocktail indéterminé, maladies multifactorielles, faible doses, effets différés, biais de métrologie, biais des études scientifiques, coût et longueur des études scientifiques, transposition des résultats de l’animal à l’homme, définition de la toxicité de la substance et de sa relation effet-dose, définition d’un cas, difficultés d’estimation des expositions humaines, hétérogénéité des concentration de la substance dans le milieu, faiblesse de la taille de la population exposée, difficultés de la remontée des cas par la surveillance, nombreuses incertitudes de calculs.

Tout processus de décontamination chimique entraîne la création de dérivés ou sous-produits potentiellement toxiques.

Les actions de réduction des risques dans un secteur s’accompagnent presque inévitablement de leur accroissement dans d’autres secteurs.

De nombreuses molécules de substitution de substances considérées à risque sanitaire, sont des molécules qui n’ont pas encore fait l’objet d’une évaluation des risques (absence de données scientifiques) et sont donc potentiellement à risque sanitaire. Toute nouvelle substance commercialisée par les industrielles est sensée être sans risque, en l’absence de données.

Les faibles doses des polluants sur une exposition chronique sont responsables de plus de morts que les doses importantes de polluants sur une exposition aiguë.

Le risque d'interdiction d'une substance est de substituer en permanence des substances que l'on commence à connaître à des substances dont le risque sanitaire est inconnu.

Les évaluations descriptives du risque produisent une quantification du risque a minima, car elles ne s’intéressent qu’aux effets à court terme et ne prennent en compte que les cas déclarés.

 

Le statut individuel, de la personne, a une influence sur les facteurs de risque de l’individu, et son environnement économique, social et écologique également.

La dégradation environnementale et la défaveur sociale est clairement corrélée. L’environnement devient un élément structurant des inégalités, puisque le marché s’empare de la qualité environnementale, la valorise et dès lors empêche les gens qui ont moins de pouvoir d’achat d’y accéder.

Les agents infectieux compatibles avec l’homme vivent en symbiose avec l’homme. Ceux qui sont incompatibles avec l’homme développent un pouvoir pathogène sur l’homme. Les agents infectieux n’ont donc pas intrinsèquement de pouvoir pathogène mais le développent à cause de leur incompatibilité de fonctionnement avec l’homme. C’est donc une question de survie pour ne pas mourir qu’ils deviennent pathogènes pour l’homme.

 

L’efficacité de traitements médicamenteux sur certaines maladies chroniques ou de dégénérescence sont faibles. La prévention, basée sur les connaissances des facteurs de risque, constitue la méthode médicale la plus appropriée pour ce type de maladie.

L’exposition fœtale est devenue un déterminant majeur des risques de maladies apparaissant à l’âge adulte.

Les personnes contaminées créent des liens de solidarité entre eux. La contamination les unit.

Les entreprises polluantes créent des syndicats qui diffusent des bonnes pratiques et des moyens de protection individuelle. Sous couvert de cette prévention, ces entreprises se dédouanent et incriminent les causes des problèmes aux pratiques individuelles des travailleurs. Elles permettent ainsi l’absence de remise en question du système et de responsabilisation de l’entreprise dans l’apparition des maladies.

L’évaluation du risque, menée dans le cadre de l’homologation des produits toxiques, fonctionne selon des logiques différentes, alors qu'ils peuvent contenir des substances identiques, aux profils toxicologiques similaires.

 

La technologie évolue plus rapidement que la recherche : en l’absence de règles avant mise sur le marché, la connaissance sur les risques sera toujours en retard par rapport à la diffusion technologique.

Les circuits et le fonctionnement des installations de la société moderne sont devenus trop complexes pour être directement et aisément compris. La population est obligée de faire confiance dans son ignorance. Les discours simplistes sont démagogues et dangereux. Ils peuvent entraîner une perte de confiance en cas de problèmes sanitaires, car la population peut alors se sentir trompée et trahie.

Les sociétés privées diffusent des informations fausses dans le but d’alimenter une polémique lorsqu’elles considèrent que la politique de santé publique a un impact négatif sur leur activité.

Des polluants auxquels nous sommes exposés aujourd’hui, peuvent entraîner des conséquences sanitaires à court terme, à long terme (plusieurs dizaines d’années) sur nous-mêmes et sur plusieurs générations. Les risques sanitaires d’aujourd’hui ont donc un impact sur la santé de nos descendants.

Le prix à payer ne cesse d’augmenter avec le développement des techniques et des risques.

L’institutionnalisation du conflit d’intérêt au cœur de l’Etat ne nuit pas seulement à la santé publique. Elle est aussi dangereuse. Elle contribue à démonétiser la parole politique et ajoute au discrédit des élites. 

 

Généralement, le choix est fait par les experts de ne pas rendre public dans des comités de décision le problème de représentativité, de sensibilité et de fiabilité du dispositif d’évaluation, qui reste cantonné aux débats d’expert, alors même que ces éléments ont un impact important sur la véracité des résultats d’une évaluation des risques. Les incertitudes scientifiques sont passées sous silence par les scientifiques au public, ce qui peut au final disqualifier la science.

La prolongation artificielle de l’incertitude sur la pertinence de certains choix techniques ou sur la vulnérabilité du milieu, peut participer d’une stratégie de pouvoir au service de l’inaction environnementale.

La disqualification de la science s’explique par le contraste entre la réalité de la « science réglementaire avec tous ses ajustements (technique, coût) et compromis entre parties prenantes, et une norme externe qui lui sert de paravent : les exigences de rigueur et d’exactitude habituellement associées à l’univers technoscientifique.

Au regard du double enjeu de l’effectivité et de la transparence de l’action publique, il convient de réfléchir aux modalités d’une mise en discussion du dispositif d’évaluation sur un mode qui soit ajusté à sa nature de produit de la science réglementaire.

La fabrication du dispositif d’évaluation des risques est du bricolage.

 

Les aspirations de la population ne correspondent pas à la rationalité scientifique.

On ne peut pas comparer aisément des risques, car ils ne se valent pas et leurs perceptions par la population sont différentes.

L’excès de risque acceptable est généralement de 1 cas pour 1 million de personnes.

On demande de plus en plus à l’Etat et aux sociétés privées de créer de la santé et du bien être, pour améliorer la compétitivité et le climat social.

Le traitement de l’incertitude est une démarche de gestion.

La décision par une autorité de laisser faire, ou de ne pas porter assistance, ou de ne pas agir ou de faire semblant de ne pas savoir est condamnable.

L’homme sera toujours prioritaire par rapport à la nature. Mais pour sauver l’homme, il faut d’abord sauver la nature.

Le seul indicateur global de dégradation de notre environnement et de notre santé, qui existe pour notre société et peut être pris en compte dans les décisions économiques et politiques, est composé de deux dimensions: d'une part, la perte d'argent réelle pour la société, les entreprises et les dirigeants, d'autre part, la perte de qualité de vie pour la population. Cet indicateur global décrypte l'état du système sanitaire et environnementale de notre environnement par rapport à notre échelle de valeurs anthropocentrées.

 

Les scientifiques, l’industrie, les organismes de régulation, les conseillers experts et les citoyens ont des perceptions différentes de ce qui est ou n’est pas pertinent dans la prise de décision en matière de réglementation.

La preuve scientifique peut être discréditée par la mise en évidence d’un conflit d’intérêts.

L’industrie s’approprie et se sert volontiers de l’expression « scientifiquement prouvée ».

L’adaptation et la réorganisation continues sont caractéristiques des sociétés modernes.

L’État doit approuver des technologies qui peuvent avoir des effets non désirés inconnus, ne se révélant que lors de leur utilisation par une population plus importante, protéger la santé de la population tout en soutenant des industries économiquement importantes (mais porteuses de risques) et fournir des services coûteux tout en réduisant le fardeau pesant sur les citoyens.

 

Un risque sanitaire n’a pas de frontières spatiale et temporelle. Il touche en particulier les personnes sensibles: enfant, fœtus, femme enceinte, personnes âgées, personnes immunodéprimées et personnes atteintes de certaines pathologies.

Le risque de développer un cancer à cause de l’exposition à des faibles doses de polluants de façon chronique est un problème sanitaire important pour les jeunes et les adultes mais relativement faible pour les personnes âgées, car les maladies se développent lentement sur le moyen et long terme.

Les expositions les plus importantes des populations aux polluants sont professionnelles. Les règles de valeur limite de polluants sont beaucoup plus souples en milieu professionnel qu’en population générale. Les risques dans le monde professionnel sont donc beaucoup plus élevés.

Il existe une continuelle mise sur le marché de nouvelles substances qui ne font pas l’objet d’évaluations sanitaires.

L’Organisation mondiale de la santé considère que l’on doit toujours privilégier la suppression d’un risque à court terme (risque infectieux) par rapport à un risque à long terme (risque de cancer par exemple).

En raison de la contamination des milieux naturels, des effets sanitaires qui en résultent et de l’angoisse de la population face à cette menace, l’industrie tente de développer la culture artificielle biologique en milieu clos de plantes destinées à alimentation, où tous les paramètres de croissance et de développement sont contrôlés. On assiste à une industrialisation de la fabrication des plantes biologiques dans des ferme-usines hermétiques. Toutes les étapes de production, de l'ensemencement jusqu'à la récolte, sans oublier l'arrosage, seront assurées par des robots.

Les seuils limites de risque acceptable pour chaque substance cancérogène, mutagène et reprotoxique, doivent être cohérents entre eux quels que soient les milieux et les personnes exposées (la population et les travailleurs ne doivent pas être dissociés). Il n'est pas rationnel que les seuils soient significativement différents entre eux pour des substances dont le risque sanitaire est équivalent. 

Comme la population est créatrice de risques et que chaque personne crée des risques sanitaires, les responsabilités sont multipliées à toute la population. Les actions publiques de prévention deviennent beaucoup plus complexes à mettre en place puisqu’elles ne s’adressent plus à un acteur en particulier, mais à toute la population.

 

Les pressions de rendement, de rentabilité, de production, de performance, de restriction financière sur le monde professionnel et la population générale par les politiques, les industriels et les lobbys financiers rendent difficile l’application de la politique de santé publique.

Les entreprises sont de plus en plus grandes, de plus en plus puissantes et concentrées. Elles se sont mondialisées et sont aussi riches que certains pays. Leur puissance de lobby est donc très important sur les Etats pour influencer les décisions.

Il y a un conflit dans l'Etat entre ceux qui veulent écouter les lanceurs d'alerte et ceux qui ne les écoutent pas, car les derniers ont des intérêts à ce que la situation ne change pas.

Les décideurs imputent à la population des peurs qui sont avant tout les leurs.

Quand un système de sécurité sanitaire défaille, la menace devient palpable et déclenche des réactions de protection improvisées et déterminées par l’inquiétude.

On ne peut démontrer ni l’absence de risque, ni l’innocuité totale d’une substance.

La toxicologie explore les mécanismes biologiques des dangers, mais elle ne dit rien du risque dans les populations humaines. L’épidémiologie quantifie les risques compte tenu des niveaux d’exposition aux polluants, mais elle ne dit rien des mécanismes à l’origine des maladies.

Le risque collectif correspond à la fréquence d’une maladie au sein d’une population, le risque individuel correspond à une probabilité d’être atteint de la maladie.

 

Les autorités cherchent à trouver la confiance en rassurant, mais plus elles rassurent et moins on les croit. Or, sans confiance, il est impossible de gérer des situations comportant des incertitudes.

Pour faire face aux critiques de l’opacité de leurs décisions, les décideurs politiques mette en place des mécanismes de responsabilisation et de participation pour démontrer qu’ils prennent au sérieux les demandes du public. Plutôt que de restaurer la légitimité, ces actions minent davantage ce qui a déjà été établi par les systèmes d’expertise étatique et compromettent ainsi la crédibilité de l’Etat par un investissement en temps et en consultations onéreuses qui aboutissent probablement à très peu de changement dans les politiques menées.

Les autorités chargées de la réglementation font ainsi face à un dilemme. Si elles persistent à prendre appui sur les systèmes experts existants pour produire l’évidence scientifique nécessaire à la prise de décision, elles risquent une plus forte déstabilisation due à l’accroissement des demandes d’un public de plus en plus méfiant envers la science. Si elles se plient aux demandes d’une plus grande participation du public, elles risquent d’affaiblir les forces de leur système en place qui prédominent dans la majorité des études menées, c’est-à-dire l’efficacité et la performance de l’évaluation systématique et de l’évaluation du risque.

 

Les risques potentiels futurs non encore survenus deviennent un des déterminants des décisions présentes.

Les mesures de précaution ne suffisent pas à elles seules à renforcer la confiance dans la gestion des risques et à réduire la perception des risques. Fournir de l’information, sans débat et sans concertation, ne réduit pas les craintes de la population.

Il faut mettre en place des instances de contrôle, d’évaluation et de surveillance, ainsi que de permettre de faire trancher certaines décisions par la population.

Toutes les choses sont poison et rien n’est sans poison ; seule la dose détermine ce qui n’est pas un poison.

Paracelse

La montée des effets négatifs de notre mode de développement, qui ne sont plus considérés comme négligeable au regard des avantages de la société moderne, appelle à une prise de conscience des risques.

Jamais le niveau de suspicion de la population envers ses dirigeants n’a été aussi forte, car différents facteurs ont augmenté : les incertitudes, la perte de crédibilité, la perte de confiance, les limites de la science, les critiques de la population, l’absence de responsabilité, le sentiment d’impuissance, le choix des mots dans les médias favorisant l’inquiétude, les réactions brutales engendrées par la peur, une perception oscillante de la population.

 

La chaîne de responsabilité est recherchée et la société civile exige une autre manière de prendre des décisions et d’asseoir les priorités.

Les politiques se voient contraints d’intégrer ou de paraître intégrer les questions sanitaro-environnementales, sous la pression d’une opinion publique qui ne tolère plus les scandales à répétition, les mers poubelles, les pathologies urbaines, la destruction organisée du cadre de vie, et à terme de leur santé et celle de leurs enfants.

Mais, il est un abîme entre la manière dont l’immense majorité des politiques croient aujourd’hui pouvoir traiter les questions écologiques, et ce qui serait en réalité impératif pour répliquer de manière efficace et possible aux périls.

Poser les questions de la crise écologique, c’est s’interroger sur les directions du progrès technologique et du développement des sociétés. L’interrogation écologique met l’accent là où cela fait mal : sur l’éthique humaine et le caractère limité des ressources.

 

Les enjeux trouvent leur issue dans l’acceptation du principe de complexité. Complexité pour décloisonner les consciences, conjurer les peurs, confronter les idéaux, hybrider les imaginations, et ainsi réenchanter l’espérance, cultivée dans la fraternité, la solidarité et l’exaucement de sens.

Il faut sortir d’un raisonnement bidimensionnel « vrai-faux » pour venir vers un raisonnement multidimensionnel. 

 

Les manifestations de colère de la population sont des manières à elle de se rassurer, de montrer qu’elle existe, d’exprimer son désarroi, sa peur et ses blessures. Elle ne doit pas être jugée, il faut d’abord la comprendre.

Les personnes aujourd’hui perçoivent de la douleur et de l’angoisse. La population pour sortir de cette souffrance doit être accompagnée avec sagesse, altruisme, lucidité et bienveillance.

La population doit participer aux choix et aux processus de décision. Les personnes se sentent heureuses si elles ont le sentiment d'assurer un contrôle sur leur vie. L'Etat doit faire confiance à la population et comprendre qu'elle est capable de prendre des choix rationnels.

La peur et l'angoisse des incertitudes se situent hors de nos perceptions, hors de nos limites, dans ce que nous n'arrivons pas à définir, dans le vide; nous montrant ainsi notre vulnérabilité et notre incapacité à comprendre et à agir. Les possibilités d'étendre son horizon, de pousser les limites de la compréhension, de définir un cadre à l'incertitude, de créer un groupe pour débattre et se rassembler, de trouver des possibilités d'action, permettent de diminuer l'angoisse et tenter de la gérer solidairement.

 

Pour déclencher la mobilisation des élus, la population doit d’abord se mobiliser, apporter des idées, manifester, montrer sa force. Elle ne doit pas rester attentiste, mais être active pour pousser les élus à prendre des initiatives. Le peuple a besoin de se réapproprier la politique.

Ce sont les minorités agissantes qui ont l’action la plus rapide et efficace. Mais c’est la majorité agissante qui a l’action la plus durable et transformatrice.

 

Toute conviction qui se croie supérieure provoque la violence. La société ne peut être qu’un consensus entre les personnes et non une guerre des uns contre les autres.

Il ne s’agit pas de convaincre mais de soutenir, d’encourager, de ne pas rejeter mais d’inclure. Il est nécessaire de rassurer, de se rendre disponible, d’envoyer des messages positifs, de répondre à des attentes, de communiquer, de comprendre et d’écouter.

Toutes entités ont un fonctionnement individuel et sont en même temps interreliées.

 

On a longtemps pensé que la santé viendrait avec le développement. Maintenant, à l'inverse, on pense que la santé est un investissement pour le développement. La santé est une sorte de capital à gérer impliquant une démarche personnelle de l’individu qui devient le premier responsable et artisan de sa santé.  Elle accorde autant d’importance aux dimensions psychique et sociale que physique. Ce concept permet une démarche collective, collaborative, pluridisciplinaire et démocratique pour l’amélioration de la santé.

La santé est à la fois une richesse individuelle, un patrimoine collectif et un facteur de prospérité pour l'ensemble de la société.

Les sociétés privées investissent dans la santé, car celle-ci est devenue un facteur de performance et d'efficacité. Pour cela, elles utilisent et développent des outils de prévention afin d'optimiser la santé et indirectement la productivité. Ces outils peuvent aller jusqu'à la surveillance de comportements et de paramètres biologiques, pour l'incitation à un attitude sanitaire vertueuse.

Les produits issus de la performance ne pourront pas trouver d’issue face à l'absence de données et de perception, à la remise en question de leur fondement et à un choix entre deux solutions en tout point équivalentes : sur le même niveau de leur échelle hiérarchique de décision. Tout ce qui dépend d’un choix démocratique, de choix politiques, de choix individuels et d’un système de valeurs ne peut pas être décidé par un robot neutre.

Je voulais vivre de la lenteur, de la simplicité et de l’émerveillement. Ne garder que l’essentiel. Mais on ne peut pas garder l’essentiel, on le découvre.

Sylvain Tesson

L' éthique de liberté pour autrui se résumerait à la parole de von Foerster : agis en sorte qu' autrui puisse augmenter le nombre de choix possibles.

Edgar Morin

Les conditions déshumanisantes sont contre efficientes à l'heure où la rentabilité des entreprises est davantage conditionnée à la qualité de l'immatériel (coopération, prise d'initiatives, sens de la responsabilité, créativité, hybridation des services et des métiers, intégration, management etc.). On confond la politique avec des arrangements de circonstance. Il faut aller à la table de négociation, mais seulement si l’on est conscient qu’il faut perdre quelque chose pour que tout le monde gagne. La population aspire à écouter des messages accessibles et simples, authentiques et responsabilisants.

L’intérêt général ne consiste plus à l’équipement et à la modernisation du pays pour la population.

 

Coopérer signifie s'attacher à des gens qui sont nos pairs, qui ont les mêmes besoins que nous. Il faut prendre en compte les besoins des autres, tout en prenant soin de nos propres besoins, et négocier. Etre citoyen signifie prendre part à la vie citoyenne, prendre la parole, argumenter, réfléchir. Cependant, il s'agit aussi de s'occuper de nous, de notre éveil personnel et de tenir compte des autres. La société de coopération respecte les personnes dans leur complémentarité. Elle apprend aussi la fraternité et l'engagement.

Le monde nous montre sa beauté, sa vulnérabilité, les impasses écologiques et économiques de notre modèle, l'inégalité de nos conditions et l'unicité de nos destins.

Bannissons toute violence, qu'elle soit ordinaire ou éducative. Aucune violence n'est justifiable. Savoir parler avec autorité sans faire de gestes de violence. Les gens deviennent violents lorsqu’ils ont subi ou vécu la violence.

Nous devons toujours prendre parti. La neutralité aide l'oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté.

Soyons en paix et en bienveillance avec nous-mêmes et avec les autres. Arrêtons la guerre et la violence. Sortons de notre souffrance. L'homme inquiet pense aux autres et voit juste.

C’est bien parce que l’on manque d’être que l’on comble nos vies d’avoir.

Il faut avoir l’intelligence de faire la paix contre la guerre. Les gens sont plus orientés vers l’entraide que vers la discorde.

 

La peur, l'angoisse, le manque de confiance en soi créent des fragilités qui peuvent s'exprimer par l'agressivité et la violence.

L'humanité passera de la compétition à la coopération, puis de la coopération à la communion. L'hybridation intellectuelle est une des clés pour s'adapter dans un monde en constante mutation. Vivre, c'est créer. Créer, c'est transformer la noirceur humaine en quelque chose de fortifiant, d'éclairant et d'intemporel. Faire sens avec le non-sens. Il faut comprendre que le corps, les populations, la vie sont des entités dynamiques qui se transforment et mutent en permanence pour s'adapter.

Il faut incarner le changement que nous voulons. Nous sommes le changement. Pour mobiliser les personnes, il faut apporter de l'optimisme, du désir, être proche des gens, agir localement, donner du sens, défendre les faibles et les démunis, montrer les failles du système, apporter des solutions, ne pas culpabiliser les gens, faire de la pédagogie et créer une dynamique. Il est nécessaire de sortir du système des punitions, qui favorise la peur et la culpabilité.

 

Pour avancer ensemble, il faut préalablement pardonner, trouver des compromis, se réconcilier et s'unir sur des objectifs communs. Il est nécessaire d'améliorer et de consolider ses points forts plutôt que ses points faibles et être moyen partout, car les points forts détermineront la réussite des projets. Passons de l’agression, de la destruction et de l’exhibitionnisme à l’accompagnement, à la construction et à l’humilité. Ne soyons pas orgueilleux, ne donnons pas de leçon aux autres, ne nous pensons pas meilleur que l’autre, nous ne voulons pas l’hégémonie. Il faut s'adapter à chacun. Nous n'éduquons pas les autres, mais ce sont les autres et l'environnement qui nous éduquent.

Le pouvoir est une abnégation, une responsabilité, c’est mettre les intérêts des autres avant les siens, se mettre à la place des autres pour les élever. C’est être à la fois un maître et un serviteur. Le responsable doit mettre en avant ses collègues.

La transformation de soi n’a de sens que si elle nous permet de mieux nous mettre au service des autres. L'autorité ne s'acquiert pas par la force mais par le respect. Le seul véritable antidote à la tentation barbare, qu'elle soit individuelle et collective, a pour nom humanisme.

Il faut s’efforcer d’avoir un mélange d’écoute, de recul, de bienveillance, de curiosité, de discernement, de stabilité émotionnelle, d’équilibre intérieur, d’où émerge la sagesse.

On obéit toute la vie aux exigences des autres.

Le meilleur moyen pour faire des échanges est de se comporter comme un ami, de s’intéresser à l’autre, de le comprendre, de l’écouter, de faire attention à lui et d’en prendre soin.

 

Il est difficile de jouer lorsque l’on ne connaît pas les règles du jeu. Par quel moyen peut-on rendre les personnes exclues nécessaire à la société, les faire participer à la démocratie et les préparer aux enjeux de l'avenir? 

Lorsque les personnes construisent des choses avec le cœur, leur vie prend du sens et de la valeur. Il faut épauler ces personnes et les aider à comprendre la complexité de la vie. Leur faire sentir qu'ils sont utiles. Leur montrer que les gens ont une âme et de la valeur. Croire au potentiel de chaque personne d'être une force. L'homme doit inscrire dans le monde une réalité à sa mesure et à celles des nécessités imposées par l'existence. Avoir l'idée de se surpasser. Il faut essayer d'élever la pensée à travers les évènements tragiques et de créer une autre possibilité de vie malgré les impossibilités. Il faut mettre en place un projet de vie, une renaissance. Du moment que l'on vit, on peut toujours s'en sortir. Il n'est aucun fleuve qu'on ne puisse traverser, et s'il existe un bonheur inaccessible, il n'est pas de malheur insurmontable.

Il n'y a pas de cause perdue, il y a toujours la possibilité de s'améliorer, de progresser, de changer. Tout est possible si l'on s'en donne les moyens. Chaque vie est précieuse, chaque vie est sacrée. Chaque personne a le droit de recevoir ce qu'il y a de meilleur, car il est porteur de vie.

Le silence, la lenteur, le changement de niveau de vision, le changement de points de vue et la contemplation sont des moyens qui permettent de sortir de notre environnement, de prendre du recul et de se mettre à distance pour avoir une vision claire de la société dans laquelle on vit. Nous n’avons pas besoin d’acquérir des choses qui ne sont pas utiles. Savourer la simplicité limpide du moment présent, se libérer du poids du passé et s’affranchir des appréhensions du futur.

 

Si nous ne faisons rien, nous serons le jouet de ses influences, si nous nous mettons dans une attitude active et proactive, alors nous serons mieux protégés. Nous devons avoir des points de repère.

La population ne doit pas se sentir abandonner, perdu dans le monde, avec des angoisses de conscience.

Il faut recommencer le dialogue pour se comprendre.

Faire l’apprentissage  que nous sommes forts. Garder le contrôle de soi-même. Face à l’attaque des autres, la clé est l’autodérision. Apprivoiser les paroles des autres et s’en faire le maître. On ne peut attaquer une personne qui a de l’humour et de l’autodérision. Ne pas faire preuve d’impuissance et de détresse.

Lorsqu’une personne a beaucoup de pouvoir, elle est écrasée par les responsabilités.

 

La société fait de la sélection par soustraction, c’est-à-dire qu’elle élimine toutes les personnes qui ne leur conviennent pas. C’est le contraire du vivant, qui repose sur le principe d’adaptation permanente. Il faut faire de la sélection par addition en encourageant les hommes à se défendre eux-mêmes contre le stress et les maladies. Ce qui ne nous fait pas mourir nous rend plus fort. Une personne qui n’est pas protégée ni soignée développent encore plus de qualités et de compétences.

 

L’humilité, la modestie, la non-violence, la tolérance, la simplicité, la maîtrise de soi, le non-ego, telle est la connaissance. Je ne suis rien de particulier et ne connais pas grand-chose. L’humilité est la vertu de celui qui mesure tout ce qui lui reste à apprendre et le chemin qu’il doit encore parcourir.

Nous avons tendance à surestimer l’importance de nos traits de caractères et à sous-estimer l’influence que les situations peuvent exercer sur nos comportements.

Toute forme de violence qui détruit notre paix intérieure affecte sérieusement notre perception du monde et des autres.

Il faut sortir du réflexe de bouc émissaire, qui voudrait à chaque fois qu’il y ait eu une faille. Le risque zéro n’existe pas. Il faut comprendre plutôt que condamner.

Les personnes apprennent en réalisant les expériences qui les motivent, dans un cadre bienveillant, soutenant et encourageant, au sein duquel elles ne se sentent pas jugées et où elles peuvent interagir avec les autres.

Les personnes apprennent en faisant, dans un processus d’échanges et d’accompagnement. Lorsque l’on arrête d’imposer à l’être humain un système qui entrave le développement de ses potentiels et qui ne respecte pas les lois naturelles, alors son intelligence s’épanouit et rayonne.

 

Par crainte du monde et des autres, par peur de souffrir, nous nous imaginons qu’en nous retranchant à l’intérieur d’une bulle, celle de l’égo, nous sommes protégés.

Le mépris et les critiques réitérés culpabilisent les personnes. La privation d’amour et la dévalorisation peuvent conduire au désespoir. Une des causes majeures des problèmes de santé mentale est le sentiment d’être coupé des autres. Quelque soit notre état de détresse, notre humanité ne peut jamais nous être enlevée.

Etre dans un état d’esprit constructif. Comprendre et ressentir qu’une personne est autre que soi. Cultiver la compassion et la bienveillance avec les malades. Ne pas devenir dur et cynique. Maintenir une pleine conscience de ces états intérieurs. Les tempéraments impulsifs qui manquent de patience et de tolérance sont constamment contrariés et s’épuisent vite émotionnellement.

Plus j’ai de pouvoir, plus j’ai de lourdes responsabilités, plus je dois servir et être dans l’abnégation.

La volonté de domination explique beaucoup d’actions de destruction.

 

Si les personnes ont la sensation que tout ce qu’ils apprennent, est relié à du concret, elles apprennent plus vite et mémorisent plus longtemps.

Le bonheur est au bout du lien.

Parlons, agissons, pensons, respirons avec tout notre corps. Ne nous limitons pas à un seul organe. L’esprit et le corps sont liés. Le cognitif est plus performant quand on pratique une activité physique.

Le problème n’est pas la compétition, mais plutôt la façon de la faire et d’appréhender le succès ou l’échec. L’adversaire existe, mais il est aussi celui dont on peut apprendre.

Il est plus intéressant de tenter l’impossible que de partir avec la certitude qu’on va atteindre un but. Si l’on tente l’impossible, on ne se met pas la pression de la réussite, cela autorise la fait de ne pas y parvenir, l’indulgence envers soi-même.

 

La présence, c’est être là, sans se faire voir. Rester silencieux et écouter sans arrêt. La chose la plus importante lorsqu’on a du pouvoir est de ne pas s’en servir, sauf en cas de nécessité. Ne pas fuir ses responsabilités. Lorsque l’on perd une bataille, c’est généralement la fierté qui est blessée.

Si l’on évolue dans la virtualité, on ne peut pas saisir la réalité car les points de repères que nous avons, ne sont que dans la virtualité. Il faut se déconditionner de la virtualité pour voir la réalité.

La sensibilité permet de regarder la part d’intimité présent dans chaque être.

Bon nombre de difficultés auxquelles nous sommes confrontés viennent du fait que nous ne voyons pas clairement la réalité.

 

Coopération, cohérence, éthique.

La santé traduit la relation de qualité de la personne humaine à son écosystème.

Si on désamorce la tension et la violence, si on capte l’attention, alors le dialogue peut s’installer.

Dès lors qu’on s’engage à visage découvert, en respectant les personnes, en formulant des messages audibles, on peut toucher un grand nombre de personnes.

Si on propose des changements radicaux sans se soucier de la manière dont ils peuvent être acceptés par la population, on ne pourra pas enclencher de changement de masse.

C’est la dimension collective de l’action qui renforce la motivation. Dans une action collective, les actions sont beaucoup plus motivantes, enrichissantes et épanouissantes.

On ne peut pas affronter seul tout un système, mais notre détermination est multipliée quand on voit qu’un grand nombre de personnes s’engagent dans la même action que nous.

 

Pour être bon à tout et à la hauteur de toutes les tâches, il faut regorger de force d'âme, de dynamisme et de chaleur. Ce que nous nommons passion, ce n'est pas une force d'âme, ce sont des frictions entre l'âme et le monde extérieur. Là où règne une humeur passionnée, la force du désir et de l'élan n'a rien de débordant: elle est dirigée vers un but individuel et erroné, d'où cette atmosphère de tension et d'orage. Quiconque dirige les forces les plus hautes de son désirs vers le centre, vers l'être véritable, la perfection, il paraîtra plus calme qu'un passionné, parce que la flamme de son ardeur ne sera pas toujours visible, parce que par exemple dans une discussion, il ne criera ni ne gesticulera.

Toute forme, toute expression, tout objet de l'humanité permet de donner de la dignité à l'homme.

Créer, non posséder ; œuvrer, non retenir ; accroître, non dominer.

Lao Tseu

La démocratie est, en profondeur, l' organisation de la diversité.

Edgar Morin

La santé publique a comme enjeu l’augmentation des inégalités sociales, l’augmentation des risques sanitaires et leur répartition inégalitaire au sein de la population.

Les problématiques de santé publique sont liées à celles du travail, de la santé, de la cohésion sociale, de l’immigration, de l’urbanisme, de l’économie, de l’éducation, de la promotion de la santé.

La santé publique est divisée en deux :

- l’hygiénisme pour la gestion de l'hygiène, en particulier au sein des hôpitaux;

- la sécurité sanitaire pour la gestion de la santé environnementale et des maladies infectieuses.

Le système de santé publique doit faire face à de nouveaux enjeux: des risques à cinétique lente liés à l’environnement et aux modes de vie, au renforcement et la diversification des risques sanitaires à diffusion rapide, au vieillissement de la population et au défi d’efficience et d’économie.

La santé publique est la partie de la santé qui est la moins bien considérée en France. C'est pourquoi, le droit à la santé s'est muté en droit aux soins techniques les plus performants, en mettant de coté la santé publique. Les objectifs du système de soins sont de promouvoir le bon usage des soins, l’efficience du système de santé et de privilégier la prise en charge ambulatoire (sans hospitalisation). Malgré tout, la santé publique se développe de plus en plus et influence le système de soins.

Elle s’oriente de plus en plus vers l’accessibilité, le bien-être et la qualité de vie : vers une conception de la vie comme une jouissance sans responsabilité. Nous sommes dans une société où le plaisir est une priorité.

Elle pousse à la standardisation de l'activité médicale, en s'appuyant sur le nombre important de morts liés aux erreurs médicales (3ème taux le plus important de mortalité, derrière ceux des cancers et des maladies cardiovasculaires) et le coût important des dépenses de santé. La médecine du XXIe siècle dépendra des textes médicaux de référence et des lignes directrices issues de la littérature scientifique, imposant un standard, aidée par des logiciels d'aide à la décision médicale. Une surveillance des pratiques médicales sera effectuée par l'Assurance maladie et imposera des restrictions financières en cas de non-conformité des prescriptions et pratiques médicales.

Les personnes seront de plus en plus responsabilisées par l'Etat, les hôpitaux et les sociétés privées sur leur état de santé, voire culpabilisées.

 

La santé publique tente de remédier à certains indicateurs de l’état de santé de la population française qui sont en dessous de la moyenne européenne comme la mortalité prématurée évitable, l’espérance de vie sans incapacité et les inégalités territoriales et socioéconomiques.

Elle exige jugement et discernement, multiplicité et confrontation des experts, réflexion de synthèse, et in fine, décision qui ne peut appartenir qu’à la puissance publique. La vision de santé publique correspond à une responsabilité collective, sociale et donc politique.

Elle a du pouvoir, car elle peut agir sur des groupes entiers de population. Mais, elle est impuissante, en même temps, car elle ne peut pas donner de réponses à des cas individuels.

Elle a pour but d'agir pour créer un environnement et des conditions de vie exerçant une influence positive sur la santé, c'est-à-dire un milieu de vie et un environnement favorisant la santé qui encouragent et permettent l'activité physique, les activités récréatives, la sécurité, l'intéraction sociale, l'accessibilité et la mobilité.

 

La santé publique prend en compte la qualité de vie. Celle-ci est au centre du concept de santé et consiste à la recherche du bien-être de l’homme. Elle vise à prévoir des équipements et des modes de vie, des aménagements du temps et de l’espace, permettant aux hommes de mieux maîtriser à leur profit l’évolution des sociétés industrialisées.

La politique de santé publique est très influencée par la politique européenne de la protection de l'environnement, compétence de l'Union européenne. La charte de l'environnement a permis l'émergence du principe de précaution en santé publique. La législation européenne a favorisé l'essor de la participation du public, des phases de concertation et le principe pollueur-payeur. La politique de sécurité sanitaire est une politique environnementale.

La santé environnementale a d’abord été pensée comme la santé de l’environnement, avant de se traduire par la santé de l’homme liée à l’environnement.

La conscience de la santé publique a été accélérée par la conscience écologique, face aux désordres écologiques, aux chocs pétroliers, à la désindustrialisation, aux catastrophes écologiques et au changement climatique, et par les crises sanitaires qui ont révélé les insuffisances du système de santé publique, l'inaction des pouvoirs publics, l'ubiquité des risques dans l'environnement, la force des lobbys industriels et financiers, et l'augmentation des problèmes sanitaires liés aux facteurs de risques environnementaux dans la population générale.

 

Le principe de précaution tend à s’exprimer par un rapport coûts (sociaux, sanitaires, économiques) / bénéfices, qui réduit tous les choix en une valeur unique et se résume à une seule alternative: acceptable ou inacceptable, comprenant 3 critères: risques élevés ou bas, avec des conséquences réversibles ou irréversibles,  entraînant la mise en place de mesures à un prix payable ou non payable. La santé est inscrite dans un système de valeurs sociales et de prix.

Le principe de précaution peut également être traduit par un rapport entre la probabilité de déstabilisation liée à l’incertitude / la probabilité de stabilisation liée à l’action.

Le principe de précaution doit être utilisé sans peur de façon rationnelle. Si la société est soumise à la peur, la technologie appliquera jusqu’à l’absurde le principe de précaution.

Dans notre Etat sécuritaire, l’Etat développe la précaution à outrance pour anticiper. On passe de la présomption d’innocence à la présomption de culpabilité. La probabilité d’un passage à l’acte devient plus importante que le passage à l’acte lui-même.

Il est difficile pour une société tétanisée par la peur et dévorée par son obsession sécuritaire d’éviter les dérives : faire diminuer les droits et les libertés.

 

La santé publique française s’est construite sous l'influence de l’histoire du pouvoir des médecins dans la société, de la foi dans le progrès, les soins et les techniques, de l'influence des directives de l'Union européenne, de l’agence américaine pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) en termes de gestion et d’évaluation des risques, des mouvements humanitaires français, des traités internationaux, des objectifs de l'Organisation mondiale de la santé et des crises sanitaires.

Elle a été inspirée par le siècle des Lumières : elle affirme la prééminence de l’homme dans la conformité réglementaire de l’environnement, attestant du respect et de la qualité de la nature. Elle a pour ambition de domestiquer la nature au service de l'homme. Cette pensée peut s’opposer à celles écocentriques qui placent l’homme comme un élément parmi d’autres de la nature. Dans le cas de la première, la qualité de l’environnement est un des indicateurs de la santé humaine, dans le cas de la seconde, la santé humaine est un des indicateurs de la santé de la nature.

Dans la conception humaniste, c’est de l’homme et de sa place dans l’environnement qu’il convient en priorité de s’occuper, sans pour autant négliger la nature dans son ensemble sans laquelle il ne serait pas, et dans laquelle il convient qu’il s’épanouisse, dans une heureuse harmonie, dans une authentique alliance.

Dans la conception écocentrique, l'écologie repose sur la conscience de la non-séparation, de l'interdépendance des êtres vivants et de tous les phénomènes. Selon cette perspective, l'environnement n'est pas une réalité extérieure, mais un ensemble vivant dont nous sommes, en tant qu'être humain, une partie.

 

Les pays où la santé publique est la plus développée, sont: les Etats-Unis, le Canada, l'Angleterre, les Pays-Bas, la Suède et l'Allemagne. Les écoles de santé publique les plus réputées sont: Harvard school of public Health (Boston), Johns Hopkins Bloomberg school of public health (Baltimore), Columbia university Mailman school of public health (New York) et North Carolina University Gillings school of global public health (Chapel Hill). Leurs particularités sont: l'accréditation, des centres interdisciplinaires, recrutement sélectif, statut des enseignants, organisation des enseignements, recherche importante, financement conséquent de l'école.

La liberté commence où l'ignorance finit.

Victor Hugo

Dans notre société, la donnée prend une place centrale. Elle permet la visualisation et la quantification de risques invisibles à partir de bases de données et d'appareils de mesure. Elle permet l'anticipation et motive l'action face à une pollution infime, diffuse et étendue. Toute la société, les gouvernements, et surtout les grands industriels et les financiers vont l'utiliser et profiter de sa valeur, de son volume, de la vitesse à laquelle on y accède, de sa véracité et de la valeur de son usage.  L'information est un instrument du pouvoir.

Cependant, l'existence des incertitudes du risque montre qu'il est nécessaire d'avoir une prise de distance par rapport aux données et à la notion de preuve scientifique comme principe de décision. C'est pourquoi, il faut s'appuyer sur la perception des risques par la population. Ces deux aspects (données et perceptions) permettent d'enrichir le débat qui s'élabore autour du risque pour fonder une décision confiante et légitime pour la population.

Pouvoir borner le risque d'un point de vue quantitatif, qualitatif et sociologique, en réduisant les incertitudes, est un facteur de confiance. Mais c'est moins les résultats qui comptent que le processus mis en place pour y arriver: la transparence, la cohérence, l'équité, le travail solidaire à l'amélioration, le décloisonnement pour un but commun, le fait d'avancer ensemble et l'intégration de la population dans la prise de décision. Le débat du risque permet de discuter de l'existence d'un risque, de son niveau, de sa justification et de l'équité de sa distribution. Il est donc nécessaire de développer en priorité l'accréditation des procédures dans tous les domaines de santé publique, et moins de se focaliser sur les résultats et les moyens pour y arriver.

 

Le meilleur outil, aujourd'hui, qui contribue à rendre transparent et perfectible les arbitrages décisionnels sur les risques, est l'évaluation quantitative des risques (EQRS). Cette évaluation est une synthèse des connaissances disponibles. Elle permet d'apprécier l'importance d'une exposition et donc rend lisible les faits sanitaires pour discuter des priorités de santé publique. Les risques sanitaires doivent être gérés en intégrant toutes les sources et voies d'exposition au risque, en prenant en compte le court et le long terme, tous les milieux et toutes les filières. Sans une expertise crédible, parce que contradictoire, la population et les acteurs ne pourront adhérer aux mesures préconisées.

L’évaluation des risques peut répondre aux questions suivantes : peut-on autoriser ou non,  quelles sont les substances traceurs de risque à suivre et à réglementer, est-il nécessaire de mettre en place une surveillance. Plus l’incertitude est forte, plus la démarche d’évaluation des risques doit être formalisée.

Cependant, l’évaluation des risques sanitaires ne peut déterminer ni l’impact réel sur la santé des populations, ni l’exposition réelle des populations. Seules des études épidémiologiques ou d’imprégnations peuvent apporter des éléments concrets.

En situation de risques controversés,  les experts seraient gagnant à rendre visible leurs intérêts en jeu (conflits d’intérêt) pour faire comprendre la logique de leurs arguments à la population et établir la confiance, plutôt que de les dissimuler et éviter ainsi une défiance lors de la révélation de leurs liens économiques.

Dans l’incertitude, les choix sont effectués sur des jugements de valeur. Plus il y a d’incertitudes, plus l’évaluation doit donc être formalisée, débattue, transparente et auditée. Sinon, elle sera orientée et la source d’inégalités et de discriminations.

Le sage ne rencontre pas de difficultés. Car il vit dans la conscience des difficultés. Et donc n'en souffre pas.

Lao Tseu

Le risque est ce qui motive l'action, car le risque et son incertitudes provoquent des atteintes à la santé, de l'émotion et des peurs.

Il est nécessaire de mettre en avant les actes positifs de santé publique, créant ainsi une dynamique et un mouvement autour de projets communs, qui intègrent et subliment les individus, plutôt que de combattre les défaillances du système et de rentrer en opposition avec lui. Nous devons comprendre et agir contre nos dépendances, les lobbies et l’inertie politique.

La reconnaissance de l’incertitude entraîne la mise en place d’actions pour réduire l’incertitude. Les actions qui réussissent sont celles qui impliquent et responsabilisent la population.

Les visites de terrain, la mise en place de débats permettent l’immersion. Quand on est immergé, on fait moins de différence entre soi et le monde, on est avec et non contre ou à coté. L’immersion crée du vécu qui induit des émotions. On ne peut vraiment aider et protéger les personnes, que si on apprend à les aimer.

Seuls les entrainements et la confrontation avec la réalité de terrain permet de s’affirmer, de s’affiner, d’évoluer, d’ajuster la théorie à la pratique et de gagner en expérience.

La connaissance développée doit être produite à la bonne échelle, à celle de la prise de décision, pour qu’elles soient opérationnelles, partagées, et qu’il y ait des espaces d’échange qui fassent que les choix soient discutés.

On ne peut parler de santé que si l’on est positif.

L’évaluation en santé doit être libre, ouverte, un lieu où la participation doit donner tout son sens, à l’inverse d’un processus d’expert où l’on vient mesurer les choses et dire quelle option doit faire l’autre.

 

La santé publique doit savoir utiliser les symboles, qui sont des outils puissants de communication à la psychologie et l'inconscient collectif. Ainsi elle pourra mobiliser d'avantage pour un objectif commun.

Les prescriptions au public des règles de santé publique n’ont de force que si elles sont aisément contrôlables.

Ce qui permet la réussite des actions de santé publique, c’est ce qui donne le plus de visibilité, le plus de stabilité et le plus de confiance: écouter et comprendre ses peurs et ses désirs; apprendre à se connaître et à établir la confiance; créer un climat favorable aux échanges; vouloir s’investir durablement; donner du temps, de la disponibilité et de l’engagement; transmettre de la sincérité; accompagner, prêter attention, marquer du respect; être prévenant, constant et fidèle; s’attacher à faire vivre et à entretenir la relation dans le temps; être présent, savoir aborder et gérer ensemble les problèmes; se soutenir dans un esprit d'entraide réciproque, veiller à respecter l'équilibre des parties, en acceptant au besoin de revoir certaines dispositions; considérer les réajustements à réaliser pour la survie de la relation dans le long terme; garder le contact en saisissant toute opportunité; être fiable.

Le rôle de la santé publique en cas de crise consiste moins à fournir une réponse univoque, qu’à présenter une attitude basée sur l’écoute et l’humilité et fournir les éléments pour un débat public aux multiples acteurs.

Pour bien faire de la santé publique, il faut en connaître les limites. Ne nous laissons pas tomber dans l’ingérence radicale et l’extrémisme.

Toute intervention juste est une intervention proportionnée aux désordres, à la déstabilisation. Elle se doit d’être limitée dans le temps et dans l’espace.

 

La façon d’agir ne doit pas devenir une pratique répétitive, mais doit avoir un sens de portée globale, qui stimule l’imagination créatrice, qui aide à se centrer, à nourrir une intuition concrètement formulable du dynamisme de la vie. Il faut développer sa capacité à hybrider les idées en prenant en compte l’ensemble des cultures du monde.

Le travail de terrain et les contacts humains permettent de comprendre le sens, l'utilité du travail et la portée globale de la mission, car le constat est direct, simple, en lien et réel, même si le travail est un seul chaînon de la mission. Un travail trop bureaucratisé fait perdre le sens du travail et son rôle dans la mission. Le travail doit être dynamique, stimulant et vivant.

Le sens de notre action tient beaucoup à notre responsabilité. C’est pourquoi il faut donner du sens à nos actes. Il faut travailler sur des projets qui soient supérieurs et dépassent les limites et les résultats que l'on s'était fixé. Chaque métier a son lauréat.

C’est dans l’action que l’on apprend. C’est en menant un retour d’expérience en continu, en analysant en permanence les succès et les erreurs, que l’on comprend les déterminants du risque et qu’on améliore sa gestion.

Pour comprendre les autres, il ne faut pas les analyser, mais vivre avec les personnes, être présent avec elles, tout simplement, être avec elles.

 

La santé publique se définit à partir de 6 notions : la salubrité, l’hygiène, la sécurité sanitaire, la santé globale, la dignité et l’intérêt général.

Le fait de ne pas savoir ne justifie pas l’inaction. La gestion centralisée des risques ne fonctionnent pas.

Tous les secteurs d’activité sont concernés par les risques sanitaires et seule une vision intégrant l’ensemble des sources d’exposition aux polluants et une politique globale peuvent produire des résultats tangibles.

Il est plus cohérent d’agir en priorité sur un risque avéré, plutôt que sur un risque hypothétique qui s’il existe ne créerait vraisemblablement pas des dizaines de milliers de victimes.

Lorsqu’il existe une gêne chez quelqu’un dans la prise de décision, le blocage ne vient pas forcément d’une indécision de la personne mais d’un blocage dans son histoire personnelle ou dans son réseau de relation imposé à lui. La personne cherche alors une issue honorable sans perdre la face.

 

Il faut savoir croiser les savoirs de l’expertise et les savoirs de l’expérience. Il n’y a pas de hiérarchie entre les deux formes de savoir. Il faut faire ressortir les problèmes pour développer le débat, la négociation autour de ces problèmes.

La démarche de santé publique doit être cadrée sur le développement durable avec une co-construction des critères d’évaluation avec les agents de terrain, parce que cela fait partie de leur montée en compétences et de l’acquisition de la culture commune. La participation citoyenne doit être intégrée pour intégrer la parole habitante dans le processus d’évaluation. Nous devons être en situation réflexive et délibérative et partager les pistes de recommandations dans une réflexion collective, parce qu’il importe que les gens comprennent que nous faisons une recommandation au lieu de donner des ordres. Les axes des actions de santé publique qui peuvent service de guide dans la réflexion sont : la promotion de la santé, la diminution des inégalités sociales, la création de liens et de lieux de rencontre, la prise en compte de l’humain, l’intégration local, le traitement collectif, le bien-être et l’accessibilité.

Certains espaces et travaux doivent être gérés par les populations pour augmenter leur implication et leur responsabilité.

Il faut rentrer dans une logique d’autonomisation, une capacité à agir sur l’espace public en autonomie et où les communautés deviennent des acteurs de leur environnement. Au contraire, l’usager n’est qu’un client du système de soins et donc un récepteur des services publics et à ce titre, il n’est pas impliqué, pas responsable et pas nécessairement motivé pour entrer dans la logique du système.

Les groupes dynamiques, créatifs avec l’envie de faire deviennent des groupes résilients, c’est-à-dire avec une capacité à encaisser les chocs et à rebondir.

 

Lorsque l’on sollicite loyalement la raison, que l’on explique les avantages et les inconvénients des options possibles, que l’on reconnaît la part d’incertitude tout en expliquant ce que l’on met en œuvre pour la réduire, la population vous écoute.

Ce qui est demandé au système de santé publique, c’est d’apporter une intelligence plus globale du système dans lequel les individus se situent, de fournir du sens lorsque l’ambigüité est trop forte, de garantir des moyens minima, de débloquer des problèmes qui ne peuvent l’être que par l’intervention d’un niveau supérieur de complexité.

L’objectif de la santé publique est de mettre en place le processus qui garantit aux citoyens le meilleur état de santé possible, au meilleur coût, au meilleur des connaissances scientifiques disponibles.

 

Pour comprendre la santé publique, il faut tout d’abord avoir une vision horizontale pour avoir un aperçu de tous les sujets de façon superficielle. Puis il faut avoir une vision verticale en se limitant à choisir un sujet et l’analyser en profondeur. Enfin, il faut avoir une vision transversale en créant des liens avec les autres sujets, en mettant en perspective les savoirs et comprendre l'interconnection et l’unité qui sous-tend tous les sujets, ce qui permettra une réouverture sur la santé publique.

Il faut faire passer des idées au travers des faits, et les faits par des hommes. 

 

Quel est le but de l’art d’exercer la santé publique ? Si c’est pour divertir des personnes, il ne m’intéresse pas. Si c’est un moyen de triompher sur le plan économique, il ne m’intéresse pas. Si c’est une activité adoptée par mon égo pour s’encenser, il ne m’intéresse pas. Si c’est pour être le bouffon de ceux qui ont le pouvoir, qui empoisonnent la planète et affament des millions de gens, il ne m’intéresse pas. L’art d’exercer la santé publique consiste à protéger la santé, maintenir la population en bonne santé, prévenir des risques, augmenter l'espérance de vie et le nombre d'années de vie en bonne santé des populations. S’il ne les protège, maintient, prévient, augmente pas, ce n’est pas l’art de la santé publique.

Plutot que "vivre plus" il s'agit surtout de "vivre mieux", c'est à dire de rechercher des gains d'espérance de vie sans incapacité, d'assurer le maintien d'une qualité de vie et d'accompagner la fin de vie.

 

Avant tout, il faut écouter avec attention les plaintes des populations concernées en leur donnant la parole. La compréhension du ressenti et du vécu des personnes déterminera la définition des enjeux et la mise en place d'actions.

Il vaut mieux écouter que chercher à convaincre.

Il est nécessaire d’aider les personnes en leur donnant des solutions concrètes.

L’art de la santé publique cherche les causes véritables des épidémies, en cherchant les éléments dans les facteurs de risque, les conditions de leurs réalisations et la psyché humaine. Il ne correspond ni à des attributs, ni à des états mais à des propensions, à des manières d’agir.

Il ne s’agit nullement à travers l’art de la santé publique d’imposer une vision dogmatique particulière de ce que les problèmes de santé publique sont, mais de fournir les connaissances nécessaires pour pouvoir, par le biais d’une investigation rigoureuse, combler le fossé qui sépare la perception des choses de leur nature véritable. Cette connaissance ne satisfait pas uniquement une curiosité intellectuelle, son but est essentiellement thérapeutique.

L’art de la santé publique est un processus qui n’enferme pas mais qui ouvre sur l’inconnu, sur le vide, sur ce qui n’a pas de sens, qui se situe au-delà de nos limites et nos perceptions.

Il ne s'agit pas d'annihiler tous les risques. La santé publique s'apprend lorsque l'on est confronté aux risques.

Pour faire de l’art de la santé publique, il faut être conscient du désir des hommes d’échapper à la souffrance, de vivre en bonne santé, de leur accorder de la valeur et d’être intimement concerné par l’accomplissement de leurs aspirations profondes.

L'action de la santé publique est motivé par le risque et est guidé par les autres, le monde, la nature, les descendants et les ancêtres. L'action est inscrit dans le "ici et maintenant", en ayant une vision global de l'espace et du temps. Elle se doit d'être présente et consciente des risques sanitaires.

L'art de la santé publique consiste à unifier les risques sanitaires en un risque sanitaire globale. Tous les risques doivent pouvoir être comparables et hiérarchisés en fonction des perceptions et de l'importance sanitaire des risques, ce qui permettra une gestion acceptable des risques.

L'art de la santé publique est d'essayer d'établir un équilibre organique entre les différences forces, pressions, énergies. Il consiste aussi à analyser le passé, percevoir les signaux du présent et modéliser le futur pour éclairer le présent.

L’art de la santé publique est de fixer un cadre rassurant et stable pour tout le monde. Il tente de comprendre la mort pour protéger la vie. Le but est de trouver un équilibre, une harmonie. Les discours de santé publique doivent être clairs et pédagogiques.

L’art de la santé publique consiste à:

  • Déterminer et assumer le niveau risque acceptable pour la population
  • Choisir ce qui relève de la gestion collective et du libre choix face à un risque
  • Arbitrer quand il y a des contradictions entre des objectifs aussi légitimes les uns que les autres
  • Organiser une procédure pour que les experts soient indépendants
  • Veiller à l’information des citoyens et organiser l’expression de ses choix
  • Déterminer des priorités pour répartir les moyens consacrés à la prévention et à la maîtrise des risques
  • Organiser un système d’évaluation, rapide et impartial, permettant d’apprécier le bien-fondé des décisions prises pour protéger les risques sanitaires.

 

Le maître de santé publique accepte la réalité et la nature profonde des choses et de ce qu'il est. Il écoute les signaux et est attentif aux changements. Il concentre son énergie pour agir au moment opportun avec toute sa volonté et sa persévérance. Il correspond à une manière d'être, un chemin à suivre, un processus changeant, hybride, stimulant, créateur et ouvert. Il donne une cohésion à l'ensemble, une marche à suivre, une place à chacun. Son action forme alors une unité.

Il croit en sa mission à toute épreuve. Il s’abandonne dans sa foi de l’avenir, du monde, de l’homme, dans l’intérêt de la vie. Il trace son chemin sans douter. Il se dissout dans son destin et accepte les épreuves qu’il a face à lui. Il avance toujours et persévère dans sa destinée. Il a choisi d’être ce qu’il a été, ce qu’il est, et ce qu’il sera. Il s’est se contrôler et gérer ses émotions. Il est responsable de ses actes, de lui-même et des autres. Il a une vision globale pour une action locale. Il est le maître du jeu. C’est lui qui fixe les règles du jeu.

Il ne sait pas tout, donc il a besoin de tous. Il fait de la pédagogie de l’incertitude en cherchant le centre de gravité des attentes, ce qui permet de construire un consensus d’action.

Il prend position sur la réalité du risque, son ampleur et les moyens à mettre en œuvre pour s’en prémunir. Il respecte les principes d’impartialité, de transparence, de pluralité, de contradiction, de qualité et de traçabilité des arguments. Il synthétise le savoir existant au regard d’une question bien définie.

Il s'adapte constamment aux changements, à ses adversaires et à son environnement. Il étend son influence et défend ses positions.

Il n’intervient pas pour dominer la situation mais seulement pour débloquer une situation. Il libère les processus, restaure l’équilibre et donne de l’autonomie aux individus.

 

Ce qui paralyse, ce qui inhibe la société et, au bout du compte, tue, c’est le silence, l’ignorance, le mensonge.

Le radicalisme émerge non pas quand les temps sont difficiles mais quand il y a une crise de la population, c'est-à-dire une différence de perception et de ressenti entre la population et les élites,  ainsi qu’un espoir déçu de la population par des mensonges et de fausses promesses des élites.

La société est angoissante. Il faut donc développer l'outil de santé publique qui permet de rendre la société moins angoissante et en lui insufflant plus de confiance en elle-même: faire de la pédagogie, ne pas faire de fausses promesses, établir la confiance, créer du lien, partager ses connaissances, servir leurs intérêts, être légitime, agir avec cohérence et transparence, être à l'écoute des peurs, des besoins et des attentes, agir rapidement, être attentionné, fonder son action sur l'intérêt général.

Reconnaître la fragilité du système de santé publique, notre vulnérabilité et l'importances des risques sanitaires, c'est se donner les moyens de comprendre et de choisir jusqu'où nous pouvons aller. De ce fait, la fragilité devient une force. Nous ne pouvons pas tout maîtriser et il faut accepter qu'une partie échappe à la maîtrise, à la rationalité et à l'instrumentalisation humaine.

Il faut reconnaître que l’on ne sait pas tout et que la vie de l’homme est celle de son apprentissage des risques : ceux que la nature lui impose et ceux créés par son appétit incessant pour la découverte et le profit.

Sur les sujets de santé publique qui la préoccupent, la population est prête à privilégier sa santé au détriment de tous les autres intérêts y compris économique.

 

Ce qui doit primer dans la gestion des risques en santé environnementale est moins la qualification objective de la situation de l’état des milieux que la vulnérabilité des acteurs (la capacité à financer et à s’adapter des particuliers, des entreprises, de l’Etat face aux restrictions).

Il faut montrer que la science réglementaires, avec ses négociations et ses compromis, a du sens, qu’elle ne rime pas avec arbitraire, mais qu’elle est au contraire le moyen de prendre en charge la tension entre les exigences de justice et les exigences d’adaptation aux contingences locales.

Il faut trouver un moyen de construire une vision commune de la réalité, une expertise partagée. L’ouverture du processus permet d’impliquer les parties prenantes dans les choix ou dans la définition de critères pertinents pour ces choix.

Il paraît important dans une visée d’efficacité et de transparence de l’action publique, que les dispositifs d’évaluation des risques soient évalués au regard de critères qui soient propres à leur mode de fabrication et d’existence, celui d’une science réglementaire confrontée à la complexité du réel, dans ses dimensions à la fois biophysiques et sociopolitiques, et non au regard de critères forgés pour les situations purifiées et simplifiées de la science expérimentale de laboratoire. C’est à cette condition que l’on peut espérer parvenir à un accord sur l’état du monde et des milieux, et donc engager une discussion sur les moyens de s’y adapter ou d’y remédier.

La nécessité de rendre visibles des processus de choix entre chaque étape d’évaluation et de décision permet de rendre visibles le système et les étapes de sa construction, de rendre explicites les compromis et les arrangements sur lesquels elle est fondée, de montrer le caractère critiquable, mais justifiable, du bricolage dont elle est nécessairement issue et ses relations aux contingences locales, sans pour autant disqualifier le résultat d’un travail collectif d’hybridation des éléments qui la composent et qui ont jalonné son adaptation aux situations qu’elle rencontre.

Mobiliser la transparence des processus comme support de discussion pourrait alors constituer un moyen de démocratisation du dispositif d’évaluation de l’action publique, en n’excluant pas les « profanes » de son fonctionnement, voire en les associant à son évolution, en incorporant leurs savoirs par l’identification de compétences propres à insérer dans la chaîne d’action menant à l’évaluation.

Il s’agit là d’une possibilité de dépasser la tension entre principe de justice et principe d’adaptation locale, en y impliquant l’ensemble des personnes susceptibles de mobiliser ou de réfuter ce dispositif d’évaluation. Dans une perspective plus générale de démocratie technique, et à rebours des stratégies classiques de vulgarisation des sciences, une telle pratique pourrait rendre possible une mise en discussion des sciences respectueuse de la diversité de ses régimes épistémologiques et de ses modes concrets de fabrication.

 

Les risques, leur incertitude et leur imprévisibilité forgent l’opinion de la population. Nous prenons conscience que conscience ne veut pas dire contrôle absolu : la maîtrise est impossible et le contrôle sur nos actions apparaît comme une pure fiction.

Il existe un besoin d’évaluer « objectivement » le risque par des mesures de sécurité, d’efficacité et de qualité, et d’incorporer les « perceptions » du risque comme des contributions importantes et valides à l’établissement d’une connaissance fondée. Il faut prendre en compte le risque social dans l’évaluation des techniques.

Il s’agit d’établir des consensus entre tous les acteurs sur la définition des risques, leurs incertitudes de réalisation et leur hiérarchisation. Les différentes perceptions des risques doivent se comprendre et s’accorder pour éviter des incompréhensions et des malentendus.

Ce processus de décision doit s’appuyer sur la responsabilisation (acceptation de la responsabilité des conséquences des décisions prises), l’ouverture (volonté de prendre en considération l’information issue de la participation du public), la transparence (rendre disponibles les critères influençant les décisions et les informations sur celles-ci) et la réflexivité (reconnaître que l’approche prônant le « même format pour tout le monde » n’est pas toujours appropriée dans le processus de décision réglementaire).

Les organismes de santé publique doivent être réflexifs, c'est-à-dire qu’ils doivent vérifier constamment si la méthode d’investigation convient au problème examiné, au lieu d’utiliser une méthode unique et uniformisée.

 

Les processus de décisions et les interventions doivent être liés à la compréhension du contexte global et pas seulement déterminés par des indicateurs de résultat. L’action écosystémique de santé environnementale se base sur l’intégration des connaissances pour chacun des éléments affectant la santé de l’ensemble de l’écosystème (eau, air, terre, organismes vivants, humain) et la prise en compte des besoins et des aspirations des humains habitant ce milieu. Dans une approche écosystémique, les trois domaines (environnent, économie, développement de la collectivité) doivent être examinés conjointement et revêtent la même importance. La zone d’intersection commune reliant ces domaines constitue le point de rencontre illustrant la santé de l’écosystème. Le développement à outrance d’un des domaines au détriment des deux autres compromet la pérennité de l’écosystème à plus ou moins court terme. Ce principe est particulièrement pertinent dans le contexte du développement durable. La gestion intégrée des ressources présente une démarche de planification stratégique et interactive permettant de concilier les intérêts divergeant des acteurs en leur faisant une place de choix dans le processus décisionnel. Elle vise le développement de solutions à des problèmes spécifiques reconnus par les acteurs et répondant à leurs attentes. Ainsi, on ne vise pas la solution parfaite, mais plutôt la meilleure solution pour tous. Il devient donc primordial que les acteurs soient impliqués dans un mécanisme de concertation lors des phases d’évaluation, de planification et de mise en œuvre des projets de gestion des ressources, afin d’améliorer l’état de l’environnement et la qualité de vie des populations.

 

Les évaluateurs du risque doivent d’abord et avant tout être en mesure d’identifier toutes les questions qu’ils doivent poser et, ensuite, se demander quel type de processus d’évaluation s’impose. Les demandes des évaluateurs doivent susciter la coopération et non la résistance des équipes scientifiques subventionnées par l’industrie. Les organismes réglementaires doivent être en mesure de définir les résultats qu’ils escomptent et placer ensuite les promoteurs dans l’obligation d’obtenir ces résultats. La décision d’accepter des résultats ne doit pas se fonder sur un point de référence négocié entre le promoteur et l’organisme de réglementation, mais sur un résultat soigneusement déterminé par plusieurs sources compétentes (et non conflictuelles).

Ce qui est si crucial est la capacité de faire la différence entre la bonne et la mauvaise construction. La santé publique doit être orientée vers le réalisme constructiviste (évaluation et avis de l'autorité sanitaire sur le processus de décision), l’ouverture (écoute, prise en compte, échange avec la population) et la réflexibilité (capacité d'adaptation, adéquation entre la méthode d’évaluation particulière et le problème examiné).

Les deux choses les plus importantes d’une structure, d’un organisme sont ses hommes et sa réputation.

 

Les professionnels en santé publique doivent progresser dans le sens de l'intuition et la perception de signaux faibles, de la construction d'outils et de modèles d'analyse, de la vision claire et réelle des situations et de la psychologie humaine. En santé publique, il faut donner le choix, réduire les risques et ouvrir les possibilités. Il faut gagner la confiance et sortir d'une logique de la peur. Mais la confiance est comme de la porcelaine, il ne faut pas l'ébrécher car elle ne se répare pas.

Une action et un produit sains peuvent être définis comme une action et un produit qui ont du sens et portent une responsabilité: ils ne provoquent ni n'induisent d'excès de risques sanitaires pour ceux qui les produisent, ceux à qui ils sont destinés, et d'excès de risques environnementaux à la nature.

Agir, c’est dire dans la lucidité du regard, dans la vérité des mots et dans le courage de la responsabilité. J’ai conscience d’agir quand je peux dire ce que je vois, quand je le dis avec des mots que je crois vrais et quand, en tout état de cause, je me sens capable d’assumer les conséquences de ma démarche.

Persévérer est une douleur, la peur emprisonne et stérilise, mais à la longue, si on survit, on se renforce intérieurement, on apprend à s’acharner.

Charmer, c’est satisfaire l’ego des autres, être un acteur en flattant et en se montrant doux, tout en mettant en valeur sa beauté et sa sensibilité. C’est aussi laisser entrevoir la possibilité d’une relation tout en gardant une distance qui laisse les autres sur leur faim.

Écartant la méfiance, les personnes doivent accepter la vulnérabilité associée à l’acte de confiance en l’autre. Ils transforment alors cette vulnérabilité en force parce que la confiance permet d’œuvrer ensemble plutôt que de peiner seul.

La réussite ne peut être décrochée qu’au prix d’efforts soutenus et bien orientés.

 

Les actions de santé publique doivent pouvoir orienter les acteurs de la société vers 5 principes:

  • La salubrité : absence de pollution du milieu naturel
  • La durabilité : activité respectueuse de l’environnement, de la santé et des écosystèmes (développement durable)
  • La prospérité : partage de la richesse permettant d’atteindre un degré de bien-être satisfaisant
  • L’équité : satisfaction des besoins essentiels et chances égales de réaliser pleinement le potentiel de chaque individu
  • La convivialité : milieu de vie en harmonie où chaque membre participe à la vie de la communauté en recevant d’elle un soutien social.

Dans l’idéal, l’action collective doit faire en sorte que le choix par défaut soit le meilleur pour l’individu, sa santé et le bien public.

Le cœur, l’esprit et les gestes ne doivent pas être séparés mais liés. De la même manière, le ressenti de la population, les avis d’expert et l’action des institutions doivent être liés.

 

Pour évoluer, il faut une rupture. Il n’y a pas de culture de la santé publique sans drame sanitaire. Cela fait partie de l’essence même de la santé publique, de ce qui fait sa culture. La souffrance est une école d'apprentissage de la vie. Nous ne pouvons pas connaître notre vulnérabilité sans être confronté à nos limites.

Les enjeux de la répartition des risques prendront la place qu’à occupée la répartition du capital aux XIXe et XXe siècles et les prochains grands conflits reposeront sur des antagonismes entre différentes cultures du risque.

Ulrich Beck

Développe un esprit qui soit vaste comme l’espace, où les expériences agréables et désagréables peuvent apparaître et disparaître sans conflit, lutte ou douleur. Demeure dans un esprit vaste comme le ciel.

Bouddha

La France subit une crise multiforme de civilisation, de société, d'économie qui a pour manifestation première un dépérissement lui aussi pluriel : social, industriel, géographique, des territoires, et humain. Cette crise provoque une angoisse puisqu’elle est assortie d'une absence d'espérance dans le futur. La foi en l’avenir a laissé place à l'incertitude, à la peur, et à la désespérance. L'honnêteté n'a jamais compté parmi les vertus politiques et les mensonges ont toujours été considérés comme des outils légitimes dans les relations politiques.

La France est de plus en plus inégalitaire. Les zones riches ont de plus en plus d’avantages, de servies et un haut niveau de qualité, contrairement aux zones défavorisées. Pour y avoir accès, il faut habiter dans des endroits riches.

 

Nous sommes dans un contexte de crises internationales multiples, où l’ordre occidental dominé par les Etats-Unis est en péril. La structure occidentale se fragilise de l’intérieur. Un autre monde se construit avec la Chine à la manœuvre, des dirigeants autocrates en Russie et en Turquie, et des valeurs différentes.

Nous vivons en Europe la montée des intégristes, des nationalistes et du racisme. Les démagogues ont un énorme besoin de reconnaissance et un fantasme de domination à assouvir.

Il suffit de décapiter la tête royale pour que toute la société s’effondre. C’est la grande faiblesse des systèmes à hiérarchie et à administration centralisée. On tient ces sociétés par leur monarque.

 

Les politiques, les technocrates, les lobbyistes et les experts se côtoient quotidiennement. Ils se connaissent donc très bien.

Les politiques sont impitoyables entre eux pour la conquête du pouvoir. Ils n’ont pas de principes. On ne peut pas avoir confiance dans les politiques car ils sont dans la séduction et l’hypocrisie. Ils sont durs, cyniques, sans concessions et tactiques.

 

La construction politico-technocratique sélectionne, produit, nomme et couvre de son silence les conflits d’intérêts entre le monde politique et la finance. Ces deux mondes ont la même logique et servent les mêmes intérêts.

Les grandes sociétés n’ont pas d’intérêts locaux et forment une oligarchie qui oriente les politiques à leur avantage.

Les politiques ont l’habitude de ruser en parlant et de ne pas dire ce qu’ils veulent dire. Avoir quelque chose à raconter, c’est souvent pour se mettre en valeur.

Les débats télévisés sont une mise en scène construite autour de l’acteur vedette.

Le monde de la politique est le monde où règnent la superficialité trompeuse, les paroles lancées à la va-vite, les jugements à l'emporte-pièce dans une agitation creuse des médias.

 

Dans la sphère des élites, il ne suffit pas que du talent pour y être. Il faut être prêt à des sacrifices, à se compromettre car les enjeux dépassent largement ceux de l’argent. Derrière le rêve, derrière le vernis des palissades dorées et immaculées, il y a des accidents, des vies qui se heurtent brutalement au pavé. Le monde des élites est un monde où les décisions se prennent derrière des murs épais et de lourdes portes, à l’abri des indiscrétions. Tout y est arbitraire, politique. Tout le monde est une marchandise, jetable et parfois recyclable.

Les gens qui impressionnent sont ceux qui ont de l’audace, de la confiance, du charisme et de l’assurance.

Pour être vu et écouter, il faut faire apparaître ce que la société ne veut pas voir, ce qui est refoulé.

 

En affaire, tout est permis, il n’y a pas de règles. Il faut s’attendre à tout, sauf à l’humanité. On ne peut faire confiance à personne.

Dans un système hiérarchique, la direction décide de tout et arrive à ses fins avec ou sans débat social. Cela peut aller jusqu'à l'hypocrisie et le mensonge. Les syndicats ont peu de poids, seul le réseau de connaissance est le levier le plus puissant. Il ne faut jamais s'opposer frontalement pour être une cible.

Avec les connaissances du cerveau que l’on a aujourd’hui, on peut faire d’énormes dégâts, voire contrôler la société : c’est le neurofascisme.

 

On assiste à la régression politique, où des responsables politiques ont des visages crispés par la haine, qui vomissent des insultes.

Les politiques disent ce que les autres veulent entendre, mais ils agissent comme ils ont décidés. Ils considèrent tous les autres comme des concurrents et se couvre d’un vernis de bonnes intentions.

 

Le lobbying, c’est anticiper. C’est devancer les coups de l’adversaire et préparer des ripostes. Le vainqueur garde un coup d’avance sur ses adversaires. Surprendre, sans se laisser surprendre.

Il y a ceux qui parlent pour séduire l'électeur en disant ce que cet électeur veut entendre, et ceux qui parlent au citoyen acteur responsable, en faisant un pari sur le bon sens même si certaines mesures sont sévères.

 

Les politiques utilisent l’image messianique, essaye de créer un mouvement, pense en terme de révolution, énoncent des évidences.

L’univers psychologique européen est baigné du symbolisme christique. Les mentalités sont donc conditionnées par la vision biblique de la vie.

La consommation de masse est une simplification de la réalité et un formatage de la psychologie en utilisant des clichés, des stéréotypes et des symboles. Il ne permet pas de comprendre la réalité et tend à vouloir créer de l’exceptionnel à partir du banal.

 

La France est une république démocratique avec une tradition monarchique du pouvoir. Les institutions sont toutes centrées autour du pouvoir. L’autorité judiciaire n’est pas totalement indépendante. Les personnes au pouvoir s’informent, interfèrent, pèsent, commentent les décisions. Ils s’ingèrent dans l’action et les décisions en mettant en avant leurs intérêts personnels.

Les électeurs qui dénoncent le clientélisme se comportent comme de vrais clients de la classe politique. Pour être élu, il faut désormais distribuer/promettre logements, places en crèche et, dans certaines villes, jouer la carte du communautarisme.

 

Les élites technoéconomiques sont moulés à la même culture, à la même pensée. Il y a peu de diversité dans les schémas de pensée. Ils s'enferment dans un petite communauté, dans un entre-soi, où ils se pensent supérieurs.

Les syndicats se bornent le plus souvent à une défense corporatiste de l’emploi, à lutter pour défendre des statuts et des conditions de travail, sans remettre en cause le sens des productions et des activités pour lesquelles les travailleurs sont payés. Ils se font ainsi les cogérants avec les dirigeants et les actionnaires, de l’organisation sociale à l’origine des maux qu’ils combattent. Pour être libéré du système, il ne faut pas le combattre, il faut en sortir.

 

La politique utilise les forces claires et obscures de la société pour asseoir son pouvoir. La politique ne peut pas avoir les mains propres. Les politiques sont des manipulateurs de l’opinion publique, cyniques et sans scrupules. Les politiques et les médias préfèrent anesthésier la population plutôt que de les contrariés. Ils sont plus enclins à servir leur clientèle qu’à se saisir des conflits et à les éclairer.

Les banques disposent de personnes à leur solde dans le cercle intime du pouvoir.

La société est un spectacle de gladiateur avec une arène et des spectateurs qui votent pour l’issu final. Nous sommes dans une société de l'apparence et de l'image.

Les hommes politiques qui arrivent au pouvoir sont ceux qui ont les réseaux médiatiques les plus importants.

 

Les politiques font de l’affichage en expliquant leurs décisions par des arguments sociaux, sanitaires et environnementaux, alors que c’est avant tout des choix politiques, électoraux et économiques.

Pour être populaire, le pouvoir flatte, séduit, donne des honneurs, verse des récompenses, organise des jeux et rend accessible les privilèges aux personnes.

Dans une société du spectacle, l’élite est très sensible à son image et sa réputation.

Les élites via leurs réseaux et structures agissent et espionnent pour maintenir leur pouvoir et l’ordre établi.

 

Les politiques utilisent les mêmes techniques que le marketing. Ils jouent sur les fantasmes des gens, qui souhaitent croire en quelque chose de plus grand, de plus important et de plus spectaculaire.

Les élites sont coupées de la réalité et pensent apporter la lumière à l’humanité.

Ceux qui sont les chefs ne sont pas les plus forts, mais les meilleurs comédiens, ceux qui savent dissimuler leur jeu.

Le foot comme sport très populaire est un outil de soft power. Les financiers achètent les clubs de foot pour fournir des jeux et du spectacle au peuple et ainsi mettre dans leur poche les politiques. Ainsi, financiers et politiques marchent main dans la main.

 

Le pouvoir tente de décrédibiliser les opposants. Les forces de l'ordre sont instrumentalisées pour servir un but politique, pour favoriser la négociation et orienter l'opinion publique. Les politiques sont très interventionnistes dans la gestion technique en France.

Les réseaux de pouvoir veulent être des leaders d'opinion pour influencer la population en faveur de l'élite. Les politiques ne peuvent accéder au pouvoir sans participer à des réseaux qui vont les faire monter. Les réseaux recrutent dans la population des personnes influentes pour garder un pouvoir important.

La plupart des attaques personnelles, en vue de te faire partir, viennent toujours de l’intérieur de l’organisation, par des personnes « proches » qui connaissent tes failles et tes erreurs, et qui les révèlent au grand jour anonymement.

Un remaniement ministériel n’a qu’une seule raison d’être : le pouvoir. On ne manque certes jamais de nous marteler au préalable que les remaniements permettent de faire passer de nouvelles idées et de réorienter les priorités, mais en réalité, ils ont un objectif plus cru, et plus immédiat — ils offrent aux Premiers ministres la possibilité d’user de leur pouvoir clientéliste et de montrer qui est le patron.

 

Les politiques sont harcelés par la pression du temps. Ils n’inventent plus rien.

Le droit n'est pas juste, il est un outil qui sert le mieux celui qui sait s'en servir. La politique est du marchandage et du rapport de force. Les politiques se placent dans une hiérarchie par rapport au poids qu'ils représentent. Ils ont peur de la concurrence et ne pensent qu'à leur carrière personnelle. Tous les coups sont permis. Ils jouent avec les ambitions des uns et des autres et se mettent en scène. Ils ont une vision monarchique et courtisent le chef. Leurs mains doivent demeurer propres. Les médias sont placés au cœur des réseaux de pouvoir. Les accointances entre politiques et gagneurs d'argent établissent la gouvernance du monde.

 

Beaucoup de personnes ne souhaitent pas le changement car ils veulent conserver les codes, les rites, les dogmes et les croyances qui leur permettent de trouver une place dans la société.

La réforme permanente à laquelle les organisations sont soumises est inutile et coûteuse, mais elle est devenue une fin en soi pour les dirigeants, un marché pour les consultants, une reconnaissance sociale pour les manageurs.

Les grandes multinationales n’auraient pas émergé sans des décennies de recherche publique et d’infrastructures collectives, tout en bénéficiant d’un taux d’imposition faible.

 

Les extrémistes se nourrissent des frustrations historiques, économiques, sociales et contemporaines. La diffusion de vidéo de propagande transforme les extrémistes en héros et donne du sens et un engagement à leur vie.

La France est un pays dure aux faibles et se gargarise d’égalité et de fraternité, un pays corseté par les règles  et les rentes qui se croit un pays de liberté, un pays devenu inégalitaire qui ne fait plus sa place aux mérites.

Il faut sortir d’un esprit de défaite avec une politique victimaire pour aller vers la conquête. L’objectif est de libérer les énergies.

 

La France jouit d’un optimisme qu’elle n’a pas connu depuis les 30 glorieuses. Emmanuelle Macron est pour le tout libéralisme. Les principales mesures pratiques qui pourraient être adoptées par le nouveau gouvernement peuvent être d'une part la suppression des aides de l'Etat aux grands groupes industriels et d'autre part l'adoption d'aménagement fiscaux très favorables à l'artisanat et au statut d'auto-entrepreneur : la philosophie d'une «start-up nation ».

Ce qui est fondamental, c'est l'idée d'entrer dans une ère postnationale et donc postdémocratique, après une confrontation plus ou moins violente avec les mouvements identitaires. La victoire du nouveau gouvernement signe l'avènement d'un individualisme intégral. Il pense que le caractère indépassable de l'économie de marché est désormais admis. Les fictions du Contrat Social, du Peuple et même de la République peuvent être rangées au musée des vestiges tribaux.

Le président pourrait voir en effet dans la construction européenne le moyen de dissoudre l'Etat-nation et de ressusciter l'Empire romain. La véritable ambition du président, c'est de devenir à terme le premier président élu de l'Europe.

 

La nouvelle tendance est le monde de la technologie et d’internet qui veut changer le monde.

La start-up, c’est la nouvelle utopie économique et sociale de notre temps. N’importe qui, à partir d’une «idée», en s’entourant de codeurs et en levant des fonds, peut désormais se croire maître de sa vie, «œuvrer au bien de l’humanité», tout en rêvant de «devenir milliardaire». Or, à y regarder de près, le mythe s’effondre aussitôt. La plupart des start-up échouent rapidement. Et pour les employés, le régime de la précarité prévaut. Une pression terrible est exercée par le fait de l’obligation rapide de résultat. Et on offre des stock-options qui, sous couvert d’intéressement à de futurs profits hypothétiques, évitent de rémunérer convenablement les personnes. Le technolibéralisme a institué des méthodes managériales laissant croire que chacun peut librement s’y épanouir. En réalité, tout est aménagé afin de profiter au maximum de la force de travail de chacun.

L’auto-entreprenariat au sein des nouvelles technologies est un nouveau travail mais en réalité ce n’est qu’un nouveau rebondissement d’une vieille histoire, celle du travail exploité par le capital. La différence c’est que l’exploitation est faite avec un gros smiley.

Tout ce qu’on dit du nouvel environnement de travail – de la folle décoration à la rhétorique du "changer le monde" en passant par la mythologie du parcours héroïque et les avantages en nature qui n’en sont pas – tout cela n’existe que pour une raison, baisser le coût du travail pour maximiser le retour sur investissement.

Le milieu de la technologie surpaye, et force les autres à surpayer, et investit d’énormes ressources dans le buzz.

 

La société néocapitaliste banalise le risque, pourfend l’Etat, dénigre les salariés. La nouvelle dynamique mondiale sacralise l’argent et la monétisation à outrance à l’inverse des rapports humains. Ces théoriciens veulent pousser les jeunes à être des milliardaires en leur faisant miroiter les réussites de la Silicon Valley sans tenir compte des différences de contexte et de réalité sont les mêmes qui les éloignent de la politique, jugée comme une vile activité. Notre époque confère une supériorité au militant sur l’intellectuel. Il en est de même de l’entrepreneur sur le politique. L’un est jugé fabriquant de l’histoire économique et sociale et l’autre, piètre artisan de sa régression. La mode de l’entreprenariat bénéficie d’une hypermédiatisation, jusqu’à en faire l’horizon indépassable d’une partie de la jeunesse dont la préoccupation première est le chômage et qu’on éloigne du politique pour en faire des businessmen. Les hommes politiques appuient cette mode, car ils trouvent grâce à un discours qui les déresponsabilise de leur rôle crucial d’établir des conditions de vie décentes pour leur population par l’éducation et le travail. Une partie de la jeunesse s’est engluée dans ce mythe de l’entreprenariat motivée par quelques succès indéniables. Mais, derrière eux, combien de désillusions ? Combien de jeunes rentrés dans des incubateurs avec espoir et détermination en sont sortis déçus et désabusés ? Tout le monde ne peut pas devenir entrepreneur. L’entrepreneur ne changera pas la société, car il n’est en rien supérieur au fonctionnaire, encore moins au politique. Tout dépend de ce que chacun, dans le quotidien de son engagement, fait ou aspire à faire. Il y a même une primauté de l’action publique sur le reste, qui nécessite de s’y s’engager pour que la société change véritablement et durablement. Aucune transformation sociale ou environnementale d’ampleur ne sortira de l’entrepreneuriat social : reverdir l’idéologie néolibérale ne la rend pas moins néfaste. La jeunesse diplômée qui se dit entreprenante n’est pas uniquement attendue dans la recherche du profit maquillée en une hypothétique orientation dite « sociale », mais dans un engagement politique avec éthique, détermination et responsabilité.

En science humaine, la réalité ne se comprend pas, elle se construit.

Citation d'un d'hypnologue

Avec la robotisation, nous serons plus des personnes qui calculent mais des personnes qui donnent des avis et des conseils. Le modèle pyramidal, structuré, hiérarchique n’a plus de raison d’être aujourd’hui puisque effectivement les connaissances sont partout accessibles. En revanche, les aînés auront un rôle toujours fondamental dans la structuration d’un savoir.

Plus aucun parcours de formation n’est sûr à 100 % pour avoir un travail, donc autant s’amuser et choisir d’étudier ce qu’on aime. D’autant que les personnes auront de toute façon à travailler pour réussir, même dans les nouveaux métiers qui peuvent sembler amusant.

 

Si les industries conventionnelles devaient prendre à leur charge la réparation des dégâts provoqués sur l’environnement par leurs activités dans leur coût total, aucune ne réaliserait de profit. Les prix des produits de consommation de masse sont en réalité falsifiés et nivelés par le bas, au détriment à la fois des travailleurs et des écosystèmes. Il apparaît patent que nombre d’États et institutions supra-étatiques se font les soutiens de ces industries.

Le développement durable adhère à l’idée d’une croissance infinie du PIB. Il suppose que nous pouvons substituer des techniques ou des artefacts au capital naturel et qu’il est donc loisible de détruire celle-ci au gré de nos activités économiques. Le développement durable est donc un concept erroné, car les techniques ne créent pas la nature et ne peuvent pas s’y substituer.

Nous ne substituons pas du capital reproductible au capital naturel, mais des nouvelles techniques aux anciennes pour exploiter des compartiments de la biosphère que nous étions jusqu’alors incapables d’utiliser. Il n’y a pas de techniques sans nature, sans énergie, sans matière. Cela oblige à préserver certaines caractéristiques physiques de l’environnement tels les services écosystémiques, la richesse de la biodiversité ou la stabilité du climat, ce qui implique une décroissance drastique de nos flux.

Les profits générés par la performance et la productivité n’ont pas été redistribués équitablement.

 

Les dispositifs technique et marchand cherchent à nous influencer, voire à nous contrôler. Nous ne voulons pas qu’une entreprise marchande contrôle nos réflexes. L’uniformisation ne doit pas penser à notre place. Nous n’acceptons pas la perfusion de notre esprit par le système.

La seule manière de battre un trader à haute fréquence est d’être un trader à basse fréquence. Plus votre horizon est lointain, plus vous détenez des actions pour des raisons fondamentales, moins les variations à court terme vous importe.

Pour diminuer la volatilité, il faut privilégier des choix de conviction sur le long terme, qui ne se préoccupent pas des indicateurs, ou bien miser sur le potentiel d’une entité plutôt que sur des valeurs actuelles de l’état de l’économie mondiale.

Le développement pour qu’il soit durable ne peut être que de type familial voire communautaire trangénérationnel, permettant la diversité, la multitude et le long terme.

 

Les outils de surveillance n’empêchent pas le terrorisme, ce sont des outils de manipulation sociales et d’influence et donc de pouvoir. Les pouvoirs de surveillance disent : abandonnez votre pouvoir, nous on s’occupe de tout, faites nous confiance.

Les politiques ne sont pas près à leur sacrifice personnel même s’ils savent que l’on court au désastre.

Les sujets de discussion sérieux sont décidés par les institutions puissantes. Les sujets dépendent d’institution dont nous ne voulons pas forcément l’influence. L’argent engendre la corruption. La parole n’est pas vraiment libre.

Les chaines de diffusion ne parlent que de propos qui alimentent la haine. En inondant de messages les espaces de dialogue, notre parole a perdu toute importance. Les titres des journaux sont devenus plus importants que les articles. Les fausses informations récompensent leur auteur grâce à leur propagation. L’outrance fait vendre. Le débat est fermé aux vraies solutions. La politique de la peur est très efficace.

Les périodes de paix ont engendré une complaisance envers les démagogues qui profitent de la politesse des gens. La politesse est née du confort, parce que nous n’avons jamais eu à nous battre, à nous lever pour défendre nos idées. Notre confort est notre pire ennemi.

 

La supériorité de la force militaire et la suprématie technologique ne suffisent pas quand il y a une faille au niveau de la stratégie politique.

La démocratie n’est pas une question de confiance mais d’effort. Ce qui fait le socle de la démocratie est l’absence de corruption des élites. Les politiques doivent devenir de plus en plus moraux.

 

Croire en quelque chose ne suffit pas, il faut se battre pour la faire émerger. Pour avoir un impact, il faut s’attacher aux choses que l’on connait. Nos avons besoin d’exemples. Rien dans ce monde n’est gravé dans la pierre. La pierre devient sable et poussière.

Le problème est que les personnes qui s’attaquent à une injustice, perdent plus qu’ils ne gagnent. Il faut biser la peur. Ne pas avoir peur de changer. Changer est la sécurité et la stabilité est une illusion, elle n’existe pas.

Il faut ignorer les experts, les sceptiques dans un moment de transformation fondamentale. Les experts sont les experts d’un système, non les experts de la façon de le changer.

Il est plus facile de contrôler les gens qui ont peur que ceux qui ont confiance en eux et croient en un avenir commun.

Tous les progrès sociaux ont émergé lorsque les gens considèrent que le système est obsolète, injuste. En autorisant pas l’échec, on ne peut pas autoriser le progrès.

C’est dans les périodes d’instabilité, qu’il faut avoir de l’espoir.

Si nous arrivons à créer des liens de fraternité, des liens de cœur à cœur, nous créons quelque chose de plus fort que le gouvernement. Nous partageons une communauté de valeurs, conscient de notre humanité.

 

Si nous perdons notre liberté, nous perdons une partie de notre personnalité. Soyons en résonance avec nous même. Réintégrons la beauté et la bonté comme des valeurs. Ces valeurs amèneront l’énergie pour se confronter aux obstacles. L’être doit s’installer dans l’universalité.

Ne désirer pas plus que ce que l’on éprouve. Ce faire accepter par la nature. Rapprochons nous de se que nous ne connaissons pas. Nous sommes libres parce que nos jours sont libres. Ne subissons le diktat de personne.

Notre personnalité peut être en parti influencée par le sol et sa nature sur lequel nous vivons.

Il faut continuellement regarder ce qui se passe ailleurs dans un monde qui n’a plus de centre. L’enchevêtrement des points de vue sculptent un monde en mutation fait de circulation des idées, des cultures, des objets.

 

Ce ne sont pas les ralliements de personnalités qui sont importants mais le nombre de comités locaux qui se mobilisent pour un mouvement.

Nous avons besoin de libéralisme, car on a absolument besoin de libéraliser l'économie aujourd'hui, et en même temps la solidarité. Le libéralisme n’est pas la mondialisation. Le seul rempart que nous avons contre une mondialisation excessive c'est l'Europe.

 

La société doit relever le défi de ce siècle, celui d’un monde où les ressources sont rares.

Les obstacles à la transition sont nombreux. Le principal d’entre eux est le rapport instrumental à la nature que nous avons développé : il faut la dominer, la maîtriser, l’exploiter pour satisfaire nos besoins. Toute notre modernité est fondée sur ce mythe prométhéen.

La société peut avoir recours à des combinaisons d’outils juridiques, avec des règles contraignantes et des incitations économiques, qui forcent à internaliser les externalités environnementales, sociales et de santé.

 

Si nous voulons avoir un indice de développement élevé, il faut que la majorité des personnes aient un niveau de richesse et d’éducation élevée. Pour cela, il est nécessaire de permettre une distribution équitable des richesses, une création de richesse par tous, un investissement important sur le développement, l’enseignement, l’épanouissement et l’autonomie des personnes. Les grands groupes, les multinationales, les grandes surfaces détruisent ce type de système et créent un système inégalitaire où la majorité personnes s’appauvrisse et où la richesse est accaparée par quelques personnes.

Nous devons rester humbles et observer les pays « en développement », réapprendre à construire l'avenir en puisant dans les méthodes ancestrales et selon des modèles plus humains rejetant le profit à tout prix.

L’argent est un moyen, non une fin en soi, qui doit être mis au service d’un but supérieur : de l’homme, de la société, de l’épanouissement de la vie.

Des domaines d’avenir : l’écotechnologie (éolienne, panneaux photovoltaïques), le design (architecture, mobilier, matériaux), l'industrie électronique (son, image, matériel médical), l'exploitation des ressources naturelles, la production de nourriture et de boissons, le développement durable urbain, les systèmes contre la pollution et les produits de bien-être.

 

Les deux paramètres indispensables à un avenir réellement meilleur sont l’autolimitation et le changement humain. Si nous demeurons dans une course en avant compétitive, qu’elle soit bio, verte ou solaire, rien ne changera. La modération est une puissance, et elle seule pourra nous sortir de la crise actuelle. La finalité de toute initiative devrait être la naissance d’une humanité nouvelle dans laquelle la coopération et le souci du bien commun sont placés au centre de nos préoccupations.

L’autolimitation peut être joyeuse. Il s’agit de se libérer du superflu et non pas se priver de l’essentiel. En réalité, soit on est dans la posture du manque permanent, soit on choisit la satisfaction.

Dans une communauté, les habitants s’impliquent, ce qui montre qu’ils se sentent responsables. Ils reprennent leur pouvoir, leur autonomie et peuvent contribuer à la mutation positive. Le manque produit la dynamique de la résolution du manque. Il réveille le besoin de vivre et stimule la créativité.

L’aspect participatif renvoie à la nature même de l’humain qui est d’être clanique. Au sein de groupes restreints, la réciprocité et la mise en commun des savoirs et savoir-faire créent du lien, de la reconnaissance et du bien être. Le fait que la coopération et l’associativité reviennent est enthousiasmant, car ce sont les fondements de la perpétuation de la vie depuis la nuit des temps.

 

Pour que la politique fasse bouger la société, elle a besoin d'embarquer un gouvernement, une administration, deux chambres parlementaires, des syndicats et une population derrière un projet, une vision. Si les politiques n'en sont pas capables, c'es à la population de faire bouger les politiques et de transmettre un projet.

Il ne suffit pas de désirer l’utopie, il faut encore ne pas la craindre.

La première qualité d’un haut responsable doit être la résistance à l’effort et aux attaques ainsi que la persévérance.

Il faut aller vers un état-civilisation (et sortir d'un état-nation), qui porte une force culturelle à travers l’art, l’écriture, la pensée, les rites et les coutumes. Cette force culturelle fait l’unité et la pérennité du peuple.

 

L’indépendance réside aujourd’hui dans l’interdépendance. Elle se fonde avant tout sur le multilatéralisme, la concertation entre les nations, le respect des accords, sur la primauté de l’action diplomatique pour résoudre les crises, y compris les plus préoccupantes. Partout où le multilatéralisme se dote des armes de son efficacité, il est utile.

Le monde multipolaire qui est aujourd’hui le nôtre nous oblige à réapprendre la complexité du dialogue mais aussi sa fécondité. C’est le vieux monde – centré sur les Etats, les rapports de puissance, la défense prioritaire des intérêts nationaux – qui s’oppose aujourd’hui au nouveau monde – interconnecté, mondialisé, conscient que les grands défis communs, la lutte contre le réchauffement climatique ou les développements.

Mieux vaut commettre une erreur avec toute la force de son être que d'éviter soigneusement les erreurs avec un esprit tremblant.

Dan Millman

L’innovation est un mythe. On peut parler de la place messianique de l’entrepreneur dans nos sociétés. N’en déplaise à l’image d’Epinal de l’entrepreneur seul dans son garage, sans les structures sous-jacentes à l’innovation, l’individu ne peut pas grand-chose. On peut mentionner le mythe de la « Révolution industrielle », ce sont les historiens qui nomment, a posteriori, des périodes de l’histoire de la sorte. Le terme de « révolution » a le vent en poupe lorsqu’il s’agit de créer artificiellement du nouveau.

Mais ces mythes ont leurs importances : ils permettent de créer du mouvement, de l’adhésion. Seulement, ils ne nous permettent pas de comprendre ce qui nous arrive. Il faut donc savoir les déconstruire pour rentrer dans une forme de finesse, une approche plus analytique.

Nous sommes empêtrés dans un paradoxe : nous sommes confrontés à une injonction permanente au mouvement et, dans le même temps, à une peur viscérale de celui-ci. Tant qu’on n’aura pas reconstruit un discours sur le futur qui ne soit pas anxiogène mais émancipatrice, ce sera toujours « mieux avant ».

Il existe en France la tentation de singer la modernité incarnée par le monde “anglo-saxon” dans l’espoir d’en récolter les fruits. D’où les modes anglophiles souvent ridicules et l’abus d’anglicismes, comme un appel désespéré pour des bienfaits que l’on espère sans en comprendre l’essentiel.

Le secret du changement consiste à concentrer son énergie pour créer du nouveau, et non pas pour se battre contre l'ancien.

Dan Millman

Eduquer, c’est faire entre un enfant dans un monde qui le précède

Hannah Arendt

Il faut sortir de l’ornière du non-réformisme à la française, qui n’est en fait que l’addition des compromis clientélistes, la démagogie molle des chefs aux petits pieds.

Une décroissance de l’activité industrielle volontaire, sélective, conjuguée à une régulation publique forte avec des règles exigeantes, permettrait de diminuer la croissance des risques et les inégalités qui en résultent. Cette voie est celle de la sobriété heureuse. L'administration a un grand rôle à jouer dans cette transition.

Seule une société caractérisée, d’une part, par une consommation et une croissance faibles, et d’autre part, par une répartition de la richesse équitable entre les élites et le peuple, peuvent parvenir à des relations équilibrées et durables avec son environnement.

L’accumulation des richesses vient du pouvoir et de la peur, la peur de manquer, la peur du regard des autres.

Il faut sortir des évaluations en termes de richesse et de produit intérieur brut (PIB), mais prendre en compte les aspects sociaux, environnementaux, de développement, d'éducation et de bien-être.

Les techniques développées par des amateurs, les initiatives personnelles, la collaboration et le fonctionnement en réseau vont dépasser progressivement les grosses structures. Les pratiques amateurs vont se multiplier au détriment des pratiques institutionnelles.

 

Si l’on veut diminuer l’empreinte humaine sur terre, il faut diminuer la productivité et la performance, embaucher massivement pour préserver l’environnement, diminuer le temps de travail, et développer les énergies renouvelables.

Par ailleurs, il faut maximiser l’abondance. Pour stimuler la créativité, la croissance du système, il faut qu’une certaine pression s’exerce sur lui.

Un travail étroit, de proximité et exigent envers l’homme, envers la nature, envers la société demande une main d’œuvre humaine abondante.

L’avenir tend vers les petites communautés diverses, autonomes, concentrées, à petite échelle, reliées entre elles et dont le travail est intensif en main d’œuvre.

Une société post-croissance suppose la création d’espaces, à partir desquels la re-création des normes par l’individu doit redevenir possible. La société a besoin de démocratie participative pour proposer ensemble des solutions.

 

Avec la mondialisation, les entreprises sont devenues mobiles face à des Etats immobiles. L’approfondissement du fédéralisme européen permettrait de mieux réguler et d’avoir un pouvoir majeur pour négocier.

Il ne faut pas vivre en domestication, en maître mais en cohabitation, en partageant un langage commun.

Ce qu'il faut pour la société, c’est une identité enracinée dans un lieu avec l’absence de fanatisme, et de s’engager pour un pluralisme de l’esprit, des valeurs qui ne sont pas liées à un lieu. L’identité mondialisée est condamnée à une identité superficielle, sans profondeur. Il faut s’engager dans l’entre deux, être ouvert à plusieurs façons d’être.

 

Pourquoi les femmes sont-elles subordonnées aux hommes ?

La femme aime les hommes androgynes car la virilité est sentie comme une menace pour elle. Elle a peur de s’impliquer, de faire face à elle et aux autres. Elle a besoin de sentiments, de profondeur psychologique, de sentiments très humains.

La femme doit pouvoir s’identifier et se projeter. Elle a besoin d’être rassurer, de ne pas faire face à des charges agressives. Pour explorer le fantasme féminin et donc sa sexualité, il faut lui permettre de se sentir autonome et émancipée, de prendre un certain pouvoir pour construire sa sexualité.

 

Pourquoi éduquons-nous les enfants dans la compétitivité au lieu de les éduquer dans la solidarité et la compréhension ? Pourquoi détruisons-nous ce à quoi nous devons la vie, pourquoi continuer cette aliénation de l’être humain, qui accepte de troquer toute son existence contre un salaire ?

Le temps est venu de dépasser les particularismes, c’est-à-dire tout ce qui nous emprisonne dans nos nations, dans nos religions, dans nos idéologies, pour aller vers une humanité qui reconnaisse son identité globale. Tous ceux qui aspirent aux mêmes valeurs pourraient se rapprocher.

On se préoccupe beaucoup de l’écologie mais la plus grande catastrophe écologique, c’est l’être humain. Et il faut qu’il le reconnaisse. Il est destructeur. S’il ne change pas, il sera éliminé, comme d’autres espèces mais avec une différence : c’est lui qui participe à sa propre extinction.

La civilisation moderne, technico-scientifico-financiero-profitante, a mis les êtres humains hors sol dans des mégapoles gigantesques et monstrueuses. Chacun vit dans sa petite alvéole, dans un monde vaste dans lequel il n’est pas inclus.

Cette dissociation de l’être humain de la nature, c’est le système qui l’a voulue parce qu’il voulait un être humain qui produit.

 

L’extrémisme est l’arbre qui cache une crise politique profonde.

Globalement, en cas de crise nous réagissons trop vite. Ce qui peut être justifié, en matière de protection, de sécurité ou d’assistance, ne l’est plus en termes d’information ou d’analyse. Or, les dispositifs d’information et d’analyse sont eux-mêmes atteints, corrompus par les dérives de la « société du spectacle », du « fait divers » qui permet la marchandisation des émotions et des concepts.

L’idéologie est bien souvent une « machinerie » qui permet à beaucoup de monde de « fonctionner », et de combler le vide de l’existence.

La politique, ce n’est pas suivre les vagues de l’opinion publique terrorisée, mais les éclairer, les aider à penser ces tragédies. Il faut montrer les contradictions, que les actions ne correspondent pas au parole.

C’est quand le vieux monde est en train de mourir, et que le nouveau monde tarde à naitre. Dans ce clair-obscur, naissent les monstres.

 

Les populations ne doivent pas se retrouver confrontées à une situation politique sans solution politique possible. À ce moment-là aussi, face aux masses désœuvrées et esseulées, des mouvements de masse ont émergé, portés par des minorités audacieuses, violentes, organisées, capables, au nom du nationalisme, du racisme, des valeurs populistes les plus débridées, de contrôler et d’encadrer des individus déboussolés, des individus de masse.

En empêchant le traitement politique d’une crise politique, on précipite le peuple dans les bras de tous ceux qui ressemblent à du politique parce qu’ils sont anti-système.

À partir du moment où les gens sont ensemble, sont bien soignés, sont éduqués, sont accueillis, bref où on les aide à vivre ensemble, il y a un terreau de la sécurité.

L'avenir de la France passe peut-être à travers les pays francophones en voie de développement qui apportent un dynamisme et une jeunesse au rayonnement culturel de la France.

 

Nous devons transformer les frustrations et les colères en force politique. Il faut signer l’acte de décès du néolibéralisme en urgence. Il faut absolument reconsidérer la fonction sociale de l’art comme du soin ou de l’éducation ou de la justice, et la fonction politique de la culture et de l’information. Il faut casser la technocratie et ses traités qui mettent les peuples en concurrence et en servitude. Il nous faut un discours vrai, le feu sacré du politique, qui enthousiasme et donne envie de se battre autant que de rêver, de s’aimer autant que de s’opposer sans se détruire.

La création d’une véritable identité culturelle passe par le creuset d’une culture qui fait fondre ensemble - par des alliages subtils -, bien des composants humains. C’est en nous appropriant à notre manière singulière ce que les autres nous ont apporté que nous nous sommes créés, que nous avons donné une forme à notre destin. Il s’agit d’enseigner et de comprendre nos dettes aux autres personnes, aux autres pays, aux autres cultures.

 

Les différences se creusent entre le milieu urbain et le milieu rural en termes de densité de population, de dynamisme, d’âge, d’ouverture sur le monde, de technologie, de service, de richesse, de travail, de melting-pot et de métissage. La concentration des pouvoirs dans les grands centres urbains va créer des inégalités démocratiques avec les campagnes.

Le milieu urbain devient de plus en plus riche. Le système de vote actuellement en France sur-représente la campagne et sous-représente la ville au niveau des élections parlementaire et municipale. La campagne a donc plus de représentants au pouvoir en proportion. Or, ces deux groupes ont des visions généralement opposées : la ville est plutôt sociale, libérale et écologique et la campagne est plutôt nationaliste et conservatrice. La dernière vision est donc potentiellement mise en avant plus facilement par les politiques pour répondre à leurs électeurs du milieu rural. Le prochain grand défi sera de redynamiser la campagne pour qu’elle soit créatrice de richesse. La solution viendra peut-être de la création à la campagne de communautés soudées et dynamiques sur un secteur de niche, communiquant en réseau et mettant en avant leur qualité de vie.

 

En France, il y a une culture victimaire très forte. Nous cherchons à être une victime. Cette valorisation de la position de victime s’inscrit dans un héritage chrétien d’empathie très forte avec celui qui souffre. Les victimes sont perçues comme des êtres différents, qui rayonnent de leur souffrance, revêtant ainsi une image de héros.

Nous cherchons à être des victimes, à rencontrer des victimes pour porter une partie de leur douleur. Nous voulons être sauvés. Nous cherchons à être populaire, à se sentir vivre, à se croire important, à être au centre des attentions. Nous flirtons avec un masochisme mortifère, dans lequel nous cherchons à prendre du plaisir dans la souffrance.

Nous n’arriverons pas à ne plus souffrir si nous ne sortons pas de notre rôle de victime.

Sortons de la culture de la souffrance, de la culpabilité et de la victimisation.

 

La France doit être attachée à un modèle d'une culture de l'hospitalité, de la pluralité et du maintien des équilibres l'emporte dans une région en proie à des tensions extrêmes.

La France doit se réconcilier avec son histoire diplomatique, celle d'une puissance qui sait construire la paix à travers le maintien de la stabilité des États, par le dialogue avec tout le monde et des exigences claires à l'égard de tous. Les interventions militaires ne suffisent pas.

La France doit intégrée mais pas assimilée, pour être dans le pluralisme. Il existe des tentations de revenir sur une filiation chrétienne de la France et de définir une vérité française unique, primant sur les éléments de diversité de la société. C'est une erreur profonde, car si la France a une tradition et une histoire judéo-chrétiennes, elle s'est émancipée de celles-ci. La laïcité ne doit pas construire de nouveaux interdits. La France doit être pour l'indivisibilité du peuple français mais avec une diversité reconnue.

L'un des rôles de la France, c'est de s'assurer que les intérêts des opprimés soient défendus. Nous ne devons pas être dans une logique d'immixtion, mais  dans une logique de service, de responsabilité et de stabilité. La France n'a pas à s'ingérer dans le jeu d'influence des puissances. Elle ne doit s'aligner sur personne. Elle doit assumer une politique de dialogue exigeant.

La France a vocation à intervenir, mais elle doit toujours le faire avec un objectif qui est celui de construire la paix. C'est-à-dire avoir une vision de moyen-long terme et trouver les solutions diplomatiques qui s'imposent. Quand une solution militaire s'impose parfois, en extrême ressort, elle doit le faire dans le cadre d'une feuille de route diplomatique avec la perspective d'une sortie de crise politique.

Sans devenir, il n' y aurait pas de vie ; la vie n' est vie qu' en devenant. Dès lors, nous comprenons l' importance du temps. C' est dans le temps que cela se déroule. Or le temps, c' est précisément l' existence de la mort qui nous l'a conféré !

François Cheng

Le déterminant majeur de la réussite est le système d’éducation en adéquation avec les demandes de la société, les attentes de la population, la recherche de la liberté, de l’universalité, de la réalité, de l’amour, de l’éthique, de la détermination, de la responsabilité et la valorisation de l’excellence. L’éducation doit mettre en relation l’apprenti avec tous les différents systèmes de la société pour créer des liens et des ouvertures.

 

Il faut être en garde contre l’avènement d’un homme qui, bien que doté de capacités hors normes et capable de prodiges, n’en est pas moins dénué de toute conscience.

Une attitude par une vigilance soutenue, un effort intense, la lutte contre l’âme passionnelle mène progressivement à la vision contemplative.

L’être qui parvient à cette station spirituelle perçoit Dieu en chaque instant et en toute chose. Cet être est le témoin de l’unicité au cœur de la multiplicité, et là où le commun des mortels ne voit que contradiction, lui ne perçoit qu’harmonie.

La fidélité à des valeurs constitue des phares et des rocs qui permettent de s’agripper pour ne pas sombrer dans les moments les plus éprouvants d’une existence tourmentée.

Dompter la colère et la peur. Cultiver la tempérance, la vigilance et la responsabilisation pour que le regard s’affine toujours plus jusqu’à ne plus être capté que par les causes profondes.

 

La vérité n’est valable que si elle répond à la coexistence entre deux extrêmes : la sublime beauté et le mal radical, car le monde est composé de bonté comme de méchanceté.

Le mal n’est pas l’apanage d’un peuple particulier, il est inhérent à l’humanité entière.

Etre un homme de passion dans une recherche de haute communion avec les dons de la vie.

Avoir le désir de se dépasser. Eprouver un sentiment de gratitude, mais pas de satisfaction et toujours être en marche.

 

L’exercice des vertus est un remède contre les effets délétères du pouvoir sur l’âme de celui qui l’exerce, et par voie de conséquence, une garantie pour la paix sociale.

L’homme ne peut espérer accéder à la présence divine qu’en réalisant sa propre humanité.

 

La culture et l’éducation augmentent nos capacités intellectuelles.

Le confort nous rend plus faible.

Si un être humain se met en mouvement, il a beaucoup plus de chance de vivre mieux, car la vie est un mouvement perpétuel.

Un esprit inattentif est plus facilement prisonnier de ses impulsions spontanées. Il est dans la réaction. Il n’est donc pas libre.

Voir les choses comme elles sont et les accepter.

 

Il faut rester dans l’entre deux, dans la voie du milieu pour respecter les limites humaines et le sens de la mesure.

La richesse se mesure à ce que l’on donne. Il vaut bien mieux parler l’un avec l’autre que parler l’un sur l’autre.

Le paradis ou le nirvana est un art de vivre, non une forme de vie.

Un esprit remplit de croyances, de dogmes, d’affirmations, de citations est en vérité un esprit stérile et une machine à répétition. Toute croyance nous interdit de nous connaître. Elle agit comme un écran à travers lequel nous regardons.

 

Mettre en avant les réussites plutôt que les échecs. Tirer les enseignements des échecs tout en étant enthousiaste.

Rien n’est gratuit dans la vie. Si on nous donne de l’argent, c’est en échange de quoi ? De quel rôle à jouer ?

Comment pouvons nous grandir sir c’est l’autre le centre de notre monde ? Il ne peut pas y avoir deux soleils dans un même système.

L’œil est le miroir de l’âme. Personne ne devrait se comporter en Dieu : le choix de vie et de mort, le choix de la manière de vivre des autres ne nous appartiennent pas.

 

Il vaut mieux avoir des échecs que la peur de l’échec.

Nous devons être une source d'inspiration pour les autres. Raconter la grande histoire à travers des récits intimes.

L’humour est drôle lorsqu’il dépeint des personnages attachants et renvoie à une réalité vécue.

 

J'aime être heureux pour donner du bonheur aux autres.

Ne pas avoir peur, se défendre contre toutes les attaques et ne pas se laisser impressionner, montrer que l’on a du courage, que l’on ne se laisse pas faire et que les autres n’ont pas forcément raison. Ne pas se sentir coupable.

Tout le monde fait partie de la chaîne alimentaire. Tout est lié pour permettre l’équilibre et la biodiversité.

Dans l’équilibre, les forts utilisent peu leur pouvoir de destruction et les faibles l’utilisent beaucoup plus car ils ont peu d’impact.

 

L’antagonisme doit céder la place à la réciprocité.

Dans une société qui promeut la réussite individuelle au détriment du collectif, nous devons réapprendre à accepter l’autre.

Une civilisation qui crée trop de connaissances et pas assez de sagesse est vouée à l’extinction.

L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit, mais un feu qu’il faut allumer. L’enfant acquière la connaissance par lui-même avec un maximum d’autonomie le plus tôt possible.

La science ne peut libérer l’être humain. Ce qui libère, c’est la sagesse.

La science et la spiritualité sont deux besoins de notre identité. Les plus grands chercheurs de l’histoire étaient profondément versés dans la spiritualité. Tous étaient profondément spirituels, et ils puisaient dans leur intuition et leur sensibilité pour avancer dans leurs travaux scientifiques.

 

Notre vérité est toujours celle de la face qu’on voit. Le conflit avec l’autre peut durer longtemps si on n’accepte pas que c’est juste une question de visions différentes. Accordons à l’autre et à nous-mêmes le droit de nous tromper et le temps de réfléchir. C’est une question de respect.

Les non humains, les animaux sont des êtres sensibles. Ils aiment, parlent, souffrent, apprennent et transmettent au sein, non pas de meutes, mais de véritables familles et sociétés, ce qui s’apparente à une culture.

 

La qualité d’un commerçant se fait surtout sur sa capacité relationnelle à créer des réseaux, à profiter des opportunités, à être tenace, à comprendre les désirs, à savoir satisfaire et à faire circuler l’argent.

Abandonner les craintes et les idées préconçues, se décrisper de ses habitudes pour ouvrir les portes de son cœur.

Nous ne devons jamais dire qu’on ne peut pas faire telle ou telle chose parce que nous ne l’a jamais fait auparavant.

 

Montrer les différences, las antagonismes, les failles de la société qui amènent à une rupture, puis aller vers l’unification de la société en acceptant les différences.

Nos existences sont mêlées au point de dépendre l’une de l’autre.

L’eau de notre corps est la vie. L’eau permet de redonner la vie. Chaque être contient la totalité du monde. Tu dois vivre pour donner la vie à ton tour.

 

Au lieu de suivre une doctrine rigide qui condamne ou pas, il faut discerner le chemin de chacun vers soi.

Aimer, ce n’est pas posséder. La patience, c’est savoir attendre le changement et agir au bon moment.

C’est à travers la simplicité que l’on peut rendre l’essence de la réalité, le mal qui l’habite et le désespoir qui l’afflige.

 

Toute chose devient tôt ou tard quelque chose de nouveau.

Etre le meilleur de sa personnalité, de sa différence avec les autres.

La subtilité, la perception fine, résident dans le ressenti, dans le vécu et non dans le geste et la mécanique.

 

Le monde humain est un nid d'émotions, la renommée et la richesse étant utilisées comme appâts.

Le travail, de celui qui manigance pour s'emparer du travail des autres, est aussi convoité par un adversaire plus grand.

 

Avoir moins de certitudes mais plus de convictions. Il faut savoir se parler pour se comprendre.

Nous ne sommes pas protégés du système qui nous impose ses normes. Il faut penser par nous-mêmes.

La vie est une vaste blague. Il faut savoir danser avec la réalité. Sentir la sincérité, la profondeur et la complétude en même temps que la légèreté, le vide, l’illusion et l’étrangeté de la vie. Tout change tout le temps.

 

Le vrai optimiste a besoin de réalisme pour ne pas tomber dans l’illusion et agir de la manière la plus efficace possible. Il faut parler d’un « altruisme efficace » qui consiste à ne pas prendre de décisions sentimentales, fondées sur la détresse empathique, mais de chercher lucidement comment faire le plus de bien possible dans le monde avec les moyens, le temps et l’énergie dont on dispose.

Sortir du tragique par le comique. L’humour est une arme contre l’obscurantisme. Il faut combattre les dogmes.

 

L’intelligence, c’est la lumière, c’est une clarté. Cette intelligence est transcendante. C'est elle qui a organisé le monde, la vie, bien avant l’humanité. Il faut, pour la comprendre, écouter la nature. Elle nous enseigne énormément de choses. Écouter notre propre être. On se dissocie toujours de la nature. Je pense que c’est une erreur. Nous en sommes dépendants. Et si nous détruisons la vie, nous nous détruirons nous-mêmes.

La méditation est une façon de nous familiariser avec notre propre esprit, d’affiner notre intelligence émotionnelle et d’affermir notre résilience. Elle nous aide à nourrir des relations harmonieuses avec les autres et avec nous-mêmes, à mieux jouir de la fraîcheur de l’instant présent.

 

Nous ne devons pas cesser d’être actifs physiquement et intellectuellement.

Si nous nous abandonnons à la facilité, si nous cessons de marcher, si nous cessons d’aimer, si nous cessons de lire, de créer et d’inventer, alors oui les robots, comme les grands singes dans le livre, prendront le pouvoir. Ce qui fait de nous des humains, c’est justement garder la maîtrise de la créativité. Il faut se bouger, se cultiver, lire.

Ne déformez pas les faits et ne pensez pas à la place des autres.

Il faut cultiver les idées, l’importance du savoir, la transmission par l’éducation, pour créer des innovations de rupture. La prise de risque et la remise en question pour innover et trouver des solutions aux problèmes quotidiens doivent faire partie de l’état d’esprit.

 

Les gens ne comprennent pas c'est que la simplicité volontaire mène à un style de vie tout à fait joyeux. Il y a eu de nombreuses études qui le démontrent. Un chercheur a examiné le cas de plus de 10.000 personnes de plus de vingt ans et il les a comparées avec des gens qui accordaient plus de valeur aux choses moins matérielles comme la qualité des relations ou le lien à la nature, et il a trouvé qu'ils étaient plus heureux que ceux qui consommaient beaucoup. Ces derniers recherchent des plaisirs superficiels mais ne trouvent pas de satisfaction dans leurs relations. Leur santé n'est pas aussi bonne. Ils ont moins de bons amis, ils sont moins concernés par les enjeux mondiaux comme l'environnement. Ils font preuve de moins d'empathie et sont obsédés par leurs dettes.

 

Pratiquer la contemplation ça signifie cultiver ses compétences, sa force intérieure et sa détermination à mieux se mettre au service de l'autre, à se consacrer à des causes qui en valent la peine. C'est comme acquérir des ressources intérieures permettant de faire face aux vicissitudes de la vie et à l'adversité, comme une profonde détermination et un courage plein de compassion.

Nous devons nous atteler directement aux problèmes.

En visant la victoire permanente sur soi-même, et non pas sur l'adversaire, cela permet de dompter ses émotions et de développer courage et concentration. Il ne faut plus viser la performance, mais la discipline, l'exigence et l'éthique. L'objectif devient accessoire. Seule compte le chemin de la beauté de la vie.

 

Tu considères des personnes comme des amis lorsque tu connais leur cœur.

Aussi longue que puisse être l’ombre d’un arbre, elle ne s’éloignera jamais de ses racines.

Incarne ce que tu enseignes, et n'enseigne que ce que tu incarnes.

Dan Millman

La créativité vient de la sensibilité, de la conscience, de la sagesse, du mouvement, du fait d’être en lien.

La coopération homme-femme permettra de subvenir aux besoins de l’humanité tout en remettant au premier plan le plaisir de vivre : femmes solaires, hommes lunaires, ceux qui ont développé leur androgyne intérieur.

En développant notre coté masculin et féminin, nous n’allons pas demander à notre conjoint d’assumer à notre place les aspects qui nous manquent en créant une dépendance envers lui. En devenant des êtres complets et autonomes, nous réduisons nos attentes vis-à-vis de l’autre, et donc nos déceptions et nos récriminations.

 

L’amour, c’est accueillir un étranger au plus intime de nous-même. Il faut le reconnaître et l’accepter dans ses différences. Une relation confronte chacun à sa timidité et aux défauts d’un être limité.

L’énergie sexuelle est notre moteur, notre essence de vie. Il ne faut pas diaboliser nos désirs. S’autoriser le désir sans culpabilité est le meilleur moyen de supprimer la domination.

 

Le plaisir sensoriel ne dépend ni du partenaire ni d'une technique, mais d'une qualité d'attention portée à ses propres perceptions, à la concentration dans le présent et à la libération de ses peurs.

 

La façade de la civilisation demeure sans aucune de ses réalités, car nous avons oublié qui nous sommes et d’où nous venons. Nous nous mettons à penser en termes de « nous » et de « eux ». Sans nous rappeler qu’un jour nous-mêmes avons été eux. Notre esprit se sédentarise vite. Il nous faut apprendre à faire l’épreuve de notre commune humanité, en refusant l’enfermement et le repli qui nous condamnent à devenir des morts vivants. Les qualités morales et spirituelles (bonté, grâce, beauté) irriguent véritablement le corps et sont garantes de son rayonnement. Ce qui est en jeu n’est rien de moins que la vérité de notre destinée humaine, une destinée qui implique les données fondamentales de notre liberté.

Les émotions positives génèrent davantage de motivation pour trouver des solutions aux problèmes et aller vers les autres. Voir le verre à moitié plein, c’est ce qui donne de l’énergie pour faire face à la situation.

Barbara Fredrickson

Ne pas regarder le monde actuel avec les yeux du passé. Le vieux monde dans lequel nous pensons toujours évoluer est mort. Les crises sont les symptômes et jamais les causes des problèmes.

Une partie des élites est incapable de penser la politique comme l’œuvre d’une délibération commune avec les citoyens. Les responsables qui doivent rendre des comptes à leurs électeurs ou à leurs actionnaires, ne voient le monde qu’à travers des chiffres. La notion de groupe a disparu, les personnes se retrouvent seules face à leurs objectifs, ne comprenant plus le sens de ce qu’ils font

Tant qu’il n’y aura pas une conscience et une intelligence collectives, tout le reste sera peine perdue et notre pays ira de désillusion en désillusion. L’humanité est confrontée à des enjeux universels qui réclament des décisions au niveau planétaire. Nous sommes triomphants technologiquement et déficients culturellement.

 

Il faut penser la société et le monde comme des organismes vivants. Nous sommes dans le métabolisme de ces organismes vivants.

Plus l’écosystème de notre société vit au détriment des autres écosystèmes, sans leur restituer ce qu’il leur prend et plus la durabilité de l’ensemble est compromise.

La vie crée et entretient les conditions de vie propices à la vie. Le jeu de la diversité produit de l’abondance.

 

Il faudrait créer des taxes sur les processus de destruction : taxe sur les activités polluantes, taxe sur les activités créatrices de risques sanitaire et environnementaux importants, taxe sur les machines qui remplacent les emplois humains.

On devra payer un impôt pour avoir le droit de vivre dans un milieu sans pollution.

Prenons d’abord conscience que l’intelligence de la nature est reproductible dans nombre de domaines – science, agriculture, management, etc. C’est le principe du biomimétisme.

Les nouveaux concepts technologiques, tant qu’ils ne sont pas équitables et égalitaires, sont empreints de beaucoup de vanité et de froideur. Ces projets ne servent pas une société plus juste et plus joyeuse. Ce sont des illusions de croire que nous pourrons changer le monde avec ces projets. Quels sont les bénéfices de ces technologies, si le plus grand nombre demeure dans la misère.

Les techniques futures imiteront la nature parce que c’est la plus rationnelle, durable et économique des méthodes.

 

La démocratie et les responsabilités doivent se développer lors des prises de décision sur les risques au sein des entreprises, au sein des collectivités, de l’Etat et d’une gouvernance mondialisée.

Les entreprises ont des responsabilités sociale et environnementale dans leurs investissements et leurs choix.

Il ne faut pas se présenter en état d’infériorité. Il appartient de fixer les règles du jeu.

 

Quand les marchés sont totalement libres, la liberté de choix ne va pas sans la liberté de tromper et de manipuler. Les ventes des marchés ne correspondent pas à ce que nous désirons vraiment, ce dont nous avons besoin, mais ce dont nous croyons avoir besoin. Ces histoires que l’on nous raconte guident nos comportements. Le marché génère en même temps le progrès et nos crises.

L’économie a besoin de stabilité, de visibilité et de pragmatisme.

On ne peut pas faire sans le marché, mais le marché ne peut pas tout. Il faut nécessairement une action collective, des institutions et des politiques publiques fortes.

Le progrès vient du désir de liberté qui anime tous les hommes. Pour s’en sortir, il faut faire preuve de courage, de volonté, d’innovation et de coopération. Plus que l’aide financière, c’est la diffusion des idées et des innovations qui aident vraiment la population.

 

La victoire politique passe par les batailles culturelle, politique, économique, en mettant en avant les valeurs, la philosophie, la culture et les traditions. Il s’agit de transformer la conscience de la population et de coaliser un maximum de groupes sociaux autour du projet politique.

Il faut créer un univers d’idées, de symboles, d’images dans lequel le peuple peut se reconnaître. Cela permet, dans un contexte d’appauvrissement de la pensée et d’épuisement du débat public, de réorganiser un univers symbolique communément admis.

Il est nécessaire d’articuler le front politique, le front économique et le front culturel. 

Le soutien du peuple est plus important que celui des gouvernements.

 

Les prochaines personnes et entreprises, qui seront accusées et mises sur le banc des tribunaux, seront celles qui ont contribué aux catastrophes écologiques, dont le changement climatique, et aux épidémies sanitaires, sans changer de politique.

Certaines sociétés pharmaceutiques, chimiques, biotechnologiques, pétrolières, gazières seront surement considérées demain comme les ennemis publics.

Pour que la France se relève, elle devra faire la paix avec son passé et ses erreurs, et aussi recommencer à croire en l'avenir et porter un espoir et une vision. La France doit retourner vers l'essentiel, porter un message cohérent et solidaire. Elle doit avoir confiance en elle et dire des choses à l'Europe et au monde. Elle ne doit plus prendre des postures de critiques et de jugements. La France doit se considérer comme un simple pays et sortir de ses convictions.

Le risque de l’Union européenne est qu’elle favorise les impératifs du marché au dépend de la population en restant seulement une technostructure.

 

Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. La société change par le bas et non par le haut.

Nous sommes dans un temps de désordre. Il nous faut agir pour ne pas subir. La bonne gouvernance est de garder l’initiative.

En démocratie, l’évolution de l’opinion publique est un facteur déterminant. Pour les dirigeants politiques, l’opprobre reste la pire des sanctions.

L’avenir n’est pas à un nouveau modèle de société, mais à la capacité à se passer de modèle. Ce qui rend les gens heureux et engagés, c’est d’appartenir à une intelligence collective, leur capacité à être ensemble. Laissons les individus tranquilles en les aidant à continuer d’aller sur leur chemin, parce que c’est ce chemin qui, au final, fait société.

On ne réussit que lorsqu’on sort du cadre.

 

L’humour vient du choc des points de vue, raconter la vérité et appuyant sur les préjugés, le regard des dominants.

Quand on cherche trop le regard des gens, les moments où l’on se retrouve face à soi-même, sans personne à qui plaire, sont terrifiants de solitude.

L’héritage est dans cette détermination à avancer coûte que coûte, et à transmettre la vie.

Tes origines font parti de ton trésor intime. Défends tes origines.

 

Quand les personnes des années 1950 ont reçu leur diplôme, leur but dans la vie venait, de manière simple, de leur travail, de leur église, de leur communauté. Mais, aujourd’hui, la technologie et l’automatisation détruisent de nombreux emplois. Le nombre de membres diminue dans toutes les communautés. Beaucoup de gens se sentent déconnectés et déprimés et tentent de remplir un vide. Pour ce faire, la nouvelle génération doit trouver ses grands projets. Ces projets ne donnent pas juste un but aux personnes qui les accomplissent, ils donnent au pays tout entier la fierté d’être capable de faire de grandes choses, comme la lutte contre le changement climatique, la recherche médicale, la modernisation de la démocratie. Mais ces projets, ne pourront voir le jour que si les pays travaillent à rendre leur société moins inégalitaire, qui autorise l’échec. Les plus grands succès naissent de la liberté d’échouer. Pour aboutir à cette liberté, il faut un nouveau contrat social : revenu universel, couverture santé étendue, garde d’enfants bon marché. Le changement ne viendra pas du niveau national mais du niveau le plus local.

 

Les voies d’avenir sont les projets qui permettent : plus de liberté, plus d’ouverture, plus d’autonomie, moins de hiérarchie, moins d’autorité, plus de relations, plus de confiance, plus de diversité, plus de participation, plus de polyvalence, plus d’implication, plus de responsabilisation et plus d’écoute.

La création au XXIe siècle doit remettre l’humain au centre : accessible, simple, fluide, directe, ouverte, interconnectée, diverse, multiple, équitable, belle, économe, équilibrée, dynamique, sensible, animée, saine et sûre (pour les projets sociaux, économiques, environnementaux, urbanistiques, politiques…).

L’enjeu du XXIe siècle est la rareté des ressources et les autosuffisances énergétique et alimentaire, pour ne pas sombrer dans la perte économique et la pauvreté. La rareté des ressources et le ralentissement économique sont liés.

 

Les questions liées à l’énergie, à l’environnement, à la santé, à la sécurité et au numérique, sont en train de modifier en profondeur l’économie et la société du XXIe siècle. Ce sont donc sur ces enjeux qu’il est nécessaire de se former. Ces changements ne peuvent pas se développement sans accroître les questions liés à l’éthique, à la communication, à la philosophie, à la sociologie et à la psychologie. Ces questions doivent également faire l’objet de formation.

 

Il faut tendre vers une croissance plus lente et plus durable. Il faut être capable de planifier sur le long terme et faire des ajustements en fonction des circonstances.

Le meilleur moyen pour éduquer et faire comprendre est l’exemple, en transmettant une pratique quotidienne, un art de vivre, des comportements et un équilibre.

L’art, les idées et la culture permettent de relier les peuples. La culture est le plus important car elle cimente la société. Les grandes cultures ont apporté à l'humanité beaucoup d'intelligences, de connaissance et de spiritualité. Rendons hommage à ce qui fait l'essence des cultures.

Dans un monde qui ressemble à un village global, nous irons habiter dans l’endroit le plus approprié à nos aspirations.

 

Nous devons avoir un projet de société enthousiasmant. Un programme à la fois stimulant et réaliste, qui trace des perspectives, propose une vision, un rêve. Il a besoin d’être porté par un récit de l’avenir, susceptible d’engager une aventure collective.

Il est indispensable de construire un mouvement structuré, professionnel, agile, créatif et mûr. Celui-ci doit être porté par des acteurs venant de tous horizons.

La population doit être prête à s’investir dans la politique. Aucune mesure véritablement courageuse ne pourra être portée par des élus si un mouvement populaire n’est pas là pour les soutenir. Les personnes doivent prendre leurs responsabilités dans les orientations qui sont prises.

Tout projet doit mettre l’humain au centre et porter des valeurs d’humanité. Il inclut les autres, toutes les composantes de la société pour former une unité dans un principe d’universalité. Il met en avant les attentions et le respect donnés aux autres et à l’environnement. Il accorde de la valeur à tout le monde et emploie les personnes à des tâches qu’il leur convient. Il enrichit les autres et donne un sens humain en portant des responsabilités sociale, éthique et écologique.

 

Les rites, la politesse, les coutumes, les pratiques sociales et religieuses permettent de créer la cohésion de la société. Ils font surgir des liens d’appartenance, de sollicitude, de gratitude et de reconnaissance entre les individus, la famille, la communauté, la société. Nous devons développer ses pratiques pour développer l'harmonie des comportements de la population.

L’objectif des coutumes et des traditions est d’accompagner toute la vie quotidienne et les moments importants de l’existence.

Tout acte de la vie quotidienne doit être ritualisé, fêté, célébré pour qu'il y ait un partage, une appartenance, un lien, une communion entre les individus.

Les membres d’une société doivent posséder les mêmes symboles pour créer de l’unité et montrer leur origine culturelle commune.

Nous avons accès à la liberté lorsque les deux opposés s’assemblent, les principes masculin et féminin s’unissent, les forces sont en équilibre, l’harmonie est stable.

 

Le changement ne doit pas être une révolution mais une métamorphose. La métamorphose est beaucoup plus exigeante que la révolution. Ce n’est pas simplement le pouvoir des dominants qu’elle met en cause, mais essentiellement le pouvoir de domination, quelle qu’en soit la nature.

La dynamique à mettre en œuvre est la résistance créatrice, la vision transformatrice et l’expérimentation anticipatrice.

 

Défaire, c'est encore faire. On ne revient jamais en arrière.

Ce qui permet de ne pas sombrer dans la déchéance est la culture, la tradition, le sens, le sacré, l’humanité, l’amour, la joie, la bonté, la compassion, l'altruisme, le rire.

Dans la lenteur, il y a de l'espoir. L'espoir, ce n'est pas la conviction qu'une chose se termine bien, mais c'est la certitude que cette chose fait sens, quelle que soit la manière dont elle se termine.

Le véritable changement est un processus collectif lent et prudent qui rend meilleur le produit, le service, le travail et la vie. Il n’est pas visible et n’a pas besoin d’être formalisé.

Maintenant que l’économie mondiale se développe plus rapidement que jamais et que les défis mondiaux sont plus grands qu’ils ne l’ont jamais été, la coopération doit être plus importante que jamais.

Le préambule à cette réconciliation est la régulation du progrès scientifique et technologique. Du nucléaire aux manipulations génétiques, l'absence de régulation ouvre la porte aux plus grands périls. Y compris sociaux et humains. Comment faire œuvrer de concert progrès technologique et progrès humain tant que les dynamiques de l'un et de l'autre seront à ce point dissociées ? En effet, la science, la technique, l'économie sont « dopées » par une croissance aussi impressionnante qu'incontrôlée, alors que l'éthique, la morale, l'humanité, sont dans un état de barbarie lui-même croissant. Et le pire désastre est à venir : les prodigieuses capacités de la science annoncent la prolongation de la vie humaine et la robotisation généralisée, programmant là à la fois une arriération des rapports humains et un état de barbarie inédit. Voilà le suprême défi pour l'humanité.

Edgar Morin

L'Etat centralisateur limite le rôle des territoires et de l'expérimentation. La formation des élites françaises et les critères de décisions politiques ne prennent pas en compte les préoccupations écologiques que de manière sectorielle ou secondaire. L'écologie est toujours perçue comme une contrainte et non comme une opportunité.

 

L’écologie est instrumentalisée comme bras séculier de la révolution, sur la menace que fait peser sur la vie la crise écologique. C’est la raison pour laquelle le catastrophisme est manié comme arme politique, non pour éveiller les consciences et changer les comportements individuels, mais pour inciter à la révolte, trouver des boucs émissaires et susciter des mouvements contestataires dont le souci écologique est bien le dernier. C’est une pure et simple instrumentalisation.

Il y a là un véritable dévoiement de la cause écologique, qui se traduit par l’apparente captation d’un thème prioritaire ; avec le refus d’en faire une priorité, a fortiori un objectif. De manière cynique, on pourrait s’interroger sur le point de savoir si la stratégie poursuivie ne vise pas en réalité à contribuer par ce biais à rendre possible une accélération de la dégradation de la situation écologique pour aider à la révolte et donc à la révolution.

L’écologie devrait être un domaine si ce n’est un consensus, de réels débats. Elle est devenue un lieu d’affrontements violents.

Si nous acceptons intellectuellement l’évidence du risque écologique, nous refusons d’admettre notre responsabilité, d’où une négation de la conscience, de l’action et le rejet de la faute sur les autres. Informer ne suffit pas. Il faut sortir de l’autojustification du spectateur actif. C’est donc au politique d’agir pour mettre un terme à cette autojustification de l’inaction.

 

Une écologie responsable, républicaine et humaniste, qui constitue un véritable programme politique repose sur quatre piliers : réorientation des choix publics en fonction du long terme, application morale de la responsabilité, transformation de l’expression démocratique et la reconstruction du devenir commun.

Il faut que l'écologie défende une nouvelle qualité de vie. Pour arriver à cet objectif, il faut des règles et des obligations.

L’eau doit être suivie comme modèle, elle apporte le bonheur et se laisse emporter sans lutter.

Lao Tseu

Savoir mélanger le rêve à la vie réelle pour donner plus de poésie et d’intériorité, de sentiments, plus d’humanité à la vie.

Les obstacles et les difficultés ne doivent pas être abordés par la morale mais par une prise de conscience sensible.

Il ne faut pas changer les autres, mais changer soi-même. Ne pas vouloir tout contrôler.

Les jeux psychologiques sont confortables par peur de l’abandon et de la mort. Nous restons souvent dans une relation agresseur – victime. L’économie de la souffrance a un prix. Cassons les habitudes de la souffrance.

Aider, non sauver pour faire garder à l’autre sa responsabilité.

 

Contre une attaque verbale, aller dans son sens, ne pas le contrer, exagérer, faire de l’humour et de l’autodérision.

Ne perdons pas notre temps, ne nous emprisonnons pas, car sinon nous volons notre vie.

La compréhension des choses ne peut se faire que dans la vérité, la conscience de leur nature véritable.

On nous fait croire que ce que l’on a envie de croire. On nous dit ce nous voulons entendre.

 

Quand on est bon dans un domaine, peu importent ses origines, son look, son milieu social, on peut être le dernier des nazes, l'excellence intime le respect.

Lorsque l'on a peur de soi même, on est timide, on n'arrive pas à choisir, on en devient inexistant.

La souffrance ne donne qu’un droit, celui de défendre le droit de l’autre.

 

Nous ne sommes pas advenus sur Terre pour être asservis à la finance, se donner tout entier pour le PIB et oublier de vivre. Sachons que quand nous donnons, nous recevons. Celui qui prétendrait seulement donner se leurre. Nous ne sommes que les vecteurs d’un principe merveilleux que l’on appelle le don.

Personnellement, je donne mon temps et tout ce que je peux, mais je ne suis pas la source de cela. Je donne ce que la vie m’offre. Quand on observe le fonctionnement des écosystèmes, on voit bien que la vie se donne à la vie dans une symbiose magnifique créant fécondité et pérennité.

Réhabiliter les principes du vivant, prendre soin de la vie et la protéger est le plus noble de nos devoirs, celui que la conscience et la véritable intelligence nous imposent.

Allons vers le don, le partage, le sens, l’équité, la bonté et la beauté.

 

Le rire est une pulsion de vie, une innocence retrouvée, un recul, un oubli que l’on peut mourir et souffrir.

Ne pas montrer sa peur, garder sa peur pour soi. La regarder en face jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Savoir partager son courage aux autres.

La hauteur de notre tourment correspond à la hauteur de notre grandeur d’être.

Je ne suis rien pour le monde, car je suis le monde.

Nous devons continuer à refuser ce que l’on veut nous imposer et ne plus subir le mépris des autres. Nous devons prendre chaque refus comme une étape qui nous conduit vers la victoire.

Il faut oser l’altruisme, oser prendre sérieusement en compte le sort des générations futures, oser, enfin, proclamer que l’altruisme n’est pas un luxe, mais une nécessité.

 

Développons un art, approfondissons un domaine, élargissons nos possibilités, affinons nos techniques, étendons nos compétences, ouvrons-nous,  enrichissons-nous. Ne nous limitons pas à une seule technique, ne misons pas sur une seule chose, car nous risquerons de tout perdre.

On ne survit à l’évolution que d’une seule manière : en s’adaptant. S’adapter c’est savoir utiliser le mouvement, la force en action, pour aller plus loin. Même si cela implique des changements, des mutations. Le changement c’est le sens de l’évolution.

 

Tous les choix sont bons car ils sont personnels. Pour trouver votre style, n’imiter personne car le style de ces personnes existent déjà.

Dans une logique de rapport de force, il ne faut rien laisser passer, sans petites concessions, c'est comme ça que l'on se fait respecter.

Les maladies sont des révélateurs et les agents pathogènes  ne font que réguler un déséquilibre mais n'en sont en aucun cas la cause. Leur expression est, au contraire, une manifestation de l'écosystème pour retrouver un équilibre et assurer sa pérennité.

 

N'avoir aucune rancune mais la soif de vivre, l'enthousiasme et la joie quelque soit les situations. Les voyages conduisent l'homme à rencontrer l'éternel enfant qui vit en lui. Les différents paysages sont autant de visage qui permettent de retrouver l'essentiel: l'amour.

L’honneur est parfois plus important que la vie. Il faut savoir se battre pour une cause jusqu’à la mort. Avoir la foi est la seule manière de persévérer dans l’inconnu et le doute.

Le bonheur, c’est aider les autres. Tous ceux que j’ai connus pour être vraiment heureux avaient appris comment servir les autres.

 

A partir de l’idée du Souffle originel, le taoïsme avance une conception dynamique et organisatrice de l’univers vivant. Toutes les entités s’y relient et s’y tiennent, animés par le Souffle originel et par les 3 souffles vitaux qui en dérivent : le yin, le yang et le vide médian. Ils sont en perpétuel mouvement et interaction. Selon cette vision, toujours ouverte, l’univers vivant est en devenir. Il contient ses propres promesses de transformation ascensionnelle. Selon le livre de la Voie et de la vertu de Lao-tseu, la Voie comprend plusieurs ordres. Il a affirmé ainsi que l’homme procède de la terre, la terre du ciel, le ciel du Tao et le Tao de lui-même. Il a décrit la naissance de l’univers dans un formule célèbre : le Tao d’origine engendre l’un, l’un engendre le deux, le deux engendre le trois, le trois engendre les dix milles êtres, les dix milles êtres s’adossent au yin et embrassent le yang, ils obtiennent l’harmonie par le vide médian.

Ceux qui épousent cette vision sont habités par la conscience que chaque entité est insérée dans un gigantesque réseau spatial et que chaque instant est relié à un flux du temps qui s’écoule depuis l’origine. Ceux qui pratiquent le qi-gong entendent réactiver le souffle harmonique qui anime leur corps et ils ne doutent pas qu’ils se rattachent par là au Souffle même qui anime l’univers.

Le confucianisme a porté à un très haut degré les exigences éthiques. Il prend en compte l’existence humaine avec son destin et complète le taoïsme, comme conception du monde.

 

La lenteur donne de la puissance, de la noblesse, de la grâce, de la sagesse au mouvement, au corps et au cœur.

La vie réelle de chaque individu, c’est la vie de son âme. Chacun découvre ainsi sa propre existence par l’intermédiaire de son vécu et de son ressenti.

La beauté est la manière dont l’univers nous fait signe pour nous indiquer qu’il n’est pas neutre et qu’il a un sens. Par les évènements, les créations, le monde prend sens et l’homme en retour prend lui aussi sens. Ce sens s’exprime par la sensibilité, l’émotion et le ressenti.

La mort est une loi imposée par la vie même, pour que la vie puisse se renouveler, se transformer et accéder à un autre ordre d’être.

La nature a besoin de l’esprit humain pour être révélée et en retour l’esprit humain a besoin d’être authentifié par la nature pour ne pas verser dans la subjectivité totale.

 

Le vide n’est pas le néant, mais il consiste à retourner à l’essentiel. C’est à partir du vide que le tout est advenu. Le tout ne peut venir que du rien. Etre dans l’état du rien, c’est se retrouver dans l’état d’origine. De là, on assiste à l’avènement de toutes les choses qui s’engagent dans la voie de la vie. Au lieu d’être submergé par la frayeur et le doute, on éprouve cette certitude que la vie est un don inouï et en même temps indestructible. Lorsqu’on assiste à cette aventure de la vie en partant de la position du rien, on comprend qu’il n’y a pas d’autre aventure.

Quelque chose est advenu, à partir du rien : c’est ça la seule aventure. Elle n’aura pas de fin puisque la mort elle-même est une loi imposée par la vie et pas le contraire. Tout est toujours en devenir, en mouvement, avec des possibilités de transformation.

La vie n’a pas de limites. C’est dans la nuit que surgit la promesse du jour et c’est du vide que naît le tout.

Sortir du désir de plaire, de la méfiance de l’autre, de l’ambition. Il faut être dans l’état de communion avec les êtres, les plus petits, les plus humbles.

 

L’inattendu, grâce auquel tout est toujours possible, ne peut advenir que si l’on demeure dans l’ouvert, si l’on ne considère pas la vie comme un programme préétabli à exécuter. L’inattendu ne désigne pas quelque chose qui tout à coup tombe du ciel. Il est toujours là.

En effet, l’univers est advenu en une seule fois. Tout a été donné. Ce qu’on appelle l’inattendu en fait partie. Il est déjà là en promesse. Notre travail consiste à le faire advenir, sous forme de rencontres et d’interactions multiples. Cela ne peut se produire que si nous restons dans l’ouvert, dans une disponibilité et une humilité totales.

Etre dans un état d’étonnement et d’émerveillement quotidien.

 

Toute vérité est incarnée : la parole et la pensée sont associées aux actes. On triomphe du mal radical par l’amour absolu, la beauté suprême de l’âme et du geste. Lorsqu’on se situe dans le devenir, tout est ouvert.

 

Il faut accepter l’idée de la finitude. On est mortel parce qu’on est un corps, qui nous rappelle lui-même notre condition terrestre. Le corps est une partie de la nature, c’est de la matière : il est engendré, il périt, il se transforme. S’arracher au corps, c’est s’arracher à la mort et donc à la nature.

Nous cherchons à accumuler de la puissance en dominant la nature pour conjurer notre impuissance face à la mort.

Passe le reste de ta vie à vivre et non pas à exister. On ne peut pas bien mourir si l’on n’a pas bien vécu.

 

Posséder un talent, une richesse ou du pouvoir est source de convoitise et de jalousie. Ces personnes sont en danger.

Il y a plein de morts dans la vie, qui est une succession d’attachements et de détachements.

Le son et la parole naissent du silence.

Aujourd'hui, nous savons que l’histoire ne progresse pas de façon frontale mais par déviances, se fortifiant et devenant tendances. Nous savons que le progrès n'est pas certain et que tout progrès gagné est fragile.

Edgar Morin

La forme circulaire  du sigle est un mandala, une représentation du monde, de l’univers. La même porte est à la fois entrée et sortie. Cela veut dire que le but est à l’origine. L'homme est à la fois mort et renaissance, esprit et matière. Nous sommes le chemin, notre propre clé. Nous sommes des êtres fragiles et sensibles.

Nous sommes dans un passage du temps entre ce qui se termine et ce qui commence, entre ce qui se ferme progressivement et ce qui s’ouvre. Il nous faut entrer part la porte puis sortir.

Le cercle forme en 3 dimensions un cône, où le sommet signifie l’union. Le cône concentre l'énergie vers son centre. Le cercle ressemble à une onde qui se propage à partir d’un centre unique. Il forme également une sphère qui représente le monde.

Le centre d’un cercle est un point d’où tout part et en même temps un point où tout converge.

Le cercle exprime la simplicité, la perfection et la continuité des cycles. C'est un puit source de vie, un symbole féminin. Le cercle est aussi un processus de développement, de création, de transformation constant, incessant et continu. Il représente aussi l'univers, l’infinité du ciel et dieu.

Comme tous les animaux, les hommes évoluent sur des échelles circulaires. De l’endroit où ils dorment au point d’eau, en passant par les lieux où ils vont chercher de la nourriture, ils se déplacent en spirale.

 

Dieu, source de vie et d'énergie suit un cycle évolutif. Le soleil, la Terre, l'univers, la nature, le printemps, la moisson, le renouveau, l'homme, l'intériorité, la vie, la lumière, le temps, l'espace, l'eau, l'énergie, l'inconscient, le rêve, le tout, le rien, le vide, l'enfantement, la naissance, l'amour, la paix, l'extension, la contraction, le souffle, la respiration, l'infini, l'unicité, le processus, le verbe, la création, l'être, l'inconscient, l'ombre, le royaume, le seigneur, la présence, la puissance, la gloire, les tryptiques : enfant, père, mère / création, développement, destruction / image, nombre, idée / passé, présent, futur, et la conscience le représentent. Dieu est une représentation du monde tel que nous le concevons.

 

Il n’y a pas d’individualité, mais uniquement de multiples facettes d’un grand tout. Parce que tout, sans exception, n’est qu’une conséquence directe du big bang initial. Tout est donc lié, et, plus encore, tout est la même chose. Les humains, l’ensemble des créatures vivantes, et même, à vrai dire, tout ce qui existe, du moindre grain de poussière à cette planète silencieuse gravitant dans l’ombre d’une galaxie inconnue. Tout n’est ainsi qu’écume fugace à la surface de l’océan de la réalité. La conscience de soi ? Une construction de l’esprit, des fenêtres illusoires ouvertes sur un « je » en réalité global et universel. Demeure alors seule l’expérience, contemplative et fascinante.

 

Les religions utilisent la pensée analogique qui correspond à l’établissement de liens, d’associations d’éléments, de correspondances et d’analogies entre les mondes visible et invisible. La temporalité, l’espace, les éléments, les mots, les nombres, les métaux, les couleurs, les dates, les sentiments, les formes, les saveurs, les évènements, les rêves, les objets, les êtres, les jours sont reliés. C’est une grille de compréhension du monde dans un processus dynamique de changement et de mouvement, dont chaque instant à une tendance et une propension.

L’astrologie est un outil pour comprendre les pensées, les agissements et les comportements des individus par la compréhension des lois prédéterminés de la vie. Pour cela, elle effectue des correspondances, des liens et des associations. Elle ne cherche pas à prédire l’avenir.

Le tarot et l’astrologie sont des outils pour comprendre la psychologie humaine.

Les cartes du tarot sont une manifestation symbolique de l’état de la conscience et des émotions de la personne.

 

Le caducée représente l'énergie du conscient et celle de l'inconscient s'entrecroisant, à la source de tout remède.

L’eau est le lien métaphorique entre le matériel et le divin. Elle protège les gentils et punit les méchants. C'est l'élément dans lequel l'amour est consommé. C'est enfin, dans sa forme baptismale, une promesse de nouvelle vie.

 

Nous sommes constamment en train de faire des projections de nos différentes personnalités sur les personnes et objets qui nous entourent via le symbolisme et l’analogie.

Les mouvements de transformation rapide agissent sur le court terme, superficiellement, alors que les mouvements de transformation lente agissent sur le long terme et en profondeur.

Les 3 dimensions du temps gréco-persan:

- Aion : temps illimitée, l’éternité et les cycles des éléments.

- Kairos : le moment opportun dans le temps, il qualifie le moment de l’action, le point de basculement décisif.

- Chronos : le temps qui passe, la mesure du changement du monde et définit la destinée d’une personne.

 

Il y a souvent un groupe formant 3 pyramides principales : la pyramide du soleil, la pyramide de la lune et la pyramide de la terre.

La pyramide possède 8 faces car ces 4 faces principales sont légèrement incurvées en leur centre pour créer 2 faces pour chaque grande face. L’éclaircissement et l’obscurité de certaines des huit faces permettent de montrer les équinoxes de soleil (les changements de saisons et la position de la terre par rapport au soleil)

Les formes d’assemblage des blocs de la pyramide se répètent en miroir. La construction avec des formes hétérogènes permet de consolider le bâti et de résister aux tremblements de terre.

Il existerait une corrélation entre la position des pyramides d'Égypte et la position des étoiles, notamment entre les trois pyramides de Gizeh (pyramide de Khéops, pyramide de Khéphren, pyramide de Mykérinos) et les trois étoiles centrales de la constellation d'Orion (δ Orionis, ε Orionis et ζ Orionis) – constitutives de l'astérisme appelé Baudrier d'Orion.

La date de construction des pyramides remonteraient à – 10 000 ans av JC. En effet, Il faudrait remonter aux environs des années – 10500 pour que la corrélation entre les positions des pyramides et de la constellation d’Orion soit vraiment correcte, date correspondant au moment où Orion est au plus bas vis-à-vis du cycle précessionnel de 26 000 ans.

Le conduit sud de la chambre du roi de la grande pyramide, de pente 45°, pointe sur le Baudrier d’Orion, au moment où Orion est au plus haut sur le méridien, tandis que le conduit nord pointe lui vers l'étoile polaire de l'époque (α Draconis), et le conduit sud de la chambre de la reine (39° environ) pointe sur l'étoile Sirius (α Canis Majoris).

Les distances des sept étoiles d'Orion cumulées réalisent 5 236 années-lumière. Or 52,36 cm correspond à la coudée égyptienne et à Pi/6. L'angle de la pyramide de 51°51’14’’ étant lui aussi lié au nombre Pi (hauteur/base = 4/Pi), on constate ainsi que Pi est inscrit dans la position des étoiles

Si on connait les nombres Phi et Pi, on connait la géométrie, l’astronomie, les évolutions cycliques, l’orientation dans l’espace, le temps, la résistance énergétique et l’espace.

Les pyramides ont une géométrie proportionnées par rapport au nombre d’or Phi et au nombre Pi (constantes cycliques). La grande pyramide est la seule qui combine les nombres Phi et Pi. Elle ne peut être qu’unique pour respecter les proportions. L’unité de mesure des pyramides est Pi/6. Le pyramidion est égal à 1m de hauteur. Le pyramidion est l’unité de mesure de la pyramide. Les bâtisseurs connaissaient l’unité métrique mètre.

Le mètre a été défini comme unité de mesure des diamètres des sphères. Il est donc en relation avec la circonférence des sphères, soit Pi.

Pi – Phi2 = 1 mètre

La pyramide du Louvre est aux proportions de la grande pyramide d’Egypte. L’architecture revient toujours au triangle d’or (proportion du nombre d’or).

Il existe un alignement de sites historiques autour de la Terre sur une ligne à 30 degrés de l’équateur à partir de Gisez. Ils correspondent à la projection d’objet stellaire sur la Terre. Cet axe de 30° passe en respectant un cycle par le pole magnétique de la terre qui bouge et s’inverse. Il y a dans un cycle un croisement entre le pole magnétique de et les équinoxes du soleil, qui correspondrait à l’inversion du pole magnétique terrestre, pouvant entrainer des conséquences importantes sur la protection de la planète.

Gisez est situé sur le méridien qui partage les terres immergées de la planète en 2 parties égales.

La grande pyramide est une image géographique de la Terre. Elle est une maquette ou boussole de l’hémisphère nord de notre planète, qui indique des orientations dans l’espace et la vitesse de rotation de la terre. Les pyramides sont orientées sur le pôle nord. La différence des circonférences du cercle intérieur de la pyramide et du cercle extérieur de la pyramide donne la vitesse de la lumière. La géométrie de la grande pyramide permet de positionner le soleil le jour des équinoxes, comme un calendrier qui indique le changement de saison et le mouvement du soleil.

La grande pyramide donne une orientation dans l’espace en ciblant des points cardinaux des constellations de l’espace, parmi les plus brillantes de l’univers. Les 4 étoiles ciblées sont des repères fixes à travers le temps. Cela fonctionne comme une horloge dont les repères sont les 4 étoiles. Le regard du sphinx forme l’aiguille de cette horloge qui fait un tour sur le cycle de précession des équinoxes (rotation de la galaxie), soit en 26 000 ans. Le cœur du sphinx cible une étoile de la constellation du lion, qui marque le point de départ du cycle de la galaxie.

Les pyramides sont construites en granite car le granite ne bouge pas dans le temps et les dimensions restent les mêmes. Elles peuvent résister des millénaires.

Si l’histoire est cyclique, alors elle est prévisible et peut être déterminée par l’astrologie.

 

La théorie présente la pyramide comme un véritable « ordinateur minéral ». En superposant le dessin de la grande pyramide à celui de la constellation d'Orion (et Sirius), il élabore un schéma de base, qui, mis à l'échelle de la pyramide, permettrait de décoder de nombreuses données universelles : distances Terre-soleil ; diamètres du soleil, de la Terre, de la Lune, etc. Les coïncidences géométriques et numériques y seraient très nombreuses.

La pyramide a été construite en fonction d'Orion (associée à Osiris – au commencement) et de Sirius (dédiée à Isis). Ces concordances permettraient, selon lui, de comprendre aussi l'emplacement précis des chambres et des couloirs.

Il existe une projection parfaite des étoiles d’Orion et des Hyades sur les pyramides du site de Gizeh.

Selon différents médiums capables de lire dans les Archives Akhashiques, les trois pyramides de Gizeh auraient en effet été conçues pour permettre le voyage interdimensionnel à destination d’Orion. Construites après l’engloutissement de l’Atlantide, elles auraient également servi de relais aux signaux émis sur les hyperfréquences par les habitants d’Orion.

Orion, dans sa configuration avec Sirius et Aldebaran, représente la première lettre de l’alphabet hiératique égyptien. Cet ensemble stellaire correspond à l’Aleph des Hébreux, l’Alpha des Grecs. Selon Hermès Trismégiste, « Orion préside au Conseil des Constellations. À sa gauche, sous ses pieds, brille Sirius, Phare de notre galaxie. À droite, au-dessus de sa main gauche, scintille "l'Œil de Dieu": Aldebaran, réglant le ballet des étoiles au rythme de la musique des sphères... »

 

Héliopolis, ville solaire, on y adore des divinités liées au Soleil sous la forme d'une triade :

  • le dieu Khépri, représentant le Soleil renaissant ;
  • le dieu Rê, le Soleil à son zénith ;
  • le dieu Atoum, le Soleil couchant.

Ces trois divinités finissent par se confondre en une seule représentée par l'astre solaire dont les trois états principaux, l'aube, le zénith et le crépuscule sont symbolisés par ces trois dieux. Le dieu en constante transformation est à l'origine de la création du monde. Il renaît chaque jour pour disparaître chaque soir et continue ainsi son cycle éternel.

 

L’objectif des mathématiques est de permuter la réalité en nombre, de décrire les phénomènes par des équations. Les nombres sont les garants de l’harmonie universelle. Ils ont un sens et une signification sacrée, métaphysique. Ils font le lien entre des choses qui ont la même valeur numérique. Les nombres influencent la nature des choses qui sont ordonnées par lui. Ils sont un intermédiaire entre sphères divine et terrestre. Les différences entre nombres pairs et impairs se reflètent dans le cosmos tout entier. 

Le jeu d'échec est une stratégie à l'échelle des individus, le jeu de go est une stratégie à l'échelle de la population.

Beaucoup d’évènements fonctionnement par cycle et peuvent se prévoir.

Le chiffre Pi est un nombre omniprésent dans l’univers, y compris dans les cycles humains et les cycles de société et d’économie.

Pi est le rapport constant de la circonférence d’un cercle à son diamètre, c'est-à-dire que Pi correspond à la circonférence d’un cercle de diamètre 1. En effet, tous les cercles sont semblables et pour passer d’un cercle à un autre il suffit de connaître le rapport de la similitude (Pi).

π apparaît dans de nombreuses formules de géométrie impliquant les cercles et les sphères.

Pi peut donc correspondre à l’unité de base de tous les cycles, car un cycle a une distance ou une durée de Pi.

Le nombre Pi est lié au cycle et au retournement de conjoncture.

Un modèle économique qui suit les cycles historiques peut prédire la montée en puissance ou le déclin d’un pays.

L’histoire ne change pas car les passions humaines ne changent pas. Les hommes politiques d’autrefois étaient aussi corrompus qu’aujourd’hui.

 

De nombreuses connaissances et textes européens sont issus du monde romain et du monde arabe, eux-mêmes venant du monde grecque et du monde égyptien, eux-mêmes venant des mondes mésopotamien, babylonien, hébraïque, qui ont des liens avec les mondes chinois, indien.

La culture des plantes dans des pots a débuté en Égypte il y a environ quatre mille ans. Les Grecs, Babyloniens, Perses et Indiens en copièrent la technique.

La Mésopotamie, avec le croissant fertile (Irak, Syrie, Liban, Israël, Egypte) a influencé les civilisations antiques. Les civilisations prépondérantes qui ont rayonné à cette époque sont: Egypte antique, le pays de Sumer (Irak), le pays d’Akkad (Irak). Il y a eu des liens étroits entre l’Inde antique et l’Egypte antique.

Le Code de Hammurabi est un des premiers textes juridiques du monde, d’origine babylonienne, daté d'environ 1750 av. J.-C., à ce jour le plus complet des codes de lois connus de la Mésopotamie antique.  La  majeure partie est constituée de décisions de justice. Cet ensemble de décisions est désigné comme un « code » et chaque décision comme autant de « lois » ou « articles » relatifs à différents aspects de la vie de la société babylonienne de la période. C’est une sorte de traité juridique visant à conserver le souvenir du sens de la justice et de l'équité de Hammurabi : organisation et pratiques judiciaires, droit de la famille et de la propriété, statuts sociaux, activités économiques, entre autres.  « Pour que le fort n’opprime pas le faible, pour faire justice à l'orphelin et à la veuve, à Babylone, la ville dont Anu et Enlil ont élevé le faîte, dans l'Esagil, le temple dont les fondements sont aussi stables que les cieux et la terre, pour porter les jugements concernant le pays, pour prendre les décisions concernant le pays, pour faire justice à l'opprimé, j'ai écrit mes paroles précieuses sur ma stèle et je l'ai dressée devant ma statue de « Roi de justice ». »

 

La civilisation de bâtisseur des pyramides auraient différents point d’implantation dans le monde (Egypte, Bosnie, Amérique centrale et latine, Japon, Chine…). Cette civilisation aurait construit des pyramides en Chine (ville de Xi’an) et au Japon en passant par la mer. Cette civilisation a peut-être fait un saut civilisationnel vers 5 000 – 4 000 avant JC.

Les arts spirituels n’ont pas de frontières, ils permettent le dialogue entre toute l’humanité.

 

Au niveau subatomique, tout ne forme qu’un. Tout est interrelation entre atome avec des niveaux d’énergie. Rien n’existe autonomement. Une masse critique d’intention peut modifier la matière et la pensée. Cette force de la pensée peut être mesurée. La conscience et la volonté influencent l’univers autour de soi. Si l’on veut vraiment quelque chose, les évènements se réalisent.

À considérer sa vie comme un voyage, à devenir voyage, de nouveaux horizons s’ouvrent rapidement à nos yeux. La vie est un voyage initiatique, où l’objet réel du voyage est finalement soi-même.

 

Ayons conscience de nos rêves, vivons les, comprenons les et n'en ayons pas peur. Nous devons être des acteurs de nos propres rêves.

Se rappeler qu’avant d’avoir un rôle, une orientation et une origine, nous sommes tous d'abord des êtres humains.

Faisons le lien entre nos sensations et nos sentiments.

Il n’y a pas d’institution de la religion, de ce qui relie les êtres. Ce sont les enseignements qui portent l’esprit de la religion. La religion est une affaire personnelle. Nous devons inculquer une notion d’unité de l’humanité.

Posture, exercice, rythme, concentration, calme, paix, sérénité, stabilité, visualisation, chant, rire, pensée positive, respiration, organisme, équilibre, unité, mouvement, changement, transformation.

Tout ce qui est immobile meurt, et la vie finalement, ce n’est rien d’autre que le mouvement. Tout change, tout se transforme et rien ne dure à l’identique.

 

L'esprit des hommes aspire aux formes circulaires, géométriques tant pour l'esthétisme, que pour la compréhension et la prise de conscience. Le monde se recrée à chaque instant. Chaque organisation, chaque société, chaque religion est basée sur un système de valeurs qui lui est propre.

L’obscurité et la lumière forment une seule unité. Il y a une obscurité naissante dans la lumière et une lumière naissance dans l’obscurité.

Tout ce que nous voyons n’existe pas en tant que telle. Il s'agit d'une construction mentale. C’est la sensation que procure le cerveau lorsque la lumière frappe nos photorécepteurs.

La mort impressionne les personnes vivantes, car un mort devient un symbole, un être inaccessible dont la vie, riche d’enseignement, devient sacrée. Une personne morte pour une cause rentre dans une légende. La mort marque les personnes en profondeur.

Tous les êtres vivants entrent dans l’histoire. Nous sommes composés d’atomes nés du big bang. Notre humanité est liée à l’origine de l’univers. Notre histoire est commune à celle de la nature.

Contribuons à faire de l'humanité un organisme unique vivant dynamique. Les intérêts de la vie priment sur les intérêts de l'humanité. Les intérêts de l'humanité priment sur les intérêts de l'homme.

Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau.

Anaxagore

Pour sortir d’un cycle, il faut créer le déséquilibre, la rupture.

Il faut sortir de la culture du non-dit et de la soumission.

Je ne sais pas, mais je suis prêt. J'ai confiance en moi, je crois en moi. Je le fais, je me lance. J'ai foi en l'homme et en l'avenir, j'ai de l'espoir. J'ai choisi, je suis responsable. J'assume mes choix dans l'enthousiasme. Je suis sincère. Je veux être quelqu’un de meilleur. Je suis, je ressens, j’aime, je communique, je vois. Je suis en relation, je donne, je ne demande rien, je suis créatif, je suis relié, je suis autonome, je suis à l’écoute, je lâche mon égo. Je suis conscient, je ne souffre pas, je suis ici et maintenant. J'ai été, je suis, je serais.

La foi, c'est l'expérience que l'intelligence est éclairée par l'amour. Confiance, foi, persévérance, humilité, enthousiasme, joie, effort et courage.

Savoir s’exprimer avec « je » pour exprimer ses émotions et sortir d’un système de valeur et de jugement.

Expérimenter le corps, expérimenter le plaisir, expérimenter la liberté, exprimer son être, réaliser son être, expérimenter l’unité.

Ce que l'homme cherche et désire, est de voir son propre reflet au travers d'éléments, d'objets, de personnes, d'animaux extérieurs à lui-même, pour savoir qui il est, ce qu'il est et ce qu'il ressent.

Elégance, tranquillité, délicatesse, douceur, amabilité, courtoisie, retenue et générosité d'âme.

 

Porter en soi une force d’équilibre intérieur. Connaître la mélodie et le rythme de la vie pour être en harmonie.

Ne te laisse pas gagner par l’impatience ou le découragement.

La vie n’est pas linéaire. Il faut avoir une culture positive de l’échec. La vie ne doit pas être subie.

L'enjeu d'être humain est de vivre.

On ne peut vraiment comprendre les choses que sur place, quand tous les sens sont engagés dans l'expérience.

Le geste associé à la pensée et à l’émotion multiplie les effets. Par exemple, le fait de s’allonger sur le sol en ne pensant à rien avec une volonté de sentir le contact du sol permet de lâcher prise efficacement.

On avance seulement si on a des rêves, une vision, une utopie, des désirs et des ambitions. Ne pas avoir peur, ne pas abandonner, surmonter les obstacles. Avoir une identité plurielle et hybride. Éveil et libération.

Devant notre impuissance, la méditation nous donne du pouvoir. Il est important de prendre conscience de la puissance de l’altruisme, de la beauté, de la communion et de la positivité dans notre développement personnel et collectif.

La joie survient à l’improviste quand on n’a rien à gagner, et qu’on attend rien en retour.

Pour garder une vitalité, il ne faut pas se renfermer sur soi-même, mais il faut s'ouvrir aux autres, se stimuler, rester actif.

 

Nous n’avons pas besoin d’être quelqu’un d’autre. Nous avons besoin d’être le meilleur de nous-même. Nous avons notre histoire. Ne reculons pas, avançons. N’ayons pas peur d’échouer, d’essayer, de nouer des contacts et de travailler. N’ayons honte de rien.

La jalousie, la haine, la colère s'appuient sur des failles, des ruptures, des manques, des faiblesses, qui augmentent si on leur prête attention. Ce sont les expressions d'une détresse, d'une souffrance.

Nous n’avons rien à prouver aux autres. Nous avons de la force de caractère et de la confiance en nous.

Même quand certaines personnes disent qu’une idée n’est pas bonne, il faut persévérer, il faut être tenace.

Soyons insistant, tenace, attentionné, sensible, à l'écoute, humoristique, poète, présent.

 

Savourons, vivons, ressentons les expériences, au lieu de vouloir posséder. Nous avons beaucoup de chances, rien n’est une évidence.

Rien n’est acquis. Vis et deviens.

Décentrons nous pour voir le monde autrement, prenons du recul. Sortons de notre course imaginaire et de notre maîtrise de la vie pour gagner. Mettons nous humblement à l’écoute du monde. Je suis en moi, je suis avec vous, je suis à votre écoute.

Nous devons être dans la recherche, la logique, le raisonnable, l’investigation. Nous devons rire de tout et tout le temps. Acceptons la réalité telle qu’elle est.

Passons à l'action, essayons, avançons, faisons, osons, allons vers l'inconnu.

 

Comprendre et lier les différentes qualités et en faire notre. Clarifions notre cœur. Gouvernons par l’exemple, pour que les personnes deviennent vertueuses. Donnons de la qualité à nos relations.

Rendons hommage à notre passé commun pour envisager notre futur commun.

Ne pas courir après ce que tu as perdu ni essayer d’atteindre ce qui est inaccessible, pour se contenter de profiter du présent.

 

Nos créations doivent avoir une âme qui honore la vie. La conscience doit nous faire revenir vers l’essentiel et la sobriété. Il nous faut réintégrer les rythmes et les cadences de la vie, pour gagner en sérénité.

Nous ne sommes pas un vase que l’on remplit, mais une source que l’on laisse jaillir.

Je crois à la sécularité, à ce qui dure dans le temps, à l’organisation qui résiste au temps. Nous devons accorder une grande considération à ce type d’organisation.

La vision de l’échec est une question d’éducation. Ce n’est pas nous l’échec. Nous devons nous inspirer et créer.

Je suis seul avec ma conscience, seul face à mes choix. Je ne suis ni victime, ni coupable.

N'abandonne pas. Continue de te battre tant que tu respires. La profondeur du cœur et de l’esprit permet la stabilité émotionnelle. Concentration, patience, silence, écoute, équilibre, stabilité, conscience.

 

Je me sens bien, j'ai confiance en la vie, je suis heureux de vivre.

Etre soir-même, s'accepter soi-même, être véritable, savoir rester humble, être optimiste.

Notre action doit avoir du sens et nous faire sens.

Nous sommes dans une maison de vie et non dans une maison de mort. Développons les énergies de vie. La vie est un souffle à entretenir.

L'éternité, c'est de penser que parce que nos vies ont une limite, nous sommes capables de donner le meilleur de nous-mêmes.

Amour pour épée,
humour pour bouclier.

Bernard Weber

C'est en persévérant que tu trouveras de nouvelles idées. Quand on a vraiment compris une chose, une seule, alors on peut tout comprendre.

Citations chinoises

Un esprit plein d’opinions et de spéculations ne peut apprendre. Nous devons le vider pour qu’en lui se fasse jour la condition de l’ouverture. La liberté que nous avons face à notre environnement est illusoire. Seul compte le voyage, pas la destination. Le langage est un code qu'il s'agit de comprendre et de partager. Nous pouvons voyager de 3 façons: dans l'espace géographique, dans le temps par la contemplation, dans la conscience par la méditation.

Nous sommes attirés par le vide et l’inconnu qui marquent la rupture avec notre vie, notre conception, nos sens, pour la recherche d’un paradis, la découverte de notre intériorité. Révèle-toi à toi-même. La liberté, c'est d'être maître de soi-même. La liberté est à l’intérieur de soi et non à l’extérieur. Elle ne consiste pas à accomplir tous nos caprices.  La réflexion se développe dans le calme, sans être constamment perturbé et sollicité.

Nous ignorons qui nous sommes ici et maintenant. Notre chemin se crée à mesure que nous avançons et chaque pas nous offre mille possibilités. Nous ne cessons de choisir. Nos choix dépendent de la personnalité par laquelle nous avons été formés dans notre enfance. C’est-à-dire que ce que nous appelons futur est une répétition du passé.

 

Il faut aller à la rencontre des personnes qui sont avant-gardistes. Quelque soit le lieu, nous devons voyager pour recevoir leur enseignement, dans les endroits où ils sont rassemblés.

Dès que l'on sort de la simplicité, de la sobriété, de la sérénité, c'est pour se rassurer, pour lutter contre nos peurs, car l'on manque de confiance et de foi.

Nous avons peur de nous-même et de notre identité. Le vrai combat est le combat contre soi-même, l’autre qui nous renvoie notre propre reflet. Résister à ses peurs. Celui qui est envahi par ses peurs n’a aucune chance de vaincre. Il faut lier ses gestes avec le cœur et la pensée, pour que chaque mouvement soit réfléchi, calculé et inspiré par ses valeurs profondes et son ressenti. L’amour doit remplir le cœur.

Le développement de l’intuition est d’être un canal des signaux de notre environnement, du sens, du mouvement et du futur en développement, sans passer par le mental et l’intellectualisation.

La vie consiste à faire face à ses peurs, gagner en maturité, développer sa joie de vivre en dépit des obstacles. Effort collectif, générosité et dépassement de soi. Ne pas avoir peur de l'échec, faire des efforts pour se dépasser. Apprendre à se concentrer. Savoir s'adapter et prendre des risques pour défendre ses valeurs.

L’atteinte d'objectifs n’ont jamais été le plus important, mais c’est de profiter des instants et des lieux.

Nous ne sommes jamais des victimes. Nous sommes acteurs pleinement responsable de notre vie. Nous ne perdons pas de temps à larmoyer sur notre sort. Nous nous sortons d'affaire, sans s'incliner ni baisser les yeux. Avoir une allure, une posture, un regard doux et accueillant avec un sourire, permet de s'ouvrir à l'autre.

 

Le dilemme de l'homme est de choisir entre une vie civilisée et une vie sauvage. Vouloir une vie de chat ou une vie de chien.

L’erreur du concept de propriété découle de la sédentarité.

La pulsion de vie est la conscience que la vie est précieuse, qu'il ne faut pas la gaspiller, qu'il faut en prendre soin et l'utiliser pour l'épanouissement de la vie.

 

Le monde est un tissu de souffrances et de plaisirs. La réalité est une construction mentale. L'intellect fournit une fausse conscience de nous-mêmes. Nous ne pouvons pas percevoir le réel dans sa totalité. La réalité physique devient invisible si elle n'est pas accompagnée d'une réalité psychique. Chaque idée, chaque sentiment, chaque désir atteignent l’âme en disant : « tu es moi », or ce sont des entités perturbatrices. L’être, pouvant contenir tout l’univers, ne sait pas qui il est, mais il vit, crée et aime. Nous n’habitons pas un monde régit par un ordre rationnel mais une réalité vacillante ambigüe. Nous pouvons avoir deux visions opposées du monde : l’une en montre les bontés, l’autre les failles. Toutes deux forment une seule réalité. Le monde que nous impose nos sens dépend de notre façon de voir.

Entretenir le souvenir, c’est payer une sorte de dette à la famille, à la société, à l’humanité.

 

Le monde est tel que nous pensons qu’il est. Nos malheurs viennent de notre vision tordue. Si nous voulons guérir, ce n’est pas le monde que nous devons essayer de changer, mais l’opinion que nous avons de lui. Nous pouvons transférer notre psychologie à des objets et les faire agir sur nous et accomplir des miracles. Il existe une étroite union qu’effectue l’inconscient entre les personnes et leurs objets intimes. Les personnes vivent et rêvent d’après les théories qui pour eux ont force de dogme. Lorsque nous avons peur, nous nous comportons comme des enfants.

Les comportements sont motivés par des forces inconscientes, quelles que puissent être les explications rationnelles que nous leur attribuons ensuite. Le monde n’est pas homogène, c’est un amalgame de forces mystérieuses. Ne retenir de la réalité que l’apparence immédiate, c’est la trahir. L’esprit tend à réaliser les prédictions. Quand nous parlons de limites, nous faisons en réalité référence à des infinis non connus. D'autres dimensions existent dans la réalité solide. L’inconscient est réceptif aux formes et aux objets. Il apporte une importance à la parole écrite transformé en talisman.

Nous n’avons pas un mais plusieurs psychismes, avec une partie animale dont il faut se méfier. La personnalité est une question de choix, nous pouvons choisir d’être ce que nous voulons. L'objectif de l'art est de soigner le corps et l'esprit.

Les maladies ne sont pas les nôtres mais celles de celui que nous croyons être. On atteint la santé en venant à bout des interdits, en quittant des chemins qui ne nous appartiennent pas, en cessant de poursuivre des idéaux imposés, jusqu’à parvenir à être soi-même : la conscience impersonnelle qui ne se définit pas elle-même.

Le véritable comique permet de nombreux niveaux d’interprétation. On commence par le rire et on arrive ensuite à la compréhension de la beauté, qui est le flamboiement de la vérité.

Nos émotions conditionnent notre perception de la vie et de nos souvenirs.

Entre l'est et l'ouest, l'obscurité et la lumière, le passé et le présent, la réalité et l'imaginaire, git une zone grise entre deux pôles, un monde parallèle, où du mélange nait l'unité.

Savoir profiter de l'entre deux, entre deux périodes, deux instants, deux actions, deux lieux, pour respirer, se détendre, regarder, écouter, se redresser et être en paix.

 

Nous captons et retenons qu’une infime partie de la réalité. Nous avons une interprétation limitée : nous transformons la réalité en ce que nous pensons d’elle. Cette interprétation sélective constitue une base en grande partie artificielle, sur laquelle nous fondons ensuite nos jugements et nos appréciations. Nous devons jeter par-dessus bord les idées et les sentiments préconçus pour, l’esprit nu, nous immerger dans l’Essence. Nous aurons ensuite la liberté d’agir sur la réalité, en sachant que si nous nous contentons de satisfaire nos désirs égoïstes nous seront emportés par le tourbillon des émotions, nous perdrons notre égalité d’humeur, notre sang-froid et donc la possibilité d’être nous-mêmes agissant au niveau de conscience qui nous correspond.

Tout amour se fonde sur la connaissance de l’autre. Toute connaissance de l’autre se fonde sur l’expérience partagée. Le début de la libération réside dans la capacité de l’homme à souffrir. Et celui-ci souffre s’il est opprimé physiquement et spirituellement. La souffrance le pousse à agir contre son oppresseur en cherchant à mettre fin à l’oppression, au lieu de chercher une liberté dont il ne sait rien. Le plus grand oppresseur est le moi individuel. Aucun thérapeute ne peut soigner en son nom propre. Le médecin propose les remèdes, la force intérieure guérit.

Les personnes tombent malades parce qu'elles ne peuvent résoudre ni rendre conscient un problème douloureux. Elles veulent qu'on les soigne, c'est-à-dire qu'on élimine les symptômes dont elles souffrent mais pas qu'on les guérisse. Bien qu'elles demandent de l'aide, elles luttent pour que cette aide ne soit pas effective. Toute guérison est une action collective, avec des esprits bénéfiques. Chaque malade a un maître, une chose ou une personne dont il n'arrive pas à se séparer.

Les maladies sont nos opposés, nos alter égos négatifs. Elles se présentent comme des exercices guerriers, en suivant un plan précis de conquête. Si on révèle à un malade, qui souhaite se détruire lui-même, le chemin que prend sa maladie, il s'empressera de le suivre. Le soignant ne détruit pas le mal, il s’en empare en découvrant ses origines et l’extirpe du corps ou de l’esprit du malade. Tous les guérisseurs, si on a foi en eux, sont utiles. Ils parlent à l’homme primitif que chacun de nous porte en lui. Chacun doit soigner avec ce qu’il aime le plus, sans se préoccuper de ce qu’en pensent les autres. Les objets sont des réceptacles d’énergies positives ou négatives. C’est la haine ou l’amour, que nous posons en eux, qui les transforme.

Dans chaque adulte dort un enfant avide d'amour. Le contact physique est plus efficace que les mots pour établir la confiance et mettre le sujet dans un état réceptif.

La joie est toujours intacte au fond de toutes nos peines, tel un joyau lumineux. Le courage est de rester debout, et de ne pas baisser la tête devant l'épée.

La finalité de la médecine est de révéler aussi les valeurs du patient. Le soin doit procéder avec une grande certitude et aune autorité absolue. Le moindre doute provoque l’échec. La maladie est de notre responsabilité. Laissons notre esprit la reconnaître et s’en écarter. La purification doit être intérieure et extérieure. L’amour peut se donner avec les mains.

Les opérations de guérison ne sont pas suffisantes : il est nécessaire que se produise dans le malade un changement de mentalité. Ceux qui vivent dans une demande constante doivent apprendre à donner.

 

Pour dépasser une difficulté, il ne suffit pas de l’identifier. Une prise de conscience qui n’est suivie d’un acte dans la vie quotidienne s’avère stérile.

Lorsque l’on ne respecte pas les conditions indispensables au succès de l’acte de guérison, les effets peuvent être nuls ou négatifs.

La plupart des problèmes que nous avons sont ceux que nous voulons avoir. Nous sommes attachés aux difficultés. Elles forment notre identité. Nous nous définissons à travers elles. Il n’est pas étonnant que des personnes tentent de saboter leur acte de guérison : sortir des difficultés implique de modifier en profondeur notre relation avec nous-mêmes et avec le passé. Les gens ne veulent plus souffrir, mais ils ne sont pas disposés à en payer le prix, c’est-à-dire changer, à ne plus vivre en fonction de leurs précieux problèmes.

Pour être en condition de guérir, il ne faut rien attendre d’elle, en pénétrant dans tous les aspects de son intimité sans se sentir impliqué ni destabilisé. Si le thérapeute juge au nom d’une morale, il ne guérit pas. Le détachement est indispensable pour celui qui veut aider les autres. L’important est de se situer dans un état intérieur qui exclue toute tentation de profiter de l’autre, d’abuser de sa fascination qui s’exerce sur lui pour affirmer notre pouvoir en dominant sa volonté.

Le poison lorsqu’il est purifié devient un antidote. Si l’on veut soigner spirituellement quelqu’un qui souffre, il est nécessaire de lui faire comprendre que ses organes sexuels sont des sanctuaires où il peut rencontrer ce qu’il appelle Dieu. Il doit apprendre à valoriser son corps sans dédaigner ses sécrétions. L’excrément, la salive, l’urine, la sueur, le sang menstruel ou le sperme peuvent être utilisés comme des éléments libérateurs de sentiments inhibés.

Les lieux du corps qui sont affectés, une cicatrice, une bosse, doivent être exaltés.

 

La fin d’un acte de guérison doit avoir une fin positive, évitant de conseiller quelque chose qui se termine dans la colère ou la destruction. S’il est parfois nécessaire de sacrifier des animaux, tous comestibles, c’est pour ensuite les préparer et les offrir à la famille ou à des amis au cours d’un banquet. Lorsque la chose est enterré – la terre dissout et purifie -, on plante au même endroit un beau végétal. Toute confrontation virulente devant une tombe est couronnée par une offrande de miel, de sucre, de fleurs, ou par son nettoyage avec de l’eau et du savon avant de la parfumer. Lorsque la famille a une vision castratrice, la personne peut se présenter déguisé, d’abord comme on lui impose d’être, puis comme on l’empêche d’être.

On ne peut pas éliminer une angoisse, une peur irrationnelle, en essayant de raisonner avec la personne pour lui démontrer que ce qu’il craint ne peut jamais arriver. Ce qu’il faut faire, c’est la pousser vers l’angoisse, afin que se réalise métaphoriquement, ce qu’il craint tellement.

Quand une personne sent qu’elle est possédée par une autre, quelqu’un de sa famille, un sorcier ou une mauvaise personne, il est impossible de la convaincre du contraire en lui expliquant les raisons, car si elle peut les accepter intellectuellement, son centre émotionnel, lui, les rejettera. Il faut la traiter comme une possédée et la soumettre à un acte qui ressemble à un exorcisme.

En ce qui concerne l’enfant, les parents s’angoissent en fonction de leur propre problématique, conséquence de leur enfance et de leur adolescence. Et ce avec d’autant plus d’intensité que le père et la mère se sont sentis non désirés, rejetés, non conformes au désir familial.

Depuis notre enfance, à travers le psychisme de nos parents, notre famille instille dans notre esprit ses désirs sous forme de craintes.  A moins que nous les réalisions métaphoriquement, par un acte de guérison, ces malédictions familiales nous obséderont toute notre vie.

Prends pour objet de méditation l'ensemble des êtres et applique-toi à mettre en œuvre les quatre attitudes immensurables : l'amour, ou le désir que tous les êtres soient heureux; la compassion, ou le désir qu'ils soient affranchis de la souffrance; la joie devant le bonheur d'autrui; et l'impartialité qui consiste à traiter tous les êtres de manière égale, sans attachement ni rejet.

KANGYUR RINPOCHE (1897-1975)

Notre famille ne cesse de nous faire des prédictions. L’inconscient tend à réaliser les prédictions. Si on observe attentivement le passé d’un certain nombre de personnes gravement malades du cancer, on s’aperçoit qu’il s’agit, très souvent, de personnes qui pendant leur enfance ont développé un scénario de vie inconscient, parfois même avec la date de leur mort, le moment, le jour, l’âge, et qui ensuite se voient effectivement dans cette situation de mourants.

En contact avec le symbole d’une divinité, même l’objet le plus vil devient sacré. Les symboles sont des outils puissants car ils parlent à l’inconscient collectif qui les prend pour une réalité. L’inconscient prend les symboles pour des réalités.

La seule manière de se libérer d’une prédiction obsédante, ce n’est pas d’essayer de l’oublier, mais de la réaliser de façon métaphorique.

Souvent, les personnes glissent dans une personne l’image d’une autre personne. Parfois, dans ces glissements psychologiques, sans nous en rendre compte, un parent mort nous possède, nous poussant à obtenir réparation pour lui. Dans ce cas, au lieu de lutter contre ces pulsions que nous sentons étrangères, nous devons nous y plier.

Lorsqu’un problème semble ne pas avoir de solution parce que la personne admet être le coupable, et que dans son remords, sentant qu’il ne peut réparer sa faute, il provoque en lui une maladie, une faillite économique et sentimentale ou une obsession suicidaire, nous pouvons avoir recours à l’idée que les crimes peuvent être payés de façon symbolique. Une autre technique consiste à transférer le sentiment douloureux sur un objet pour le rendre ensuite à celui ou à celle qui nous a fait du mal.

Pour guérir, être forts et équilibrés, les lieux et les hommes doivent faire surgir les opposés, montrer leurs principes masculin et féminin, tel s le yin dans le yang et le yang dans le yin.

 

Si précieuses que soient les interventions de guérison, si la personne n’y met pas autant d’efforts que le thérapeute, s’il ne réalise pas une mutation mentale, le travail ne fait que calmer les symptômes ; il semble éliminer la douleur mais laisse la blessure intacte, qui va peu à peu envahir de son ombre angoissante la totalité de l’individu. La personne, en même temps qu’elle sollicite de l’aide, la rejette. L’acte thérapeutique est un étrange combat : on combat vaillamment pour aider quelqu’un qui oppose toutes les barrières possibles en essayant de conduire le traitement à l’échec. D’une certaine façon, le guérisseur est pour le malade son espoir de salut en même temps que son ennemi. Celui qui souffre, craignant qu’on lui révèle la source de son mal de vivre, veut qu’on l’endorme, qu’on le rende insensible à la douleur, mais absolument pas qu’on le change, absolument pas qu’on lui démontre que ses problèmes sont la protestation d’une âme enfermée dans la cage d’une fausse identité.

Lorsque, pour un motif puissant (que ce soit parce que le couple connaît des problèmes économiques ou sentimentaux, ou parce que le père a abandonné le foyer ou parce qu’il est mort, ou parce que la femme s’est retrouvée enceinte par accident, ou que des aïeules sont mortes en couches, et tant d’autres motifs d’angoisse), la mère, consciemment ou non, veut éliminer le fœtus, ce désir d’élimination, de mort, s’incruste dans le souvenir intra-utérin du nouvel être puis, pendant sa vie terrestre, agit comme un ordre. Sans s’en rendre compte rationnellement, l’individu sent qu’il est un intrus, qu’il n’a pas le droit de vivre.

Même si la grossesse est acceptée avec joie, il peut arriver qu’on ne désire pas un enfant réel mais un qui soit imaginaire, celui qui va réaliser les plans de la famille, même si cela n’a rien à voir avec sa véritable nature. Le rejeton devra être semblable à son géniteur ou réaliser ce que l’adulte n’a pu réussir ; ou la mère – dont le père, du fait d’un noyau homosexuel non résolu, a fait un homme raté, l’obligeant à anesthésier sa féminité pour développer des caractéristiques viriles – rêve d’accoucher d’un garçon parfait, s’emparant de son phallus pour satisfaire le besoin paternel.

 

Les êtres humains étant des mammifères au sang chaud, ils renferment, au fond de leur animalité, la nécessité d’être protégés, nourris et préservés du froid par le corps du père et de la mère. Si ce contact manque, l’enfant se voit condamné à périr. L’angoisse la plus grande d’un être humain est celle de ne pas être aimé par sa mère, par son père, ou les deux. S’il en est ainsi, l’âme est est marquée par une blessure qui jamais ne cesse de suppurer. Le cerveau, lorsqu’il n’a pas trouvé son centre authentique, lumineux, ce qui le maintiendrait dans un état d’extase continuelle, vit dans l’angoisse. Ne trouvant pas le vrai plaisir, qui n’est autre que celui d’être soi-même et non un masque imposé, il cherche les situations les moins douloureuses.

Entre deux maux, le cerveau choisit le moindre. Comme le plus grand des maux est de ne pas être aimé, l’individu ne reconnaît pas ce désamour et préfère, avant de supporter l’atroce douleur d’en être conscient, se déprimer, s’inventer une maladie, se ruiner, échouer. A cause de ces symptômes insupportables, le consultant entreprend une thérapie. Si le guérisseur veut le mettre devant sa blessure originelle, il déploie un large éventail de défenses.

 

Le cerveau humain réagit comme un animal, il défend sont territoire en l’identifiant à sa vie. De cet espace, qu’il délimite avec son urine et ses excréments, font partie ses parents, ses frères et sœurs, ses partenaires amoureux, ses collaborateurs et, surtout, son corps. Qui en est le propriétaire ? Un individu dont les limites correspondent à son niveau de conscience. Plus le niveau de conscience est élevé, plus la liberté est grande. Mais pour atteindre ce niveau, où le territoire ne se résume pas à quelques mètres carrés de terrain ou à un petit groupe d’associés, mais à la planète entière et à la totalité de l’humanité, et, plus encore, à l’univers entier et à la totalité des êtres vivants, il faut avant tout cicatriser la première blessure, se détacher du conditionnement fœtal, puis familial et enfin social.

 

L’être humain se paralyse, s’enferme dans un système répétitif de gestes, de désirs, d’émotions, de pensées, et végète dans ces étroites limites en refusant toute information nouvelle, soumis à une incessante répétition du passé. Pour fuir les profondeurs, il vit flottant dans un tissu de sensations superficielles, la plupart du temps anesthésié.

Un grand nombre d’êtres humains, rejetant leur différence naturelle, prennent l’apparence du monde qui les entoure. Ils s’interdisent le moindre trait d’originalité, mangent ce que tous mangent, s’habillent en suivant la mode la plus répandue, utilisent un accent et quelques tournures idiomatiques indiquant leur indubitable appartenance à un groupe social, font partie de la masse, revêtent le même uniforme. Ils dépendent totalement de l’apparence, reléguant leur être aux opacités de leurs rêves.

La peur de se connaître soi-même, ajoutée à la terreur d’être dépossédés de ce qu’ils croient posséder, entre autres choses leur mode de vie, ce qui implique une douloureuse rencontre avec la plaie essentielle, peut changer les humains en assassins.

Certaines personnes ne veulent rien savoir d’elles-mêmes, elles abandonnent un traitement à mi-chemin, se justifient constamment, luttent pour avoir toujours raison et démontrer que les autres se trompent ; elles s’abandonnent à un vice, développent des manies et des obsessions ; parfois, pour ne pas être confrontées à leurs problèmes familiaux, elles vont vivre dans un pays lointain, utilisant la distance comme calmant. A la fuite, parfois, s’ajoute l’automutilation. Quelques-uns se séparent des êtres ou des objets qu’ils aiment, d’autres se mutilent dans des opérations de chirurgie esthétique, dilapident leur fortune.

 

Les mains du guérisseur s'enracinent dans le monde. Ce n'est pas un individu qui opère, c'est l'humanité tout entière.

A la base toute maladie est un manque de conscience imprégné de crainte. Cette conscience a son origine dans un interdit, imposé sans conviction préalable, que la victime doit accepter sans le comprendre. On exige de l'enfant de ne pas être ce qu'il est. S'il désobéit, il est puni. La plus grande punition est de ne pas être aimé.

L’organisme est le puisard des problèmes non résolus. C’est là que le thérapeute doit aller pour les expulser, en considérant le patient comme un possédé. Pour le guérisseur primitif, la mort est toujours une maladie, un mal provoqué par l’envie des autres. Le patient est envahi par une créature étrangère ; au lieu de le soigner il convient plutôt de le libérer, d’expulser de son âme et de son corps ce qui lui a été envoyé. Cette médecine primitive peut être réalisée avec des patients nés dans une culture rationnelle. De la même manière que l’inconscient accepte les actes symboliques comme des réalités, le corps acceptent comme réelles les opérations métaphoriques auxquelles on les soumet, même si la raison les nie.

Le passé et ses souvenirs douloureux, ainsi que les principales peurs – peur d’être, peur d’aimer, peur de créer, peur de vivre – s’accumule comme une croûte collée à la peau. On peut obtenir un effet psychologique important si on récure la personne. Les personnes se sentent renaître, une grande partie des vieilles peurs se dissolvent.  Mais au bout d’un moment de nouveaux « sédiments » s’accumulent. Cependant quelque chose a progressé. La personne, avec le sentiment d’abandon que donne chaque problème non résolu, a rencontré un accompagnateur physique.

Le contact permet d’accepter d’être dévorer par l’ombre. La seule compagnie de l’autre, dans les situations adverses, est aussi nécessaire que la vie.

Chaque jour, nous choisissons de vivre. Cultivons notre sensibilité, prions pour les autres. Libérons nos créativités, ne nous castrons pas. Soyons des créateurs et des artistes. Prenons du plaisir à ce que nous faisons. La virtuosité se travaille chaque jour. Concentrons-nous sur ce qui est unique en chaque être, en chaque chose. Développons notre puissance de vie.

Ce que les autres pensent n’a pas d’importance, nous savons ce qui est vrai. Restons debout jusqu’au bout.

Nous pouvons influencer notre propre avenir en croyant à ce que nous allons devenir. Notre propension à briller vient en partie à notre capacité de croire que nous pouvons briller.

Sème un acte, tu récolteras une habitude ; sème une habitude, tu récolteras un caractère ; sème un caractère, tu récolteras une destinée.

Dalaï Lama

Le sens de la vie correspond au sens donné par le jeu, auquel on joue en acceptant les règles. Pour être un homme, il faut savoir que les vérités sont les contextes, les environnements ainsi que les endroits où la vie se libère et se développe. Chaque vérité est unique. La vérité ne se démontre pas, elle n'est pas reproductible. Il est nécessaire d'habiter, de travailler, de fertiliser les terrains favorable à la vie et à son épanouissement, parce que le terrain propice va créer les occasions de vivre des conditions qui nous fertilisent et nous enrichissent. Le terrain aidé d'une volonté et de la vocation permet de se libérer.

L’homme partout autour de nous expose les mêmes besoins : nous voulons être délivrés. Les personnes cherchent l’endroit qui les accomplira. L’homme naît en nous quand on va vers l’inconnu. Peu importe les risques, la vérité des hommes est de goûter la peur, de se surpasser pour tirer d’eux les plus grandes habiletés. Ils cherchent l’unité, l’universel, l’amour.

Quand les hommes prennent conscience de leur rôle, même le plus effacé, alors seulement ils sont heureux. Il leur faut transmettre la vie mais aussi la conscience.

La vérité, c’est ce qui simplifie le monde et non ce qui crée le chaos. La vérité, c’est le langage qui dégage l’universel. La vérité pour l’homme, c’est ce qui fait de lui un homme : la dignité des rapports, la loyauté dans le jeu, le don mutuel d’une estime qui engage la vie.

Le sens de l’action d’un homme est de le relier à la communauté des hommes. Chaque être est une sentinelle responsable de tout l’empire de la vie. Nous sommes les branches d’un même arbre. Si nous sommes liés à nos frères par un but commun qui se situe en dehors de nous, alors seulement nous respirons; et l’expérience nous montre qu’aimer ce n’est pas nous regarder l’un l’autre mais regarder ensemble dans la même direction. Tous, sous les mots contradictoires, nous exprimons les mêmes élans. Nous nous divisons sur les méthodes qui sont les fruits de nos raisonnements, non sur les buts : ils sont les mêmes.

 

Avoir la foi dans l'autre, dans le monde, dans la société, dans la vie: c'est croire en lui, lui faire confiance, être dans la joie, s'engager de tout son être, donner la primauté au cœur, ne pas juger, être humble, être présent, vivre l'instant ici et maintenant, vivre dans la plénitude, être plein d'amour et de bonté, savoir honorer les êtres, obéir à sa force intérieur, créer des liens, persévérer, accepter, coopérer, agir, avoir de la volonté, penser que nos actes sont justes et guidés par la force intérieur, être en paix, se mettre en mouvement, prendre conscience, faire sortir de nous l'enfant insatisfait que nous trainons depuis l'enfance, nous dégager de notre ego, sortir de la peur, de l'angoisse, de la souffrance, assumer sa vie, être responsable, être indépendant, être capable de se détacher, être patient, transmettre, partager, méditer, savoir donner et savoir pardonner. Le foi est une fidélité à soi-même, obéissance et abandon. Pour pardonner, il faut considérer les autres comme ses propres victimes.

Nous ne devons pas analyser les autres, car analyser veut dire ne pas aimer, diviser en fragments, figer. Dépassons nos inhibitions, nos frustrations, nos conflits émotionnels, nos complexes d'infériorité, la richesse, le pouvoir et la notoriété. Confions nous à notre force intérieure et accomplissons-nous, tel est notre devoir. Notre vie est notre vie. Nous sommes qui nous sommes, nous serons qui nous serons. Laissons la voix intérieure parler à travers nous. Vivons ici et maintenant.

La vie se développe là où il y a de l'amour. Le vrai pouvoir ne vient pas de l'extérieur, des autres, mais de l'intérieur de soi. Ne doutons pas. Avançons. Prions intérieurement, trouvons ainsi la force, car nous sommes aidé. Aucune parole intérieure ne devrait être écrite pour être transformée en dogme ou en loi, car le temps périme les lois. Personne n'est supérieur. Tout être a une dignité. Agissons en accord avec les véritables aspirations de notre être. Ne vivons pas dans le sacrifice et la souffrance.

 

La prière est intérieure. Elle se fait sans parole. Ne demandons rien, ayons la foi. Si quelqu'un veut s'abandonner à son être essentiel, il doit cesser de s'identifier à son égo, à son moi individuel, il doit vivre dans le présent, point où le temps croise l'espace, où le maintenant croise l'ici, pour s'abandonner à l'extase de vivre. Aimons nous. Voyons la lumière et le joyau que nous portons en nous. Soyons authentique, puisons dans nos racines.

Ne révélons pas les faiblesses et les mensonges des personnes pour les mettre en difficulté face aux autres. Il faut plutôt les aider à s'améliorer.

Quand nous avons la foi et que nous défendons ce que nous croyons, la vie intérieure vient à nous. Acceptons notre changement et celui des autres avec bonté. Quand nous travaillons sur notre être, gardons le secret jusqu'à ce que tout ce qui se réalise en nous soit solide. Lorsque cela est fermement installé en nous, personne ne peut nous démolir.

La vie intérieure, le véritable éveil à nous-mêmes ne peut se trouver que si nous croyons sans voir, sans preuve, lorsque nous faisons l'expérience de l'amour. Etre au lieu d'avoir. Etre ce que nous sommes, un esprit intérieur infini. Pour ne pas douter, la foi est nécessaire, et pour y croire, il faut se défaire de tout avoir. Incarnons notre foi dans notre coeur et dans notre être.

Il est nécessaire de courir des risques pour cesser d'exister dans l'avoir, atteindre son être essentiel, parvenir à revivre. Renonçons à la quantité pour parvenir à la qualité. Aimons sans espoir de retour. Dépassons la dualité et notre égo. Le corps, le sexe, l'intellect et le coeur doivent être unis chaque fois que nous agissons.

 

Nous transmettons ce que nous savons, mais surtout, nous transmettons ce que nous sommes.

L’éducation ne consiste pas à remplir un vase mais à allumer une flamme et nous montrent comme mettre en place les conditions qui permettent aux aptitudes naturelles de l’enfant de s’épanouir, tout en soulignant l’importance de la bienveillance dans l’éducation.

 

Prenons conscience que tout l'univers est conscience pure et que la matière est une illusion. La matière naît de la conscience. L'être intérieur ne se définit pas. Tous les phénomènes sont impermanents, liés, et sans réalité propre et autonome. L'éternité se trouve en nous.

Pour accepter, il faut une mort intérieure puis une renaissance. Ne soyons plus notre enfant intérieur, qui se justifie, se plaint et attend qu'on lui donne.

La non-violence est la conséquence naturelle de l'interdépendance universelle. Elle est un choix délibéré de l'altruisme dans toutes nos pensées et tous nos actes, de sorte qu'il devient inconcevable de nuire à autrui.

Nous n’avons pas de propriétaire. Il existe en nous une unité que personne ne peut posséder ni découper. A mesure que nous reconnaîtrons le prochain, nous nous reconnaîtrons. A mesure que nous nous donnons aux autres, nous nous donnons à nous-mêmes. 

La nature de notre esprit est d’être l’immense espace. La solitude consiste à ne pas savoir être avec nous-mêmes. Notre JE est une illusion. Pardonner, c’est comprendre. L’illumination consiste à se satisfaire de ce que l’on a, à ne pas vouloir plus. Développons notre connaissance hors de toute comparaison, apprenons à ne pas envier les autres. Nous devons fuir les contacts négatifs et rechercher les amis qui puissent être des maîtres. Pensons d’abord à l’œuvre qui s’accomplit et pas à notre mérite. L’amour, c’est remercier l’autre d’exister.

Le poison nous amène vers la mort et nous révèle la vie. Acceptons de couper les liens qui nous unissent à des influences extérieures et recevons de l’intérieur l’être essentiel, impersonnel, qui a ses racines au-delà de notre système. Notre esprit auquel nous nous identifions, l’égo, ne doit pas être détruit. Bien conduite, notre personnalité égoïste peut devenir un admirable serviteur. L’homme qui n’a pas réalisé sa liberté, qui n’a pas coupé ses liens, vit avec une charge sans savoir qu’il porte ce poids.

 

Les personnes accordent trop d'importance à la réalité et à la vérité, alors que celles-ci n'ont pas d'existence propre et autonome. Prenons une attitude positive, à l'écoute, soyons dans la guérison, dans la compréhension, dans la méditation, dans la bienveillance. En nous identifiant aux difficultés, nous pouvons en faire des alliées : ne pas résister ou fuir le problème, le pénétrer, faire partie de lui, l’utiliser comme élément de libération.

Tant que nous n’avons pas trouvé notre force intérieure, nous ne développerons pas notre âme. Soyons fort et courageux. Poussons les cris de la vie. Ecrivons ensemble notre chemin de gloire. Comportons nous en roi, pas en victime. Réalisons la transmutation alchimique de notre conscience. L’action qui s’effectue à travers nous doit permettre de manifester avec bonté et beauté les énergies créatrices normalement réprimées ou latentes en nous. Investissons notre énergie dans la construction pour poursuivre la victoire, car nous sommes des gagnants.

Soyons humble face à nous-mêmes, face aux autres, face au monde. L'esprit avec la volonté commande l'essentiel du corps. Il faut persévérer sur son chemin même si la voie est difficile, car le voyage, l'engagement nous transforment. Dans leur brutalité immédiate, les obstacles font fuir, ils déracinent le rêve, ils nous renvoient violemment au purgatoire de nos ambitions. Mais la persévérance est rédemptrice, elle conduit à recentrer ses forces, à l'hyperprésence, à découvrir un terrain personnel insoupçonné. Prenons le monde tel qu'il est. Il faut s'armer contre l'usure du temps, combattre pied à pied l'alternance d'espoirs et de coups de blues. Forgeons nous une âme. Imprégnons nous des éléments. Soyons dans l'apprentissage patient de la vie. Apprivoisons nous nous-mêmes. Allons au bout de nos projets. L'idée est la force, sa réalisation, un parcours d'endurance. Nous devons apprendre à ne pas désirer l'autre. N'ayons pas peur de créer notre propre monde. Commençons par le contenu pour terminer vers la forme.

Ne nous laissons pas abattre par une fausse conception de l'argent. Gagnons le toujours par des activités qui nous font plaisir. Dans la mesure où l'argent représente l'énergie, il doit circuler. Il faut intervenir dans le mouvement qui fait que l'argent entre et sort.

Lorsque le discipline commence à prendre trop d'ampleur, il commence à cacher son maître et à le détruire. Il est alors temps que le disciple parte de l'influence de son maître pour réaliser sa propre conception.

 

Ne vivons pas dans l'image que l'on a de nous, ni dans celle voulue par les autres. Restons en contact avec la vie et avec le monde. Soyons concret. Ne soyons pas figés et fixes. Nous sommes un chemin, un lien entre deux. Laissons le négatif, ne retenons que le constructif et le positif. Gardons un esprit vaste et stable face aux aléas de l'existence. Simplifions nos modes de vie. Admirons, aimons, prenons soin de la vie. Ne jugeons pas, ne culpabilisons pas, n'infantilisons pas, ne désignons pas de coupable. Soyons humble et modeste. Vivons le temps. Comme la vie ne tient qu'à un fil, chaque instant de vie est une chance et une joie.

Sachons être avec nous-mêmes. Nous sommes déjà tout ce que nous sommes. Nous savons déjà tout ce que nous saurons. Ce que nous chercherons nous cherche déjà, cela est en nous. Seul celui qui connaît la douleur, approche la sagesse. La conscience immortelle unit tous les êtres. Si les branches du développement poussent en voulant occuper tout le ciel, les racines des origines n'abandonnent jamais la terre où elles sont nées. 

On ne peut pas soigner une personne, on ne peut que lui apprendre à se soigner elle-même. A la base, il y a une protestation contre un manque d’amour et l’interdiction de tout mot ou tout geste qui démontre cette absence. Le non-dit, le non-exprimé, le secret, tout peut en arriver à fomenter une maladie. L’âme enfantine, étouffée par l’interdiction, élimine les défenses organiques pour permettre l’entrée du mal qui lui donnera l’opportunité d’exprimer sa désolation. La maladie est une métaphore. Elle est la protestation d’un enfant devenue représentation.

La santé d’une famille consiste à réaliser une œuvre en commun. Il n’y a pas de fossé qui sépare les générations. La révolte des enfants contre les parents doit être remplacée par l’absorption d’une connaissance, signifiant que la génération précédente doit se donner la peine d’étendre sa conscience et de transmettre ce qu’elle a acquis.

Chaque être humain, s’il n’a pas fait son travail spirituel, est un enfant déguisé en adulte. Mûrir, c’est mettre l’enfant à sa place, le laisser vivre avec nous, non comme un maître, mais comme un disciple.

 

Ce que les parents ont faits subir à leurs enfants, les enfants eux-mêmes le feront subir à leurs futurs enfants. A moins qu'ils ne se rebellent, les enfants feront la même chose. Les souffrances familiales, comme les maillons d'une chaine, se répètent de génération en génération, jusqu'à ce qu'un descendant, en prenne conscience et transforme sa malédiction en bénédiction. 

Si nous n'avons pas été aimés, nous n'arrivons pas à nous aimer nous-mêmes, c'est pourquoi nous ne pouvons pas aimer les autres. Si dans le désert, nous fermons la main, nous y tenons une poignée de sable, si nous l'ouvrons, tout le désert peut passer à travers elle. Nous portons le désir d'union dans chaque cellule de notre corps, dans chaque manifestation de notres esprit. Nous sommes unis à la matière sous toutes ses formes.

Qui que soient les parents que nous avons eus, pensons que c’est l’univers qui nous a créé. L’univers est bienveillant pour nous. Nous portons une vie intérieure qui n’a pas de nom. Ce que nous désirons le plus se réalisera. Soyons tranquille, nous sommes destinés à la réalisation. Quand la paix se réalisera sur la terre, la paix se réalisera dans l’univers. Comme des initiateurs infatigables, nous devons œuvrer à la création de la conscience cosmique. La vie est une transformation en mouvement perpétuel.

 

Que la paix soit dans notre tête, dans notre cœur, dans notre sexe et dans notre corps. Qu’elle soit dans notre être essentiel. N’ayons aucune crainte. Abandonnons-nous à notre vie intérieure afin de reposer dans les délices de l’infini et de l’éternité. Ayons un esprit guerrier qui affermit notre âme en résistant aux moqueries et aux méchancetés. Défendons nous toujours, ne nous sentons pas coupable, n'acceptons pas servilement des punitions. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Favorisons notre expansion mentale, repoussons nos barrières psychologiques, découvrons nos limites. Soyons semeur et investisseur. Nous ne pouvons pas vaincre l’immortel dragon mythologique en l’assassinant, mais au contraire en le séduisant, en acceptant d’être son aliment. Nous devons toujours soutenir nos efforts jusqu’au bout, jusqu’à ce qu’il ne reste plus une goutte d’énergie et n’abandonnons jamais une tâche commencée tant que nous ne l’avons pas achevée.

Notre supériorité est notre volonté d’atteindre un but déterminé et de persévérer. Nous savons que chaque pas accompli est l’aboutissement d’efforts patients et difficiles, que le désir seul ne peut remplacer l’action. Les obstacles ne nous appartiennent que quand nous les avons franchis. Avant, c’est nous qui appartenons aux obstacles. Le but est de franchir l’obstacle mais la victoire est de revenir sain et sauf. Il y aura encore beaucoup de difficultés, beaucoup d’obstacles qui devront être franchis ou évités, mais pour nous, vouloir c’est pouvoir. Formés à cette école, nous sommes mieux armés dans la lutte pour la vie, face aux obstacles qui se dressent dans l’existence. Le souvenir des devoirs accomplis et des victoires remportées nous rend plus forts et plus sereins. La réalisation est le résultat d'un choix passionné.

Si nous dépassons la résistance du milieu, celui-ci, étant détruit, nous détruit nous aussi. Ce que nous faisons au monde, nous nous le faisons à nous-mêmes.

Voyons directement notre propre nature fondamentale. Notre incapacité à atteindre l'éveil vient du fait que nous ne voulons pas l'éveil. L'éveil n'est pas difficile pour ce qu'il est, l'éveil est difficile pour ce qu'il n'est pas. Etre, réalisons nous dans l'être, croyons en l'être, ayons foi en l'être. Ceux qui sans espoir osent avancer dans l'obscurité rencontrent à la fin un but lumineux.

Pour avoir la paix, il faut trouver un équilibre entre les forces. Combattons ceux qui rompent l’équilibre. 

 

Voyons sans filtre, sans barrière mentale, sans réflexion. Agissons sans conception mentale, sans conditionnement pour être nous-mêmes.

Si nous nous rendons compte que l’illusion qui nous entoure est une illusion, alors nous ne devons pas avoir peur, vouloir fuir et résister. L’angoisse suscitée par l’illusion d’un danger est une conception mentale qui nous rend malade.

Si nos perceptions nous limitent à ne voir qu’une partie de la réalité et si nos rêves sont l’expression d’une autre partie de la même réalité, alors la réalité est un mélange des mondes rationnels et oniriques, qui sont perméables et s’entrecroisent. Ceux-ci nous permettent de comprendre, d’évoluer et de nous épanouir. A tout moment, il faut être conscient que nous sommes  dans le monde rationnel ou le monde onirique. Chassons les images désagréables et favorisons les illusions heureuses. Vivons pleinement nos rêves. Dans la vie, comme dans le rêve, pour demeurer lucide, il faut rester à distance des désirs, contrôler l’identification.

Ce qui nous terrorise perd toute sa force dès l’instant où nous cessons de le combattre. La méchanceté et la bienveillance sont les deux faces d’une même pièce. Toute personne méchante est un être bienveillant qui est tombé. Tout être bienveillant est une personne méchante qui s’est élevée. Pour le cerveau la mort n’existe pas. Chaque fois que nous-mêmes ou un ennemi nous élimine se produit une réincarnation immédiate.

 

Le miracle abat les murs de la raison. Il brise les échelles de valeurs et renvoie les personnes à leurs propres jugements. Il agit comme un miroir : chacun le voit avec ses limites.

Les miracles sont partout, offrant leur beauté. Nous vivons dans une réalité où foisonnent les miracles, mais il sont uniquement vus par ceux qui ont développé leur perception. Sans cette sensibilité, tout devient banal : on donne à l’évènement merveilleux le nom de hasard, on avance sans cette clé qu’est la gratitude. Mais les miracles exigent un échange : ce qui est donné, nous devons le fructifier pour les autres. Si nous ne sommes pas unis, nous ne saisiront pas les miracles. Les miracles ne peuvent arriver sans avoir la foi et l'obéissance.

Les miracles, personne ne les fait ni ne les provoque, il faut les découvrir. Quand celui qui se croyait aveugle enlève ses lunettes noirs, il voit la lumière. Cette obscurité est la prison rationnelle.

Toutes finalités se résument ainsi: réaliser les potentialités humaines pour ensuite les transcender, sacrifier ce qui est personnel pour parvenir à l'impersonnel.

L’enfance est un déterminant important de la santé physique, psychologique et sociale à l’âge adulte.

La colère, le mépris, les critiques, l’autoritarisme sont l’expression de la faiblesse et du manque de confiance de la personne.

 

Notre conscience peut dompter notre animalité, non pas en la réprimant, mais en lui donnant l’opportunité de réaliser des tâches sublimes. Vainquons la peur et plongeons en la perfection divine. Mettons nous au service de la construction, collaborons. Apprenons à utiliser nos verbes pour protéger les âmes. Dominons nos mots pour en enlever l’agressivité et les mettre au service de l’esprit. Abandonnons-nous et obéissons à la vie. Libérons-nous de nos formes mentales ankylosées. Parlons en poésie au monde. N’aspirons à rien de permanent. Construisons avec vaillance dans l’impermanence et le changement continu. Elevons nous au dessus de nos besoins, de nos désirs et de nos émotions pour connaître l’extase des idées pures. Comprenons que la vie est une merveille, apprenons à voir les miracles. Soyons être entièrement dans le présent et vigilant envers les distractions. Apprenons à respecter les objets, à les connaître en profondeur, en situant l’intérêt en eux et non en nous. Percevons que ce qui est en apparence inanimé peut nous obéir et nous enrichir.

Nous sommes des êtres mortels, mais nous devons apprendre comment mourir heureux.  Tout ce qui a commencé doit finir. Apprenons à mourir intérieurement pour pouvoir revivre. Etendons notre perception au delà de celle des autres, puis intégrons les à nous pour en faire notre.

 

La lucidité est la clarté par le détachement et l’impassibilité. Lorsque nous n’intervenons plus sur la vie, la vie devient notre associé. Dans la contemplation, l’angoisse et la peur disparaissent. L’amour allonge la vie.

Si nous gardons notre calme, notre foi, notre courage devant les obstacles et osons les affronter, ceux-ci se transforment en lumière et nous transmettent tout l’amour du monde. A aucun moment, nous ne sommes seuls, l’action individuelle est illusoire. Avant de tenter d’unir le moi individuel à la force universelle, il est nécessaire de la contempler, de la sentir, de s’identifier à elle, de l’accepter comme essence, de disparaître dans son extension infinie. Cette force doit agir dans notre intellect comme un dissolvant. L’être semblable à celui que nous sommes vraiment, nous devons le créer en nous-mêmes, comme un modèle, en découvrant ses desseins, les ordres qu’il porte en lui en tant que semence. L’engendrement du semblable n’est pas un dédoublement mais une transformation pour permettre à l’œuvre naturelle de se réaliser.

Tous les bonheurs du monde viennent de la recherche du bonheur d’autrui, toutes les souffrances du monde viennent de la recherche de son propre bonheur. L’amour et l’humilité permet d’atteindre le détachement conscient pour être utile aux autres. L’amour est le mystérieux élixir alchimique qui dissout tout, qui transforme tout en unité. Dépassons le moi individuel pour se laisser posséder par le moi impersonnel, la conscience universelle et ainsi atteindre le cœur des choses. Apprenons à oublier l’idée d’échange, à donner sans espoir d’obtenir. Aimons l’existence des autres sans nous préoccuper de savoir si les autres sont conscients de nous. Sachons donner et recevoir. Pour vivre en paix, rendons grâce et remercions chaque jour la vie. Tout se que l’on désire avec une véritable intensité, avec foi, se réalise après une patiente attente.

Il ne s’agit pas de faire des choses des êtres vivants, mais d’essayer de le faire. Nous devons tendre vers l’impossible. La vérité n’est pas le bout du chemin, elle est le chemin : c’est la somme des actions réalisées pour l’obtenir.

 

Pour transmettre notre niveau de conscience, nous avons besoins de nous unir spirituellement et corporellement, par le contact physique. A travers le contact physique des mains, peut se transmettre l’âme. La conscience, lorsqu’elle reconnaît l’inconscient et s’abandonne à lui avec amour, fait que celui-ci se révèle dans toute sa positivité. Rendons nous compte que ce n’est pas nous qui rêvons, mais c’est le moi collectif, l’être cosmique qui nous utilise comme canal pour faire évoluer la conscience humaine. 

Si nous pouvons atteindre un niveau élevé de conscience, c’est grâce à notre égo, à l’incessante souffrance que fait naître en lui la quête de l’unité. Sa monstruosité nous a engendrés, ses défauts ont été nos racines qui ont alimenté notre essence. Plaignons-le, prenons la main à notre égo. Le papillon n’éprouve aucun dégout pour la chenille qui l’a engendré. Nous avons vécu en cherchant au loin ce qui était en nous, ce que nous sommes. Le travail de l’esprit est notre salut. Nous n’avons besoin ni de mandala, ni de symbole pour évoluer. En se concentrant sur une chose et en reliant notre intellect avec notre émotionnel et notre énergie vital, celle-ci peut devenir un porte de l’esprit.

Sentons la joie, l’euphorie de la vie. Tout est vivant, tout est conscient, tout danse au milieu d’explosions, de naissances et de catastrophes, abandonné à la merveille de l’instant. Ce sont les noces alchimiques : l’union  de la terre et du ciel, la fusion de l’animal-végétal-minéral et de l’esprit immatériel dans le cœur humain, c’est-à-dire dans la source d’où jaillisse à flot l’amour. Les valeurs sublimes de l’esprit, une fois révélées, sont irréversibles.

 

La vie est un verbe, un mouvement, un élan qui crée les interactions et les liens. Ce n’est pas la vie, c’est vivre, ce n’est pas l’amour, c’est aimer. 

Dansons avec la réalité.

Le karma est le rôle que nous avons dans notre vie. Acceptons notre rôle, notre devoir, le sens de notre vie. Il est nécessaire de donner du sens et d’avoir conscience du sens de notre vie pour faire des choix. Le but de notre vie est de faire des choix et de les accepter. Acceptons notre rôle et nos devoirs, même si cela nous amène à la mort. Faisons ce que nous croyons devoir faire.

Les mots sont un prétexte. C’est l’élan intérieur qui nous pousse l’un vers l’autre, pas les mots.

Rumi

Examiner les difficultés d’une personne, c’est entrer dans l’atmosphère psychologique de son milieu familial. Nous sommes marqués par l’univers psychomental des nôtres. Par ses qualités, mais aussi ses idées folles, ses sentiments négatifs, ses désirs inhibés, ses actes destructifs. Le père et la mère projettent sur leur enfant tous les fantasmes. Ils veulent le voir réaliser ce qu’eux-mêmes n’ont pu vivre ou obtenir. Ainsi assumons-nous une personnalité qui n’est pas la nôtre, mais qui provient d’un ou plusieurs membres de notre entourage affectif. Naître dans une famille, c’est ainsi dire être possédé.

La gestation d’un être humain ne se réalise presque jamais de manière saine. Sur le fœtus influent les maladies et les névroses des parents. La manière dont nous sommes mis au monde, nous détourne de nous-mêmes pour toute notre vie. Et ces mauvais accouchements dépendent des problèmes émotionnels que nos parents ont eus avec nos grands-parents. Le mal se transmet de génération en génération : l’envoûté devient l’envoûteur, en projetant sur ses enfants ce qui fut projeté sur lui, à moins qu’une prise de conscience ne parvienne à rompre le cercle vicieux. Il ne faut pas craindre de plonger profondément en soi pour affronter la partie de l’être mal constituée, l’horreur de la non-réalisation, en faisant sauter l’obstacle généalogique qui se dresse devant nous comme une barrière et s’oppose au flux et reflux de la vie. Nous trouvons dans cette barrière les sédiments psychologiques amers de notre père et de notre mère, de nos grands-parents et arrière-grands-parents. Nous devons apprendre à ne plus nous identifier à l’arbre et à comprendre qu’il n’est pas dans le passé : au contraire, il vit, présent à l’intérieur de chacun de nous. Chaque fois que nous avons un problème qui nous paraît individuel, toute la famille est concernée. Au moment où nous en prenons conscience, d’une manière ou d’une autre la famille commence à évoluer. Pas seulement les vivants, mais également les morts. Le passé n’est pas inamovible. Il change en fonction de notre point de vue. Nous comprenons différemment les ancêtres que nous considérons comme odieusement coupables dès lors que notre mentalité change. Après leur avoir pardonné nous devons les honorer, c’est-à-dire les connaître, les analyser, les dissoudre, les refaire, les remercier, les aimer, pour voir enfin l’esprit en chacun d’eux. Tout ce que nous avons réalisé spirituellement, chacun de nos parents pourrait l’avoir fait. La responsabilité est immense. Une quelconque chute entraîne toute la famille, y compris les enfants à venir, pendant trois ou quatre générations. Les petits ne perçoivent pas le temps comme les adultes. Ce qui pour les grands se déroule en une heure, ils le vivent comme si ça avait duré des mois, et cela les marque pour toute leur vie. Une fois devenus adultes, nous avons tendance à reproduire les abus que nous avons subis pendant notre enfance sur les autres, ou encore sur nous-mêmes. Nous avons les abus sexuels, les abus intellectuels (bourrer l’esprit de l’enfant d’idées folles, de préjugés pervers, de racisme, etc.), les abus émotionnels (la privation d’amour, le mépris, les sarcasmes, les agressions verbales, les abus matériels (le manque d’espace, les changements abusifs de territoire, l’abandon vestimentaire, les erreurs dans l’alimentation, etc.), les abus de l’être (nos parents ne nous ont pas donné la possibilité de développer notre véritable personnalité, ils ont établi des plans en fonction de leur propre histoire familiale, nous ont créé un destin étranger, n’ont pas vu qui nous étions, ont fait de nous leur miroir, ont voulu que nous soyons autre ; ils attendaient un garçon et nous sommes né fille ou inversement ; ils ne nous ont pas laissé voir tout ce que nous voulions, ne nous ont pas laissé écouter certaines choses, ne nous ont pas laissé nous exprimer, nous ont donné une éducation qui consistait en l’implantation de limites).

L’histoire familiale est pleine de relations incestueuses, réprimés ou non ; de noyaux homosexuels, de sadomasochisme, de narcissisme, de névroses sociales qui tels un legs, se reproduisent de génération en génération.

 

L’arbre généalogique se comporte avec tous ses membres, comme un individu, un être vivant. On peut ajouter ou retirer une partie, et il reste ce qu’il est dans son essence.

L’inconscient n’est pas scientifique, il est artistique. Pour le comprendre, il faut entrer en lui comme dans un rêve. Il ne faut pas l’interpréter, il faut le vivre.

Nous devons faire la paix avec notre inconscient, ne pas se rendre indépendant de lui, mais en faire son allié. Si nous apprenons son langage, il se met à travailler pour nous. Si la famille qui se trouve en nous, ancrée dans notre mémoire enfantine, est la base de notre inconscient, nous devons alors considérer chaque parent comme un archétype. Nous devons lui accorder notre niveau de conscience, l’exalter, l’imaginer comme atteignant le meilleur de lui-même. Tout ce que nous lui donnons, nous nous le donnons à nous-mêmes. Ce que nous lui refusons, nous nous le refusons à nous-mêmes. Les personnages nuisibles nous devons les transformer par la compréhension, le pardon et la guérison. Nous devons faire que tous les parents et ancêtres se réalisent. Nous devons imaginer la perfection en chacun de nous. Nous devons conduire notre famille sur le bon chemin, les débarrasser de leurs besoins, de leurs désirs, de leurs émotions et de leurs pensées empoisonnées. Un arbre est jugé à ses fruits. Si le fruit est amer, l’arbre d’où il provient, même s’il est majestueux, est considéré comme mauvais. Si le fruit est doux, l’arbre tordu sur lequel il a été cueilli est considéré comme bon. Notre famille, passée, présente et future, constitue l’arbre. Nous sommes le fruit qui lui confère sa valeur.

Une seule luciole, dans la nuit obscure, illumine tout le ciel.

Alexandro Jodorowsky

Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible.

Antoine de Saint-Exupery

Les personnes n’offrent pas un corps objectif, mais une image, tel qu’il se sente et se conçoit. La majorité se perçoit comme leurs parents les ont perçus. La vision de notre organisme change selon le moi qui domine à cet instant.

Quelqu’un qui peut tout donner est impuissant devant qui ne peut rien recevoir. Très souvent, les personnes souffrent d’inhibitions ou antipathies irrationnelles. Il faut alors le toucher comme si c’était notre fils ou notre fille. Tel est le secret de l’imposition des mains. Celui qui s’abandonne à un tel contact doit être pur de tout égoïsme. S’il est difficile à la personne de se donner et qu’elle nous repousse avec ses mains, aimons ces mains et commençons par lui caresser les mains. Nous devons respecter les défenses, et avec un amour de mère-père, en commençant par le bout des doigts, millimètre par millimètre, nous avancerons avec une délicatesse extrême et une attention totale avec le cœur de l’autre, diluant les contractions muscle après muscle, en donnant un appui sûr à chaque membre pour que le patient n’ait jamais l’impression que nous négligeons une partie de lui, si minime qu’elle semble être.

 

Nous avons un corps immatériel qui existe, cachée par la chair, avant toute amputation et qui possèdent des sensations. Certaines personnes continuent à percevoir la présence d’un organe qui a cessé d’exister. Si fictif qu’il puisse paraître, cet organe immatériel est très réel, presque de chair, pour celui qui le sent et le décrit. Bien que l’organe n’existe plus, il peut produire des douleurs. Même amputé, il s’impose à la conscience.

Nous ne percevons pas notre corps tel qu’il est, nous n’en captons qu’une représentation matérielle, adultérée par le regard des autres. Nous ne sentons pas tout ce que nous sentons, nous ne voyons pas tout ce que nous voyons, nous n’entendons pas tout ce que nous entendons : il y a des odeurs et des saveurs que nous ne portons pas à notre conscience bien qu’elles aient été captées par notre odorat et notre langue.

Un état d’âme modifie l’attitude corporelle, une attitude corporelle modifie l’état d’âme. De la même manière, le corps matériel affecte le corps immatériel, le corps immatériel affecte le corps matériel.

 

Le corps entier est une mémoire. La réalisation émotionnelle d’un individu consiste à être aimé inconditionnellement par les membres de son arbre généalogique, depuis ses parents jusqu’à ses arrière-grands-parents. Recevoir cette affection signifie effacer les cicatrices laissées par d’anciennes souffrances.

La famille est un navire spatiotemporel naviguant sur l’océan infini de la vie à la recherche du Père promis.

 

La vie est un effort constant pour dilater l’imagination et élargir ses limites, pour l’appréhender dans son potentiel thérapeutique et transformateur. A part l’imagination intellectuelle existent l’imagination émotionnelle, sexuelle, corporelle, sensorielle. L’imagination économique, mystique, scientifique, poétique. Elle agit dans tous les domaines de notre vie, même dans ceux que nous considérons rationnels. Voila pourquoi on ne peut aborder la réalité sans développer l’imagination sous des angles multiples. Normalement, nous visualisons tout selon les étroites limites de nos croyances conditionnées. De la réalité mystérieuse, tellement vaste et imprévisible, nous ne percevons rien de plus que ce qui filtre à travers notre point de vue étriqué. L’imagination active est la clé d’une vision ample. Elle permet d’envisager la vie à partir d’angles qui ne sont pas les nôtres, en imaginant d’autres niveaux de conscience, supérieurs au nôtre. Si j’étais une montagne, la planète ou l’univers, que dirais-je ? que dirait un grand maître ? Et si Dieu parlait par ma bouche, quel serait son message ? Et si j’étais la mort ?

 

L’éducation purement rationnelle nous interdit d’utiliser le corps dans toute son extension, en nous donnant la peau comme limite de notre être, en nous faisant croire qu’il est normal de vivre dans un espace réduit. Cette éducation dépouille le sexe de son pouvoir créateur, nous donnant l’illusion que nous vivons seulement un temps court, en niant notre essence éternelle. Du centre émotionnel, au moyen d’une philosophie dévalorisante, on nous extirpe les sentiments sublimes. On nous inculque la peur du changement, nous maintenant à un niveau de conscience infantile où nous vénérons la sécurité toxique et détestons l’incertitude salutaire. Par tous les moyens, en s’appuyant sur des doctrines politiques, morales et religieuses, on nous fait ignorer notre pouvoir mental.

Si la réalité est semblable à un rêve, nous devons agir en elle sans en souffrir, tout comme nous le faisons dans un rêve lucide, sachant que le monde est ce que nous pensons qu’il est, nos pensées attirent nos équivalents. La vérité est ce qui est utile, non seulement pour nous mais aussi pour les autres. Tous les systèmes nécessaires à un moment donné, deviennent plus tard arbitraires. Nous avons la liberté de changer le système. La société est le résultat de ce qu’elle croit être et de ce que nous croyons qu’elle est. Nous pouvons commencer à changer le monde en changeant nos pensées.

 

La peau n’est pas une bannière : il n’y a pas de limites. Les seules limites positives sont celles dont nous avons besoin, momentanément, pour nous individualiser, mais en sachant que tout est relié. La séparation est une illusion utile, comme lorsque le guérisseur place une corde autour du coup du patient pour lui indiquer qu’il doit assumer la responsabilité de sa maladie et ne pas la propager. La guérison miraculeuse est possible, mais elle dépend de la foi du patient.

La vie est une source de santé, mais cette énergie ne surgit que là où nous concentrons notre attention. Cette attention doit non seulement être mentale mais également émotionnelle, sexuelle et corporelle. Le pouvoir ne réside ni dans le passé ni dans le futur, sièges de la maladie. La santé se trouve ici et maintenant. Les mauvaises habitudes peuvent être instantanément abandonnées si nous cessons de nous identifier au passé. Le pouvoir du « maintenant » croît avec l’attention sensorielle. Il conduire les personnes à explorer le moment présent, à faire en sorte qu’il prenne conscience des couleurs, des lignes, des volumes, des tailles, des ombres, des espaces qu’il y a entre les objets. Il doit sentir chaque partie de son corps et les unir ensuite en un tout ; il doit changer sa respiration en plaisir, doit capter sa chaleur et son énergie dans et hors de lui, il doit comprendre qu’aimer, c’est être content de ce qu’on est et de ce que sont les autres. L’amour croît dans la mesure où la critique décroît. Tout est vivant, éveillé, et tout répond. Tout acquiert du pouvoir si la personne se le donne.

 

Il n’y a pas un être ici et maintenant, car l’ici est tout l’espace, le maintenant est tout le temps et l’être la conscience totale. Etre, espace et temps sont une même chose.

Je ne sais où je vais, mais je sais avec qui je vais,
je ne sais où je suis, mais je sais que je suis en moi,
je ne sais ce qu'est Dieu, mais Dieu sait ce que je suis,
je ne sais ce qu'est le monde, mais je sais qu'il est mien,
je ne sais ce que je vaux, mais je sais ne pas me comparer,
je ne sais ce qu'est l'amour, mais je sais que je jouis de ton existence,
je ne peux éviter les coups, mais je sais comment les supporter,
je ne peux nier la violence, mais je peux nier ma cruauté,
je ne peux changer le monde, mais je peux me changer moi-même,
je ne sais ce que je fais, mais je sais que ce que je fais me fait,
je ne sais qui je suis, mais je sais que je ne suis pas celui qui ne sait pas.

Alexandro Jodorowsky

Il est cubique, titanesque, froid.
Il est doté de chenilles qui écrasent tout.
C’est le système social dans lequel tu es inséré.
Sur ses tours tu reconnais plusieurs têtes. Il y a celles
de tes professeurs,
de tes chefs hiérarchiques,
des policiers,
des militaires,
des prêtres,
des politiciens,
des fonctionnaires,
des médecins,
qui sont censés toujours te dire si tu as agi bien ou mal.
Et le comportement que tu dois adopter pour rester dans le troupeau.
C’est le Système.
Contre lui ton épée ne peut rien.
Quand tu le frappes, le Système te bombarde de feuilles :
carnets de notes,
P.V.,
formulaires de Sécurité sociale à compléter si tu veux être remboursé,
feuilles d’impôts majorés pour cause de retard de paiement,
formulaires de licenciement,
déclarations de fin de droit au chômage,
quittances de loyer, charges locatives, électricité, téléphone, eau, impôts locaux, impôts fonciers, redevance, avis de saisie d’huissier, menace de fichage à la Banque de France, convocations pour éclaircir ta situation familiale, réclamations de fiche d’état civil datée de moins de deux mois…
Le Système est trop grand, trop lourd, trop ancien, trop complexe.
Derrière lui, tous les assujettis au Système avancent, enchaînés.
Ils remplissent hâtivement au stylo des formulaires.
Certains sont affolés car la date limite est dépassée.
D’autres paniquent car il leur manque un papier officiel.
Certains essaient, quand c’est trop inconfortable, de se dégager un peu le cou.
Le Système approche.
Il tend vers toi un collier de fer qui va te relier à la chaîne de tous ceux qui sont déjà ses prisonniers.
Il avance en sachant que tout va se passer automatiquement et que tu n’as aucun choix ni aucun moyen de l’éviter.
Tu me demandes que faire.
Je te réponds que, contre le Système, il faut faire la révolution.
La quoi ?
LA RÉVOLUTION.
Tu noues alors un turban rouge sur ton front, tu saisis le premier drapeau qui traîne et tu le brandis en criant :
« Mort au Système. »
Je crains que tu ne te trompes.
En agissant ainsi, non seulement tu n’as aucune chance de gagner, mais tu renforces le Système.
Regarde, il vient de resserrer les colliers d’un cran en prétextant que c’est pour se défendre contre « ta » révolution.
Les enchaînés ne te remercient pas.
Avant, ils avaient encore un petit espoir d’élargir le métal en le tordant.
À cause de toi, c’est encore plus difficile.
Désormais, tu as non seulement le Système contre toi, mais tous les enchaînés.
Et ce drapeau que tu brandis, est-il vraiment le « tien » ?
Désolé, j’aurais dû t’avertir.
Le Système se nourrit de l’énergie de ses adversaires.
Parfois il fabrique leurs drapeaux, puis les leur tend.
Tu t’es fait piéger !
Ne t’inquiète pas : tu n’es pas le premier.
Alors, que faire, se soumettre?
Non.
Tu es ici pour apprendre à vaincre et non pour te résigner.
Contre le Système il va donc te falloir inventer une autre forme de révolution.
Je te propose de mettre entre parenthèses une lettre.
Au lieu de faire la révolution des autres, fais ta (r)évolution personnelle.
Plutôt que de vouloir que les autres soient parfaits, évolue toi-même.
Cherche, explore, invente.
Les inventeurs, voilà les vrais rebelles !
Ton cerveau est le seul territoire à conquérir.
Pose ton épée.
Renonce à tout esprit de violence, de vengeance ou d’envie.
Au lieu de détruire ce colosse ambulant sur lequel tout le monde s’est déjà cassé les dents, ramasse un peu de terre et bâtis ton propre édifice dans ton coin.
Invente. Crée. Propose autre chose.
Même si ça ne ressemble au début qu’à un château de sable, c’est la meilleure manière de t’attaquer à cet adversaire.
Sois ambitieux.
Essaie de faire que ton propre système soit meilleur que le Système en place.
Automatiquement le système ancien sera dépassé.
C’est parce que personne ne propose autre chose d’intéressant que le Système écrase les gens.
De nos jours, il y a d’un côté les forces de l’immobilisme qui veulent la continuité, et de l’autre, les forces de la réaction qui, par nostalgie du passé, te proposent de lutter contre l’immobilisme en revenant à des systèmes archaïques.
Méfie-toi de ces deux impasses.
Il existe forcément une troisième voie qui consiste à aller de l’avant.
Invente-la.
Ne t’attaque pas au Système, démode-le !
Allez, construis vite.
Appelle ton symbole et introduis-le dans ton château de sable.
Mets-y tout ce que tu es : tes couleurs, tes musiques, les images de tes rêves.
Regarde.
Non seulement le Système commence à se lézarder.
Mais c’est lui qui vient examiner ton travail.
Le Système t’encourage à continuer.
C’est ça qui est incroyable.
Le Système n’est pas « méchant », il est dépassé.
Le Système est conscient de sa propre vétusté.
Et il attendait depuis longtemps que quelqu’un comme toi ait le courage de proposer autre chose.
Les enchaînés commencent à discuter entre eux.
Ils se disent qu’ils peuvent faire de même.
Soutiens-les.
Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives.

Bernard Weber

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